Cadre supérieur dans une compagnie de fret maritime, Franck est licencié après avoir pris une décision immorale mais rentable pour son entreprise.
Le sujet du film d'Antoine Russbach n'est pas tant la dureté du monde du travail que l'immoralité qu'il peut porter, broyant les hommes et mené par la puissance de l'argent. Immoralité d'entreprises sans foi, ni loi, immoralité de ses employés poussés aux crimes, immoralité des familles qui se fichent de savoir d'où vient l'argent du foyer.
A la première partie réussie, succède un grand vide que le talent indéniable d'Olivier Gourmet ne peut combler. Le rythme global est lent, la tonalité très froide permet difficilement de s'attacher aux personnages, d'autant plus que le héros est un taiseux qui souffre en silence. L'ensemble manque cruellement de rebondissement et d'événements.
L'avis d'une tout à fait non-spécialiste des Marvel :
Spiderman Far from home est un film qui parle d'adolescents et s'adresse essentiellement aux adolescents. 🤓
Cela reste assez drôle 😂, visuellement bien foutu 🤩, affreusement bavard 😴 et très instructif : Iron Man est semble t-il décédé dans un épisode précédent 😱
1998, Kaboul est aux mains des talibans. Mohsen et Zunaira rêvent de pouvoir enseigner, lui, l'histoire, elle, le dessin, d'aller au cinéma, de se promener main dans la main et sans burqa.
Belle et curieuse idée que celle d'adapter le livre de Yasmina Kadra en animation. Les réalisatrices ont choisi de faire jouer les comédiens puis de mettre leur jeu en images pour une plus grande justesse dans l'interprétation. Ce procédé astucieux fait son effet. Les dessins sont très beaux. Leur beauté et les plans qui ne montrent jamais la violence de face, tout en ne reniant pas l'horreur de la situation, tire le film vers la fable. Un part pris respectable qui peut interroger au regard du sujet.
C'est l'anniversaire d'Andrea. Dans la grande maison familiale enfants et petits enfants sont réunis. Claire, la fille aînée, partie à l'étranger depuis 3 ans, réapparaît.
Cette histoire de famille est surtout le portrait d'une femme dysfonctionnelle, agressée par la vie, qui bouscule un bonheur familial déjà instable, reposant sur le déni.
Le film est porté par son excellent casting, Vincent Macaigne, Luana Bajrami, Laetitia Colombani, Cédric Kahn, aussi bon devant que derrière la caméra, l'excellente et perturbante Emmanuelle Bercot et l'immense Catherine Deneuve.
Au XVIIIe siècle, Marianne, jeune peintre, est engagée pour réaliser le portrait d’Héloïse, promise à un homme qu'elle ne connait pas et à qui le portrait doit être envoyé.
Les superlatifs se bousculent pour dire la charge émotionnelle portée par ce film. La beauté et la délicatesse sont partout.
Dans la photographie d'abord. Majesté des paysages baignés de lumière, harmonie des couleurs, mystère des intérieurs d'une grande simplicité tamisée, éclairage des visages, des regards et des corps. Dans la mise en scène ensuite, à la fois vive et en retenue, qui montre et laisse deviner.
Dans les dialogues aussi qui en peu de mots, simples et subtils, disent tout. Dans les silences et les sons, du frottement du fusain sur le papier, aux crépitements du feu des cheminées jusqu'aux rythmes des respirations. Dans la fluidité du récit astucieux qui ne découvre pas tout et laisse volontiers imaginer, deviner.
Dans la tonalité d'un clavecin qui ne joue que quelques notes éparpillées d'une mystérieuse musique qu'on reconnait pourtant. Dans un "je ne sais pas" qui dit précisément le "je ne sais pas" qu'il veut dire. Dans le pinceau qui dévoile la texture d'une peau, les traits d'un visage, la colère d'un regard.
Dans l'interprétation de Luana Bajrami, touchant oiseau tombé du nid et combattante. Dans celle de Valeria Golino, dont le regard perdu et la voix voilée portent merveilleusement le spleen de son personnage. Dans le duo fusionnel formé par Adèle Haenel intense et Noémie Merlant touchée par la grâce.
Par les sujets abordés. La condition des femmes, qu'elles soient aristocrates, domestiques ou artistes. La création, la fragilité et la domination de l'artiste et celles de son modèle. La naissance d'un amour guidant vers l'émancipation. Le mythe d'Orphée et d'Eurydice, le choix de l'amoureux et celui du poète. Le renoncement. La portée du souvenir.
Tout est délicatesse et beauté, jusqu'à ce titre merveilleusement romanesque : "Portrait de la jeune fille en feu".