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Ava est atteinte de rétinite pigmentaire, son champs visuel se rétrécit peu à peu et finira par se fermer totalement. Dans les Landes, au bord de l'océan, sa mère lui promet de lui offrir les plus belles vacances de leur vie.

Léa Mysius offre, avec Ava, une vraie proposition artistique, riche de ses références cinématographiques et de son propre univers. Une richesse qui peut, sur certains aspects, s'avèrer surabondante. Ainsi, le scénario, très ou trop riche - récompensé par le prix de la SACD à La Semaine de la Critique - nous égare un peu dans la multitude des messages qu'il porte. Tout comme la diversité des tonalités adoptées par la réalisatrice pour donner corps à son récit. Que ce soit celle de la comédie, du drame, du western, du road movie ou du surréalisme, leur accumulation brouille un peu plus le propos. 

Mais Ava marque.

Par la beauté de sa photographie et de sa mise en scène. Par les belles et créatives idées dont regorge son récit. Et par ses deux comédiennes, Noée Abita et Laura Calamy, toutes deux magnifiques.

Un premier film au final plutôt bluffant.

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Joseph Joffo, de confession juive, a 10 ans quand il rejoint la zone libre avec son frère. Jusqu'à la libération, ils fuiront sans cesse l'occupant Allemand.

De cette enfance particulière, Joseph Joffo a écrit son plus fameux roman Un sac de billes adapté ici par Christian Duguay. Le réalisateur en propose une vision simpliste, sans envergure, comme détachée du contexte historique. Aucune audace artistique, aucune créativité dans la réalisation, aucune nuance dans les émotions exprimées, un accompagnement musical qui dégouline, un casting inégal et gadget dans ses guests. Cette histoire puissante en devient terriblement fade, mièvre quasi anecdotique. Le film n'est ni à la hauteur du 7e art, ni, et c'est pire, à celle de la petite et la Grande histoire qu'il est censé raconter. 

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Ismaël, cinéaste, vit avec Sylvia jusqu'au jour où sa femme disparue depuis 20 ans réapparaît.

Le meilleur et le pire du cinéma de Desplechin semblent condensés ici. Comme dans un jeu de piste, il parsème de ses obsessions toute cette histoire qui navigue entre drame, burlesque et suspens. Dans ces trois tonalités, le cinéaste est dans un excès auquel il est difficile d'adhérer et qui éloigne des personnages.

Mathieu Amalric, dans un rôle hystérique, en fait des tonnes et le personnage interprété par Charlotte Gainsbourg peine à exister vraiment. Seule Marion Cotillard, en revenante, parvient dans un jeu nuancé à donner vie et caractère à son personnage ainsi qu'Hippolyte Girardot excellent dans un petit rôle.

Les habituels hommages à Truffaut et Hitchcock sont bien présents une fois de plus ou de trop. La réalisation est belle et la virtuosité du cinéaste est palpable. L'histoire est contée de façon brouillonne certainement volontairement et brillamment mais elle en est d'autant plus difficile d'accès, difficile à embrasser, un peu excluante. Desplechin est sans nul doute un grand cinéaste dont l'enfermement dans ses obsessions pourrait finir par  lasser le spectateur.

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En 1880, Rodin reçoit sa première commande publique : La porte de l'enfer.

Cette commande est le point de départ du portrait dessiné par un Jacques Doillon très inspiré. Le réalisateur nous invite au plus près de Rodin et de ses oeuvres pendant une vingtaine d'années. Ainsi, Doillon ne propose pas un biopic au long cours du sculpteur mais une immersion dans sa vie d'artiste et d'homme, tous deux habités par une sensualité exacerbée que le réalisateur met merveilleusement en lumière au propre comme au figuré.

La mise en scène et la photographie magnifient chaque plan et nous emportent au coeur du travail de création. Cette beauté prend vite toute la place reléguant au second plan une austérité latente qui pourrait effrayée au départ mais se fait vite oubliée. Vincent Lindon convainc rapidement. Izia Higelin peine, et ce n'est pas de sa faute, à nous faire oublier Isabelle Adjani (la Camille Claudel de Bruno Nuytten en 1988) mais offre une prestation plus qu'honnête.

Chose plus étrange, sans que l'on sache s'il s'agit d'une mauvaise prise de son, d'un défaut d'articulation ou d'un parti-pris artistique, plusieurs échanges se perdent dans la barbe du grand homme et la colère de la sculptrice. Face à la grande qualité d'ensemble du film cela s'avère tout à fait incongru, mais ne suffit pas à gâcher notre plaisir.

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Paul et Sali s'aiment et souhaitent adopter un enfant depuis plusieurs années. Quand les services d'adoption leur présente "leur" bébé leur surprise et à la hauteur de leur joie : immense.

Lucien-Jean Baptiste s'empare d'un sujet en or, à priori d'une grande simplicité qui s'avère d'une grande richesse. Il le traite sous la forme d'une comédie qui sans mauvais goût, ni manichéisme n'en aborde pas moins tous les travers de notre rapport à la différence et à l'acceptation de l'autre.

Les dialogues sont à la fois drôles et éloquents, les situations hilarantes et édifiantes, les personnages parodiques et confondant de réalisme. Le réalisateur maintient ce film au-delà de la mêlée des comédies françaises jusqu'à son dernier quart d'heure où il se perd dans une course poursuite ridicule. Nul n'est parfait.

Les premiéres 75 minutes offrent en tout cas de bons moments de rire, notamment grâce aux seconds rôles tenus par Vincent Elbaz, Zabou Breitman et Marie-Philomène Nga. Certains regretteront peut-être ce traitement angélique, mais un feel good movie bien tenu a sans doute plus d'impact qu'une satire politique.

Date de sortie en salle : 18 janvier 2017

Date de sortie en DVD : 23 mai 2017

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