Dans les années 50, dans une petite ville perdue d'Australie, une jeune femme belle et moderne revient de Paris pour officiellement rendre visite à sa mère souffrante.

Inspiré du roman de Rosalie Ham, le film navigue entre drame romanesque et comédie fantasque. La première heure qui adopte en majorité le ton de la fantaisie fonctionne très bien. La réalisation et les idées de mise en scène sont efficaces, les portraits des protagonistes cocasses. Kate Winslett est évidemment parfaite et Liam Hemsworth particulièrement agréable à regarder. Dans les 45 dernières minutes, la réalisatrice semble perdre le contrôle de son film en basculant dans le drame sans abandonner tout à fait le burlesque. Le récit et les intentions s'eparpillent. Dommage.

Voir les commentaires

Old Times au théâtre de l'Atelier

Dans leur maison de la campagne anglaise, Deeley et Kate s'apprêtent à recevoir Anna, une amie d'enfance que Kate n'a pas revue depuis 20 ans.

La pièce d'Harold Pinter n'est pas simple à comprendre. Les situations et dialogues à double sens se succèdent donnant place à toutes les interprétations possibles. On peut aimer ou totalement détester se laisser conter une histoire à laquelle on ne comprend rien, mais, si en plus, le récitant n'y met pas le bon ton, on tombe vite dans le néant absolu. Benoit Girod, metteur en scène, est le conteur qui à l'Atelier n'a pas su laissé s'installer de climat dans cette curieuse histoire. Aucune montée en puissance, peu d'étrangeté, aucune angoisse. A force de trop vouloir en faire, il a totalement supprimé tout intérêt à l'intrigue. Les vidéos projetées sur le rideau, les personnages qui entonnent la chansonnette, le paysage de mer en fond de plateau... le kitsch est partout jusque dans les déplacements des comédiens sur scène. Ils semblent empruntés dans leurs mouvements, surjouant. On est désolés pour ces trois grands interprètes qui méritaient mieux.

Voir les commentaires

Dans les années 60, Brian Wilson, leader des Beach Boys, est au sommet de sa gloire.

Le film fait le portrait du chanteur et songwriter en se concentrant sur deux périodes de sa vie. En 1966, Briian Wilson en a marre des chansons de surfeurs qui ont fait le succès de son groupe et se lance dans la composition de l'album Pet sounds.contre l'avis de son père violent et abusif. Dans les années 90, Brian rencontre Melinda Ledbetter qui l'aidera à se défaire de l'emprise du Docteur Eugène Landy.

Le choix de dessiner le portrait de l'homme à travers ses deux périodes permet de rentrer au plus  près de sa personnalité et de comprendre l'impact majeur qu'a eu son entourage sur sa santé mentale, et sa santé mentale sur ses compositions. L' idée de confier le rôle de Brian Wilson a deux comédiens, Paul Dano et John Cusak, tous deux très bons sert aussi parfaitement le portrait.

Voir les commentaires

Un + Une de Claude Lelouch

Antoine, célèbre compositeur, se rend en Inde pour enregistrer la musique du film "Juliette et Roméo".

Les films de Claude Lelouch ressemblent trop souvent à une vaste blague. Une sorte de grand n'importe quoi, qui n'a pas peur du ridicule, qui aligne les clichés et mise tout sur le charme de ses comédiens. Souvent laissés en roue libre, ils sont les acteurs de numéros mal dialogués et mal dirigés. Un + Une en est un très bel exemple. Ici aussi, les échanges semblent interminables faits de dialogues sans intérêt tant dans le fond que dans la forme. Le montage intègre des images de la population indienne au milieu de ces scènes de dialogues insignifiants. Sans doute pour donner un semblant de sens et de spiritualité à tout ce rien. Mais c'est une Inde de guides touristiques, d'occidentaux en mal d'exotisme. On écoute les diplomates et touristes commenter la culture et les coutumes locales mais à aucun moment on entend la voix des indiens. Au point que cela en devient dérangeant. Une histoire niaise, mal dialoguée, pas très bien filmée d'occidentaux ayant des problèmes de riches dans un des pays les plus pauvres mais culturellement les plus riches de la planète. Affligeant.

Alors, pourquoi continuer à regarder les films de Lelouch ? Peut-être dans l'espoir d'y retrouver la grâce qui règne dans " La Bonne Année ".

Date de sortie en salle : 9 décembre 2015

Date de sortie en DVD : 9 avril 2016

Voir les commentaires

A Perfect Day de Fernando León de Aranoa

Dans les années 90, en Yougoslavie, pendant la guerre, un groupe d'humanitaires tente d'évacuer d'un puit le corps d'un homme mort. Si le corps n'est pas retiré rapidement, il contaminera définitivement le seul point d'eau encore accessible aux populations de la région.

Cette mission est le prétexte pour témoigner des difficultés que rencontrent les humanitaires pour travailler en temps de guerre. Face aux menaces des acteurs du conflit, à l'inertie des casques bleus ou à l'absurdité des règles militaires qu'impose l'ONU, ils se retrouvent souvent seuls pour aider les populations civiles. Ce qui fait toute la qualité du film c'est le traitement choisi par Fernando Leon Aranoa : entre témoignage réaliste et comédie. Il plonge ses héros dans les situations les plus dramatiques mais aussi les plus incongrues, ce qui donne des dialogues et des scènes assez cocasses. Tourner ainsi en dérision des situations d'une aberration à pleurer donne encore plus de force au film. Tim Robbins est particulièrement drôle dans le rôle de l'humanitaire déjanté. Beniccio del Toro en baroudeur qui en a vu d'autres, et Mélanie Thierry, en jeune oie blanche, sont parfaits. A voir.

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog