Au Québec, Aline Dieu, la petite dernière d'une famille de 14 enfants, a une voix exceptionnelle. Elle rêve d'être une star internationale et le deviendra.

Aline est naît de la vie de Céline Dion, star planétaire, dont les succès et la vie privée, dans ses moindres détails, ses joies et ses drames, sont connus de tous même des moins passionnés par la chanteuse. Valérie Lemercier s'empare donc de l'histoire de Céline Dion et en habille son héroïne, merveilleusement nommée Aline Dieu. Ce changement de patronyme donne à la réalisatrice une certaine liberté lui permettant, à côté du récit fidèle, d' "inventer juste".

Dans Aline, il est donc question de l'ascension mondiale d'une jeune chanteuse mais aussi de sa relation à sa famille nombreuse et à sa mère issue d'une milieu simple, de sa grande histoire d'amour, aussi curieuse que puissante, avec son manager, de la folle machine qu'est le show business qui, tout à la fois, libère les talents et abîme les stars.

Dans une réalisation très maîtrisée, aux plans précis dans ce qu'ils veulent dire, au montage au cordeau, au rythme mesuré jouant sur la rapidité à l'image de l'ascension de la jeune chanteuse et de la vie de la star et ayant une capacité à s'arrêter sur les moments de doutes et de lassitude, le film vise juste dans les émotions variées qu'il porte. Plusieurs scènes très drôles ou décalées s'immiscent ainsi dans un premier degré assumé.

Les comédiens sont excellents (les québecquois Sylvain Marcel, Danielle Fichaud, Roc LaFortune, Antoine Vézina, le frenchie Jean-Noël Brouté notamment et Victoria Sio pour le chant). Quant à Valérie Lemercier, elle s'offre son meilleur rôle en étant de tous les plans, interprétant le personnage principal à tous les âges et dans tous ses états.

La bande originale joue un rôle important dans la réussite du film en faisant la part belle à d'autres musiques que celles écrites pour Céline Dion. Aline s'ouvre ainsi par un très beau plan, qui positionne immédiatement le film à un certain niveau, sur la chanson Ordinaire de Richard Charlebois qui clôturera également en un pic émotionnel le film. En fil rouge musical, on trouve le Nature Boy de Nat King Cole, auquel se joignent Rufus Wainwright, Elvis Presley, Andy Williams, Marie Laforêt... et des reprises par Céline Dion de Janis Ian, Nicoletta, Louis Amstrong et bien sûr Eric Carmen. 

Au visionnage d'Aline une question se pose : ce film atypique, qui n'est pas un biopic mais n'en est pas moins un bel hommage, plaira t-il aux fans de la chanteuse ? Sa réussite en tout cas est déjà celle de plaire à ceux que la star ne passionne pas particulièrement.

 

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Sur scène, deux appartements et deux couples James et Stella, Bill et Harry. James débarque chez les seconds pour se confronté à Bill persuadé que celui-ci a une relation avec Stella.

Enregistrée au théâtre du Chatelet en 2020, cette version de la pièce de Pinter, mise en scène par Ludovic Lagarde, vaut surtout pour ses grands comédiens, Micha Lescot, Mathieu Amalric, Laurent Poitrenaud et Valérie Dashwood, qui font naître dans cette pièce étrange, au propos obscure, une perversité et une folie intrigante, un mystère captivant. 

A voir sur francetv.fr jusqu'au 20 novembre 2021 : La Collection replay

Lire le post sur la représentation du 15 juin 2023 au théâtre de l'Atelier.

 

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Au XIXe siècle, à Angoulême, Lucien travaille dans l'imprimerie familiale et écrit des poèmes qu'il rêve d'éditer. Il tombe amoureux de Louise de Bargeton, une bourgeoise mal mariée. Tous deux partent pour Paris.

Giannoli adapte le roman de Gustave Flaubert racontant la transformation d'un provincial rêveur en arriviste, piégé et broyé par le système. L'histoire de Lucien de Rubempre dessine le portrait d'une société où tout s'achète, des sentiments aux particules, des réputations aux succès. Flaubert écrit une critique féroce de la presse qui monneyait ses articles ayant pouvoir de vie ou de mort sur toute oeuvre artistique.

Giannoli déploie des moyens colossaux, décors, costumes, figurants en nombre et une mise en scène ample pour conter ce Paris bouillonnant. Le mouvement est au coeur de chaque scène au rythme de cette ascension vertigineuse. Le casting est parfait (Cécile de France, Jeanne Balibar, Salomé Dewaels, Vincent Lacoste, Gérard Depardieu, Xavier Dolan, André Marcon, Jean-François Stevenin dans son dernier rôle) et Benjamin Voisin, déjà brillant dans Ete 85 de François Ozon, présent dans tous les plans, impressionne dans le rôle de Lucien de Rubempre.

 

 

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Les films de Nolan sont généralement enthousiasmant, proposant des récits originaux et astucieux (exception faite de Dunkerque). La réalisation est toujours particulièrement léchée et les images impressionnantes.

Pour Tenet, le réalisateur a poussé ses savoir-faire à l'extrême tombant dans un excès assez déplaisant. La complexité de son scénario finit par éliminer tout plaisir. Les 2h30 de film se transforme en pensum. Et l'esthétique visuel n'y change rien.

 

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Eric Ruff a invité dans la grande maison Camille Bernon et Simon Bourgade qui adaptent le livre de John Maxwell Coetzee "Waiting for the barbarians".

Dans une petite ville à la frontière du territoire désertique des "Barbares", arrive un colonel de la police politique pour tuer dans l'œuf une supposée invasion prochaine. Le magistrat en charge de la ville, humaniste mou, compose entre son devoir envers l'Empire et son inclination pour une Barbare. 

Ce texte dénonce les colonisations, les pouvoirs totalitaires, la torture, la peur et la haine de l'autre, la bienveillance paternaliste... Sujets multiples et récit trouble que Camille Bernon et Simon Bourgade embrouillent avec une mise en scène superfétatoire.

A l'entrée en scène de Didier Sandre et Stéphane Varupenne, première déconvenue : les comédiens sont équipés d'un micro casque qui immédiatement  les propulsent hors du théâtre vivant. Sensation accentuée par les dimensions à taille humaine de la salle du Vieux Colombier ; les acteurs si près et leur voix amplifiées désincarnées.

Très vite l'apparition d'une illustration sonore qui s'avèrera quasi constante, justifiera le besoin de sonoriser les voix. Des effets visuels de mise en scène, au premier abord étonnants, s'avéreront plus envahissants qu'efficaces, intervenant comme des attractions qui affadissent le propos, frôlant l'incongruité quand ils transforment une expédition vers le peuple Barbare en une page de Tintin au Tibet ou en Rencontre du 3e type.

Les rares scènes où la scénographie s'efface pour repositionner les comédiens au cœur du dispositif sont comme des moments de grâce où l'on entend l´excellence de l´interpretation. Car les comédiens du Français, sont, malgré tout, tous excellents avec en tête Didier Sandre qui impressionne dans son engagement, Stéphane Varupenne, Suliane Brahim, Christophe Montenez, Elissa Alloula, Clément Bresson et Etienne Galharague. Ces scènes de calme confirment l'inefficacité de la surenchère scénographique.

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