Fabrice ne peut pas présenter la carte de fidélité du magasin où il fait ses courses, il l'a laissée dans son autre pantalon. Le service de sécurité intervient. Fabrice s'enfuit et devient l'ennemi public numéro 1.

Paul Moulin adapte la bande dessinée de Fab'Caro qui tout en décalages dénonce les travers de notre société.

Société de consommation où il faut avoir, où il faut entrer dans le moule, où il faut pouvoir montrer patte blanche. Société médiatique qui se nourrit de sensationnalisme jusqu'à en inventer les sources. Société de politiciens qui se gargarisent et alimentent le système. Société du tout sécuritaire où la peur et la suspicion règnent.

C'est corrosive, très bien construit et suffisament, mais sans trop, décalé pour être drôle et resté compréhensible. L'ensemble fonctionne en grande partie sur le son, des bruitages à l'accompagnement sonore jusqu'aux voix multiples des 8 comédiens. 

Cette offre originale n'a, sans doute, qu'un seul défaut : sa durée. Une toute petite heure qui nous laisse un peu sur notre faim.

A voir du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 17h.

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Rami Farah à réuni Yadan Draji, Rani Al Masalma et Odai Al Talab, tous les trois activistes Syriens, qui de 2011 à 2013, ont filmé la révolution à Deraa.

Farah leur projette une partie des vidéos qu'ils ont eux-mêmes réalisées dès les premiers jours de la révolution et les invite à les resituer et à les commenter.

Les trois hommes expliquent leur soucis constant de documenter la révolution et le massacre perpétré par Bachar Al Assad sur son peuple.

L' Histoire s'écrit, entre chagrin, douleur, colère mais aussi rire, au fil des visionnages et de leurs récits. Récit de leur quotidien de journalistes citoyens mais surtout récit du vent de liberté qui s'est levé aux premiers jours des manifestations, de la répression de plus en plus violente jusqu'à devenir massacre, des missions vaines de l'ONU, des tirs sur les manifestants pacifistes, des bombardements des maisons, de la peur d´être arrêté, des techniques des forces de sécurité et des snipers pour tuer, de la mort de leurs amis...

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Isabelle et James se disputent les jours de garde de leur fille Zoé. Soudainement, Zoé tombe malade.

Julie Delpy, réalisatrice aux propositions riches et originales, nous emmène ici encore dans un univers particulier. Mêlant scènes de vie ordinaire et projection fantastique, elle imagine le remède au chagrin le plus insurmontable.

L'ancrage de ses héros dans une quotidiennete rend cette solution moralement discutable étrangement tentante. 

 

Date de sortie en salle : 30 juin 2021

Date de sortie en DVD : 3 novembre 2021

 

Lire les critiques des films de Julie Delpy : 

La Comtesse

2 days in Paris

2 days in New-York

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Après avoir disserté  sur l´art dans son précédent spectacle qu´il a joué pendant 10 ans, de quoi en avoir des envies d´en finir,  Alex Vizorek propose de rire de la mort.

Sans quitter l'art tout à fait avec en pré-spectacle des citations de Zola ou Montaigne, en intro un poème de Baudelaire, en développement les plasticiennes Marina Abramovic et Sophie Calle, les peintres Brueghel, Miro ou Picasso mais aussi en faisant appel aux philosophes Avicenne, Heidegger et Epicure, en interrogeant les religions, en déployant un SWOT sur "l'enfant", en s'étonnant de la reproduction chez les animaux, en abordant la sexualité décalée, en exposant des choix cornéliens de vie ou de mort.... avec une érudition abordable, des jeux de mots pourris comme il faut et des saillies bien senties, Alex Vizorek offre 1h30 d'un humour qui allie l'élégance à un peu de grivoiserie, le rire (beaucoup) à la réflexion (un peu) sans se prendre au sérieux. Et dévoile en guise de conclusion-synthèse une oraison funèbre parfaitement troussée.

Drôle, intelligent, efficace.

A voir au théâtre de l'Oeuvre jusqu'au 8 janvier 2022.

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A la fin des années 80, Laura, finlandaise, vit à Moscou avec sa petite amie, une intellectuelle russe. Celle-ci annule à la dernière minute leur voyage pour le site archéologique de Mourmansk. Laura décide d'y aller seule. Dans le train qui l'emmène dans l'Antarctique, elle doit partager son compartiment avec un inconnu.

Le film se distingue par la simplicité de son axe narratif. Deux solitudes se rencontrent dans un train et vont se côtoyer le temps de ce long voyage de 2000 km. Les interactions extérieures et les circonstances vont les rapprocher petit à petit et effacer progressivement ce qui les oppose. Il ne faut pas s'y méprendre, il ne s'agit pas ici d'une comédie romantique mais plutôt d'une réflexion sur l'effet de la solitude, de l'éloignement des siens et d'une nouvelle promiscuité sur l'ouverture aux autres.

La réalisation brute sur les intérieurs rend parfaitement l'atmosphère particulière, à la fois inquiétante et riche de promesse, qui règne dans les trains de nuit. La rudesse du voyage dans les trains de l'URSS et celle du climat sert le besoin des protagonistes de créer du lien. Les prises de vue extérieures sont soignées et offrent de belles scènes de rencontres et de paysages étranges et  enneigés. Le film est porté par deux comédiens attachants, Seidi Haarla et Yuriy Borisov.

Grand Prix du Festival de Cannes 2021.

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