theatre - danse

Hitch2.jpgFrançois Truffaut et Alfred Hitchcock reçoivent au Lucernaire dans un spectacle très particulier.

Ingrédient principal de la pièce : le Hitchbook. Le livre d'entretiens entre Truffaut et Hitchcock nourrit les dialogues. Le théme de Hitch est donc le cinéma, avant tout celui de Hitchcock, et aussi la relation particulière qu'entretenaient les deux réalisateurs.

Dés la première minute, les auteurs placent les deux cinéastes dans une situation incongrue qui rend un double hommage au goût du suspens d'Hitchcock et à l'admiration quasi passionnelle qu'entretenait Truffaut pour le maitre anglais. Cet événement sert alors de fil rouge pour dérouler l' entretien entre les deux hommes accompagnés d' Irma Hitchcock, épouse d'Alfred. Curieusement, et de façon tout à fait incompréhensible, au milieu de la pièce, les auteurs mettent fin au suspens abandonnant totalement l'intrigue, seule astuce du spectacle qui aurait permis de ne pas laisser sur le bord de la route les non cinéphiles. Toute la place est alors donnée aux échanges sur le cinéma. Evidemment, ayant abandonné toute intrigue, les auteurs ne proposent pas de chute. La pièce, définitivement mal ficelée, se termine sans qu'on sache pourquoi, car cela aurait pu durer ainsi des heures. 

Malgré ce tissage bancal, Hitch offre un bon moment, pour qui est passionné par Hitchcock et Truffaut. On rit souvent, le malicieux Hitchcock ayant particulièrement le sens de la formule et le personnage d' Irma étant particulièrement drôle aussi. Les comédiens (Joe Sheridan, Mathieu Bisson et Patty Hannock) sont excellents et la ressemblance avec Truffaut et Hitchcock est telle qu'il est facile, en se laissant aller à ses rêves les plus fous, d'oublier qu'il s'agit là de doublures.


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diplomatie-copie-1.jpgLes troupes du Général Leclerc sont aux portes de la capitale, lorsque le consul suédois Raoul Nordling s'introduit dans l'hôtel Meurice QG du général Von Choltitz. L'officier, gouverneur de Paris, s'apprête à faire sauter tous les monuments et ponts de la ville pour engloutir la capitale et stopper l'avancée de l'ennemi. Nordling et Choltitz se lancent alors dans une joute oratoire dont l'enjeu est Paris et par extension l'avenir de l'Allemagne déjà presque battue.

Diplomatie met en scène l'histoire dans l'Histoire sans que l'on sache très bien ce qui est vrai ou inventé. Mais peu importe, on sait que l'essentiel est bien réel : Choltitz a désobéi aux ordres et sauvé Paris.

L'auteur Cyril Gely offre aux deux comédiens des dialogues tendus, à l'écriture limpide et efficace. La dramaturgie est régulièrement allégée de bons mots qui bénéficient du jeu tout en ironie légère de Dussolier. La mise en scène et le décor sobres servent parfaitement l'histoire. Les petits détails semés avec parcimonie suffisent à nous immerger dans l'époque. Les indispensables, mais très, seconds rôles sont parfaits. André Dussolier excelle dans la peau du diplomate guindé, de l'humaniste sensible et de l'insolent trouble fête. Quant à Niels Arestrup, à lui seul il imprime toute la tension du moment et exprime avec un réalisme bluffant toute la violence et l'impuissance de cet homme prit entre deux choix impossibles. On perçoit chacun des basculements de cet officier qui voit son monde rêvé s'écrouler. Captivant.

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or.jpgLe théâtre Daniel-Sorano de Vincennes ouvre sa scène à Blaise Cendrars. Le comédien Xavier Simonin interpréte L'Or.

Sur lui, pas de costume particulier et de jolies lumières. A ses côtés, un décor minimaliste et un drôle de type. Assis sur une chaise, statique et muet, l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau accompagne Xavier Simonin.

Le comédien est en tous points remarquable et vous emporte très vite dans les mots de Cendrars et l'incroyable histoire de Johann Auguste Suter. Le voyage est total. L'harmonica de Milteau est agréable et juste lorsqu'il joue entre "les chapitres", mais il devient gênant quand il accompagne la voix de Simonin.

Le comédien est si talentueux qu'on n'est pas très sûr, au final, de l'intérêt de l'harmonica. D'ailleurs, Milteau l'avoue lui même le boulot c'est Simonin qui le fait ! La présence de Milteau sert sans doute plus à remplir la salle qu'elle ne sert le spectacle. Cela reste tout à l'honneur de l'harmoniciste qui offre à Xavier Simonin, comédien de haut vol, l'audience qu'il mérite.

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Florence Foresti est sans nul doute l'humoriste la plus drôle de France. Pour preuve, ses spectacles sont hilarants même en vidéo. La vidéo qui reste le meilleur moyen pour profiter à 100% de son visage et de son corps extrêmement expressifs. Car l'humoriste la plus drôle de France investi des salles de spectacle tellement grandes qu'il devient quasi impossible d'en profiter vraiment en Live.

Bref, nous voici avec son dernier show dont la source d'inspiration première est son nouveau statut de mère et les trois premières années de sa fille. La description des joies (ou pas) de la maternité, les principes d'éducation vite abandonnés, le pratique qui prend la place du beau, les tentatives de conserver une vie de femme fêtarde est hilarante. Pas de temps mort. Chaque idée, chaque réplique tombe juste et les fous rires se succèdent.

Seul effet loupé du spectacle, l'introduction à base de blagues pour enfant sensée être pathétique fait hurler de rire le public. Le public est fan et Foresti ne sait pas ne pas être drôle.

 

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chantal-ladesou-bobino_265809.jpgChantal Ladesou avale les mots, mâche les syllabes, n'articule pas. C'est sa marque de fabrique. Dés le début du spectacle, elle annonce la couleur à peu près ainsi :

Les gens qui viennent me voir dans les pièces de boulevard me disent "j'aime beaucoup ce que vous faites. Vous me faites beaucoup rire mais je ne comprends pas tout ce que vous dites. Alors, je reviens et plus je reviens moins je comprends et plus je ris". C'est comme ça qu'on remplit les théâtres !!

Dans "J'ai l'impression que je vous plais vraiment", Chantal Ladesou s'adresse à ce public, SON public, celui qui la suit fidèlement de pièce en pièce. Elle y parle donc de théâtre, de sa vie conjugale, des coulisses et à-côtés de son mêtier. Le tout à tort et à travers, dans un grand foutrac où Chantal Ladesou se raconte, avance dans son récit, s'interrompt pour apostropher un spectateur puis repart en arrière, change de direction, et revient dans son non-récit à un rythme effreiné. Allure déguigandée, "souplesse de l'échine", tonalité de voix unique, Chantal Ladesou déploie une énergie incroyable qui pourrait laisser croire qu'une troupe entière joue. En réalité, elle est bien seule en scène et sans doute plusieurs dans sa tête tant sa folie est grande et un rien étrange. L'interprète est irrésistible donc et si l'on rit beaucoup c'est avant tout grâce à elle. Le texte décousu, qui donne à l'occasion mais gentillement dans une certaine grossièreté, accuse quelques faiblesse qui sans le talent de Ladesou pourraient être fatal au spectacle.

Mais la vedette sur la scène de Bobino est avant tout Chantal Ladesou. Le texte n'est que prétexte à laisser cette orfèvre du rire ravire son public une nouvelle fois.


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