Dans les années 60, à Suburbicon, ville pavillonnaire paisible, deux cambrioleurs pénètrent dans la maison de Gardner et Margaret Lodge. 

La réalisation de George Clooney, dés les premières minutes, ne préserve aucun suspens. On s'attend donc à ce que le film affiche une proposition artistique, un ton fort. Aussi, la déception est grande face à une mise en scène plate et maladroite. La réalisation de Clooney manque terriblement de caractère et de maîtrise  Tout tombe à plat. Scène d'humour ou de burlesque, scène de frisson ou d'angoisse... rien ne fonctionne. Clooney ne parvient pas à donner à la mise en scène de cette histoire de pieds nickelés, typiquement Cohenienne, l'esprit qu'elle nécessite. Dommage.

 

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L'usine textile dans laquelle travaille Edith délocalise sa production. Contre toute attente, Edith décide de suivre son employeur. Elle quitte Lyon pour  reprendre son travail d'ouvrière à Tanger.

Les clichés et les invraisemblances règnent dans ce film, où Gaël Morel dessine ses personnages à gros traits sans nuance, des homosexuels parisiens aux ouvrières jusqu'aux marocains qui n'ont jamais été aussi peu sympathiques. Edith, elle aussi, créé peu l'empathie. Ses actions ou absence de réaction, assez peu compréhensibles, ne nous aident pas à cerner les motivations du personnage. Sandrine Bonnaire, en femme résolue, à moins qu'elle ne soit dépressive, on ne comprend pas trop, peine à convaincre dans un jeu mono-expressif. Elle est entourée de comédiens au talent très inégaux desservis par des dialogues ineptes. Même Tanger, ville pourtant o combien séduisante, fait pâle figure. Ici tout et tous sont décrits grossièrement, du récit, aux personnages qui l'habitent, aux lieux qui l'accueillent, aux contextes sociaux et culturels dans lequel il baigne. Au final, on ne distingue pas ce que Gaël Morel veut nous conter. Son portrait de femme est lacunaire, celui de la mondialisation qui broie les petits survolé, celui du rapport mère-fils convenu. Si ce sont les trois sujets qui l'intéressent, son film n'en traite vraiment aucun.

 

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L'Academie des Oscars a remis hier soir à l'exquise Agnès Varda un Oscar d'honneur récompensant l'ensemble de sa carrière. La réalisatrice  est la première femme à recevoir ce prix.

Visages, villages le dernier film qu'Agnès Varda a réalisé avec JR remporte un beau succès dans le monde entier depuis sa sortie en salle en juillet dernier. 

Tout cela donne très envie de revoir Cléo de 5 à 7, l'une chante l'autre pas, Jane B., Jacquot de Nantes, les glaneurs et la glaneuse, les plages d'Agnès...

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9 novembre 1918, alors que l'armistice s'annonce, un lieutenant, fou de guerre, envoie ses soldats au combat. Édouard est gravement blessé pendant l'assaut et devient pour toujours une gueule cassée. De retour à Paris, avec son ami de tranchées, Albert, il va, par désespoir et vengeance, mettre au point une arnaque aux monuments aux morts.

Albert Dupontel adapte le livre de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013. Dans les précédents films de Dupontel, de pure création, c'est avant tout son inventivité dans les sujets abordés, le dessin des personnages, l'audace du propos et son militantisme affiché qui séduisaient. Ici il s'approprie l'oeuvre d'un autre pour la mettre en images. Tout en jouant à fond la carte du romanesque, il conserve sa part de poésie lunaire et son point de vue militant dénonçant les salauds, les injustices faites aux "petits", les manquements de l'Etat.

Les plans se succèdent, à la fois imaginatifs et beaux, dans une grande fluidité. Les décors et  les costumes reconstituent l'époque avec élégance et sans encombrement. La belle musique de Christophe Julien sert le romanesque avec retenu. Les comédiens (Niels Arestrup, Laurent Lafitte, Émilie Dequenne, la lumineuse Mélanie Thierry, Michel Vuillermoz, André Marcon, Philippe Uchan, Nahuel Perez Biscayar, la jeune Eloise Balster  et Albert Dupontel lui même) jouent leur partition avec sobriété. Tous les aspects du film semblent tendre vers un même objectif : ne pas tomber dans la lourdeur, le pathos et éviter tout excès. Ainsi, les moments où un tel risque apparaît sont parfaitement dosés sans pour autant anesthésier toute émotion. Du beau cinéma.

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En 1897, Edmond Rostand écrit et met en scène, au théâtre de la Porte Saint-Martin, Cyrano de Bergerac. Alexis Michalik invente ce qu'auraient pu être les sources d'inspiration de l'auteur et les conditions rocambolesques de la création de cet immense succès théâtral.

Cinq Molières dont ceux de la mise en scène et du meilleur spectacle du théâtre privé, et un très grand succès au théâtre du Palais-Royal  sont venus récompensés Edmond. Tout comme pour ses deux pièces précédentes, Le cercle des illusionnistes et Le porteur d'histoire, Michalik cumule succès public et reconnaissance de la profession. Et tout comme pour ses deux pièces précédentes, les raisons de cet engouement demeurent bien mystérieuses.

Edmond reprend la recette Michalik : une histoire à tiroirs menée à un rythme haletant et habitée par une ribambelle de protagonistes haut en couleurs. Cette fois encore l'impression de rythme est basée sur une mécanique artificielle faite de trois éléments principaux : une succession de micro-scènes sans réel intérêt, les déplacements survoltés des comédiens qui assument chacun plusieurs rôles et jouent aussi les déménageurs pour assurer les incessants changements de décor. Cette agitation masque une histoire bien plate puisqu' Edmond n'est qu'une simple transposition de la géniale histoire de Cyrano de Bergerac sur Rostand lui-même ou plus exactement la représentation que Michalik s'en fait. Les quelques apports réellement personnels de Michalik sont creux, enchaînant  les clichés, les gags téléphonés et les pseudo rebondissements sans finesse.

Une question nous vient : pourquoi s'emparer d'une oeuvre aussi élégante pour l'enrober d'un met aussi grossier ?

 

 

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