Avec Patrick Rotman au scénario on pouvait s'attendre au meilleur. Las !
Florent Emilio Siri, le réalisateur, gros sabots aux pieds, semble courir contre le temps, pas celui de l'histoire mais celui dont il dispose pour conter son histoire. Ainsi, les scènes se succèdent dans une mécanique répétitive : une scène d'action = une problématique, une nouvelle scène d'action = une nouvelle problématique (Ceux contre qui on se bat, sont aussi ceux qui ont combattu avec nous en 39-45 / Peut-on justifier la torture parce qu'ils torturent les nôtres ? / Soldat Algérien dans l'armée française de quel pays seras-tu la guerre une fois finie ? etc...).
A force de vouloir trop en dire en un minimum de temps, le propos devient terriblement démonstratif et manque totalement de finesse et de liant. Le jeu des acteurs en devient caricatural (à l'exception notable d' Albert Dupontel) et tout le monde joue à Brando dans Apocalypse Now mais tout le monde joue mal. Maginel dont les yeux bleus - sans doute synonyme de pureté...- fascine le réalisateur en fait des tonnes.

Aussi, l'essentiel du film étant réservé aux scènes d'action (plutôt bien réalisées), il ne reste plus de place pour se consacrer aux héros de l'histoire (ces militaires Français ou Algériens de l'armée française)
, pour installer leur profil psychologique, pour que le spectateur s'identifie. On pense un instant que le réalisateur sans fou jusqu'à ce qu'une scène tire-larmes de 5 bonnes minutes nous montre "un des nôtres" blessé, heureux de sa quille, finalement se faire tuer. Problème : ce type on ne l'avait encore jamais vu dans le film, à aucun moment son importance pour les autres n'a été effleurée... Alors nos larmes... Lorsque Maginel ou Dupontel disjonctent (ceux qui auront vu le film comprendront cet humour de mauvais goût...) on en est presque surpris,comme s'il manquait quelques scènes coupées au montage...

L'erreur, sans doute, aura été de choisir Siri comme réalisateur. Dénué de toutes finesse, ce réalisateur est fait pour tourner un ènième Piège de Cristal mais certainement pas un film sur un conflit aussi complexe que celui que fut la guerre d'Algérie.


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Après une prestation remarquée au Festival de Jazz de Saint Germain, Terez Montcalm a investi l'Européen, archi-bondé et largement acquis à sa cause.
En tant que digne chanteuse Québequoise, Terez Montcalm est particulièrement sympathique, conviviale et bonne copine. Aidée par une salle à l'infrastructure particulièrement confortable, elle a rapidement installé une ambiance bon enfant. Sa voix rauque, apprèciée sur CD, confirme en Live et impose le respect.
Son répertoire entre reprises et compositions personnelles, parfois jazz, parfois rock déroute un peu d'autant que son attitude scène plutôt dynamique est à cent lieu des économies de gestes observées par la majorité des chanteuses jazz.
Guitare en bandoulliére, Terez Montcalm joue ainsi souvent sur la frontière entre jazz et pop-rock, ce qui donne un peu trop souvent un répertoire un peu bâtard fort proche de la musique "d'ambiance". Dommage, son talent mériterait mieux.

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Invités par le Festival "Entre Guillemets", festival dédié aux chanteurs à texte, David Lafore, Bertrand Belin et Franck Monnet se sont partagés le Café de la Danse pour deux soirs.
Accompagnés de leur seule guitare, ils ont chacun leur tour occupé la scène pendant 45 minutes.
David Lafore a ouvert le bal. Le format seul avec sa guitare sied parfaitement à son répertoire plus orchestré sur CD. Toujours aussi fantaisiste et drôle, il en gagne en sobriété. Ainsi, Il perd la lourdeur qu'on a pu observer dans sa version "5 têtes" c'est à dire accompagné de ses 4 musiciens qu'il a tendance à entrainer dans ses plaisanteries du coup particulièrement potaches. Ici, sa belle voix grave et son attitude dandy déconnant servent particulièrement bien ses chansons aux mélodies courtes et répétitives et aux textes incisifs et imagés.

