cinema

Au début des années 1990, Act-Up Paris milite pour que le Sida et ses malades soient concidérés par la société et les pouvoirs publics qui les rejettent, ou pire, les ignorent. Au sein de l'association, Nathan rencontre Sean, séropositif.

Si le sujet est d'une grande puissance testimoniale et émotionnelle, l'oeuvre cinématographique déçoit. Le film dans sa forme est fourre-tout. Des interludes stylisés interminables, en discothèque ou lors des gayprides, interviennent entre des scènes, parfois fortes, d'activisme assez réaliste ou de vie de couple plus romanesque. Le découpage déconcerte, n'offrant qu'un traitement batard de l'activisme d'Act-Up, de la maladie et de l'histoire d'amour. La première partie qui présente le fonctionnement de l'association et ses combats intéresse immédiatement mais ce sujet sera traité au fil du film de façon très répétitive et trop parcellaire pour avoir valeur de témoignage ou passionner vraiment. La rencontre de Nathan et Sean nous rapproche de la vie des malades et d'un amour en situation extrême. Mais, là aussi, le réalisateur se répète beaucoup et ne parvient pas à se renouveler pour que ses héros nous emportent vraiment. Les dialogues entre protagonistes se veulent didactiques et sont parfois amenés dans des situations incongrues, où ils sonnent faux. Si les comédiens sont très bons, le film lui est globalement bien trop imparfait pour être la réussite clamée par les critiques qui semblent confondre, dans leur émotion, sujet fort et film fort.

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Mae est engagée dans l'entreprise que tous les jeunes de son âge aimeraient intégrer, une firme puissante sorte de GAFA à elle seule : The Circle. Elle accepte d'être le cobaye d'un programme qui supprime toute vie privée et tente d'en étendre le concept aux plus hauts niveaux.

The Circle s'annonçait passionnant avec son sujet déjà maintes fois traités mais toujours passionnant et sans cesse d'actualité : l'emprise du tout technologie sur notre quotidien. Il est malheureusement bien loin d'afficher la créativité d'un Black Mirror.

Au lieu d'une oeuvre d'anticipation, au scénario fouillé et imaginatif, The Circle se présente comme un film simplet pour adolescents simplets. Son récit se déroule grossièrement affichant d'étranges raccourcis dont on ne sait s'ils sont dus à la grande faiblesse du scénario ou également à un montage fait à la machette. Les personnages sont dessinés à gros traits, leurs caractères et leurs motivations ne sont pas abordés. A cela s'ajoute un sentimentalisme ringard, des rapports niais entre les protagonistes et une cool attitude surjouée qui élimine d'emblée toute tension possible.

L'association d'un bon sujet et d'un bon casting en l'absence d'un scénario ayant un minimum de créativité et de tenue, donnera toujours un mauvais film.

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En janvier 2011, au Caire, à quelques jours des premières manifestations, une chanteuse est égorgée dans sa chambre d'hôtel. Norredine, policier chargé un premier temps de l'enquête, refuse d'abandonner ses investigations alors que le procureur classe l'affaire en suicide.

Le film de Tarik Saleh, sur fond de polar, est une dénonciation d'une société égyptienne gangrenée par la corruption, de la police jusqu' aux plus hautes instances de l'Etat. Au fur et à mesure qu'il déroule son récit, il dénonce le sort fait aux femmes, aux migrants et au peuple tout entier, une population qui n'a aucune échappatoire.

La reconstitution, rapide, des événements du 25 janvier 2011 arrive en conclusion comme une conséquence inéluctable et terriblement désespérante au regard de la situation égyptienne actuelle.

 

 

 

 

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En mai 1940, à Dunkerque, les troupes anglaises, face à l'avancée sans merci des Allemands, tentent de fuir et de retourner au pays par la mer.

La réalisation et la photographie sont virtuoses et impressionnantes. Dolan sait comment placer sa caméra pour plonger le spectateur au coeur de l'action. Quand les soldats se font canarder sur la plage, le spectateur se fait canarder également, quand les soldats se noient, prisonniers de leur bateau ou des nappes de gasoil, le spectateur se débat avec eux.

Malheureusement, cette immersion très réussie se joue sans réel scénario. Seul l'enjeu immense, sauver un maximum des 400 000 soldats coincés sur la plage, semble suffire à Nolan. Quand le réalisateur offre un semblant de récit, il le fait sans nuance, nous emmenant aux portes de la niaiserie. D'un point de vue historique c'est le vide sidéral (entre autres, les soldats français toujours au combat et Dunkerque ne sont qu'anecdotes). A cela s'ajoute, une musique ultra présente qui souligne avec une rare lourdeur les moments d'angoisse ou de glorification de ces héros britanniques. Une belle déception.

 

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 Agnés Varda et JR, tous deux artistes engagés dans des disciplines différentes, décident de faire un film ensemble.

Si la feuille de route n'est pas très précise et laisse place au hasard et à l'improvisation, le but est bien de partir à la rencontre d'habitants hors des grandes villes. Agnés interroge et écoute et JR photographie et affiche en très grand. Le duo fait ainsi connaissance avec Jeanine petite fille et fille de mineurs, dernière habitante forcenée d'une rue de corons de Bruay-la-Buissière destinée à être rapidement détruite, d'un agriculteur de Gérence, village de Nathalie Sarrault amie d'Agnés, qui gère à lui seul 800 hectares, d'éleveurs de chèvres dont on coupe ou pas les cornes, d'un village fantôme qui reprend soudainement vie, de salariés de l'usine Arkema à Saint-Auban, de dockers et de leurs épouses au Havre... Les deux artistes s'asticotent et se complétent. JR, de son corps jeune et longiligne, soutient et bouscule gentillement Agnés Varda qui équipée de son mètre cinquante et de sa vue floue, lui résiste et le guide là où l'art la mène. 

Plus le film se construit plus l'on se rapproche d'Agnés. On l'accompagne chez le médecin qui soigne ses yeux, on visite une galerie du Louvre, façon Godard, en courant en fauteuil,  on rencontre un facteur-artiste peintre qu'Agnés connait depuis plus de 20 ans, on colle sur un bunker harmonieusement planté dans le sable une photographie de Guy Bourdin qu'Agnés Varda a prise pas très loin il y a bien longtemps, on photographie ses yeux malades, ses mains fatiguées et ses pieds qui ont "mal à l'escalier" pour leur permettre de voyager et de témoigner encore, on affronte une tempête de sable et on finit notre périple par une visite chez Jean-Luc Godard.

Visages Villages est un très bel hommage à l'artiste Agnés Varda parfaitement servi par la présence et le travail de JR. Un film drôle, bienveillant et émouvant.

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