Macha Makeïeff transpose le Tartuffe de Molière dans les années 60 orientant sa proposition vers le "Théorème" de Pasolini. Son Tartuffe très sexué, plus violeur que séducteur, plus gourou que simple manipulateur, aux allures sataniques, embrasse en effet toute la famille à pleine bouche pour mieux piquer dans la caisse.

Si, dans un premier temps, l'excellent souvenir de Trissotin et les femmes savantesprécédemment mis en scène par Macha Makeïeff, et la scène ouverte sur un décor sixties nous placent sous les meilleurs hospices, on déchante vite. L'excès en tout se révèle rapidement. Un trop plein visuel, auditif et sensitif, auquel s'ajoute le jeu de certains comédiens à l'allocution hachée, rendent la belle langue de Molière inaudible dans sa forme et sur le fond.

Une Mme Pernelle en Castafiore, un Cleante en dandy, un Valere et une Marianne d'une fadeur inégalée, une Dorine transformée en amie de la famille et une Flipote dédiée au burlesque, achèvent de nous perdre. Même l'excellent Vincent Winterhalter, ne parvient pas à nous ramener à Molière.

La créativité, la fantaisie et le talent de Macha Makeieff dans cette sur-expression semblent combattre l'oeuvre de Molière au lieu de la servir. Dommage.

 

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Nona, soixante-dix ans, responsable du planning familial, mère de triplées quadragénaires, est enceinte. 

La réalisatrice et comédienne Valérie Donzelli propose pour la première fois une série diffusée sur Arte. Elle nous plonge dans son univers fantasque et poétique, matiné de fantastique dans un format de 9 épisodes de 30 minutes.

Cette fantaisie sur le féminisme, la sororité, la famille, la solidarité et le mystère de la vie alterne les moments burlesques, dramatiques, romantiques et de pure militantantisme. Le tout sur la tonalité  Donzeliniennne qui en agace certain mais qui fait tout son charme pour les autres. 

La réalisation enlevée et précise, la photographie lumineuse, vitalité des rouges et poésie nostalgique des couleurs délavées, l'influence de Truffaut dans le montage, l'usage de la voix off et de la musique, font de cette série un petit bijou aux imperfections négligeables.

L'ensemble est servi par des comédiens très inspirés. Miou Miou, Clotilde Hesme, Virginie Ledoyen, Michel Vuillermos, Barnaby Metschurat, Christopher Thomson, Antoine Reinartz et cinq enfants parfaitement dirigés, semblent s'être plongés avec bonheur dans l'univers de la réalisatrice-comédienne.

A voir sur Arte tous les jeudis à 20h50 ou sur arte.tv

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Fabrice ne peut pas présenter la carte de fidélité du magasin où il fait ses courses, il l'a laissée dans son autre pantalon. Le service de sécurité intervient. Fabrice s'enfuit et devient l'ennemi public numéro 1.

Paul Moulin adapte la bande dessinée de Fab'Caro qui tout en décalages dénonce les travers de notre société.

Société de consommation où il faut avoir, où il faut entrer dans le moule, où il faut pouvoir montrer patte blanche. Société médiatique qui se nourrit de sensationnalisme jusqu'à en inventer les sources. Société de politiciens qui se gargarisent et alimentent le système. Société du tout sécuritaire où la peur et la suspicion règnent.

C'est corrosive, très bien construit et suffisament, mais sans trop, décalé pour être drôle et resté compréhensible. L'ensemble fonctionne en grande partie sur le son, des bruitages à l'accompagnement sonore jusqu'aux voix multiples des 8 comédiens. 

Cette offre originale n'a, sans doute, qu'un seul défaut : sa durée. Une toute petite heure qui nous laisse un peu sur notre faim.

A voir du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 17h.

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Rami Farah à réuni Yadan Draji, Rani Al Masalma et Odai Al Talab, tous les trois activistes Syriens, qui de 2011 à 2013, ont filmé la révolution à Deraa.

Farah leur projette une partie des vidéos qu'ils ont eux-mêmes réalisées dès les premiers jours de la révolution et les invite à les resituer et à les commenter.

Les trois hommes expliquent leur soucis constant de documenter la révolution et le massacre perpétré par Bachar Al Assad sur son peuple.

L' Histoire s'écrit, entre chagrin, douleur, colère mais aussi rire, au fil des visionnages et de leurs récits. Récit de leur quotidien de journalistes citoyens mais surtout récit du vent de liberté qui s'est levé aux premiers jours des manifestations, de la répression de plus en plus violente jusqu'à devenir massacre, des missions vaines de l'ONU, des tirs sur les manifestants pacifistes, des bombardements des maisons, de la peur d´être arrêté, des techniques des forces de sécurité et des snipers pour tuer, de la mort de leurs amis...

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Isabelle et James se disputent les jours de garde de leur fille Zoé. Soudainement, Zoé tombe malade.

Julie Delpy, réalisatrice aux propositions riches et originales, nous emmène ici encore dans un univers particulier. Mêlant scènes de vie ordinaire et projection fantastique, elle imagine le remède au chagrin le plus insurmontable.

L'ancrage de ses héros dans une quotidiennete rend cette solution moralement discutable étrangement tentante. 

 

Date de sortie en salle : 30 juin 2021

Date de sortie en DVD : 3 novembre 2021

 

Lire les critiques des films de Julie Delpy : 

La Comtesse

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