cinema

Remember d'Atom Egoyan

Max Zucker, ne se déplaçant qu'en fauteuil roulant, et Zev Guttman, souffrant de démence sénile, sont pensionnaires dans une maison de retraite. Un jour Max confie à Zev une lettre qui contient les instructions à suivre pour retrouver l'homme qui a exterminé leurs familles à Auschwitz. Zev prend la route pour retrouver cet assassin.

Remember est un thriller en déambulateurs. Cette originalité aux premiers instants surprend et séduit. Malheureusement, et malgré le talent des comédiens, le film est formellement sans réel intérêt. La réalisation à l'image du héros est un peu trop pépère, sans créativité ou beauté. De plus, les sujets abordés, l'holocauste et le travail de mémoire, qui nécessitent un minimum de finesse dans leur traitement, ne sont au final que des prétextes au déroulé d'un thriller plus ou moins astucieux. Le tout en devient un peu déplacé.

Voir les commentaires

Truth de James Vanderbilt

Le 8 septembre 2004, à quelques mois des élections présidentielles, l'émission de CBS "60 minutes" déclare que George W. Bush s'est fait engagé, pour son service militaire, dans la garde nationale afin d'échapper à la guerre du Vietnam. Très vite, les témoignages et documents officiels mis en avant par les journalistes sont controversés.

Truth raconte comment l'enquête a été menée, comment elle a été démontée et la bataille livrée par la productrice et journaliste d'investigation Mary Mapes pour prouver sa bonne foi et sauver son honneur. Le cinéma américain est plus habitué à glorifier le travail d'investigation des journalistes qu'à en montrer les échecs. En ça le film interpelle mais frustre un peu en ne disant pas clairement les choses sur le rôle des politiques pro-Bush dans ce lynchage des journalistes. Aussi, il vaut sans doute mieux être Américain et attaché à la mythique "60 minutes" et à la personnalité de Dan Rather pour apprécier ce film à sa juste valeur. Reste Cate Blanchett parfaite interpréte comme toujours.

Voir les commentaires

Dans une grande maison au pied de la forêt, un repas de famille se prépare. Les enfants et leurs conjoints sont attendus. Seul, Cédric, la trentaine, vit encore chez ses parents.

Dans cette réunion de famille où le plus fou semble très vite ne pas être celui qu'on nous désigne, chaque personnage est susceptible d'être la victime comme le bourreau. La réalisation soignée d'Antoine Cuypers instille d'une façon imparable le malaise et le mystère. L'interprétation des comédiens dont Nathalie Baye particulièrement effrayante et Thomas Blanchard parfait d'ambiguïté, achève de nous plonger dans cette intrigante histoire.

Voir les commentaires

Quand on a 17 ans de André Téchiné

A Luchon, Thomas exprime une animosité violente envers Damien, un camarade de classe. Lorsque des circonstances familiales amènent la mère de Damien à accueillir Thomas sous leur toit les relations entre les deux garçons évoluent.

Céline Sciamma est une réalisatrice de talent, parfaite conteuse des tourments de l'adolescence. C'est donc en toute logique qu'André Téchiné a fait appel à elle pour l'assister dans l'écriture de son nouveau film. Au casting, deux jeunes comédiens au jeu efficace, Corentin Fila et Kacey Mottet Klein (déjà remarqué dans "Une mère"), accompagnés de la brillante Sandrine Kiberlain. Pour décors, la beauté des paysages de montagne sous la neige et le soleil d'été. Tout participait donc à la création d'un bon film. Aussi, on est bien en peine devant cet ouvrage en roue libre. Que s'est-il donc passé à l'écriture du scénario et au montage du film pour que le récit semble ainsi sans tenu ? Comme s'il avait été écrit à tour de rôle par moult personnalités ayant chacune envie de raconter son histoire et le monteur en racontant une autre. Certaines scènes et certains dialogues simplistes, pour ne pas dire simplets, interpellent. La multitude des sujets abordés sans être réellement traités nous égarent. Et au final, l'histoire de ces deux jeunes hommes nous laisse seul sur le bord du chemin.

A voir en salle à partir du mercredi 30 mars

Voir les commentaires

Anomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson

En 2005, Michael Stone, auteur célèbre de "Comment puis-je vous aider à les aider ?", doit tenir une conférence dans un rassemblement de spécialistes de la relation clients. Souffrant d'un mal être grandissant, seul dans sa chambre, il cherche comment tromper sa solitude.

Dans ce monde où tout est aseptisé, où plus rien n'a de sens, où on se lasse de tout si rapidement et où tout le monde se ressemble tant qu'on ne (re)connait plus personne, le héros de Anomalisa cherche un peu de chaleur, de surprise et de différence pour bousculer son quotidien. Cette quête le fera retrouver une ancienne petite amie dont il s'est lassé du jour au lendemain, découvrir une antique poupée gonflable mécanique japonaise puis rencontrer Lisa, une jeune femme singulière. Si le sujet n'est pas nouveau, le choix de l'animation sert particulièrement bien le sujet. Les décors, les visages de pantins des personnages et leurs voix similaires plantent d'emblée une ambiance oppressante. Etonnant.

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog