cinema

Elle de Paul Verhoeven

Michèle, chef d'entreprise d'une cinquantaine d'années, est violée chez elle par un homme cagoulé. Semblant à peine perturbée par cette agression, elle poursuit sa vie presque normalement en cherchant tout de même qui pourrait être son agresseur.

Verhoeven, visiblement toujours fasciné par les perversions en tout genre, fait ici appel à l'actrice incontournable pour les rôles de femmes hors normes : Isabelle Huppert. Et effectivement, celle-ci ne ménage pas sa peine dans des scènes très physiques. Le problème est qu'à force de trop vouloir en faire, le réalisateur en fait trop. Et on finit par ne plus voir que les cascades que Verhoeven inflige à la comédienne imperturbable. Cela en devient presque risible, pour ne pas dire ridicule. De plus, Verhoeven empile les histoires et les personnages glauques quitte à perdre le spectateur dans la pléthore d'énigmes et d'outrances. En résulte que même les pistes intéressantes (le passé de Michèle par exemple) perdent tout intérêt sous la masse. S'ajoutent les incohérences multiples. Le grotesque finit par prendre toute la place et réduire à néant l'effet escompté.

Date de sortie en salle : 25 mai 2016

Date de sortie en DVD : 4 octobre 2016

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L'avenir de Mia Hansen-Love

Nathalie, professeur de philosophie, proche de ses élèves et guidée par le plaisir de transmettre, vit bourgeoisement entre son mari et sa mère dépressive. Lorsque son mari la quitte pour une autre, elle doit apprivoiser une liberté nouvelle.

Le film vaut surtout pour Isabelle Huppert et la découverte de Roman Kolinka. Certaines scènes sonnent curieusement faux et pour le reste, il n'y a rien de bien passionnant pour nous tenir en éveil.

Date de sortie en salle : le 6 avril 2016

Date de sortie en DVD : le 20 septembre 2016

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De nos jours, des jeunes d'origines et de milieux sociaux divers, semblent vouloir semer des poursuivants invisibles dans le métro et les rues de Paris. En fin de journée, plusieurs bombes explosent dans la ville.

Le film crée par l'ambiance étrange qu'il instaure dès les premiers plans une grande curiosité. Ces jeunes dont on ne sait rien, aux agissements dénués d'explications, intriguent. Dans sa deuxième partie située de nuit dans un grand magasin, règne du consumérisme, Bonello distille encore un autre esprit. La jeunesse de ses héros, que l'on pouvait tout d'abord imaginer d'une conscience politique forte, même aux méthodes contestables, s'avère bien puérile. Leur immaturité face aux conséquences de leurs actes, leur goût du luxe et de la propriété, leur gémellité avec les modèles dictés par la société de consommation, leurs rêves d'une triste banalité, surprennent et épaississent un peu plus le mystère de leur acte. Le film ne donne aucune réponse. habillé d'un esthétisme aussi séduisant que dérangeant, il nous convie simplement à suivre ces ados dans cette étrange journée.

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En Egypte, en juillet 2013, suite à la chute du president Morsi, les Frères musulmans et le reste de la population s'affrontent.

Mohamed Diab qui avait traité du sort des femmes egyptiennes dans Bus 678, utilise à nouveau le concept du huis clos en enfermant ses protagonistes dans un fourgon de police. Les prisons sont pleines et les manifestants pro et anti-Frères musulmans sont enfermés dans un même fourgon pendant d'interminables heures.

Tout d'abord violents et politiques les échanges glissent rapidement sur des sujets moins clivant et sur le soucis de l'entraide face à des conditions d'enfermement dangereuses. Diab trouve le moyen, sans tomber dans la facilité, de dessiner des situations et des personnalités bien plus complexes et contrastées que ce que le contexte nous laisserait de façon simpliste imaginer

Il réussi l'exploit de nous faire vivre pleinement l'oppression et l'enfermement mais aussi chaque événement, chaque échange et basculement des relations dans ce fourgon. Plus fort encore, on perçoit parfaitement les événements extérieurs qui se déroulent autour du fourgon, la confusion totale qui pourrait mener une foule à lyncher le premier venu.

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Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Louis, écrivain, après 12 ans d'absence rend visite à sa mère. Il souhaite profiter de ce moment en famille pour annoncer sa mort prochaine.

Xavier Dolan convoque un casting fabuleux pour cette adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce. Nathalie Baye, perruque et maquillage outrancier, est la mère nerveuse et excentrique, Léa Seydoux la petite sœur éprise d'admiration qui voudrait comprendre, Vincent Cassel, le frère à vif et brutal et Marion Cotillard, la pièce rapportée qui observe, temporise et comprend. Tous les quatre sont impressionnants. Gaspard Ulliel n'a peut-être jamais été aussi juste, dans le rôle du dramaturge, un emploi peu bavard où tout se lit dans les regards et les expressions du visage. Car Dolan nous amène au plus près des comédiens, privilégiant sans cesse les gros plans. Il utilise sa caméra comme un microscope, plongeant le spectateur à l'intérieur des choses et des êtres, veillant à ce qu'il ne soit pas perturbé par ce qui entoure l'action. Lui à qui on a pu reprocher une certaine tendance à l'hystérie, surprend ici dans sa capacité à doser la tension qui règne dans cette histoire de malaise familial. Avec "Juste la fin du monde", il semble avoir gagner en finesse. Il ne lui manque donc plus grand chose pour être LE très grand cinéaste qu'on nous annonce depuis déjà 6 films.

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