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Icare, dit Courgette, tue par accident sa mère alcoolique. Il se retrouve dans une maison qui accueille d'autres enfants "comme lui".

Esthétiquement, ce film d'animation est très réussi. La simplicité des décors qu'il affiche et les beaux et gros visages de ses personnages aux yeux immenses séduisent d'emblée. L'interprétation est aussi particulièrement soignée. Michel Vuillermoz dans le rôle adulte principal mais surtout tous les enfants donnent aux paroles de leurs personnages justesse et sensibilité. Si le film peut décevoir, c'est auprès des lecteurs du livre de Gilles Paris "Autobiographie d'une courgette" dont est très librement inspiré le film. En transformant l'histoire pour la rendre visible par un plus large public et en la condensant pour la faire tenir en 1 heure, Céline Sciamma a perdu en route une bonne partie de ce qui faisait sa richesse. Le livre est conté avec les mots d'un enfant de 9 ans et ses mots donnent au récit une vision à la fois naïve, drôle et grave qu'on ne perçoit pas dans le film. C'est la cohabitation du drame et de la candeur qui donne à l'histoire encore plus de force. En simplifiant trop le récit, en abandonnant totalement le regard de l'enfant et en passant très rapidement sur l'histoire et la psychologie des différents personnages, enfants comme adultes, les auteurs du film ont perdu beaucoup de la puissance de cette histoire.

Date de sortie en salle : 16 octobre 2016

Date de sortie en DVD : 22 février 2017

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Alors qu'une journaliste lui avoue qu'elle ne le trouve pas très rock'n'roll et que la jeune actrice avec laquelle il tourne lui apprend qu'il est très loin dans la liste des acteurs les plus désirables, Guillaume Canet se sent terriblement ringard et vieux. Il tente alors de changer son image.

"Autodérision" est le maître mot de ce film dans lequel Guillaume Canet et Marion Cotillard ne s'épargnent pas. Aussi, il est important de porter un minimum de sympathie à ce couple de comédiens pour apprécier à sa juste valeur ce film comme un parfait exercice d'humour et non comme un ego-trip. Ce parfait exercice d'humour, donc, dans ses deux premiers tiers temps, est hilarant. Guillaume Canet, au centre de toutes les attentions, dessine sans concession un autoportrait de type désespérément "normal" qui tente de s'encanailler et Marion Cotillard joue à fond la caricature de l'actrice à Oscars. Puis, le film change de rythme, s'essoufle. Lorsque Guillaume Canet atteint l'apothéose de son délire, l'idée est savoureuse mais le réalisateur l'exploite et l'étire à l'excès. Comme pour la plupart des films de plus de deux heures Rock'n'roll affiche vingt bonnes minutes de trop. Abstraction faite de cette faiblesse de fin de parcours, le culot du couple de comédiens suscite l'admiration. L'audace du propos, l'intelligence bonne enfant de l'écriture et le talent des interprètes emportent la mise. 

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Dans le sud de la France, à la fin des années 40, Gabrielle, élevée dans une famille de la bourgeoisie agricole, est mariée à un ouvrier amoureux et attentionné qu'elle n'aime pas. Alors qu'elle part en cure pour soigner ses calculs rénaux, elle tombe amoureuse d'André un jeune soldat.

Nicole Garcia choisit de mettre en scène cette histoire romanesque de façon très classique. L'image est magnifique et la reconstitution historique extrêmement soignée mais l'histoire marque quelques longueurs qu'une réalisation plus audacieuse aurait pu tempérer. L'épilogue capilotracté déçoit aussi un peu. En fait, Mal de pierres trouve sa force dans l'interprétation de Marion Cotillard qui porte le film. Son jeu nuancé dans la fièvre qu'elle donne à son personnage anime et marque le récit.

Date de sortie en salle : 16 octobre 2016

Date de sortie en DVD : 21 février 2017

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Chiron vit, avec sa mère droguée, à LIberty City, un quartier pauvre et violent de Miami. A l'école, les enfants le maltraitent et le traitent de tapette.

Barry Jenkins trace, en trois volets, le portrait de Chiron de l'enfance à l'âge adulte. Dès les premiers plans, la réalisation part dans tous les sens, semblant ne pas être tout à fait maitrisée, prenant à certains instants des poses plus proches du gadget que d'un véritable parti-pris artistique réfléchi. Le récit ainsi mis en images semble terriblement artificiel. Jenkins s'empare d'un sujet fort et demeure à la surface préférant jouer avec sa caméra  et les clichés que soigner les portraits de ses personnages. Ils sont ainsi dessinés à gros traits, parfois au bord de la caricature. Dans le dernier volet, le réalisateur pose soudainement sa caméra, sa réalisation devenant terriblement plan-plan. En bout de course, le film ne permet jamais à son personnage d'exister pleinement.

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Tom, 8 ans, et Benjamin, 13 ans, partent en vacances chez leur père en Suède. Avant le départ, Tom confie à sa psy que s'il ne ressent pas d'appréhension à l'idée de ce voyage, il est préoccupé par un fort pressentiment.

Gilles Marchand a co-écrit son scénario avec son complice de toujours le réalisateur Dominik Moll avec lequel il avait déjà écrit Harry un ami qui vous veut du bien et Lemming. Aussi, ce n'est pas tout à fait une surprise de se retrouver face à un récit plus qu'étrange. Entre thriller et conte fantastique, le film provoque de multiples questions sans jamais donner de réponse, laissant libre cours à l'imagination fertile des spectateurs qui se perdent avec délectation dans diverses interprétations. La forte originalité de cette histoire accroche et intrigue très vite. Face à cette créativité scénaristique, la réalisation fait un peu triste mine. Affichant quelques facilités, le film ne marque jamais vraiment esthétiquement. Gilles Marchand semble tout miser sur son intrigante histoire, la beauté de la nature suédoise et la qualité de ses comédiens. Ce qui est déjà pas mal il est vrai. Côté comédiens, le choix de Jérémie Elkaïm dans le rôle du père est excellent. L'image de type sympa que porte le comédien est rapidement mise à mal par ce personnage inquiétant, entre victime et bourreau. Les enfants sont eux aussi étonnants. Dans le rôle plus ingrat de l'adolescent cartésien, Théo Van de Voorde est très juste. Interprétant le héros de cette histoire, à la sensibilité exacerbée, Timothé Vom Dorp, au regard aussi enfantin que profond, offre une présence bluffante. Un film qui marque donc par l'originalité de son récit et la présence de ses comédiens.

A voir au cinéma dès le 15 février.

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