Le duo d'artistes Américains Faile expose pour la première fois à la gallery Magda Danisz. Sur deux étages, prés de trentes oeuvres de grands formats sont présentées. Au rez de chaussée, on retrouve leur style particulier largement inspiré de l'iconographie américaine des années 50. Leurs oeuvres créées telles des patchworks sont faites d'une multitudes d'images piochées notamment dans la culture des comics, du pop art, de la publicité de l'époque. Les techniques utilisées sont multiples : peinture acrylique, bombe aérosol, sérigraphie, collages, découpages, utilisation du bois, du papier, du tissu, du cuivre... Un régal à scruter tant les détails surprenants sont nombreux. Au premier étage, les deux artistes affichent un style nouveau, plus épuré, tout à la fois différent et fidèle à leur travail. A voir jusqu'au 29 avril 2017.

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Slimane Kacioui met en scène, Le Horla, la nouvelle fantastique écrite par Guy de Maupassant en 1887. Le héros et narrateur conte son histoire sous la forme d'un journal. Date après date, ce récit étrange prend corps et laisse apparaître la possible folie d'un homme à travers ses perceptions surnaturelles. 

Avec pour seuls accessoires, une chaise, un tréteau et de grandes tentures noires, Florent Aumaître, seul en scène, donne un visage, une voix et les traits d'émotions multiples et contradictoires au héros de cette œuvre au texte riche et curieusement plus exigeant à l'écoute qu'à sa lecture. Le comédien dans une diction parfaite fait entendre tous les mots et toutes les intentions du texte. Son interprétation des doutes, peurs, luttes et résolutions du héros est particulièrement efficace. 

A voir au théâtre Michel jusqu'au 6 mai.

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Daniel Mantovani, écrivain argentin célèbre et Prix Nobel de littérature, vit aisément et surprotégé en Espagne. Il refuse la plupart des nombreuses sollicitations jusqu'au jour où son village natal, perdu au fin fond de l'Argentine, l'invite à recevoir la distinction de citoyen d'honneur de la ville.

L'écrivain ni très sympathique, ni tout à fait détestable, retourne sur les lieux où il a grandi, principale source d'inspiration de ses livres. Habitué à l'allégeance de son entourage, il fait, face à ses hôtes, preuve d'un amusement condescendant qui petit à petit laisse place à plus d'humanité et d'agacement puis à la peur. Simultanément et successivement, aux prises avec l'encombrante mais flatteuse admiration de ses concitoyens, avec leur mépris ou avec leur haine, Daniel Mantovani doit rendre des comptes sur son succès, le contenu de ses livres et sa supposé supériorité d'homme de lettres européanisé. Les deux réalisateurs content cette histoire, à la fois comédie grinçante et thriller, de façon rythmée. Leur sens du raccourci flatte les surprises et favorise le rire qui ne quitte jamais le film.  Le récit est bien mené gagnant petit à petit en intensité jusqu'à son étonnant épilogue.

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Khaled a fui Alep. Il arrive par cargo à Helsinki et demande immédiatement l'asile politique. Pendant ce temps là, Wikhstrom abandonne simultanément son travail de VRP et sa femme et décide d'ouvrir un restaurant après avoir joué ses économies au poker.

On retrouve l'univers étrange de Kaurismaki. Un peu trop peut-être, le réalisateur semblant ne pas chercher à renouveler son cinéma. Ses personnages sont toujours taiseux, peu expressifs et à tendance dépressive. Les situations sont poétiques et cocasses. C'est ce contraste entre la nature des personnages et leur environnement qui crée le burlesque, ici essentiellemnt chez Wikhstrom. Pour Khaled, le réalisateur essaie d'être au plus près de la réalité des réfugiés. Le récit de sa fuite de Syrie, la façon dont les autorités finlandaises le reçoivent, sa vie de clandestin se déroulent au premier degrés et sont complétées par des images réelles d'Alep bombardée. Cette différence de traitement perturbe un peu la lecture du film. Si chaque partie est parfaitement réussie, leur assemblage donne au récit une tonalité étrange dont on ne sait que penser. 

