Arrêté en Mauritanie, en novembre 2001, par les américains, Mohamedou Ould Slahi restera emprisonné pendant 14 ans à Guantanamo.
Le film raconte son calvaire et son combat avec ses avocates américaines qui se battront contre le gouvernement, le FBI et l'armée qui l'emprisonnent sans preuve et en violation de tous les droits.
L'intérêt tient surtout dans cette histoire aussi incroyable que scandaleuse. On n'ose imaginer combien de Mohamedou Ould Slahi sont enfermés ainsi à Guantanamo. Cinématographiquement, Macdonald fait le job particulièrement servi par Jodie Foster et surtout Tahar Rahim dans un rôle au registre multiple.
Paul Goutard est un scénariste sans succès, psychologiquement fragile que son épouse et son petit garçon ne peuvent aider.
Tel est le point de départ de la riche histoire que nous conte François de Brauer qui, seul en scène, interprète une vingtaine de personnages.
Alors que l'art a été considéré pendant plusieurs mois comme non essentiel, La loi des Prodiges interroge, sur le ton du drame, de l'humour et de la poésie, sur ce qu'est l"art, son utilité, sa place dans une société où tout se consomme ou la productivité domine, Il dézingue, au passage, le tout spectacle, en politique, à la télévision et au niveau économique, mais aussi le marché de l'art et un certain élitisme.
François de Bauer offre un spectacle beau et puissant qu'il interprète avec force et maestria.
A ne pas rater sur francetv.fr jusqu'au 22 décembre 2021.
En 1981, Hubert Bonisseur de la Bath a pour mission d´assurer la réélection du dictateur d'un pays d´Afrique cher à la France.
Il est peu de dire que ce 3e opus très (trop) attendu déçoit. Jean Dujardin, toujours parfait dans le rôle de l´abruti de service, est entouré de Pierre Niney, Natacha Lindinger, Fatou N'Diaye, Gilles Cohen et le regretté Wladimir Yordanoff, tous très bons dans des seconds rôles non aboutis, sous exploités.
Le scénario semble ne pas savoir où donner de la tête et ne trouve jamais l´équilibre entre son récit d´aventure, le portrait d'Hubert le beauf et les messages politiques.
Les dialogues tombent à plat et les gags peu originaux sont desservis par une réalisation qui manque de rythme et de précision. L´usage de la musique est aussi mal dosé.
Une comédie satirique politique comme OSS 117 nécessite une précision d´orfèvre absente ici.
Après trois ans de travaux et de rénovation et une année de confinement, la Bourse de commerce Pinault Collection a ouvert ses portes le 22 mai. L´homme d´affaires et collectionneur François Pinault a missionné l´architecte Tadao Ando pour qu'il revisite ce lieu historique afin que passé et futur se mêlent harmonieusement. Pièce maîtresse de cette adaptation, un cylindre de béton de 30 mètres de diamètre et 9 mètres de hauteur épouse la forme circulaire de l'édifice, délimitant l"espace et créant un chemin de circulation.
Le résultat est époustouflant de beauté et d'efficacité pratique. Le reste du monument a été restauré, en particulier l'immence fresque qui habille la rotonde, ainsi que la superbe coupole de métal composée de 2000 pièces de verre.
Un écrin somptueux pour accueillir l'énorme collection d'art contemporain de François Pinault qui possède environ 10 000 oeuvres et qui dispose déjà du Palazzo Grassi et Punta della Dogana à Venise pour exposer.
Pour l'inauguration de la Bourse de commerce, François Pinault s'est attribué le rôle de commissaire d'exposition choisissant lui-même les artistes et les oeuvres dans le soucis de témoigner d'une ouverture au monde, à la diversité, au respect des différences.
Une trentaine d'artistes sont exposés dont Urs Fischer qui accueille les visiteurs dans la rotonde avec son hypnotisante oeuvre de cire, réplique de l'enlèvement des Sabines, qui a débuté sa combustion le jour de l'inauguration. Bertrand Lavier investit les 24 vitrines de la rotonde avec ses détournements d'objets du quotidien.
David Hammons, qui traite de la situation des afro-américains, se voit offrir sa plus grande exposition en Europe dans la galerie 2. La galerie 3, dédiée à la photographie, présente, entre autres, une série de Cindy Sherman et les 94 photographies de Louise Lawer dénonçant l'amendement Helms du 14 octobre 1987 interdisant l'utilisation des fonds fédéraux dans la prévention contre le Sida.
La galerie 4 expose trois imposantes œuvres de Rudolf Stingel d'huile sur toile semblant être des photographies. Les galeries 5, 6 et 7 sont dédiées à la peinture et à la sculpture avec des artistes aussi divers que Kerry James Mashall, Claire Tabouret, Lynette Yiadom-Boakye, Peter Doig, Kerry James, Luc Tuymans, Antonio Oba, Thomas Schutte, Martin Kippenberger...
A l'entrée, on trouve "Ici plage, comme ici bas" de Martial Raysse et sur les balcons de la rotonde 52 pigeons de Maurizio Cattelan.
La majesté du lieu, oeuvre d'art a lui seul et le nombre d'oeuvres exposées nécessitent 2 bonnes heures de visite. Enjoy !
Thomas revient dans la ferme de ses parents. Il y découvre sa belle-sœur et son neveu de six ans. Sa mère est à l'hôpital veillée par son père.
La mise en images et en lumière séduisent. Le mélange des grands espaces, de l'enfermement de la condition de paysan, des non-dits et du huis clos familial donne au film sa tonalité particulière. Le récit qui tient sur un timbre poste s'impose grâce à ses interprètes, en premier lieu Niels Schneider et le tout jeune Roman Coustere Hachez.