theatre - danse

Elle rentre du lycée. Dans son hall d'immeuble, sans les voir, elle sait qu'ils sont là. A l'étage, sur son palier, ils l'attendent. Parce que Daniella, elle, n'est plus.

Nicole Garcia impressionne, seule en scène, dans le rôle de cette professeur de français, plus toute jeune, mais apprêtée car il faut avoir de la tenue. A Royan, sans passé ni rien pour la juger, Gabrielle chavire doucement. Est-ce à cause de sa vie d'avant, est-ce à cause de ses élèves qui l'a chahutent, est-ce à cause de Daniella ? Ou est-ce que Daniella n'est plus à cause de Gabrielle, à cause des élèves qui l'ont chahutée, à cause de sa soif de liberté ? Marie Ndiaye présente ici un double portrait celui d'une femme meurtrie et enseignante fragilisée et celui d'une adolescente frondeuse et harcelée.

La voix grave de Nicole Garcia, son interprétation jouant des hésitations de son personnage et de sa folle intransigeance, associées à l'écriture fine et précise qui dessine telle une araignée tissant sa toile, des portraits complexes, nous happent instantanément.

La mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia simple mais signifiante, soignant particulièrement le son, permet à Nicole Garcia d'habiter avec naturel l'ensemble de la grande scène du Théâtre de Paris. La puissance animale de la comédienne emporte tout.

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Seule en scène, avec pour unique décor un banc et un punching ball, Julie Duval, dans un jeu très physique et d'une grande précision, interprète toutes les personnes, bonnes ou mauvaises, qui ont traversé la vie de jeune femme de Jeanne.

De ses parents au chien familial, de ses professeurs à ses mauvais camarades de classe, de son entraîneur de boxe Thaï à son prof de théâtre, de sa copine Dounia à un maître en yoga, ils sont tous là incarnés par elle, autour d´elle. 

Julie Duval mêle le rire et l´émotion pour raconter la difficulté d´être à la vie de cette jeune fille dont on devine que la hargne mise pour se reconstruire et le chemin parcouru l´ont menée sur cette scène de théâtre, là où elle s´épanouie enfin.

A ne pas manquer à la Scala jusqu´au 20 juin.

 

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Waly Dia, dont les chroniques particulièrement percutantes et très engagées politiquement font la joie des auditeurs de France Inter, présente son quatrième spectacle dans l´accueillant théâtre de l´Oeuvre.

Sans réelle surprise sur ses cibles, l´humoriste dèzingue les macronistes, les policiers, les milliardaires, les masculinistes, les croyants, le racisme décomplexé, les rastas blonds... parle aussi écologie et féminisme, tentant de mêler ou d´alterner démonstration politique et humour,  sans toujours parvenir à éviter l´enfoncage de portes ouvertes.

Pourtant, le charme opère. Et on admire la performance de l´artiste qui durant 1h45 (c'est long pour un one man show), seul en scène, enchaîne les sujets, dans un abattage impressionnant, ne cédant la parole au public que sur une participation très contrôlée. L'allocution est précise, le débit maîtrisé. Mais, c´est sur les imitations à la gestuelle particulièrement efficace qu´il est frontalement drôle, notamment quand pour un grand final lui vient l'envie d´associer tous les opprimés du système dans une manifestation monstre.

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Quand la femme de Gaël Leiblang accouche de leur troisième enfant, Roman, le bébé né prématuré avec de nombreuses malformations.

Dans cette version vidéo de son spectacle, le comédien, filmé dans une salle de sport, offre une interprétation très physique. Gaël Leiblang raconte le combat du petit garçon et l'épreuve de ses parents comme un match de sport, un marathon, une escalade, un combat de boxe.

Dans une mise en scène aux jeux de lumières et à l'accompagnement musical mimant l'urgence, ménageant de beaux silences, l'émotion s'installe dans l'attente, la préparation des petites sœurs, le soutien des proches, le rêve d'un petit garçon qui grandit, la prise de décisions définitives.

A voir sur France.tv

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Isabelle qui rêve de danser accepte le pacte du Directeur de l'opéra et des souliers rouges : devenir danseuse étoile mais renoncer à l'amour.

Marc Lavoine, aux textes, et Fabrice Aboulker, à la musique, se sont associés pour adapter librement en comédie musicale le film de Ernest  Pressburger et Michael Powell. Ils ont pris le pari difficile de conter cette histoire uniquement en chansons sans place aucune pour des dialogues. Exercice ardu pas tout à fait réussi, les textes tout à leur fonction de conteur s'avèrent manquer de charme tout en n'offrant qu'un récit assez obscure des tenants et aboutissants de l'intrigue.

La scénographie présente une scène nue entourée de drapés sur lesquels sont projetées des vidéos, à l'esthétique discutable, sans ligne artistique claire. Les huit danseurs dont les costumes nous renvoient aux comédies musicales du début du siècle, déploient leur talent dans des chorégraphies brouillonnes, peu signifiantes, mêlant difficilement danse contemporaine et classique. La danse est d'ailleurs curieusement peu présente.

Les trois rôles sont tenus par Guilhem Valleye dont la voix semble manquer de puissance pour le rôle du maître de L'opéra, l'ogre de l'histoire, Benjamin Siksou au charme toujours opérant et  Céleste Hauser, la jolie voix du spectacle, qui bénéficie de la belle idée consistant à mettre en avant son souffle et ses essoufflements.

Les compositions de Fabrice Aboulker offrent des mélodies agréables, aux rythmes et aux tonalités variées, soutenues par des orchestrations soignées. 

Au final, malgré ses nombreuses faiblesses, la comédie musicale se regarde et s'écoute sans réel ennui.

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