cinema

On imagine assez aisément le processus de création de Claude Lelouch pour Chacun sa vie :

* Extraire de son carnet de pensées, une dizaine de micro idées, forcément astucieuses, évidemment drôles et tellement bien trouvées,

* Écrire les saynètes qui n'auront pour seule ambition que celle de servir d'emballage à ces micro idées,

* Agrémenter le tout de plaisanteries dignes de l'Almanach Vermont et des phrases tellement profondes, qui vous expliquent si bien la vie,

*Trouver une idée fumeuse pour lier ces anecdotes en une fin chorale tellement surprenante et si émouvante,

* Feuilleter son album Panini des comédiens, amis ou has been, prêts à jouer n'importe quoi pour être présents, ne serait-ce que trois minutes, dans un film du maître et en convoquer une vingtaine au minimum,

* Ne pas écrire de scénario cohérent, l’essentiel s’improvisera au tournage,

* Abandonner toute maîtrise du récit,

* Ne pas se soucier de la moindre vraisemblance,

* Oublier d'écrire des dialogues dignes de ce nom,

* Bâcler le dessin des personnages, chose inutile puisque l'important est de voir Johnny jouer Johnny (plutôt bien d'ailleurs) et découvrir Dupont-Moretti se prendre pour un acteur,

* Négliger la mise en scène,

* Véhiculer des idées ringardes sur la société,

* Faire du cinéma comme on filme sa colonie de vacances et penser que ceux qui n'y étaient pas prendront plaisir à en regarder les images pendant deux heures.

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De nos jours, en Belgique, Zahira, 18 ans, est enceinte de son petit ami. Une situation inacceptable pour sa famille pakistanaise qui s'avère pourtant suffisamment compréhensive pour accepter la solution de l'avortement.

 Le film traite de la condition d'une jeune fille vivant en Europe dans une famille attachée à des traditions ancestrales qu'elle ne veut aucunement assouplir. Ce sujet passionnant, déjà souvent traité ces dernières années par le cinéma mondial, mérite d'être abordé avec un minimum de créativité ou tout au moins la volonté de faire avancer le débat. Stephan Strecker s'appuie uniquement sur son histoire et nous propose un récit tristement linéaire sans surprise dont les redondances n'apportent rien dans la compréhension de l'histoire ou de celle de ces personnages. Une scène appuyée en milieu de film nous révélant le destin des protagonistes confirme le manque de finesse du scénariste. La mise en scène paresseuse n'aide pas à élever le niveau d'ambition du film. Ainsi, si le sujet intéresse, son traitement sur la longueur déçoit. Pourtant, pour être tout à fait honnête, on est séduit imparablement par la grande qualité de l'ensemble du casting. Lina El Arabi, dans le rôle principale, nous laisse sans voix. Babak Karimi, Sébastien Houbai, Olivier Gourmet, Alice de Lencquesaing, Zacharie Chasseriaud l'entourent avec grâce. Ils ne suffisent malheureusement pas à faire de Noces un film remarquable.

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Trois adolescentes sont enlevées sur le parking d'un supermarché. Leur ravisseur est d'autant plus effrayant qu'il prend de multiples visages.

Le sujet, le trouble dissociatif de l'identité, est original et intriguant. Shiamalan traite son histoire sous trois points de vue différents, celui du ravisseur, celui de sa psychologue et celui de Casey une des adolescente à la sensibilité particulière. C'est ce triple traitement qui rend le film intéressant et d'autant plus inquiétant que le profil du ravisseur semble presque crédible. Le film tient en haleine jusqu'à la dernière demi-heure, moment où il tombe dans le fantastique et le ridicule qu'il avait su jusqu'à là adroitement éviter.

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Simon, de retour d'une partie de surf avec ses amis, est victime d'un accident de la route. Son état de mort cérébrale et la parfaite condition de son corps sont propices à un don d'organes.

Katell Quillevere tente d'adapter une histoire dont l'intérêt essentiel résidait dans le traitement littéraire de son auteur (Maylis de Kerangal). La réalisatrice ne parvient pas à donner à son film les envolées dignes du destin des personnages du livre soudainement bien fades. Sa mise en images convenue manque de caractère (à l'exception de la scène d'introduction), d'émotion mesurée et positionne cette histoire au ras du sol. Ce qui n'est pas particulièrement intéressant.

Date de sortie en salle : le 2 novembre 2017

Date de sortie en DVD : le 7 mars 2017

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Saroo, 5 ans, vit en Inde avec sa mère, son grand frère et sa petite soeur. Une nuit où il cherche son frère, il monte dans un train en stationnement et s'endort. Quand il se réveille, le train, désaffecté, roule sans s'arrêter.

Les quarante premières minutes qui se passent en Inde, vue à hauteur d'enfant, sont très belles. On s'attache très vite au petit Saroo (merveilleusement interprété par Sunny Pawar), à son frère Guddu (Abhishek Bharate) et à son pays magnifique et terrifiant. L'heure qui suit, consacrée à Saroo jeune homme (Dev Patel parfait), entre Tanzani et Australie, accuse une forte chute d'intensité et d'intérêt. Ses états d'âmes, ses recherches, ses rapports contrariés avec son demi-frère et ses parents adoptifs sont maladroitement contées et ne créent pas beaucoup d'empathie. La grâce du début du film réapparaît furtivement dans les dix dernières minutes du film, forcément bouleversantes.

Film est basé sur une histoire vraie.

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