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A Venise et Ferrare, au XVe siècle, Lucrèce Borgia, femme incestueuse, tyrannique et meurtrière, trouve un peu d'humanité dans l'amour qu'elle porte à Gennaro, son fils autrefois abandonné. Elle cherche à tout prix à le rencontrer et à le sauver alors qu'il ignore qu'elle est sa mère.

 

Denis Podalydes, metteur en scène, modifie la distribution de la pièce de Victor Hugo  interprétée l'année dernière par Guillaume Gallienne dans le rôle-titre. Il confie cette fois le rôle de Lucrèce Borgia à Elsa Lepoivre, très impressionnante dans ce rôle extrêmement complexe où le tyran voit sa soif de barbarie dépassée par l'amour maternelle qu'elle porte en elle. Aussi terrifiante que touchante, la comédienne présente une palette de jeu d'une grande richesse. La puissance de sa voix dans la colère et sa douceur dans la peur, ses traits lui donnant le masque de la laideur dans la violence et ceux de la beauté dans l'abandon, ses larmes de haine si différentes de ses larmes de chagrin la rende particulièrement troublante. Elle se jette à corps perdu dans ce rôle et nous emporte dans la folie malsaine des Borgia avec force.

 

Curieusement, malgré cette interprétation magistrale et irréprochable, la pièce ne touche pas tout à fait comme elle le devrait. Quelque chose d'imperceptible vient perturber la dramaturgie. Pourtant, la scénographie est très belle et sombre comme il se doit. Elle est réalisée par Eric Ruf, comédien fabuleux qu'on ne voit plus assez souvent depuis qu'il dirige la Maison et que l'on a plaisir à retrouver dans le rôle d'Alphonse d'Este. Les comédiens qui interprètent les frères d'arme de Gennaro sont parfaits (Clément Hervieu Leger, Benjamin Lavernhe, Julien Frisson...). En revanche, le jeu de Thierry Hancisse, Gubetta, tire excessivement vers le grotesque, qui existe bien dans la pièce mais qui semble ici prendre trop de place au point que ce personnage n'en est plus du tout effrayant. Il est pourtant le bras droit de Lucrèce et une menace pour son fils. Gaël Kamilindi interprète un Gennaro trop tendre. Il est difficile de voir en lui un capitaine meneur d'hommes à la guerre. Sa haine de Lucrèce Borgia n'éclate pas suffisamment violemment, qu'il soit avec ses amis ou face à elle. Quelques soient les circonstances on ne voit en lui qu'un petit garçon, alors que celui-ci ne devrait apparaître que lorsqu'il est confronté à la quête de sa mère.

 

A cela s'ajoute la mise en scène du dernier acte, celui de la fête au Palais Negroni, qui ne fonctionne pas bien. L'atmosphère qui y règne n'évoque pas suffisamment l'étau qui se resserre petit à petit sur les dignitaires vénitiens. Aussi, l'arrivée des prêtres annonciatrice de mort devrait être plus spectaculaire, plus effrayante. Même l'entrée de Lucréce Borgia à ce moment précis n'est pas assez puissante, alors que son apparition dans le premier acte est majestueusement mise en scène. Au moment final où vient la mort de la mère et du fils l'effet dramatique ne fonctionne pas vraiment. Si on ne voit plus que le côté un peu ridicule de l'issue c'est que la mise en condition du spectateur n'a pas été faite.

 

Il faut dire que la pièce, jouant sans cesse sur la frontière entre le drame absolu et le grotesque, n'autorise aucun faux pas. Alors peut-être que, ne serait-ce que pour cette dernière scène, il s'agissait d'un mauvais soir ?

 

Demeure tout de même toutes les qualités énoncées plus haut et le talent d'Elsa Lepoivre qui à lui seul justifie l'existence de cette proposition théâtrale.

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