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En 1961, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson travaillent à la NASA. Elles sont reléguées à des tâches qui ne leur permettent pas de faire usage de leur intelligence hors du commun. En plus d'être femmes, ce qui n'était déjà pas une qualité à l'époque, elles ont le défaut d'être noires. Elles devront se battre pour pouvoir intégrer des postes de haut niveau dans la conquête de l'espace.

Les figures de l'ombre trace le portrait de ces trois héroïnes exceptionnelles, femmes noires au milieu d'hommes blancs dans un état toujours ségrégationniste. Il est question ici de conquêtes, en premier lieu, celle du droit de travailler librement pour ces femmes de couleurs et celle de l'espace par les Etats-Unis. Le récit est mené suffisamment intelligemment pour que l'on s'intéresse à ces deux défis. Si le réalisateur présente un film à l'Américaine, il prend soin d'en estomper quelque peu les excès du genre et sans avoir le temps d’aborder la ségrégation de façon approfondie, il en montre suffisamment, et sans manichéisme, pour planter le contexte hallucinant de crétinisme raciste. Il est servi par trois comédiennes (Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe) épatantes et un Kevin Costner au meilleur de sa forme. La mise en scène classique est plutôt élègante. Le montage est alerte et si les parties contant la vie privée de ses héroïnes sont moins réussies, au point de casser un peu le rythme, on ne s'ennuie jamais. On se trouve sidéré de ne découvrir que cinquante ans plus tard cette extraordinaire histoire et fasciné jusqu'au bout par le destin de ces héroïnes. Efficace.

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Daniel Mantovani, écrivain argentin célèbre et Prix Nobel de littérature, vit aisément et surprotégé en Espagne. Il refuse la plupart des nombreuses sollicitations jusqu'au jour où son village natal, perdu au fin fond de l'Argentine, l'invite à recevoir la distinction de citoyen d'honneur de la ville.

L'écrivain ni très sympathique, ni tout à fait détestable, retourne sur les lieux où il a grandi, principale source d'inspiration de ses livres. Habitué à l'allégeance de son entourage, il fait, face à ses hôtes, preuve d'un amusement condescendant qui petit à petit laisse place à plus d'humanité et d'agacement puis à la peur. Simultanément et successivement, aux prises avec l'encombrante mais flatteuse admiration de ses concitoyens, avec leur mépris ou avec leur haine, Daniel Mantovani doit rendre des comptes sur son succès, le contenu de ses livres et sa supposé supériorité d'homme de lettres européanisé. Les deux réalisateurs content cette histoire, à la fois comédie grinçante et thriller, de façon rythmée. Leur sens du raccourci flatte les surprises et favorise le rire qui ne quitte jamais le film.  Le récit est bien mené gagnant petit à petit en intensité jusqu'à son étonnant épilogue.

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Khaled a fui Alep. Il arrive par cargo à Helsinki et demande immédiatement l'asile politique. Pendant ce temps là, Wikhstrom abandonne simultanément son travail de VRP et sa femme et décide d'ouvrir un restaurant après avoir joué ses économies au poker.

On retrouve l'univers étrange de Kaurismaki. Un peu trop peut-être, le réalisateur semblant ne pas chercher à renouveler son cinéma. Ses personnages sont toujours taiseux, peu expressifs et à tendance dépressive. Les situations sont poétiques et cocasses. C'est ce contraste entre la nature des personnages et leur environnement qui crée le burlesque, ici essentiellemnt chez Wikhstrom. Pour Khaled, le réalisateur essaie d'être au plus près de la réalité des réfugiés. Le récit de sa fuite de Syrie, la façon dont les autorités finlandaises le reçoivent, sa vie de clandestin se déroulent au premier degrés et sont complétées par des images réelles d'Alep bombardée. Cette différence de traitement perturbe un peu la lecture du film. Si chaque partie est parfaitement réussie, leur assemblage donne au récit une tonalité étrange dont on ne sait que penser. 

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On imagine assez aisément le processus de création de Claude Lelouch pour Chacun sa vie :

* Extraire de son carnet de pensées, une dizaine de micro idées, forcément astucieuses, évidemment drôles et tellement bien trouvées,

* Écrire les saynètes qui n'auront pour seule ambition que celle de servir d'emballage à ces micro idées,

* Agrémenter le tout de plaisanteries dignes de l'Almanach Vermont et des phrases tellement profondes, qui vous expliquent si bien la vie,

*Trouver une idée fumeuse pour lier ces anecdotes en une fin chorale tellement surprenante et si émouvante,

* Feuilleter son album Panini des comédiens, amis ou has been, prêts à jouer n'importe quoi pour être présents, ne serait-ce que trois minutes, dans un film du maître et en convoquer une vingtaine au minimum,

* Ne pas écrire de scénario cohérent, l’essentiel s’improvisera au tournage,

* Abandonner toute maîtrise du récit,

* Ne pas se soucier de la moindre vraisemblance,

* Oublier d'écrire des dialogues dignes de ce nom,

* Bâcler le dessin des personnages, chose inutile puisque l'important est de voir Johnny jouer Johnny (plutôt bien d'ailleurs) et découvrir Dupont-Moretti se prendre pour un acteur,

* Négliger la mise en scène,

* Véhiculer des idées ringardes sur la société,

* Faire du cinéma comme on filme sa colonie de vacances et penser que ceux qui n'y étaient pas prendront plaisir à en regarder les images pendant deux heures.

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De nos jours, en Belgique, Zahira, 18 ans, est enceinte de son petit ami. Une situation inacceptable pour sa famille pakistanaise qui s'avère pourtant suffisamment compréhensive pour accepter la solution de l'avortement.

 Le film traite de la condition d'une jeune fille vivant en Europe dans une famille attachée à des traditions ancestrales qu'elle ne veut aucunement assouplir. Ce sujet passionnant, déjà souvent traité ces dernières années par le cinéma mondial, mérite d'être abordé avec un minimum de créativité ou tout au moins la volonté de faire avancer le débat. Stephan Strecker s'appuie uniquement sur son histoire et nous propose un récit tristement linéaire sans surprise dont les redondances n'apportent rien dans la compréhension de l'histoire ou de celle de ces personnages. Une scène appuyée en milieu de film nous révélant le destin des protagonistes confirme le manque de finesse du scénariste. La mise en scène paresseuse n'aide pas à élever le niveau d'ambition du film. Ainsi, si le sujet intéresse, son traitement sur la longueur déçoit. Pourtant, pour être tout à fait honnête, on est séduit imparablement par la grande qualité de l'ensemble du casting. Lina El Arabi, dans le rôle principale, nous laisse sans voix. Babak Karimi, Sébastien Houbai, Olivier Gourmet, Alice de Lencquesaing, Zacharie Chasseriaud l'entourent avec grâce. Ils ne suffisent malheureusement pas à faire de Noces un film remarquable.

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