theatre - danse

diplomatie-copie-1.jpgLes troupes du Général Leclerc sont aux portes de la capitale, lorsque le consul suédois Raoul Nordling s'introduit dans l'hôtel Meurice QG du général Von Choltitz. L'officier, gouverneur de Paris, s'apprête à faire sauter tous les monuments et ponts de la ville pour engloutir la capitale et stopper l'avancée de l'ennemi. Nordling et Choltitz se lancent alors dans une joute oratoire dont l'enjeu est Paris et par extension l'avenir de l'Allemagne déjà presque battue.

Diplomatie met en scène l'histoire dans l'Histoire sans que l'on sache très bien ce qui est vrai ou inventé. Mais peu importe, on sait que l'essentiel est bien réel : Choltitz a désobéi aux ordres et sauvé Paris.

L'auteur Cyril Gely offre aux deux comédiens des dialogues tendus, à l'écriture limpide et efficace. La dramaturgie est régulièrement allégée de bons mots qui bénéficient du jeu tout en ironie légère de Dussolier. La mise en scène et le décor sobres servent parfaitement l'histoire. Les petits détails semés avec parcimonie suffisent à nous immerger dans l'époque. Les indispensables, mais très, seconds rôles sont parfaits. André Dussolier excelle dans la peau du diplomate guindé, de l'humaniste sensible et de l'insolent trouble fête. Quant à Niels Arestrup, à lui seul il imprime toute la tension du moment et exprime avec un réalisme bluffant toute la violence et l'impuissance de cet homme prit entre deux choix impossibles. On perçoit chacun des basculements de cet officier qui voit son monde rêvé s'écrouler. Captivant.

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or.jpgLe théâtre Daniel-Sorano de Vincennes ouvre sa scène à Blaise Cendrars. Le comédien Xavier Simonin interpréte L'Or.

Sur lui, pas de costume particulier et de jolies lumières. A ses côtés, un décor minimaliste et un drôle de type. Assis sur une chaise, statique et muet, l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau accompagne Xavier Simonin.

Le comédien est en tous points remarquable et vous emporte très vite dans les mots de Cendrars et l'incroyable histoire de Johann Auguste Suter. Le voyage est total. L'harmonica de Milteau est agréable et juste lorsqu'il joue entre "les chapitres", mais il devient gênant quand il accompagne la voix de Simonin.

Le comédien est si talentueux qu'on n'est pas très sûr, au final, de l'intérêt de l'harmonica. D'ailleurs, Milteau l'avoue lui même le boulot c'est Simonin qui le fait ! La présence de Milteau sert sans doute plus à remplir la salle qu'elle ne sert le spectacle. Cela reste tout à l'honneur de l'harmoniciste qui offre à Xavier Simonin, comédien de haut vol, l'audience qu'il mérite.

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Florence Foresti est sans nul doute l'humoriste la plus drôle de France. Pour preuve, ses spectacles sont hilarants même en vidéo. La vidéo qui reste le meilleur moyen pour profiter à 100% de son visage et de son corps extrêmement expressifs. Car l'humoriste la plus drôle de France investi des salles de spectacle tellement grandes qu'il devient quasi impossible d'en profiter vraiment en Live.

Bref, nous voici avec son dernier show dont la source d'inspiration première est son nouveau statut de mère et les trois premières années de sa fille. La description des joies (ou pas) de la maternité, les principes d'éducation vite abandonnés, le pratique qui prend la place du beau, les tentatives de conserver une vie de femme fêtarde est hilarante. Pas de temps mort. Chaque idée, chaque réplique tombe juste et les fous rires se succèdent.

Seul effet loupé du spectacle, l'introduction à base de blagues pour enfant sensée être pathétique fait hurler de rire le public. Le public est fan et Foresti ne sait pas ne pas être drôle.

 

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chantal-ladesou-bobino_265809.jpgChantal Ladesou avale les mots, mâche les syllabes, n'articule pas. C'est sa marque de fabrique. Dés le début du spectacle, elle annonce la couleur à peu près ainsi :

Les gens qui viennent me voir dans les pièces de boulevard me disent "j'aime beaucoup ce que vous faites. Vous me faites beaucoup rire mais je ne comprends pas tout ce que vous dites. Alors, je reviens et plus je reviens moins je comprends et plus je ris". C'est comme ça qu'on remplit les théâtres !!

Dans "J'ai l'impression que je vous plais vraiment", Chantal Ladesou s'adresse à ce public, SON public, celui qui la suit fidèlement de pièce en pièce. Elle y parle donc de théâtre, de sa vie conjugale, des coulisses et à-côtés de son mêtier. Le tout à tort et à travers, dans un grand foutrac où Chantal Ladesou se raconte, avance dans son récit, s'interrompt pour apostropher un spectateur puis repart en arrière, change de direction, et revient dans son non-récit à un rythme effreiné. Allure déguigandée, "souplesse de l'échine", tonalité de voix unique, Chantal Ladesou déploie une énergie incroyable qui pourrait laisser croire qu'une troupe entière joue. En réalité, elle est bien seule en scène et sans doute plusieurs dans sa tête tant sa folie est grande et un rien étrange. L'interprète est irrésistible donc et si l'on rit beaucoup c'est avant tout grâce à elle. Le texte décousu, qui donne à l'occasion mais gentillement dans une certaine grossièreté, accuse quelques faiblesse qui sans le talent de Ladesou pourraient être fatal au spectacle.

Mais la vedette sur la scène de Bobino est avant tout Chantal Ladesou. Le texte n'est que prétexte à laisser cette orfèvre du rire ravire son public une nouvelle fois.


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olivier-de-benoist-affiche.jpgCe qui surprend d'abord c'est l'excitation de la salle. On se dit alors qu'on s'est trompé de spectacle et que seul un artiste confirmé peut susciter une telle attente. Très vite, on apprend qu'Olivier de Benoist est une des "vedettes" de l'émission de Ruquier "On ne demande qu'à en rire" et que le public du Point Virgule est à 50% composé de fans de l'émission.

Un public chaud donc, qui meurt d'envie de s'exprimer et d'échanger avec l'artiste qu'il connaît déjà par coeur. A tel point que lorsque de Benoist entre en scène, on lui souhaite bien du courage pour réussir à dérouler son spectacle. Dailleurs, très vite et avec un métier certain, il explique aux plus excités que le comédien c'est lui et qu'il a un spectacle à jouer.

Le thème choisit n'est pas des plus originaux : les rapports hommes-femmes. Les blagues ne sont pas toutes de premières fraîcheurs. Et, pourtant, Olivier de Benoist fait rire et ne laisse aucune place à l'ennui durant son heure quinze de spectacle. Il est rapide, très rapide (haut débit dit le titre) et prècis. Son énergie tendue fait son effet et nous embrouille à la première seconde. Ainsi, on rit à ce qui par un autre ne nous ferait que sourire. Le talent du bateleur compensant aisément celui de l'auteur. On remarquera tout de même une construction habile du spectacle qui avec un peu d'originalité sort légèrement du déjà vu. A suivre donc.

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