Une jeune femme, clocharde, est trouvée morte de froid dans un ravin. Avec le témoignage des gens qui l'ont croisée, sont retracées ses dernières semaines d'errance.
Agnès Varda propose un documenteur. En créant de toute pièce le personnage de Mona qui vit sur les routes du Gard, en incluant dans des scènes façon documentaire, les témoignages de ceux qui croisent sa route, la réalisatrice mixe ses deux genres de prédilection fiction et documentaire. Cela confère au film une vérité forte. Sandrine Bonnaire impressionne dans le rôle de Mona, sauvage, mal aimable, incontrôlable.
Simon Cinéma, vieux Monsieur, perd la mémoire. Il engage Camille, étudiante en cinéma, afin qu'elle lui remémore l'histoire de sa vie, celle du cinéma et de ses grands noms et ses grands films.
Agnès Varda célèbre les 100 ans du cinématographe en donnant une forme charnel au 7e art. Simon Cinéma (Michel Piccoli) échange avec son ami Marcello Mastroianni, est trahi par sa mémoire, se prend pour tous les acteurs, voit à travers ses rêves, cauchemars et perte de raison des scènes cultes du cinéma, reçoit la visite de comédiens et comédiennes venus à son chevet. Parallèlement, Camille (Julie Gayet) et sa bande (Mathieu Demy, Emmanuel Salinger...) qui tentent de trouver les fonds pour tourner un court métrage incarnent la relève.
Extraits et clins d'oeil aux films cultes, évocation de grands réalisateurs, intervention de comédiens dans leur propre rôle (Azéma, Lollobrigida, Delon, Belmondo, Deneuve, De Niro, H.Ford...) la mécanique du scénario est foutraque à l'image de la pensée d'un malade d'Alzheimer. C'est amusant mais on ne peut s'empêcher de penser que l'hommage au cinéma n'est pas tout à fait réussi, forcément trop parcellaire, et qu'il n'était sans doute pas possible hors du format documentaire.
Dans un commissariat, Fugain est interrogé pour meurtre par le commissaire Buron.
L'absurde règne en maître dans ce Au poste ! où tous les personnages se comportent de façon incongrue. L'ensemble d'une grande maîtrise, millimétré, est très drôle. Le scénario est particulièrement bien servi par l'excellence de la distribution, en tête Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludwig, Anaïs Demoustier, Marc Fraize
Claude Lanzmann, l'historien-documentariste est décédé aujourd'hui.
Il a réalisé l'un des plus impressionnants, des plus forts témoignages sur l'holocauste.
9h30 contant l'extermination des juifs par les nazis dans toute l'Europe, pour ne jamais oublier.
Un travail d'historien précis à l'aide de documents d'archives, de retour sur les lieux de l'horreur et de témoignages de bourreaux et de rescapés.
Dont celui inoubliable de Abraham Bomba, coiffeur, qui devra couper les cheveux de femmes et d'enfants avant qu'ils soient menés à la mort dans les chambres à gaz.
Avec Shoah, Claude Lanzmann sera pour toujours, celui qui a su dire l'indicible en donnant la parole et en respectant les silences.
Arte rediffuse Shoah samedi prochain et le laissera visionnable pendant 60 jours en replay.
En 1930, à Berlin, un assassin d'enfants terrorise la ville. Les recherches de la Police porte atteinte au bon fonctionnement de la pègre locale qui décide de coincer le meurtrier et de faire justice.
Le film marque d'abord par sa forme. Il est esthétiquement impressionnant dès les premières scènes qui présentent l'enlèvement et le meurtre de Elsie Beckmann. Le réalisateur installe l'angoisse petit à petit en alternant plans sur l'enfant et plans sur la mère dans une même chronologie : la préparation du déjeuner, la rencontre avec l'assassin, l'attente, l'enfant qui accepte le cadeau, l'inquiétude et le meurtre exprimé par l'image du ballon qui roule dans l'herbe et la sculpture en baudruche qui s'envole dans les câbles électriques.
Ses comédiens présentent aussi des "gueules" étonnantes, très expressives dont Peter Lorre, parfaitement effrayant dans le rôle de M.
M le maudit est aussi le premier long métrage parlant de Fritz Lang qui joue avec le son avec une grande maîtrise, incluant des voix hors champs, des bruitages et osant des scènes sans son comme au temps du muet...
Sur le ton, le film mêle terreur et humour grinçant pour traîter de la force du collectif contre le mal mais aussi le mal que ce collectif peut faire en s'accordant tous les pouvoirs dont celui de se substituer à la justice.