A l'annonce de sa mort, les images et les superlatifs se bousculent, extrêmement variés parfois contradictoires.

C'est que la richesse et la diversité de sa filmographie et de sa carrière sont exceptionnelles. Si c'est un cinéma populaire qui lui a apporté sa célébrité, c'est le cinéma d'auteur et ses incursions au théâtre qui lui ont offert le statut de monstre sacré. 

Godard, Melville, Chabrol, Sautet, Verneuil, de Sicca, de Broca, Ophuls, Becker, Molinaro, Deray, Clément, Malle, Enrico, Oury, Truffaut, Lelouch, Rappeneau, Labro, Resnais, Zidi, Brook et Duras, Lautner, Leconte, Klapisch, Blier... la simple liste des réalisateurs qui l'ont fait tourner dit à elle seule l'importance de sa participation à l'histoire du cinéma français. Confirmée par la diversité de ses rôles et de ses partenaires. Prêtre à l'écoute d'Emmanuelle Riva, compagnon de beuverie de Jean Gabin, bellâtre auprès de Jacqueline Bisset, incorrigible avec Geneviève Bujold, héritier soutenu par Charles Denner, mafieux comparse de Delon, à la tête du coup du siècle avec Bourvil et concurrent de David Niven, amoureux de Jean Seberg, fou magnifique pour Anna Karina, cabot avec Marie-France Pisier, convoyeur pour Ventura, amant fuyant d'Annie Girardot, amoureux transit de Catherine Deneuve, aventurier pour Françoise Dorleac, et souvent flic...ou voyou... Son retour au théâtre dans Kean et Cyrano avaient été salués par la critique, rappelant à tous quel grand comédien il était. 

Belmondo était également cascadeur. Refusant de se faire doubler dans les scènes à risques et spectaculaires, il apportait dans le récit de ces tournages du romanesque aux fictions. Il était aussi le fils du sculpteur Paul Belmondo dont il s'efforcera de faire connaître le travail. Il fut l'ami indéfectible de comédiens géniaux à la notoriété moindre mais qu'il fera briller dans de grands seconds rôles, Charles Gérard, Michel Beaune, Pierre Vernier, Julien Guiomar..., celui fidèle de "la bande du conservatoire", Rochefort, Marielle, Rich, Cremer, Fabian, Girardot, Bedos, Mocky... Belmondo était aussi cet artiste toujours un peu embarrassé des compliments qu'on lui servait, ce bon vivant aimant rire, boxer et voir boxer, un propriétaire de yorkshire, un type sympa avec une belle gueule un peu trop bronzée.

Un gars à la fois intouchable par son talent et son succès et proche et familier par l'extrême sympathie qu'il dégageait.

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Yusuke Kafuku est un comédien de théâtre  classique. Il vit heureux et amoureux avec son épouse Oto, scénariste pour la télévision. Un jour, Yusuke surprend, sans que celle-ci s'en aperçoive, sa femme et son jeune amant. Yusuke choisit de taire cette découverte à Oto.

Ceci est le prologue de 45mn qui met en place tous les éléments matériels et symboliques d'une histoire très riche aux multiples interprétations. Entre huis clos et road movie, hymne à la créativité par l'abandon de soi, habité par des personnages marqués par la mort et passionnés par leur métier, Drive my car ne cesse d'intriguer pendant 3 heures. La beauté des images, le mystère des personnages, la poésie des rencontres, la mixité des langages, la force des silences, le poids de la culpabilité, le spleen de Tchekhov... tout dans ce film, adapté d'une nouvelle de Murakami, interpelle.

Ces personnages en souffrance trouveront dans l'écoute et la compréhension de l'autre une forme de repos.

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En 1993, à Skyline au Texas, Jeannette Turner est une adolescente en manque d'assurance qui admire Kate Walis, la star du lycée. 

Cruel Summer conte les évènements qui se déroulent sur trois années. Ainsi, le récit se déploie, en distillant, dans chaque épisode, des indications sur les évènements qui se sont produits autour des deux adolescentes pendant les années 1992, 1993 et 1994. Sur 10 épisodes l'intrigue et son dénouement se dessinent petit à petit. Chaque période est aisément reconnaissable par les looks des protagonistes et une photographie différente. Cela pourrait être une simple série "adolescente" mais le propos et l'écriture se positionnent dans la catégorie thriller. C'est assez réussi jusqu'au twist final inattendu.

A voir sur Amazon Prime Video

Mise à jour 15 août 2023 : la saison 2 de Cruel Summer est disponible sur Prime Vidéo. Reprenant le concept narratif de la saison 1, la série présente de nouveaux personnages et un meurtre à resoudre. Les 10 épisodes s'étirent péniblement, alourdis de rebondissements et d'intrigues adolescentes sans réel intérêt. Les scénaristes présentent à nouveau un twist final, cette fois, totalement foireux.

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Tourné en 2020, ce documentaire dresse un état des lieux de la situation politique, économique et humanitaire de l'Afghanistan à la veille du retrait des troupe américaines et occidentales et du retour des talibans au pouvoir. Face aux négociations entre les forces en présence, aux enjeux politiques internationaux, au fallacieux argument de "paix", le peuple afghan n'est que partie négligeable.

53 minutes limpides.

A voir sur arte.tv jusqu'au 5 novembre

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2h15, c'est une durée peu banale pour un one man show. Laurent Sciamma déchaîné, heureux de retrouver une salle pleine après un été calme, passionné par son sujet, a du mal à quitter la scène. Celle du Café de la Gare, en l’occurrence, sur laquelle il clame son amour et admiration des femmes et son incrédulité face aux mécanismes de construction du mâle.

Si le début de son spectacle, inquiète un peu avec des déclarations telles que "j'ai honte d'être un homme (face à ce qu'endurent les femmes)" le propos prend vite une tonalité moins culpabilisante. Dans un format éloigné du simple enchaînement de punchlines, Laurent Sciamma déroule son propos de féministe militant. Militant pour les femmes et pour le droit d'être un homme blanc-jeune-hétéro exprimant sans honte ses émotions.

2h15, sur le papier cela peut sembler long, dans la salle ça ne l'est pas du tout. La proximité qu'installe le comédien, son énergie physique, son enthousiasme, la limpidité et l'humour avec lesquels il déroule son propos maintiennent l'attention de son auditoire. Certains pourraient lui reprocher de rester très soft sur les exemples de difficultés au féminin, mais si le but est d'éveiller le mâle blanc lambda, le job est fait.

A voir au Café de la Gare jusqu'au 28 août, en tournée et de retour à Paris à la Comédie des Trois bornes. 

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