Le spectacle débute rideau fermé, salle dans le noir. En voix off, semblant s'adresser dans les coulisses au régisseur, Gaspard Proust dézingue à tout va. Le propos est sarcastique, amusant, le format pas très original et un peu long. Au bout de 10 minutes, le comédien apparaît sur scène et donne au public les instructions à suivre en cas d'invasion de la salle par des djiadistes armés. C'est intelligemment écrit, osé et très drôle. Ce sera le meilleur passage avec la lettre "Guy Moquet 2016" du rappel. Entre ces deux moments, Gaspard Proust fait ce qu'on attend de lui : dire des "horreurs" sur un ton morne. C'est bien écrit, amusant, parfois un peu facile. Si le sourire ne nous quitte jamais, le rire n'est curieusement pas si présent. La faute à un texte trop riche ? A un rythme trop linéaire ? Au personnage glaçant qu'interprète Proust ? Dans le même esprit, Patrick Timsit a un potentiel comique bien plus puissant qui au final confère à ses propos plus d'impact. Aussi, si Proust a un talent indéniable, la question de son statut de "comique" nous interroge encore.

Voir les commentaires

​​​​​​François Ruffin, rédacteur en chef du journal militant Fakir, enquête sur les conséquences de la fermeture de l'usine textile Ecce de Poix-du-Nord qui fabriquait les costumes Kenzo. Il rencontre Serge et Jocelyne Klur tous deux chômeurs depuis que Bernard Arnault a fermé l'usine pour délocaliser la fabrication en Pologne, puis en Bulgarie. La situation financière des Klur est au plus mal. François Ruffin monte un coup pour que Bernard Arnault verse aux Klur l'argent qui les sauvera de la misère.

Comme l'indique l'affiche du film, Merci Patron raconte l'histoire d'une arnaque. Il ne s'agit aucunement d'une enquête sur les ravages causés par la stratégie financière du Groupe LVMH, données évoquées très rapidement. Façon reportage, fait avec les moyens du bord, dans un esprit "Strip tease", le réalisateur filme le déroulement de l'arnaque, les pièges posés, le coaching (un peu trop manipulateur) des Klur, les rendez-vous (en caméra cachée) avec les représentants du groupe LVMH, les interventions dans les AG.... Il est intéressant de voir le piège se monter si facilement, de voir les Klur renaître et se prendre au jeu de la magouille, de voir à quel point l'arnaque fait effet. On s'interroge sur l'intérêt, d'un point de vue collectif, du procédé. On s'agace de voir à quel point Ruffin se met en scène. On s'étonne (ou on se rassure?) de l'amateurisme avec laquelle une entreprise aussi puissante gère ce genre de risque. Mais surtout, on se demande très vite quelles seront les conséquences de la diffusion du film, de la révélation de l'arnaque pour Serge et Jocelyne Klur. Quelle réaction chez LVMH ? Serge a t-il conservé son CDI chez Carrefour et, surtout, dans quelles conditions ? Comment a réagi l'entourage du couple ? Quelle attitude ont à leur égard les inconnus qu'ils ont croisé depuis ? Le film vaut-il le risque prit par Serge et Jocelyne ?

Date de sortie en salle : 24 février 2016

Date de sortie en DVD : 4 octobre 2016

Voir les commentaires

Pionnier de la télévision, concepteur et animateur d'émissions télé, scénariste, acteur, réalisateur... Pierre Tchernia a toute sa vie naviguait entre cinéma et télévision, mariant souvent les deux médias.

Pour les cinéphiles, il est le réalisateur des hilarants et féroces Le Viager, Bonjour l'angoisse, La gueule de l'autre avec son acteur fétiche Michel Serrault. Il est aussi le narrateur des adaptations animées d'Astérix et Obélix et le créateur de l'émission SVP Disney qui permettait de voir des extraits de films de Disney à la télévision.

Pour les plus jeunes, il est le vieux monsieur aux côtés d'Arthur dans l'animation des Enfants de la télé de 1994 à 2006.

Pour les plus vieux, il fut la référence "cinéma" à la télévision. Pour toujours Monsieur Cinéma du nom de l'émission culte qu'il anima de 1967 à 1972, de 1975 à 1977 et de 1978 à 1980, mais aussi pour les émissions Jeudi Cinéma et Mardi Cinéma et pour les César dont il fut le maître de cérémonie de 1976 à 1995.

Un monsieur un peu vieille France, au rire communicatif et qui a su, comme personne, et avant tout le monde, utiliser la télévision pour servir le cinéma.

Pierre Tchernia est décédé ce 8 octobre.

Voir les commentaires

L'Odysée de Jérôme Salle

En 1943, Jacques-Yves Cousteau crée le scaphandrier autonome. Le succès de son invention lui apporte suffisamment d'argent pour qu'il installe sa famille dans une jolie maison au bord de la mer et pour assouvir son envie de quitter la marine pour se consacrer à sa passion des fonds marins quitte à vivre cette passion sans ses enfants.

Les images sont belles, sans toutefois que la réalisation impressionne. Les comédiens sont parfaits, Lambert Wilson en Cousteau plus vrai que nature, Pierre Niney, dans le rôle de Philippe le fils et Audrey Tautou, en épouse déterminée. Jérôme Salle peine à déterminer le sujet de son film. Biopic du Commandant Cousteau ? Biopic du fils Philippe ? Portrait d'une relation père-fils difficile ? Histoire de la Calypso ? Naissance d'une conscience écologique ? Tous ces sujets sont abordés sans qu'aucun ne soit traité à fond. Le film survole tout. Le récit est extrêmement parcellaire et les impasses trop nombreuses. On ne perçoit aucun parti-pris tant dans la gestion du récit que dans la réalisation. Jérôme Salle déclare avoir voulu réaliser un film grand public. Ceci explique peut-être cela. A vouloir plaire à tout le monde, l'oeuvre perd en pertinence et en puissance. Dommage.

A voir en salle dès le 12 octobre.

Voir les commentaires

Elle de Paul Verhoeven

Michèle, chef d'entreprise d'une cinquantaine d'années, est violée chez elle par un homme cagoulé. Semblant à peine perturbée par cette agression, elle poursuit sa vie presque normalement en cherchant tout de même qui pourrait être son agresseur.

Verhoeven, visiblement toujours fasciné par les perversions en tout genre, fait ici appel à l'actrice incontournable pour les rôles de femmes hors normes : Isabelle Huppert. Et effectivement, celle-ci ne ménage pas sa peine dans des scènes très physiques. Le problème est qu'à force de trop vouloir en faire, le réalisateur en fait trop. Et on finit par ne plus voir que les cascades que Verhoeven inflige à la comédienne imperturbable. Cela en devient presque risible, pour ne pas dire ridicule. De plus, Verhoeven empile les histoires et les personnages glauques quitte à perdre le spectateur dans la pléthore d'énigmes et d'outrances. En résulte que même les pistes intéressantes (le passé de Michèle par exemple) perdent tout intérêt sous la masse. S'ajoutent les incohérences multiples. Le grotesque finit par prendre toute la place et réduire à néant l'effet escompté.

Date de sortie en salle : 25 mai 2016

Date de sortie en DVD : 4 octobre 2016

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog