Tartuffe aux Ateliers Berthier

Au sol un damier noir et blanc, une grande table centrale et quelques fauteuils en aparté, des murs blancs, de lourdes tentures de velours et une mezzanine. C'est dans ce beau décor, où l'espace domine, que la famille d'Orgon se délite petit à petit sous les manipulations de Tartuffe.

Tout d'abord, on remarque le damier qui nous trouble la vue, un peu comme Orgon aveuglé par le jeu de Tartuffe. Puis, très vite, c'est le talent de Chantal Neuwirth qui nous éblouie. Elle campe une Dorine magnifique, impertinente et drôle. A ses côtés, Samuel Labarthe (Orgon) et Micha Lescot (Tartuffe) ne surprennent pas : ils sont excellents comme chaque fois. Si surprise il y a, elle vient d'Audrey Fleurot que, bêtement peut-être, nous n'aurions pas spontanément imaginé dans une mise en scène de Luc Blondy et qui offre à une Elmire manipulatrice et courageuse, une interprétation moderne d'une grande précision. Du bien bel ouvrage même en l'absence du maître.

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L'odeur de la mandarine de Gilles Legrand

Pendant la première guerre mondiale, Angèle, veuve de guerre, s'installe, avec sa petite fille, au domaine du Capitaine Charles de Rocheline. Elle est engagée comme infirmière pour soigner le Capitaine qui a perdu une jambe à la guerre.

Cette histoire d'amour entre arrangements et passion vaut surtout pour le portrait de femme qu'elle porte. L'héroïne d'une modernité insolente est interprétée par Georgia Scalliet dont nous connaissions déjà le talent sur les planches de la comédie Française mais qui éclate au cinéma pour la première fois. Olivier Gourmet et Hélène Vincent, comme toujours excellents, lui donne la réplique. Les images où la nature est reine sont très belles. Quant au scénario, à l'image de son héros, il boite un peu trop.

Date de sortie en salle : 30 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 8 février 2016

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Mon Roi de Maïwenn

Suite à une chute de ski, Tony intègre un centre de rééducation. La psychologue du centre l'encourage à chercher les réelles raisons de sa chute. Tony se remémore alors son histoire d'amour avec Georgio.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, les personnages sont précisément dessinés et on ne doute à aucun moment de leur possible existence.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, ces personnages sont incarnés par des comédiens au meilleur de leur interprétation ici en tête Emmanuelle Bercot (Prix d'interprétation à Cannes) mais aussi Vincent Cassel et Louis Garrel.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, les dialogues sont percutants et habillent l'histoire d'une saveur particulière.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, la mise en scène vive capte d'emblée.

Comme à chaque fois dans le cinéma de Maïwenn, on trouve des scènes un peu too much et une tendance à étirer un peu le film en longueur.

Pour une fois dans le cinéma de Maïwenn, la réalisatrice n'apparaît pas dans le film et ça n'est pas plus mal car les rôles qu'elle s'attribue sont généralement de trop.

Comme souvent dans le cinéma de Maïwenn, on ressort du film étonné de s'être autant laissé emporté, et impressionné par le savoir-faire de cette cinéaste si particulière.

Date de sortie en salle : 21 octobre 2015

Date de sortie en DVD : 26 février 2016

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Spotlight de Tom Mc Carthy

En 2001, les journalistes du service "Spotlight" du Boston Globe se lancent dans l'enquête journalistique qui révélera un des premiers scandales de pédophilie au sein de l'église catholique.

Réalisé à l'ancienne, Spotlight évoque les films politiques des années 70. Dans un rythme tout à la fois haletant et posé, le film très factuel conte chronologiquement les découvertes faites par les journalistes. Leur effarement est le notre face à l'ampleur que prend le crime. Qualité de l'interprétation, maîtrise du récit et histoire glaçante nous maintiennent captifs pendant 2h10.

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Legend de Brian Helgeland

Dans les années 60, les frères Kray prennent le contrôle du Londres mafieux.

Les histoires de gangsters font généralement de bons films et les scénarios inspirés d'histoires vraies suscitent plus facilement l'intérêt du spectateur. Ce portrait de frères jumeaux gangsters, dont l'un est schizophrène, avait tout pour passionner. Pourtant, passé l'étonnement créé par l'impressionnante prestation de Tom Hardy qui interprète les deux rôles, rien n'intéresse. Le scénario est assez pauvre. Du point de vue de l'action, il ne se passe pas grand chose. Quant à l'analyse psychologique des personnages cela ne semble pas être l'objectif du réalisateur. Ennuyeux.

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