theatre - danse

A plusieurs dizaines d´années d´écart et après de nombreux périples, Ulysse se trouve confronté à trois femmes qui le mettent face aux conséquences de ses actes. Hecube, reine des Troyens dont il a fait son esclave et qui a perdu ses fils à la guerre, a le visage des victimes de son extrême violence. Calypso, qui l´a sauvé du naufrage et aimé, mais qu´il doit abandonner l´interroge sur les choix d´une vie, d´une humanité. Pénélope, l´épouse légitime qui a passé sa vie à l´attendre, l'accueille muette et bouscule la conscience du guerrier qui vient à elle comme dans un dernier soupir.

Le demi-Dieu, Ulysse, représentant de la masculinité dans sa soif de pouvoir, de domination, son besoin d´en découdre, ses suffisances et ses faiblesses, se trouve ainsi face à ses femmes, en simple et féroce mortel.

Écrite par Claudine Galea, inspirée de l'Illiade et de l'Odyssée d'Homère, cette création de la Comédie Française est mise en scène ingénieusement par Laetitia Guedon. Les comédiens du français Sephora Pondi, Clotilde de Bayser, Marie Oppert, Eric Genovese, Sefa Yeboah et Baptiste Chabauty sont accompagnés par le cœur Unikanti. Ces chanteurs magnifiques, intervenant pour souligner la tension, agissent également et paradoxalement comme une respiration aux côtés d´un texte qui joue sur les répétitions, nécessitant d´être scandé ou déclamé avec emphase par ses interprètes. Ce texte mêlant histoire antique et moderne offre de belles tirades percutantes, des propos obscures et quelques naïvetés. Sans convaincre totalement Trois fois Ulysse offre un moment de théâtre audacieux qui ne laisse pas indifférent.

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Elle rentre du lycée. Dans son hall d'immeuble, sans les voir, elle sait qu'ils sont là. A l'étage, sur son palier, ils l'attendent. Parce que Daniella, elle, n'est plus.

Nicole Garcia impressionne, seule en scène, dans le rôle de cette professeur de français, plus toute jeune, mais apprêtée car il faut avoir de la tenue. A Royan, sans passé ni rien pour la juger, Gabrielle chavire doucement. Est-ce à cause de sa vie d'avant, est-ce à cause de ses élèves qui l'a chahutent, est-ce à cause de Daniella ? Ou est-ce que Daniella n'est plus à cause de Gabrielle, à cause des élèves qui l'ont chahutée, à cause de sa soif de liberté ? Marie Ndiaye présente ici un double portrait celui d'une femme meurtrie et enseignante fragilisée et celui d'une adolescente frondeuse et harcelée.

La voix grave de Nicole Garcia, son interprétation jouant des hésitations de son personnage et de sa folle intransigeance, associées à l'écriture fine et précise qui dessine telle une araignée tissant sa toile, des portraits complexes, nous happent instantanément.

La mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia simple mais signifiante, soignant particulièrement le son, permet à Nicole Garcia d'habiter avec naturel l'ensemble de la grande scène du Théâtre de Paris. La puissance animale de la comédienne emporte tout.

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Seule en scène, avec pour unique décor un banc et un punching ball, Julie Duval, dans un jeu très physique et d'une grande précision, interprète toutes les personnes, bonnes ou mauvaises, qui ont traversé la vie de jeune femme de Jeanne.

De ses parents au chien familial, de ses professeurs à ses mauvais camarades de classe, de son entraîneur de boxe Thaï à son prof de théâtre, de sa copine Dounia à un maître en yoga, ils sont tous là incarnés par elle, autour d´elle. 

Julie Duval mêle le rire et l´émotion pour raconter la difficulté d´être à la vie de cette jeune fille dont on devine que la hargne mise pour se reconstruire et le chemin parcouru l´ont menée sur cette scène de théâtre, là où elle s´épanouie enfin.

A ne pas manquer à la Scala jusqu´au 20 juin.

 

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Waly Dia, dont les chroniques particulièrement percutantes et très engagées politiquement font la joie des auditeurs de France Inter, présente son quatrième spectacle dans l´accueillant théâtre de l´Oeuvre.

Sans réelle surprise sur ses cibles, l´humoriste dèzingue les macronistes, les policiers, les milliardaires, les masculinistes, les croyants, le racisme décomplexé, les rastas blonds... parle aussi écologie et féminisme, tentant de mêler ou d´alterner démonstration politique et humour,  sans toujours parvenir à éviter l´enfoncage de portes ouvertes.

Pourtant, le charme opère. Et on admire la performance de l´artiste qui durant 1h45 (c'est long pour un one man show), seul en scène, enchaîne les sujets, dans un abattage impressionnant, ne cédant la parole au public que sur une participation très contrôlée. L'allocution est précise, le débit maîtrisé. Mais, c´est sur les imitations à la gestuelle particulièrement efficace qu´il est frontalement drôle, notamment quand pour un grand final lui vient l'envie d´associer tous les opprimés du système dans une manifestation monstre.

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Quand la femme de Gaël Leiblang accouche de leur troisième enfant, Roman, le bébé né prématuré avec de nombreuses malformations.

Dans cette version vidéo de son spectacle, le comédien, filmé dans une salle de sport, offre une interprétation très physique. Gaël Leiblang raconte le combat du petit garçon et l'épreuve de ses parents comme un match de sport, un marathon, une escalade, un combat de boxe.

Dans une mise en scène aux jeux de lumières et à l'accompagnement musical mimant l'urgence, ménageant de beaux silences, l'émotion s'installe dans l'attente, la préparation des petites sœurs, le soutien des proches, le rêve d'un petit garçon qui grandit, la prise de décisions définitives.

A voir sur France.tv

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