theatre - danse

Après 1 mois de représentations à Bobino au début de l'été, Stomp revient à Paris.

La Cigale et sa configuration, qui offre une belle visibilité et une proximité avec les artistes, est un écrin de choix pour ce spectacle où les musiciens, danseurs, acrobates sont aussi des comédiens. Du boss qui domine et maîtrise tout au candide qui aimerait être inclus dans la troupe, les 8 artistes jouent tous un personnage s'exprimant sans un mot, par le geste et les expressions du visage. Et c'est cette part de jeu, où l'humour prime, qui fait de cette démonstration de maîtrise du tempo un spectacle complet. 

La mise en scène et en lumière soignées, la diversité des récits, la variété de tons (poétique, drôle, spectaculaire), la multitude d'accessoires utilisés (balais, éviers, bidons, briquets, poubelles...), les différentes intensité (murmures, frôlement, gros sons...) cassent tout risque de monotonie.

Le spectacle enchaîne les tableaux en 1h30 totalement enthousiasmante.

A voir jusqu'au 14 janvier 2024.

Lire les précédents postes sur Stomp : Au Vaudeville theater en 2006A Bobino en 2023

 

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Johanna Boyer adapte et met en scène le conte d'Andersen. Gerda et Kay sont liés par une amitié indéfectible jusqu'au jour où des trolls, pour se venger des hommes qui massacrent leur forêt, lancent un sort à Kay. Le jeune garçon devient froid, obsédé par les énigmes et les mathématiques et disparaît. Gerda part à sa recherche.

On est loin du dessin animé de Disney mais bien plus proche du conte d'origine même si Johanna Boyé et Elisabeth Ventura se sont aussi inspirées du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, de Sorcières de Mona Chollet ou Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estes. On s'étonne du titre donné au conte, car la vraie héroïne dans cette histoire parsemée de femmes fortes, est Gerda qui au nom de l'amitié prend tous les risques et ose.

La mise en scène de Johanna Boyé et la scénographie de Caroline Mexme offrent de superbes tableaux parfois fait de rien, d'autres fois visuellement impressionnant, où souvent les astuces de la magie font tout leur effet. La nature à travers la neige, la glace, la forêt, les aurores boréales  s'exprime en grand. Le son tient aussi un rôle important, crissement de la glace, bruit du vent, chants. Les costumes sont également très beaux, très bien vus notamment ceux des animaux qui apparaissent dans toute leur évidence avec peu d'éléments.

Les six comédiens - Danièle Lebrun, Suliane Brahim, Claina Clavaron, Léa Lopez, Sefa Yeboah, Dominique Parent - sont tous excellents, chacun interprétant avec facétie plusieurs rôles.

Les situations et les dialogues sont souvent très drôles et font rire les petits comme les grands.

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Créé à Broadway en 1957, sur un livret d'Arthur Laurents, des paroles de Stephen Sondheim, mis en musique par Léonard Bernstein et chorégraphié par Jérôme Robbins, West Side Story revient en France dans une nouvelle mise en scène de Lonnie Price.

Dès l'ouverture, la puissance de la chorégraphie originelle saisie. Sur la musique très expressive, la tension est plantée. Les danseurs en nombre impressionnent. Un décor central tournant, nous mène chez Maria, à la boutique d'Anita, chez Doc. Autour la rue, lieu des affrontements. 

Les danseurs, chanteurs et interprètes en imposent dans la maîtrise de ces trois disciplines simultanées. Jadon Webster séduit particulièrement dans le rôle de Tony. La maîtrise faite de puissance et de délicatesse de ses interprétations de Something's coming, Maria et dans ses duos, One hand, One Heart, Tonight, Somewhere, avec Mélanie Sierra, elle aussi impressionnante dans le rôle de Maria, marquent particulièrement.

La qualité de l'orchestre et la précision de métronome entre ce dernier et le jeu des comédiens-chanteurs en scène est remarquable.

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Vers 1900, à Soho, mendiants, truands, prostituées et policiers jouent au chat et à la souris, s'exploitent et se trahissent.

Thomas Ostermeier revient à la Comédie- Française avec cette mise en scène du célèbre  (que l'on pourra aussi juger surestimé) opéra-cabaret écrit et composé par Berthold Brecht, Emmanuelle Hauptmann et Kurt Weill. L'oeuvre bénéficie d'une nouvelle traduction d'Alexandre Plateau, que les connaisseurs saluent pour son efficacité et d'une orchestration revisitée par Maxime Pascal.

Sur scène, une partie du nec plus ultra de la troupe de la Comédie Française, Christian Hecq, Véronique Vella, Stéphane Varupenne, Elsa Lepoivre (dans un petit rôle), accompagnés par la relève Birane Ba, Marie Oppert et Claina Clavaron. Dans la fosse, Maxime Pascal et une dizaine de musiciens de l'orchestre Le Balcon.

La scène quasi nue, grande ouverte, accueille une passerelle-escaliers et 3 écrans, rectangle, carré et triangle, sur lesquels sont projetées des images anciennes où les gris, noirs et rouges dominent rappelant sans doute l'époque de création de la pièce (1928).

Si l'histoire dont aucun des personnages n'est sauvable, demeure peu passionnante, les dialogues souvent piquants et drôles sont particulièrement bien servis par la qualité des interprétes qui s'en donnent à coeur joie, avec en tête le trio Christian Hecq, Véronique Vella et Stéphane Varupenne survoltés. A cela s'ajoute les qualités vocales de Claina Caron et Marie Oppert. Et si on note quelques longueurs, dont une scène de mariage avec entartrages interminable, l'ennui ne se fait pas sentir pendant les 2h30 de représentation. L'imparable charme de la troupe de la Comédie Française opère cette fois encore.

A voir sur Arte.tv la captation d'une des premières représentations au Festival d'Aix en Provence avec Benjamin Lavernhe dans le rôle du chef de la police.

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Fabrice Luchini consacre ce nouveau spectacle à Victor Hugo, grand homme s'il en est, immense écrivain, poète, homme politique et militant du XIXe siècle. 

Le spectacle se concentre sur ses 20 années d'exil à Bruxelles, Jersey et Guernesey et sur le drame de sa vie qu'est la mort de sa fille Léopoldine.

L'acteur lit des textes et poèmes de ces deux périodes, racontant précisément grâce aux écrits de Juliette Drouet la découverte par Hugo de la mort de Léopoldine, apportant un peu de légèreté par la lecture d'un extrait du livre des tables qui  décrit une des séances de spiritisme réalisée par Hugo, appuyant son admiration pour l'écrivain par l'éloge écrit par Charles Baudelaire et clôturant son spectacle par le texte qui semble à lui seul avoir justifié cette création, Booz endormi, considéré comme écrit par un Hugo touché par la grâce par Charles Péguy, l'auteur fétiche de Fabrice Luchini.

Tout cela en 1h20 pendant laquelle le comédien n'a de cesse de se réfréner tant les tentations d'ouvrir d'autres chapitres ou d'apporter plus de précisions sont nombreuses. Fabrice Luchini promet à plusieurs reprises d'en parler dans un autre spectacle. Rendez-vous est pris.

 

PS : ce soir du 1er novembre, le public (200 personnes) accueillit le comédien entrant en scène par un "Joyeux anniversaire" repris en choeur. L'acteur, pourtant facétieux, se trouva bien embarrassé car devant enchaîner par le récit de la mort de Léopoldine. Légèrement déconcentré, il refit son entrée, constata, sans doute soulagé, la grande qualité d'écoute du public et lui promit de conserver cet événement incongru comme anecdote pour un prochain spectacle.

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