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Un petit boulot de Pascal Chaumeil

Récemment licencié, Jacques vivote comme il peut dans une ville sinistrée. Quand Gardot, le petit mafieux du coin lui demande de tuer sa femme, l’appât du gain le pousse à accepter.

Connaissant le sens de l'humour et d'un certain cynisme de Michel Blanc, on pouvait s'attendre à passer un bon moment. Mais les bons mots tombent mal, les scènes d'humour ne sont pas très drôles et l'histoire patine très vite, manquant curieusement d'énergie. La voix off vient alourdir un peu plus le propos. Les ingrédients semblent posés les uns à côté des autres sans liant. Un peu comme le duo Michel Blanc-Romain Duris qui fonctionne assez mal. Le second est parfait mais le premier n'est pas au mieux de sa forme. Peu crédible en malfrat, il ne semble pas jouer dans le même film que Duris. Un petit boulot parait globalement avoir manqué d'un pilote ayant une vision claire de cette histoire et du ton à lui donner.

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L'Effet Aquatique de Solveig Anspach

Samir s'inscrit au cours de natation de la piscine de Montreuil dans le but de séduire Agathe, qui y est maître-nageur.

On retrouve dans L'Effet Aquatique, la patte de Solveig Anspach : une tranche de vie farfelue mettant en scène monsieur et/ou madame tout le monde qui sur un coup de tête bousculent leur quotidien. Le tout est bien sûr conté avec fantaisie, bienveillance et romantisme et les dialogues sont particulièrement soignés. C'est drôle, loufoque et apaisant. Ce dernier film de Solveig Anspach nous mène de Montreuil, où elle vivait, à l'Islande, son pays d'origine. Deux cultures, deux formes de folies douces pas si éloignées que ça. Samir Gesmi et Florence Loiret-Caille, accompagnés de parfaits seconds rôles (Philippe Rebbot, Didda Jonsdottir, Olivia Côte, Esteban...), sont excellents. La réalisatrice apparaît également dans une courte scène face à Philippe Rebbot.

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Moka de Frédéric Mermoud

Diane Kramer quitte Lausanne pour Evian. Elle pense avoir retrouvé le chauffard qui a fui après avoir écrasé son fils.

Emmanuelle Devos est de tous les plans. La caméra la suit, l'observe seule face à son deuil et à sa tentation de vengeance. Le réalisateur semble compter sur le seul talent de l'actrice pour donner vie à son histoire. Rien dans la mise en scène ou dans le scénario ne participe à l'installation d'un climat fort, d'une intention. Et les 5-6 scènes qui réunissent Nathalie Baye (dont la perruque caricature un peu trop son personnage) et Emmanuelle Devos sont bien trop courtes et trop peu écrites pour installer une réelle ambiguïté dans leurs rapports. Dommage.

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Toni Erdmann de Maren Ade

Ines est consultante en restructuration d'entreprise dans une société de conseil. En mission pour un gros client à Bucarest, elle voit son père débarquer d'Allemagne à l'improviste. Cette visite va chambouler sa vie et leurs certitudes.

Plus qu'un conflit père-fille, Toni Erdmann oppose deux visions de la vie. Elle, toute en ambition, soucieuse du profit, implacable et rigide jusque dans sa physionomie, maigre et anguleuse, respectée pour son efficacité mais incapable de créer de la sympathie auprès de ses interlocuteurs. Lui, tout en rondeur, occupant toute la place tant physiquement que par ses élucubrations, provoquant plus souvent le rire et l'étonnement que l'exaspération, cherchant l'inattendu au quotidien, écolo-baba cool soucieux du bonheur. Tous les deux borderline mais ne naviguant pas sur les mêmes lignes. Si le pitch semble convenu et peut inquiéter, le savoir-faire de Maren Ade bouscule tous les a priori. Son récit est maîtrisé affichant 2h40 sans ennui, ménageant les surprises régulièrement avec des situations étonnantes, alternant les ambiances, burlesque, comédie, drame psychologique, politique... Car si on rit beaucoup, le malaise ne lâche jamais prise. Ainsi, la partition est complexe et demande de la précision dans l'interprétation. Peter Simonischek (assurément le cousin germain de Jacques Weber) et Sandra Hüller sont tous deux excellents notamment dans le jeu des corps et des regards, inquiets et rigolards pour lui et froids et désespérés pour elle.

On ne comprend pas bien comment le jury de Cannes a pu passer à côté de ce bel ouvrage, original et finalement audacieux. Une occasion ratée de récompenser auprès des grands une jeune cinéaste.

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Saint-Amour de Gustave Kerven et Benoît Delepine

Jean et son fils Bruno, éleveurs de vaches, participent au salon de l'agriculture à Paris. Bruno visite les stands des viticulteurs : il fait sa "route des vins" sans sortir de la Foire pour noyer son chagrin dans l'alcool. Jean décide de l'emmener sur la vraie route des vins en taxi.

Les agriculteurs sont interprétés par Gérard Depardieu et Benoît Poolevorde, le chauffeur de taxi par Vincent Lacoste. Une belle brochette d'actrices complète le casting dans des rôles malheureusement très secondaires. Si les 40 premières minutes amusent, le reste du film est une succession de sketchs pas très drôles, plutôt glauques, donnant à l'ensemble une note sinistre. Les images sont assez vilaines et la mise en scène semble sans pilote. Le ton donné au film est assez indéfinissable, entre mauvais goût et sentimentalisme tarte (que la musique composée par Sébastien Tellier accentue méchamment). Un bon film ne se limitant pas à un beau casting, on s'ennuie très vite.

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