Contrairement à David Lafore, la configuration guitare seule n'a pas bien servie Franck Monnet dont il est vrai, à la base, le répertoire me séduit moins. Les mélodies moins évidentes se trouvent fort nues dans cette très légère orchestration. Phénomène accentué par le manque de musicalité des textes, de plus, souvent sur-écrits.
Heureusement, sa belle voix au voile léger flatte nos oreilles et sauve quelques titres tels "La routine" ou "j'adore t'écrire". L'enthousiasme d'un Franck Monnet particulièrement proche de son public a beaucoup aidé.

Bertrand Belin dont le répertoire me réjouie tant, a, lui aussi, souffert de cet accompagnement minimal. Il est vrai que les orchestrations de ces CD sont particulièrement soignées et participent au plaisir ressenti à l'écoute de ses chansons. La dextérité avec laquelle il manie sa guitare électrique n'a pas suffit à combler ce manque. Sa belle voix grave pourtant n'a pas déçu et a servi avec le soin qu'ils méritent ses textes raffinés.



PS : On remarquait dans la salle la présence de Barbara Carlotti et JP. Nataf particulièrement attentif au jeu de guitare de Bertrand Belin.


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99 francs ressemble au monde qu'il dénonce : moche, bruyant, opportuniste, ridiculement branchouille, faussement sincère et terriblement vain.
Tout est faux, à commencer par les images toutes retouchées par ordinateur. Même Jean Dujardin en fait trop et semble si peu à l'aise dans son rôle qu'il en deviendrait presque mauvais.
Censé dénoncer les méfaits de la pub et de notre société de consommation, ce film est en réalité une occasion de plus pour Jan Kounen de nous servir 1h40 de violence et de vulgarité à gogo avec en pathétique touche finale la "révélation" : avec l'argent dépensé par la pub on pourrait presque sauver le monde.

En définitif, la seule question importante soulevée par le film est :
combien de temps Beigbeder tiendra t-il avant d'avouer que ce film, adaptation de son livre, est une grosse daube ?

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Vu « Joyeuses funérailles ».
Une comédie anglaise annoncée comme la plus drôle depuis « 4 mariages et un enterrement ».
J’ai passé toute la durée du film à me demander pourquoi tout cela me faisait parfois sourire mais surtout pas rire. J’aurai aimé m’esclaffer mais un je ne sais quoi empêchait l’étirement compulsif de mes zygomatiques.
Sur le papier l’histoire n’est pas très originale mais offre un contexte comique généralement efficace : Daniel enterre son père. Chaque membre de la famille arrive avec ses problèmes à régler. Les situations cocasses se succèdent jusqu’à l’arrivée d’un inconnu (« un inconnu » ouarf !comprendront ceux qui ont vu le film)…


Malheureusement, le film manque cruellement de rythme. Les gags arrivent par à coups. La mayonnaise prend quelques secondes et retombe aussi vite. Le montage fait à la hache n'aide sans doute pas.
Surtout, il y a à mon avis un énorme problème de mise en scène. J’ai rarement vu un film comique prônant autant l’immobilisme. Frank Oz filme sans cesse ses acteurs en gros plans fixes. La caméra passe d’un visage à l’autre comme si le réalisateur ne comptait que sur les mimiques de ses acteurs pour faire rire. Mais n’est pas Louis de Funès qui veut et même dans les films de Jerry Lewis le mouvement avait toute son importance.
De fait, ces gros plans empêchent toute exploitation du contraste contexte-évènements. Encore à mon avis un ressort important des scènes comiques, sinon pourquoi placer cette histoire dans le cadre d’un enterrement ? Ainsi, les rares scènes où Oz filme ses acteurs en plan large, dans le décor de circonstance, avec un arrière plan réellement présent, ces rares scènes sont les scènes où l’effet comique est le plus efficace. Mais, elles sont rares.


Aussi, on peut discuter de la lourdeur des gags souvent téléphonés, exploités jusqu’à la corde, le scato l’emportant sur l’humour noir ou pince sans rire. On peut aussi déplorer la fin gnangnan avec le discours du genre « si tout le monde il était beau et gentil, ça serait plus facile ». Mais, ce serait pinailler à côté de ce vrai problème de mise en scène.
On reconnaitra tout de même l'excellence des comédiens tous parfaits tant dans les premiers que dans les seconds rôles.
Si Frank Oz n’a appris aux Etats-Unis (où il a fait toutes ses classes) ni la mise en scène, ni la finesse, il n'est pas mauvais en directeur de casting... Mais est-ce lui qui a fait le casting...?

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