La Maison Dior fête ses 70 ans. A cette occasion, le musée des Arts Décoratifs retrace l'histoire de ce grand nom de la haute couture. De 1947 à nos jours, sont présentées les créations de Christian Dior, puis de tous les stylistes qui lui ont succédé : Yves Saint Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons et Maria Grazia Chiuri.
Le nombre de créations, robes, chaussures, chapeaux, bijoux, parfums ainsi que les croquis, les illustrations, les photographies... présentés est plus qu'impressionnant. Il faudrait pouvoir y passer plusieurs heures et dans l'idéal disposer du musée pour soi seul pour pouvoir apprécier chaque pièce présentée. La scénographie est belle, imaginative et variée. Tout semble réuni pour que cette exposition, nous plonge au cœur de l'histoire de cette grande maison. Pourtant, est-ce dû au trop plein d’œuvres présentées, est-ce à cause du trop grand nombre de visiteurs, est-ce en raison de la richesse de la scénographie mais à la fin de la visite on semble n'être jamais entré dans l'intimité de la maison. Cette exposition, ô combien majestueuse, manque sans doute un peu d'humain et d'émotion.
On l'a d'abord connu sans moustache aux côtés de Belmondo au XVIIIème siècle, en Chine et avec Yves Montant tirant le diable par la queue, puis, fidèle à cet attribut, multipliant les rôles. Séducteur malhabile d' Annie Duperey dans le diptyque d'Yves Robert, commissaire à Saint-Paul pour Tavernier, fonctionnaire manipulateur dans l'autre diptyque d'Yves Robert, complice de Johnny Hallyday, danseur hypnotiseur oriental pour sa belle coiffeuse, Pacha résigné avec Claude Rich, grand Duc parmi les autres grands ducs Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret, directeur d'usine politiquement correct face à François Pignon, tueur à gages auprès de Guillaume Depardieu, commissaire de l'inspecteur Coluche, tombé du ciel pour Lioret, lâche repenti amoureux de Catherine Deneuve, cerné par les emmerdeurs avec Miou-Miou, animateur radio en fin de règne, poudré et à nouveau sans moustache pour Leconte, cavalier souffrant perdu dans la Mancha, commentateur pointu et hilarant aux vrais J.O. d'Athènes, musicien multi-instrumentiste sous les avalanches de Delerm, représentant d'assurance pour une publicité, conteur hors pair des Boloss de la littérature à la télévision, monsieur, plus tout jeune mais toujours élégant, en baskets fluo dans ses dernières interviews...
Jean Rochefort nous a accompagné de son regard tout à la fois triste et goguenard et de sa voix ironique pendant tant d'années que la liste des divins souvenirs qu'il nous laisse semble sans fin.
De nos jours, en Russie, Boris et Génia se séparent. Leur première préoccupation est de vendre leur appartement au plus vite pour aller vivre avec leurs nouveaux conjoints respectifs. Aliocha, leur fils de 12 ans, est un poids pour le couple qui n'en veut plus, jusqu'au jour où l'enfant disparaît.
Cette histoire est le prétexte pour le réalisateur de décrire une société russe glaçante. Violente et individualiste, elle se construit sur une absence totale d'amour et de compassion, servie par des autorités démissionnaires et sous la pression de l' église orthodoxe.
Le film présente une réalisation froide, naturaliste qui serait intéressante si elle était contre balancée par, ne serait-ce qu'un peu d'empathie, pour ses personnages. Le portrait même de l'enfant est bâclé comme s'il n'intéressait pas Zviaguintsev. Entre ses "salauds" de héros et la recherche d'un enfant dont on ne sait rien, on se surprend vite à ne porter plus aucun intérêt à cette histoire. D'autant que le film dure plus de deux heures... pour au final ne raconter que peu de chose et ne dire pas grand chose.
Zaneto et Tonino, jumeaux séparés à la naissance se trouvent simultanément, et à leur insu, en visite à Vérone pour rencontrer leurs promises. Leur incroyable ressemblance va entraîner de multiples quiproquos.
Cette pièce, œuvre de jeunesse de Goldoni (1745), a un peu vieilli. Ses rebondissements et effets comiques ont été trop souvent utilisés depuis pour conserver toute leur efficacité. Si l'ensemble est quelque peu éculé, la vivacité du récit fonctionne encore. Il suffirait d'une pointe de finesse dans le jeu des acteurs, de la modernité dans la mise en scène pour redonner à cette pièce tout son charme.
Curieusement, le parti pris du metteur en scène semble tout autre. Le jeu des comédiens est outré surlignant excessivement la satire dessinée par Goldoni. Certains comédiens jouent particulièrement en force éliminant d'emblée la part émotionnelle qui existe aussi dans la pièce. Ils sont de plus desservis par des costumes et un maquillage disgracieux. La scénographie parait curieusement vieillotte. Le décor aux atours faussement modernes prend trop de place. Le plateau devient trop petit, les acteurs qui s'agitent beaucoup paraissent empêchés dans leurs mouvements.
Jean Louis Benoît qui a mis en scène et adapté la pièce a choisi de moderniser, par petites touches, le vocabulaire utilisé mais cela sonne souvent faux. En revanche, il n'a pas fais le choix de supprimer certaines apartés entre les personnages et le public et qui, si elles avaient leur utilité face au public moins averti de l'époque, sur-expliquent de nos jours inutilement l'action.
L'ensemble ne jouant que sur les effets comiques et la part guignolesque de la pièce tait la finesse de Goldoni et le portrait fait de la société vénitienne du 18ème siècle. Pour compenser notre frustration, on se raccroche à Maxime d'Aboville qui, dirigé comme ces camarades de jeu, ne dose pas assez sa partition à la Ugolin de Zanetto, mais dont le talent et l'incroyable capacité à passer d'un personnage à l'autre impressionne et amuse.