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Thierry Fremaux a sélectionné 108 films parmi les 1422 tournés par les frères Lumière et leurs opérateurs entre 1895 et 1905. Chaque film est d'une durée de 50 secondes projeté dans un format presque carré aux coins arrondis. Classés par chapitre (les hommes au travail, comédie, l'enfance, Paris, Lyon, le monde....), ils sont commentés non sans humour par Thierry Fremaux et accompagnés par la musique de Camille Saint Saens.

L'excellente qualité des images (tous les films ont été restaurés) surprend, la beauté des plans éblouie, la richesse créative impressionne, l'incroyable modernité interpelle et l'enthousiasme des apprentis comédiens amuse. Tout ce qui fera l'histoire du cinéma semble déjà là. La sortie d'une usine, l'arrivée d'un train en gare de la Ciotat, la pêche sur une plage, l'arroseur arrosé, un défilé de landaux, des marins dans un baleinier, une bataille de boules de neige, une petite fille qui court en riant après la caméra..., les séquences se suivent drôles, surprenantes ou bouleversantes. Car ces films témoignent d'une époque, des prémices du 7e art mais plus prosaïquement de la naissance d'une révolution technologique majeure. Car si ces films nous renvoient aux chefs d'œuvre du cinéma, ils évoquent aussi nos films de famille et la puissance de maintenir dans un semblant de vie nos chers disparus.

Lumière est un inestimable témoignage, beau et émouvant.

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Lee Chandler, qui vit seul à Boston, revient à Manchester by the sea à la mort de son frère Joe pour s'occuper de l'enterrement, de la succession et de son neveu Patrick. Lorsqu'il apprend que son frère l'a désigné comme tuteur de son neveu, l'idée de devoir revivre à Manchester ravive chez Lee la plaie de l'irréparable.

Le scénario Manchester by the sea, lourd de pathos, est mené avec élégance. Les images et la réalisation de ce film sont aussi lumineuses que le destin de son héros est sombre. Le chagrin coule de façon exponentielle dans cette histoire où la douleur ne se clame pas mais transpire à chaque instant. Le récit est cousu avec intelligence dévoilant à l'aide de flashback délicatement amenés le passé des protagonistes. Casey Affleck, qui porte avec sobriété le film, est parfait. Il est entouré de seconds rôles (Michelle Williams, Lucas Hedges) qui savent se hisser à sa hauteur.

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Yehia et ses fils, Refaat et Galal, sont reconnus pour la qualité de leur cuisine. Alors qu'ils organisent le banquet d'un mariage, les intrigues amoureuses se multiplient et un entrepreneur propose de racheter leur restaurant.

Le scénario assez peu passionnant présente des personnages dessinés à gros traits et un récit mal tenu et peu cohérent. La réalisation datée et caricaturale achève de rendre ce film sans intérêt.

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Mia Dolan, serveuse dans une cafétéria au cœur des studios, cherche désespérément à décrocher un rôle à Hollywood. Un soir, elle est touchée par le talent d'un pianiste de bar. Quand elle le recroise par hasard, ils se reconnaissent.

Autant le dire d'emblée, ce film est un enchantement et un crève-cœur. Les amoureux des grandes comédies musicales de l'histoire du cinéma américain ou français, retrouveront tous les codes du genre :  héros en quête d'absolu, décors et costumes aux couleurs vives, humour délicatement parsemé, énergie communicative, romantisme exacerbé, comédiens en état de grâce, thèmes musicaux emballants joués sous de multiples arrangements plus séduisants les uns que les autres. À ceci près que David Chazelle a semé avec parcimonie les parties chantées faisant de ce film plus une comédie dramatique que purement musicale. Comédie dramatique car La La Land parle de la difficulté d'atteindre son rêve et des sacrifices que cette quête exige. La mélancolie, la nostalgie hantent le film à tous les niveaux, lui donnant une grâce et une profondeur inattendue. On est également impressionné par la qualité de la réalisation. Si la photographie est particulièrement belle, la mise en scène est elle aussi ciselée. Chaque séquence est réalisée avec une précision d'orfèvre, à commencer par les plans-séquences nombreux. Le jeune réalisateur se révèle ainsi un maître du genre dès la première scène du film, un (presque) plan-séquence de 4 minutes qui vous place d'emblée dans l'humeur que nécessite l'immersion dans ce monde de rêves et qui vous résume le propos du film en une chanson. La grande scène finale, vibrant hommage aux comédies musicales cultes, souligne, elle, la qualité de la construction de l'ensemble du récit en une démonstration poignante de la beauté et la fragilité des destins. Emma Stone dont la fraîcheur , la voix grave et les grands yeux bleus ont déjà séduit bien des réalisateurs, confirme encore un peu plus l'étendue de son talent. Ryan Gosling que l'on voyait beau, que l'on savait bon comédien et pas mauvais réalisateur, que l'on devinait avisé dans ses choix artistiques, achèvera, dans ce pari audacieux, de séduire les plus revêches. Et n'en déplaise aux grincheux : si Emma Stone et Ryan Gosling ne sont pas les plus grands danseurs et chanteurs qui soient, cette fragilité ne sert que mieux le propos du film.

À voir au cinéma dés le 25 janvier.

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Le 22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy est assassiné au Texas. Jackie conte les 3 jours qui suivirent le drame vécus par Jackie Kennedy.

Pablo Larrain réussit le coup de génie de faire le portrait d'une icône mondiale sans tomber dans les recettes éculées du biopic et tout à la fois le dessin des faux semblants politiques et médiatiques. 

Dès le premier plan, on pressent que dans sa forme le film aura du caractère. L'atmosphère d'angoisse et de cauchemar éveillé est plantée. Ce ton ne quittera jamais le film. Appuyé par la musique ensorcelante et mortifère de Mica Levi, servi par une image léchée un peu froide bien loin de celle du papier glacée que l'on pouvait craindre, mélangeant les images d'archives reconstituées et celles de pure fiction, fuyant la banale chronologie, la mise en forme du récit est d'une grande maîtrise. Tout en semblant parfois le brouiller, le découpage éclaire au final un peu plus les enjeux et le portrait qu'il dessinent. Portrait d'une Jackie Kennedy (interprétée par une Nathalie Portman bluffante) terriblement seule, tétanisée par le chagrin d'être veuve d'un homme qui l'a mal aimée, bouleversée d'être la mère de deux très jeunes orphelins, blessée dêtre si vite et si violemment reléguée au statut d'ex-première dame, mais résolument forte face à la brutalité du protocole de succession et du jeu politique, intransigeante dans sa volonté de rendre un hommage grandiloquent indispensable à une juste postérité et soucieuse de montrer au monde son immense chagrin et la somme de ses malheurs.

Le film est ainsi remarquable et on se laisse porter par ses partis pris artistiques et narratifs audacieux.

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A voir en salle dès le 1er février

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