Moka de Frédéric Mermoud

Diane Kramer quitte Lausanne pour Evian. Elle pense avoir retrouvé le chauffard qui a fui après avoir écrasé son fils.

Emmanuelle Devos est de tous les plans. La caméra la suit, l'observe seule face à son deuil et à sa tentation de vengeance. Le réalisateur semble compter sur le seul talent de l'actrice pour donner vie à son histoire. Rien dans la mise en scène ou dans le scénario ne participe à l'installation d'un climat fort, d'une intention. Et les 5-6 scènes qui réunissent Nathalie Baye (dont la perruque caricature un peu trop son personnage) et Emmanuelle Devos sont bien trop courtes et trop peu écrites pour installer une réelle ambiguïté dans leurs rapports. Dommage.

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Grand 8, la Réserve Malakoff

Un entrepôt de 2 000 m², 50 artistes, 30 œuvres/installations et un superbe 8, voici en chiffres ce que l'association Inzouk Assoc vous propose. Installée dans un entrepôt destiné à être prochainement détruit, l'exposition Grand 8 présente des œuvres créées pour l'occasion. On y retrouve Philippe Hérard, Mosko, Jérôme Mesnager, Levalet, Shaka, Mademoiselle Maurice, Iza Zora, JBC, Jana & JS, Dose, Cyklop, 9e Concept, FKDL, Mr Lolo, Vinie, Reaone, Jibé P, Nosbé, Snez.... Une succession d'univers étranges et ludiques. A ne pas manquer.

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Jusqu'au 30 octobre 2016, au 7 rue Paul Bert à Malakoff (métro ligne 13 Malakoff plateau de Vanves)

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Toni Erdmann de Maren Ade

Ines est consultante en restructuration d'entreprise dans une société de conseil. En mission pour un gros client à Bucarest, elle voit son père débarquer d'Allemagne à l'improviste. Cette visite va chambouler sa vie et leurs certitudes.

Plus qu'un conflit père-fille, Toni Erdmann oppose deux visions de la vie. Elle, toute en ambition, soucieuse du profit, implacable et rigide jusque dans sa physionomie, maigre et anguleuse, respectée pour son efficacité mais incapable de créer de la sympathie auprès de ses interlocuteurs. Lui, tout en rondeur, occupant toute la place tant physiquement que par ses élucubrations, provoquant plus souvent le rire et l'étonnement que l'exaspération, cherchant l'inattendu au quotidien, écolo-baba cool soucieux du bonheur. Tous les deux borderline mais ne naviguant pas sur les mêmes lignes. Si le pitch semble convenu et peut inquiéter, le savoir-faire de Maren Ade bouscule tous les a priori. Son récit est maîtrisé affichant 2h40 sans ennui, ménageant les surprises régulièrement avec des situations étonnantes, alternant les ambiances, burlesque, comédie, drame psychologique, politique... Car si on rit beaucoup, le malaise ne lâche jamais prise. Ainsi, la partition est complexe et demande de la précision dans l'interprétation. Peter Simonischek (assurément le cousin germain de Jacques Weber) et Sandra Hüller sont tous deux excellents notamment dans le jeu des corps et des regards, inquiets et rigolards pour lui et froids et désespérés pour elle.

On ne comprend pas bien comment le jury de Cannes a pu passer à côté de ce bel ouvrage, original et finalement audacieux. Une occasion ratée de récompenser auprès des grands une jeune cinéaste.

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Saint-Amour de Gustave Kerven et Benoît Delepine

Jean et son fils Bruno, éleveurs de vaches, participent au salon de l'agriculture à Paris. Bruno visite les stands des viticulteurs : il fait sa "route des vins" sans sortir de la Foire pour noyer son chagrin dans l'alcool. Jean décide de l'emmener sur la vraie route des vins en taxi.

Les agriculteurs sont interprétés par Gérard Depardieu et Benoît Poolevorde, le chauffeur de taxi par Vincent Lacoste. Une belle brochette d'actrices complète le casting dans des rôles malheureusement très secondaires. Si les 40 premières minutes amusent, le reste du film est une succession de sketchs pas très drôles, plutôt glauques, donnant à l'ensemble une note sinistre. Les images sont assez vilaines et la mise en scène semble sans pilote. Le ton donné au film est assez indéfinissable, entre mauvais goût et sentimentalisme tarte (que la musique composée par Sébastien Tellier accentue méchamment). Un bon film ne se limitant pas à un beau casting, on s'ennuie très vite.

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Jacques Chirac ou le dialogue des cultures au musée du quai Branly

Le musée du Quai Branly fête ses 10 ans et en profite pour rendre hommage à l'homme à l'origine de sa création : Jacques Chirac.

Cet hommage prend la forme d'un parcours biographique élogieux où sont contées, en 50 dates et sur des panneaux accompagnées de 3-4 photos, les inclinaisons humanistes et culturelles du Président de la République. A côté de chaque panneau sont exposées des œuvres issues de collections publiques ou privées internationales, sans que leur lien avec le parcours du grand homme ne soit clairement expliqué. Ce traitement réduit cette exposition à un "simple" éloge panégyrique, à réserver, donc, aux admirateurs de Jacques Chirac. Les amoureux des civilisations non occidentales, préféreront visiter les magnifiques collections permanentes. Une autre façon de rendre hommage à Jacques Chirac qui, contrairement aux apparences médiatiques, est toujours de ce monde.

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