cinema

The Revenant d'Alejandro Inaratu

1820, Hugh Glass, trappeur, est attaqué par un grizzli. L'équipier chargé de le veiller en attendant le retour des secours, l'abandonne à moitié mort, après avoir pris soin de tuer son fils. Glass se doit de survivre pour venger son enfant.

Les paysages sont magnifiques, la réalisation impressionnante, Leonardo di Caprio méconnaissable mais ces 2h36 de violence sur fond de mysticisme sont interminables et peu passionnantes. Les événements les plus spectaculaires se succèdent tant et tant sur le parcours christique de ce héros qu'on se fiche bien de savoir s'il s'en sortira vivant. L'énigme qui court le film est plutôt de savoir quel sera le prochain élément naturel ou mammifère, homme ou animal, qui s'attaquera à Glass et qui finira égorgé ou étripé. Ainsi, toute cette virtuosité n'est plus que clinquante et d'une emphase un peu ridicule.

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Les Ogres de Léa Fehner

François dirige "Le Davaï Théâtre", théâtre itinérant qui sillonne la France depuis plus de 20 ans. Sa troupe d'acteurs, chanteurs, acrobates, régisseurs forme une famille grouillante où femmes, hommes, enfants s'aiment et se détestent successivement et tout à la fois. Et où chacun composent comme il peut avec le poids des épreuves.

Dès la première scène, Léa Fehner nous plonge dans le tourbillon et la folie de ces ogres. La caméra sans cesse en mouvement filme en gros plans la troupe hurlante au travail. C'est Tchekhov qui se joue et se chante devant un public éberlué. Quand le spectacle est fini rien ne s'arrête. Ca bouge, ca tchatche, ça picole, ça rigole, ça hurle et ça s'engueule. La réalisatrice met en scène avec une précision d'orfèvre cette troupe ivre de vie, saoule et possiblement saoulante. Chaque scène se joue sur plusieurs plans tant au niveau de l'image qu'au niveau des dialogues. Les scènes de groupe où l'énergie déboule de toute part sont parfaitement lisibles et audibles. Les couleurs, le mouvement, les dialogues explosent en feu d'artifice. Parfois, le temps soudainement suspendu, le silence s'installe, les artistes épuisés s'épanchent et se penchent sur leurs peines. Après quoi et pourquoi courent-ils ?

Les personnages multiples sont dessinés en peu de trait avec une précision et un sens parfait de l'effeuillage. Les comédiens, tous sans exception, enfants compris, sont impressionnants de naturel : Adèle Haenel, Marc Barbé, Marion Bouvarel, François Fehner, Lola Duenas... il faudrait pourvoir les citer tous tant le film puise sa force dans ce travail de troupe.

Le film dure 2h24 et l'on relève 2 fois 45 secondes d'ennui.

Tout est dit.

A voir en salle dès le mercredi 16 mars.

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Room de Lenny Abrahamson

Joy, enlevée il y a 7 ans, vit depuis enfermée dans une cabane de jardin avec son fils Jack, 5 ans, naît des viols répétés de son bourreau. Lorsqu'ils sont libérés, le retour à la vie est une autre épreuve.

La première heure du film se concentre sur la vie en captivité et la seconde heure sur le retour au monde. Dans les deux cas, tout est décrit à gros traits, sans nuances, à coup de psychanalyse de seconde zone. La réalisation sans pilote n'apporte pas le moindre point de vue ou originalité dans le traitement d'un sujet des plus délicats. La lourdeur règne de toute part. On se raccroche à l'interprétation de Brie Larson qui ne s'en sort pas si mal et qui vient tout juste d'être oscarisée (ce qui semble quand même un peu surévalué...).

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Brooklyn de John Crowley

Dans les années 50, Ellis Lacey quitte son Irlande natale pour s'installer à New-York où un travail l'attend.

Broolyn fait partie de ces films qui nécessitent que l'on s'abandonne totalement au plaisir simple et naïf du romanesque. D'un grand classicisme, le film est mené par l'interprétation de Saoirse Ronan, nommée pour ce rôle comme meilleure actrice aux Oscars, aux Golden Globes et au Baftas. Elle est Ellis qui nous emporte pendant près de deux heures dans ses tourments, son mal du pays, son nouveau bonheur et ses déchirures. Et on ressort de ce film tout heureux de l'avoir accompagnée dans ces si grands sentiments.

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L'odeur de la mandarine de Gilles Legrand

Pendant la première guerre mondiale, Angèle, veuve de guerre, s'installe, avec sa petite fille, au domaine du Capitaine Charles de Rocheline. Elle est engagée comme infirmière pour soigner le Capitaine qui a perdu une jambe à la guerre.

Cette histoire d'amour entre arrangements et passion vaut surtout pour le portrait de femme qu'elle porte. L'héroïne d'une modernité insolente est interprétée par Georgia Scalliet dont nous connaissions déjà le talent sur les planches de la comédie Française mais qui éclate au cinéma pour la première fois. Olivier Gourmet et Hélène Vincent, comme toujours excellents, lui donne la réplique. Les images où la nature est reine sont très belles. Quant au scénario, à l'image de son héros, il boite un peu trop.

Date de sortie en salle : 30 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 8 février 2016

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