theatre - danse

Le merveilleux théâtre de l'Oeuvre accueille une pièce qui enchante formellement et, il faut bien l'avouer, déçoit sur le fond.

Dans un bar de Londres, Chaplin a donné rendez-vous à Hetty Kelly, qui se produit elle aussi dans le cabaret de Fred Karno. Chaplin est amoureux de la jeune femme et avec l'aide du barman espère la conquérir.

Sur scène, un décor de café en noir et blanc et trois comédiens eux aussi... en noir et blanc. Cette scénographie particulièrement ingénieuse séduit d'emblée et s'avérera être l'atout majeur de la pièce. Car la faiblesse de l'écriture aux répliques manquant d'esprit ou de panache apparaît rapidement. De plus, l'histoire contée est extrêmement ténue et l'astuce utilisée pour la déployer d'autant plus poussive que l'écriture est pauvre. Quant au récit annoncé comme "inspiré d'une histoire vraie", les puristes de la véracité trouveront que cela est particulièrement tiré par les couettes (autobiographie de Chaplin à l'appui).

 Heureusement, les comédiens, Grant Lawrens (Chaplin), Ophélie Lehmann (Hetty Kelly) et Tristan Robin (le barman) sont très bons. On retiendra de cette représentation leur charme et l'ingénieux noir et blanc de la mise en scène (récompensée par un Molière de la meilleure création visuelle).

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La troupe des danseurs musiciens de Stomp se produit à Bobino jusqu'au 16 juillet.

Ce spectacle qui bouscule les salles de spectacle depuis plus de 30 ans est à voir absolument.

En 2006, Sanscrierart s’enthousiasmait déjà pour ce concept génial :

"8 comédiens - musiciens - acrobates dansent et jouent de la musique avec des ustensiles du quotidien : balais, bassines, briquets, éviers, ventouses pour déboucher ce que vous voulez... Les saynètes s’enchaînent, drôles, poétiques, physiquement spectaculaires.
Sur scène, pas un mot, tout passe par le rythme, le geste et les expressions des visages. Une partition précise à tous les niveaux. Ainsi, il ne s'agit pas uniquement de taper sur des grosses caisses, les murmures et frôlements sont tout aussi importants.
A priori ça fait peur 1h30 de ce genre de choses et pourtant cela file comme un éclair et lorsque la fin arrive on en redemande encore !"

A voir à Bobino jusqu'au 16 juillet.

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Sur scène deux couples James et Stella, Bill et Harry. James débarque chez les seconds pour se confronter à Bill, persuadé que celui-ci a une relation avec Stella.
Ludovic Lagarde propose une mise en scène précise et d'une grande richesse. La scénographie partage la scène en deux espaces, l´appartement de Stella et James et la maison de Bill et Harry avec son escalier qui semble mener vers une  soumission consentie. La musique (entre jazz et Boulez) qui souligne sans excès le moment, les costumes et les perruques qui éclairent la psyché des personnages, les masques mystérieux et inquiétants... chaque élément accompagne parfaitement la part étrange de la pièce, son interrogation sur la vérité et le mensonge, sur la réalité et l'imaginaire, sur la prise de pouvoir dans le couple. Le texte de Pinter joue sur toutes les tonalités, du polar au drame domestique, en passant par l´etude sociologique non dépourvue d´humour. L' écriture au phrasé saccadé, qui laisse place à des silences confondants, est merveilleusement servie par Micha Lescot, Mathieu Amalric, Laurent Poitrenaud et Valérie Dashwood, tous les quatre remarquables.

Quelle liberté Ludovic Lagarde laisse t-il à ses comédiens ?

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James Thierrée présente son nouveau spectacle au théâtre du Châtelet. Que les amateurs des envolées lyriques du comédien-circassien et de sa troupe soient prévenus : le James Thierrée de Room commence sa mue. Un corps qui ne peut plus tout à fait assumer les acrobaties incroyables de virtuosité ancre de plus en plus au sol l'artiste. Thierrée y voit l'occasion de s'ouvrir à d'autres modes d'expression. Pour la première fois dans une de ses créations, les personnages parlent de façon compréhensible et James Thierrée y incorpore des chansons.

Quant au propos du spectacle, de l'aveu même de James Thiérrée, il n'y en a aucun. Pas de ligne conductrice, pas de cadre. Pourtant, depuis la salle, il nous semble percevoir une mise en abîme des affres de la création, la perte d'inspiration, les cauchemars qui réveillent l'artiste à la veille d 'un spectacle, les questions existentiels qui naissent du travail du créateur, l'obsession de bâtir, la nécessité de faire sens.

Sur scène, un architecte-metteur en scène (James Thierrée) et son assistant (Alessio Negro) travaillent sur des plans pour bâtir The Room, habiller et occuper l´espace, faire spectacle. De hautes parois de murs, jusqu´ici au sol seront dressées à différents moments du spectacle, virevoltant, pour composer un cadre jamais satisfaisant. Entre-temps, une dizaine d´artistes comédiens, chanteurs (dont Sarah Manesse qui impressionne particulièrement), musiciens barrés (dont Anne Lise Binard très drôle) et accrobates (dont Ching-Ying Chien, impressionnante) se lanceront dans des saynètes folles où l'on croisera un lézard aux allures de Spider-Man, un frelon, une psy hystérique, un ballet de mannequins... La musique, depuis toujours très présente, est ici jouée live et James Thierrée chante. Le spectacle se fait et se défait ainsi laissant voir l'arrière des décors, les machinistes.

Pendant 1h45, le "n´importe quoi", dénoncé par le créateur lui-même, enchante.

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Doully, c´est une petite blonde avec une voix de mec bourré. Une nana qui a goûté à toutes les drogues, les interdites et les autorisées, et qui a tout stoppé. Doully c´est également une ex Dame pipi, une ex serveuse, une ex gogo danseuse, une actrice bénévole dans le rôle d´une prostituée morte filmée de dos pour le cinéma. Une comédienne qui a roulé sa bosse et qui se trimballe une saloperie de maladie de Charcot.

En 1h15, Doully nous plonge avec une auto dérision maximale dans ses explorations effectuées depuis l´age de 15 ans. Au passage les hippies, les hipsters, le Bio, les drogués entre autres, en prennent pour leur grade.

C´est souvent inattendu, extrêmement drôle avec une densité assez exceptionnel. Une phrase, un rire.

En plus d´être hilarante, surprenante et unique, Doully est extrêmement sympathique.

Doully s'écoute aussi sur France Inter dans l'émission C'est encore nous.

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