theatre - danse

Tiago Rodriguez, directeur du festival d'Avignon, invite, pour 4 ans, Gwenael Morin à mettre en scène un classique écrit dans la langue étrangère mise à l'honneur (l'anglais cette année). 

Pour cette première, Gwenael Morin adapte Le songe d'une nuit d'été de William Shakespeare, pièce sur le désir, l'illusion, l'imagination et où il est aussi question de théâtre.

Dans le jardin quasi nu de la Maison Jean Vilar, le metteur en scène nous présente comme à son habitude une scénographie sans décors et sans réels costumes. Comme souvent, l'adaptation de Gwenael Morin et le dénuement total dans lequel il place ses comédiens et leurs personnages servent parfaitement le propos. Virginie Colemyn, Barbara Jung, Julian Eggerickx et Grégoire Monsaingeon, comédiens fétiches et fidèles, sont magnifiques. Accompagnés par deux comédiens amateurs Avignonnais, ils interprètent les près de 20 personnages. La qualité de leur interprétation, l'énergie qu'ils déploient et leur capacité à faire entendre le texte comme rarement impressionnent.

La pièce a été diffusée sur France 4 et est visible en Replay sur France.tv jusqu'au 30 janvier 2024. Si la réalisation n'est pas optimale, elle offre la possibilité à tous de découvrir le génie de Gwenael Morin et de ses quatre magnifiques comédiens.

*Photo : @Christophe Raynaud de Lage

Lire les posts sur les pièces de Gwenael Morin : LesjustesTartuffeIntrospectionWoyzeckAntigoneBerenice

Voir les commentaires

Le merveilleux théâtre de l'Oeuvre accueille une pièce qui enchante formellement et, il faut bien l'avouer, déçoit sur le fond.

Dans un bar de Londres, Chaplin a donné rendez-vous à Hetty Kelly, qui se produit elle aussi dans le cabaret de Fred Karno. Chaplin est amoureux de la jeune femme et avec l'aide du barman espère la conquérir.

Sur scène, un décor de café en noir et blanc et trois comédiens eux aussi... en noir et blanc. Cette scénographie particulièrement ingénieuse séduit d'emblée et s'avérera être l'atout majeur de la pièce. Car la faiblesse de l'écriture aux répliques manquant d'esprit ou de panache apparaît rapidement. De plus, l'histoire contée est extrêmement ténue et l'astuce utilisée pour la déployer d'autant plus poussive que l'écriture est pauvre. Quant au récit annoncé comme "inspiré d'une histoire vraie", les puristes de la véracité trouveront que cela est particulièrement tiré par les couettes (autobiographie de Chaplin à l'appui).

 Heureusement, les comédiens, Grant Lawrens (Chaplin), Ophélie Lehmann (Hetty Kelly) et Tristan Robin (le barman) sont très bons. On retiendra de cette représentation leur charme et l'ingénieux noir et blanc de la mise en scène (récompensée par un Molière de la meilleure création visuelle).

Voir les commentaires

La troupe des danseurs musiciens de Stomp se produit à Bobino jusqu'au 16 juillet.

Ce spectacle qui bouscule les salles de spectacle depuis plus de 30 ans est à voir absolument.

En 2006, Sanscrierart s’enthousiasmait déjà pour ce concept génial :

"8 comédiens - musiciens - acrobates dansent et jouent de la musique avec des ustensiles du quotidien : balais, bassines, briquets, éviers, ventouses pour déboucher ce que vous voulez... Les saynètes s’enchaînent, drôles, poétiques, physiquement spectaculaires.
Sur scène, pas un mot, tout passe par le rythme, le geste et les expressions des visages. Une partition précise à tous les niveaux. Ainsi, il ne s'agit pas uniquement de taper sur des grosses caisses, les murmures et frôlements sont tout aussi importants.
A priori ça fait peur 1h30 de ce genre de choses et pourtant cela file comme un éclair et lorsque la fin arrive on en redemande encore !"

A voir à Bobino jusqu'au 16 juillet.

Voir les commentaires

Sur scène deux couples James et Stella, Bill et Harry. James débarque chez les seconds pour se confronter à Bill, persuadé que celui-ci a une relation avec Stella.
Ludovic Lagarde propose une mise en scène précise et d'une grande richesse. La scénographie partage la scène en deux espaces, l´appartement de Stella et James et la maison de Bill et Harry avec son escalier qui semble mener vers une  soumission consentie. La musique (entre jazz et Boulez) qui souligne sans excès le moment, les costumes et les perruques qui éclairent la psyché des personnages, les masques mystérieux et inquiétants... chaque élément accompagne parfaitement la part étrange de la pièce, son interrogation sur la vérité et le mensonge, sur la réalité et l'imaginaire, sur la prise de pouvoir dans le couple. Le texte de Pinter joue sur toutes les tonalités, du polar au drame domestique, en passant par l´etude sociologique non dépourvue d´humour. L' écriture au phrasé saccadé, qui laisse place à des silences confondants, est merveilleusement servie par Micha Lescot, Mathieu Amalric, Laurent Poitrenaud et Valérie Dashwood, tous les quatre remarquables.

Quelle liberté Ludovic Lagarde laisse t-il à ses comédiens ?

Voir les commentaires

James Thierrée présente son nouveau spectacle au théâtre du Châtelet. Que les amateurs des envolées lyriques du comédien-circassien et de sa troupe soient prévenus : le James Thierrée de Room commence sa mue. Un corps qui ne peut plus tout à fait assumer les acrobaties incroyables de virtuosité ancre de plus en plus au sol l'artiste. Thierrée y voit l'occasion de s'ouvrir à d'autres modes d'expression. Pour la première fois dans une de ses créations, les personnages parlent de façon compréhensible et James Thierrée y incorpore des chansons.

Quant au propos du spectacle, de l'aveu même de James Thiérrée, il n'y en a aucun. Pas de ligne conductrice, pas de cadre. Pourtant, depuis la salle, il nous semble percevoir une mise en abîme des affres de la création, la perte d'inspiration, les cauchemars qui réveillent l'artiste à la veille d 'un spectacle, les questions existentiels qui naissent du travail du créateur, l'obsession de bâtir, la nécessité de faire sens.

Sur scène, un architecte-metteur en scène (James Thierrée) et son assistant (Alessio Negro) travaillent sur des plans pour bâtir The Room, habiller et occuper l´espace, faire spectacle. De hautes parois de murs, jusqu´ici au sol seront dressées à différents moments du spectacle, virevoltant, pour composer un cadre jamais satisfaisant. Entre-temps, une dizaine d´artistes comédiens, chanteurs (dont Sarah Manesse qui impressionne particulièrement), musiciens barrés (dont Anne Lise Binard très drôle) et accrobates (dont Ching-Ying Chien, impressionnante) se lanceront dans des saynètes folles où l'on croisera un lézard aux allures de Spider-Man, un frelon, une psy hystérique, un ballet de mannequins... La musique, depuis toujours très présente, est ici jouée live et James Thierrée chante. Le spectacle se fait et se défait ainsi laissant voir l'arrière des décors, les machinistes.

Pendant 1h45, le "n´importe quoi", dénoncé par le créateur lui-même, enchante.

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog