theatre - danse

Au 17e siècle, Mme de Clermont conte son amour fou pour un homme qui n'était pas son mari.

Laurence Plazenet adapte son roman éponyme en un seule en scène pour Fanny Ardant.

La mise en scène, les décors et la mise en lumière, sobres et élégants, servent parfaitement la comédienne et ce récit d'1h20. Fanny Ardant y est incandescente. Sa fièvre, sa voix et ses yeux noirs emportent tout. Jusqu'à effacer (presque) la lourdeur de certaines parties du texte qui emprunte des tournures XVIIe un peu vaines. La puissance romanesque, sans nulle autre pareille, que porte Fanny Ardant suffit à nous ravir.

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Varvara, autoritaire et sûre de son pouvoir dû à son argent et à son statut d'aristocrate, soutien son ami l'intellectuel Stépan Trophimovitch Verkhovensky. Leurs fils respectifs, Nikolaï et Piotr, se fréquentent dans une relation ambiguë. Piotr fasciné par le charisme de Nikolaï, veut lui donner le rôle de leader de son groupe de nihilistes prêt à détruire le monde.

Dans ce roman de Dostoïevski, tous les personnages semblent marquer par une forme de folie plus ou moins dangereuse. Les conservateurs, qui vivent dans l'opulence, sans n'avoir jamais rien créé, les jeunes révolutionnaires qui veulent tout détruire sans définir clairement ce qu'ils veulent rebâtir ensuite.

Guy Cassiers présente une mise en scène (créée en 2021) ambitieuse jouant sur la reproduction d'une réalité et d'une illusion. Les comédiens sont filmés en live et leur image est projetée sur trois grands écrans surplombant la scène et les acteurs. Les écrans offrent un autre angle de vue que celui visible sur scène. Sur scène les comédiens ne se regardent pas, ils sont séparés. Sur les trois écrans les images recomposent un dialogue, des regards échangés, des comédiens qui se touchent. Cela demande aux comédiens de jouer avec des repères totalement différents et d'être très précis sur les positions. Et aux spectateurs de choisir entre l'écran et la scène ou de jongler entre les deux, réalisant lui même son montage. Cela ne ressemble ainsi ni à du théâtre, ni à du cinéma.

Ce processus est omniprésent sur la 1ère partie dédiée à la mise en place des personnages et plus particulièrement au règne des parents. Plus Nikolaï et Piotr prennent de l'importance dans l'histoire et plus l'utilisation des écrans diminue.

Cette mise en scène d'une grande originalité perturbe un peu la réception de la pièce, tant on cherche à voir l'exercice d'acrobates des comédiens et le rôle essentiel joué par "les hommes et femmes en noir" (membres de l'Académie). Cela fonctionne parfaitement sur certaines parties mais semble un peu gadget sur d'autres. Un léger décalage du son par rapport à l'image participe à perturber notre écoute.

L'ensemble est visuellement très beau. La verrière en fond de scène est impressionnante laissant imaginer un orchestre, des paysages. La mise en lumière, tout en clair-obscure, très réussie. 

Les comédiens du Français, Dominique Blanc, Didier Sandre, le magique Christophe Montenez, Jérémy Lopez, Suliane Brahim, Clina Clavaron, Jennifer Becker...  sont tous remarquables.

Cette mise en scène des Démons offre à vivre une expérience théâtrale unique.

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Molière du Théâtre privé : 4211 km de Aïla Navidi
Molière du Théâtre public : 40° sous zéro de Copi
Comédie : C’est pas facile d’être heureux quand on va mal de Rudy Milstein
Création visuelle et sonore : Neige de Pauline Bureau

Spectacle musical : Spamalot de Éric Idle

Molière de l’Humour : Sophia Aram dans Le Monde d’après
Jeune public : Neige de Pauline Bureau

Seul/e en scène : Va aimer ! avec Eva Rami
Mise en scène dans un spectacle de Théâtre public : Louis Arene pour 40° sous zéro de Copi
Mise en scène dans un spectacle de Théâtre privé : Olivier Solivérès pour Le Cercle des poètes disparus, adaptation de Gérald Sibleyras
Auteur/trice francophone vivant/e : Rudy Milstein pour C’est pas facile d’être heureux quand on va mal 

Comédienne dans un spectacle de Théâtre public : Vanessa Cailhol dans Courgette de Paméla Ravassard et Garlan Le Martelot
Comédien dans un spectacle de Théâtre public : Micha Lescot dans Richard II de W. Shakespeare
Comédienne dans un spectacle de Théâtre privé : Cristiana Reali dans Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams
Comédien dans un spectacle de Théâtre privé : Vincent Dedienne dans Un chapeau de paille d’Italie de Eugène Labiche
Comédienne dans un second rôle ; Jeanne Arènes dans L'Effet miroir de Léonore Confino
Comédien dans un second rôle : Guillaume Bouchède dans Je m’appelle Asher Lev de Aaron Posner
Révélation féminine : Olivia Pavlou-Graham dans 4211 km de Aïla Navidi
Révélation masculine : Ethan Oliel dans Le Cercle des poètes disparus, adaptation de Gérald Sibleyras
Molière d'honneur : Francis Huster 

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"Nous déclarons les esclaves être meubles." Cette citation du Code Noir de Colbert sous Louis XIV ouvre le spectacle. Puis entre en scène le Monsieur Royal du spectacle dans le rôle du maître de cérémonie et exemplaire du blanc raciste, parfaitement détestable.

Sur scène 9 chanteurs, 6 musiciens, 7 danseurs qui peignent en 36 tableaux, du Cotton club à.Barack Obama, l'histoire de la musique afro-américaine et les dates clés de la lutte contre le racisme anti-noir. 

A voir en replay sur France.tv

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A plusieurs dizaines d´années d´écart et après de nombreux périples, Ulysse se trouve confronté à trois femmes qui le mettent face aux conséquences de ses actes. Hecube, reine des Troyens dont il a fait son esclave et qui a perdu ses fils à la guerre, a le visage des victimes de son extrême violence. Calypso, qui l´a sauvé du naufrage et aimé, mais qu´il doit abandonner l´interroge sur les choix d´une vie, d´une humanité. Pénélope, l´épouse légitime qui a passé sa vie à l´attendre, l'accueille muette et bouscule la conscience du guerrier qui vient à elle comme dans un dernier soupir.

Le demi-Dieu, Ulysse, représentant de la masculinité dans sa soif de pouvoir, de domination, son besoin d´en découdre, ses suffisances et ses faiblesses, se trouve ainsi face à ses femmes, en simple et féroce mortel.

Écrite par Claudine Galea, inspirée de l'Illiade et de l'Odyssée d'Homère, cette création de la Comédie Française est mise en scène ingénieusement par Laetitia Guedon. Les comédiens du français Sephora Pondi, Clotilde de Bayser, Marie Oppert, Eric Genovese, Sefa Yeboah et Baptiste Chabauty sont accompagnés par le cœur Unikanti. Ces chanteurs magnifiques, intervenant pour souligner la tension, agissent également et paradoxalement comme une respiration aux côtés d´un texte qui joue sur les répétitions, nécessitant d´être scandé ou déclamé avec emphase par ses interprètes. Ce texte mêlant histoire antique et moderne offre de belles tirades percutantes, des propos obscures et quelques naïvetés. Sans convaincre totalement Trois fois Ulysse offre un moment de théâtre audacieux qui ne laisse pas indifférent.

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