SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 21:40

Le-loup-de-Wall-Street---www.zabouille.over-blog.com.jpgDans les années 80-90, Jordan Belfort, trader, fait fortune. Pendant 2h50, Scorsese nous invite à suivre son jeune héros dans ses diverses orgies (sexe, drogue, fric,....). On ne doute pas un seul instant qu'en adaptant l'autobiographie du trader, Scorsese cherche à dénoncer les dérives de la finance. Mais on est moins sûr que tous les spectateurs l'accueillent ainsi. 

En effet, le film bénéficie d'une mise en image rythmée, laissant place à l'humour et un vocabulaire branché (et souvent grossier). L'essentiel des scènes a pour sujet des partouses, des prises de drogue et des virées en yacht. Tout est outré, dialogue et jeu, mise en scène sans distance, sans jugement. Tout cela est-il minable ou cool ? Scorsese se contente de filmer l'outrance. Les scènes d'orgies se suivent et se ressemblent. Jusqu'à l'écœurement ? Du coup, en plus d'être gênés par le parti pris qui semble être "la forme fait le fond", on s'ennuie rapidement. Même la qualité de la prestation de Leonardo du Caprio, excellent comme souvent, finit par lasser.

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 19:55

affiche-Yves-Saint-Laurent_le-film_2014.jpgLe film pourrait s'appeler "Pierre Niney, moi, Saint-Laurent" tant l'incarnation est bluffante et le film décevant au regard de ce prodige. Le récit est, assez prévisiblement d'ailleurs, mal tenu. Comment raconter le génie et la complexité d'un tel artiste en 1h40 ? Comment assumer les impasses, comment limiter l'effet sketch dans la succession des instants clés de la vie de Saint-Laurent ? Il eut fallut être un autre génie pour y parvenir. Jalil L'expert, malgré son évident enthousiasme, n'en est pas un. Bien qu'il dise avoir réduit son champs d'action à l'histoire d'amour qui unissait Yves Saint-Laurent à Pierre Bergé, il est dépassé par l'ampleur du personnage et de son monde. Du coup, il ne tient pas son sujet central et se disperse. Après une première partie bien tenue, il survole tout en un effet zapping qui tient le spectateur à distance, loin du coeur et des tripes de l'artiste, du monde et de la mode.

Autres déceptions du film : sa mise en images et l'utilisation d'une voix off. Le directeur de la photo devait avoir la tête ailleurs. Mais pour un film sur un amoureux de la lumiere et des couleurs c est dommage. Quant à la voix off, celle d'un Pierre Bergé contant son amoureux, l'effet romanesque sans doute recherché ne fonctionne pas. Tout semble sans souffle.

Si Lespert n'est pas un grand cinéaste, il a en revanche le sens du casting et celui de la direction des acteurs sur lesquels le film semble émotionnellement tout miser. Pierre Niney est donc impressionnant accompagné par un Guillaume Gallienne parfait (et une Charlotte Le Bon lumineuse). Ils apportent l'envolée qui manque à la réalisation du film.

Tout comme La Môme, film imparfait, fascine par la prestation de Marion Cotillard, Yves Saint-Laurent vaut pour la prestation du duo issu de la Comédie française. Cela ne suffit pas à en faire un grand film. 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 22:38

Belle-et-Sebastien---zabouille.over-blog.com.jpg Nicolas Vannier nous présente un remake d'une de nos plus tendres séries d'enfance. Crime de lèse majesté. Aussitôt, nous revient en mémoire la beauté et l'espièglerie du jeune Mehdi El Glaoui mais aussi le visage de Cécile Aubry, l'auteur-réalisatrice de cette histoire fusionnelle entre un petit garçon et un énorme chien nounours. C'est elle qui en introduction nous contait l'histoire de Sébastien. 

 Réfractaires donc, on craignait le pire. Et curieusement, même si le contexte historique n'est pas vraiment identique, même si on retrouve Mehdi sous les traits d'André, un "vieux d'au moins 50 ans", même si nous n'avons plus la capacité d'émerveillement de notre enfance, on marche à fond. On dévore les magnifiques paysages de montagne, on rêve de pouvoir passer la main dans la fourrure de Belle et on voudrait consoler le nouveau petit Sébastien.

Notre coeur d'enfant prend le dessus sur notre cynisme. 

