Monumenta 2016 : Huang Yong Ping - Empires

305 conteneurs empilés en 8 "collines", un gigantesque bicorne Napoléonien, un serpent en aluminium de 254 mètres, voici les ingrédients de l'oeuvre de l'artiste franco-chinois, Huang Yong Ping. L'ensemble portant le nom d'Empires, on imagine que le bicorne évoque le pouvoir politique, la guerre et la conquête, les conteneurs, la mondialisation et le serpent, l'argent qui domine et contrôle tout. Esthétiquement parlant, l'ensemble n'est pas spécialement séduisant. Le serpent de métal ressemble plus à une énorme arête de poisson et sa couleur grise l'empêche de se détacher visuellement complètement de la structure de la nef. Le bicorne, si ce n'est par sa taille, n'impressionne pas particulièrement. Quant aux conteneurs, le mélange de leurs couleurs est sympathique mais bien moins que sur n'importe quel port du monde. Le choix de la disposition de ces différents éléments ne séduit pas plus, la nef n'étant pas occupée de façon harmonieuse. On ne sait pas très bien comment appréhender cette oeuvre, comment la regarder, par quel bout la saisir.

Ceci étant dit on n'oublie pas que Empires a été créée par l'artiste spécialement pour l'événement, que son gigantisme demande un travail titanesque et qu'il faut du courage pour se confronter à l'incomparable beauté du lieu.

Pour revoir des images des quatre derniers Monumenta, cliquez sur le nom des artistes :

2010 - Christian Boltansky

2011 - Anish Kapoor

2012 - Daniel Buren

2014 - Ilya et Emilia Kapakov

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Maris et Femmes au théâtre de Paris

Cette version théâtrale du film de Woody Allen est horripilante. Son décor particulièrement moche nous inquiète dès l'entrée dans la salle. Il n'annonce rien de bon pour qui espère retrouver un peu de la profondeur du cinéaste. Et effectivement, dès la première scène le jeu de certains comédiens nous indique que la pièce penchera vers le théâtre de boulevard. Mais l'espoir demeure encore un peu. La mise en scène s'annonce alerte et astucieuse et elle le sera effectivement jusqu'au bout. L'adaptation, tant dans le découpage de l’histoire que dans la réécriture des dialogues, sera honorable. En revanche, les comédiens semblent ne pas jouer la même partition. Marc Fayet (dont le jeu me désole définitivement) et Astrid Roos font dans le boulevard bien lourd. Florence Pernel (qui est pourtant plutôt pas mal d'habitude), Hélène Médigue et Alka Balbir naviguent dans un entre deux et ne sont jamais vraiment en place. Seuls José Paul (tout en nuances) et Emmanuel Patron restent sobres et redonnent à cette pièce un peu d'élégance.

Au final, il n'est même pas sûr que les amoureux du théâtre de boulevard y trouvent leur compte et l'intérêt de cette adaptation nous échappe totalement.

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40 ans... l'âge du yoga et du bio, celui de l'arrêt de l'alcool et du tabac.... L'âge où on arrête de vivre, où la prochaine aventure qui s'annonce est le cancer.

C'est sur ce constat déprimant que repose le dernier spectacle de Florence Foresti. L'artiste convoque notamment les Dieux de la Grèce antique pour une réflexion sur les affres de la vie, enchaînant sur le linge de maison sa nouvelle passion, sur les mamans calme, sur Vanessa Paradis une muse, sur les nouvelles technologies et les modes de consommation dont la finalité lui échappe, rappelant les inventions géniales qui nous simplifient la vie qui n'empêchent pas l'humain d'être râleur en plus d'être con, tandis que les animaux font comme ils peuvent avec leur anatomie aléatoire. Foresti clôt son propos, avec l'aide d'Arletty, par un magistral pamphlet féministe.

C'est continuellement irrésistiblement drôle, confirmant les talents d'écriture, de comédienne et le statut de patronne du rire de Florence Foresti.

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Ma Loute de Bruno Dumont

Eté 1910, à Wissant, l'inspecteur Machin et son assistant enquêtent sur d'étranges disparitions. Leurs investigations les mènent vers la villa Typhonium investie pour l'été par les Van Peteghem, de riches Tourquennois, et vers le village de pêcheurs chez les Brufort.

Attention le burlesque et le loufoque règnent ici en maître. Si ce type d'humour ne vous sied guère, inutile de visionner Ma Loute qui en regorge. Si au contraire vous en êtes friands, si vous avez aimé la série Le Petit Quinquin, vous passerez deux heures de rire et de cinéma de haute qualité. Car si Dumont est un cinéaste étrange (à l'époque où il donnait dans le drame, il ne faisait pas non plus dans la dentelle), il n'en est pas moins un excellent réalisateur. La beauté de sa mise en scène, l'originalité de ses plans, le travail précis sur le son interpellent. Cette qualité dans la réalisation élève et sert particulièrement bien l'outrance qui mène son histoire, ses dialogues et le jeu de ses acteurs. Habitué à tourner essentiellement avec des comédiens amateurs, Dumont convoque ici des pointures du cinéma pour incarner la bourgeoisie du Nord, marquant encore un peu plus le fossé entre les couches sociales. Fabrice Lucchini, Juliette Binoche et Valéria Bruni-Tedeschi jouent particulièrement le jeu et n'hésitent pas à en faire des tonnes, mais toujours dans le contrôle, pour entrer pleinement dans le délire du réalisateur. Luchini et Bruni-Tedeschi sont très drôles comme ils peuvent l'être souvent. La vraie surprise vient de Juliette Binoche, hilarante en Sarah Bernhardt locale. Les comédiens amateurs ne sont pas en reste et sont tous excellents. Leur accent du cru, pur jus, est un régal de chaque instant. Leurs visages aux yeux clairs accompagnent parfaitement les beaux paysages des plages et dunes du Nord.

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Café Society de Woody Allen

Dans les années 30, Bobby quitte New-York, ses parents, son frère et ses affaires louches, sa soeur et son beau-frère communiste, pour réussir sa vie à Hollywood. Il compte sur son oncle Phill agent de stars pour le lancer.

Café Society est un film en tout point charmant. Loin de la veine de Manhattan ou de Annie Hall, il se positionne plutôt dans l'esprit d'un Radio Days à la différence notable que Woody Allen offre ici une qualité de réalisation remarquable. La reconstitution de l'époque, costumes et décors, la lumière, la mise en scène sont magnifiques. Les comédiens avec en tête Jesse Eisenberg et Kristen Steward, décidément excellente, sont parfaits. Plusieurs scènes sont particulièrement drôles et on retrouve tout le long du film la verve, l'autodérision et l'humour noir de Woody Allen. Un bon cru.

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