Dans une grande maison au pied de la forêt, un repas de famille se prépare. Les enfants et leurs conjoints sont attendus. Seul, Cédric, la trentaine, vit encore chez ses parents.

Dans cette réunion de famille où le plus fou semble très vite ne pas être celui qu'on nous désigne, chaque personnage est susceptible d'être la victime comme le bourreau. La réalisation soignée d'Antoine Cuypers instille d'une façon imparable le malaise et le mystère. L'interprétation des comédiens dont Nathalie Baye particulièrement effrayante et Thomas Blanchard parfait d'ambiguïté, achève de nous plonger dans cette intrigante histoire.

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Quand on a 17 ans de André Téchiné

A Luchon, Thomas exprime une animosité violente envers Damien, un camarade de classe. Lorsque des circonstances familiales amènent la mère de Damien à accueillir Thomas sous leur toit les relations entre les deux garçons évoluent.

Céline Sciamma est une réalisatrice de talent, parfaite conteuse des tourments de l'adolescence. C'est donc en toute logique qu'André Téchiné a fait appel à elle pour l'assister dans l'écriture de son nouveau film. Au casting, deux jeunes comédiens au jeu efficace, Corentin Fila et Kacey Mottet Klein (déjà remarqué dans "Une mère"), accompagnés de la brillante Sandrine Kiberlain. Pour décors, la beauté des paysages de montagne sous la neige et le soleil d'été. Tout participait donc à la création d'un bon film. Aussi, on est bien en peine devant cet ouvrage en roue libre. Que s'est-il donc passé à l'écriture du scénario et au montage du film pour que le récit semble ainsi sans tenu ? Comme s'il avait été écrit à tour de rôle par moult personnalités ayant chacune envie de raconter son histoire et le monteur en racontant une autre. Certaines scènes et certains dialogues simplistes, pour ne pas dire simplets, interpellent. La multitude des sujets abordés sans être réellement traités nous égarent. Et au final, l'histoire de ces deux jeunes hommes nous laisse seul sur le bord du chemin.

A voir en salle à partir du mercredi 30 mars

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Anomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson

En 2005, Michael Stone, auteur célèbre de "Comment puis-je vous aider à les aider ?", doit tenir une conférence dans un rassemblement de spécialistes de la relation clients. Souffrant d'un mal être grandissant, seul dans sa chambre, il cherche comment tromper sa solitude.

Dans ce monde où tout est aseptisé, où plus rien n'a de sens, où on se lasse de tout si rapidement et où tout le monde se ressemble tant qu'on ne (re)connait plus personne, le héros de Anomalisa cherche un peu de chaleur, de surprise et de différence pour bousculer son quotidien. Cette quête le fera retrouver une ancienne petite amie dont il s'est lassé du jour au lendemain, découvrir une antique poupée gonflable mécanique japonaise puis rencontrer Lisa, une jeune femme singulière. Si le sujet n'est pas nouveau, le choix de l'animation sert particulièrement bien le sujet. Les décors, les visages de pantins des personnages et leurs voix similaires plantent d'emblée une ambiance oppressante. Etonnant.

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Amok au théâtre de Poche

Sur le pont d'un navire, un jeune homme exalté raconte. Alors qu'il est médecin sous la chaleur étouffante d'un bled malaisien depuis près de 5 ans, une femme blanche, belle, d'une aristocratie hautaine, vient lui demander une aide que sa fierté lui interdit de formuler. Tout à la fois séduit et piqué à vif par son arrogance, le médecin lui refuse son assistance.

Sur une scène minuscule, au plus près des spectateurs, où seules quelques caisses de bois et une lumière soignée servent de décor, Alexis Moncorgé nous conte cette étrange histoire. Il nous communique parfaitement la fièvre folle de son personnage mais nous convainc moins dans les rares moments où il donne vie au personnage féminin et à un confrère médecin, tout comme lorsqu'il fait appel à des accessoires pour mimer une scène. Ce n'est pas le comédien qui est en cause mais plutôt des partis pris de mise en scène trop démonstratifs qui gâchent la magie du conteur.

Les 75 minutes du spectacle n'en offrent pas moins un bon moment de découverte (ou redécouverte) du livre de Stefan Zweig.

PS : A noter que les représentations sont données dans la petite salle du sous-sol. A déconseiller aux claustrophobes et aux dos fragiles.

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Midnight Special de Jeff Nichols

Aux Texas, de nos jours, Roy fuit avec son fils, épaulé par son ami Lucas.

L'enfant est, comme souvent chez Nichols, le socle de cette histoire de croyance, d'appartenance et de séparation. Michael Shannon acteur fétiche du réalisateur est parfait en père résolu et déchiré, accompagné du jeune Jaeden Lieberher, Kirsten Dunst et Joel Edgerton. Jeff Nichols donne à son Midnight Special la grâce et l'humanité des films de science-fiction des années 80. La candeur et l'efficacité du Spielberg de l'époque sont bien présents. Mais Nichols a sa personnalité propre et nous prouve une fois de plus, après Shotgun stories, Take Shelter et Mud qu'il est un très grand cinéaste. Cette fois encore il va à l'essentiel sans se perdre dans des scènes inutiles ou trop chargées. Tout est dans le ressenti des émotions et des dilemmes de ses héros qui se découvrent au fur et à mesure du déroulement du film. Terriblement efficace.

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