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 18:31

The-lunchbox-zabouille.over-blog.com.jpgIla prépare chaque jour pour son mari une lunchbox. Elle espère en soignant la qualité de ses plats reconquérir un mari distant. Mais la lunchbox n'est pas livrée à la bonne personne.

Partant de cette simple erreur d aiguillage, Ritesh Batra nous présente une comédie romanesque qui, en plus d'être fine dans le dessin des personnages et son humour, nous propose une immersion dans la vie quotidienne de l' Indien moyen.

Et si ce  voyage accuse quelques longueurs, il nous offre de bons moments et un parfait dépaysement.

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 19:27

Guillaume-et-les-garcons-www.zabouille.overb-blog.com.jpgEn 2010, Guillaume Gallienne faisait son coming-in au théâtre. Fort du succès de son one man show, Gallienne adapte, réalise et interprète son histoire au cinéma.

Quand Guillaume naît, Mme Gallienne qui a déjà deux fils, a sans doute le regret de ne pas avoir une fille. Pendant de nombreuses années, Guillaume sera persuadé d'être cette fille, jusqu'au jour où sa mère lui parlera de son "évidente" homosexualité.

Le film, moins fin et moins émouvant que la pièce, est beaucoup plus drôle. Les passages mettant en scène Guillaume et sa mère, personnages interprétés tous deux par Guillaume Gallienne lui-même, sont hilarants. Le sens du détail fait beaucoup et créé souvent le rire. Le choix d'une narration depuis la scène de théâtre est moins convaincant et le film y perd sans doute en rythme et fluidité. Mais, la qualité des interprétés, un certain sens de la mise en scène et l'originalité du sujet emportent l'ensemble.

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 16:10

Quai-d-Orsay-www.zabouille.over-blog.com.jpgArthur Vlaminck, jeune homme brillant, est embauché comme scribe  par Alexandre Taillard de Worms, aux Affaires Étrangères. Commence alors la découverte d'un monde étrange, exigeant, fantasque et bourré d'embûches. 

Bertrand Tavernier adapte ici la bande dessinée "Quai d'Orsay" créée par Antonin Baudry alors que celui-ci travaillait auprès de Dominique de Villepin au ministère des affaires étrangères. On découvre les coulisses d'un ministère, l'effervescence qui y régne, l'abnégation des hommes d'état et la mégalomanie d'un ministre.

Le film est à la fois hilarant tant les situations et dialogues sont extrêmement drôles et effrayant tant on imagine que la peinture du ministre est proche de la réalité.

La riche distribution des seconds rôles est excellente (Niels Arestrup, Bruno Rafaelli, Julie Gayet, Thomas Chabrol, Anaïs Demoustier...). En première ligne Raphaël Personnaz est parfait en candide. On peine un peu avec Lhermitte, qui, bien qu'il ne démérite pas, ne s'efface que difficilement derrière son personnage.

Malgré cette petite réserve, les deux heures de film se regardent avec plaisir et un réel intérêt sans le moindre ennui.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 23:07

Un-Chateau-en-Italie-www.zabouille.overblog.com.JPGLouise, comédienne quarantenaire paumée, issue d' une grande famille d'industriel italien fantasque, se voit peu a peu séparée des deux grands témoins de son enfance et acteurs de son bonheur : le château familial et son frère tant aimé. Parallèlement, elle rencontre l'amour et tente d'assouvir son désir d'enfant.


Valeria Bruni Tedeschi touche au génie lorsqu'il s'agit de mettre en scène sa vie et celle de sa famille de "dégénérés". Cette folie, cette fuite perpétuelle de ses héros désespérés d'eux-mêmes et des autres qui manient l'autodérision dans la désillusion est contée, filmée et interprétée avec un sens du rythme et du dosage rare.

Les scènes qui savent vous émouvoir et vous faire rire dans un même élan ne sont pas légion au cinéma. La cineaste les maîtrise. En plus de son savoir faire de conteuse, VBT sait s'entourer de comédiens excellents dont sa propre mère, Marisa Borini, qui vole presque la vedette à sa fille. Céline Salette est une fois encore parfaite dans un second rôle exigeant tout comme Filippo Timo dans le rôle du frère adoré.

Un film d'une admirable maîtrise qui vous emporte pleinement.

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