En 1961, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson travaillent à la NASA. Elles sont reléguées à des tâches qui ne leur permettent pas de faire usage de leur intelligence hors du commun. En plus d'être femmes, ce qui n'était déjà pas une qualité à l'époque, elles ont le défaut d'être noires. Elles devront se battre pour pouvoir intégrer des postes de haut niveau dans la conquête de l'espace.

Les figures de l'ombre trace le portrait de ces trois héroïnes exceptionnelles, femmes noires au milieu d'hommes blancs dans un état toujours ségrégationniste. Il est question ici de conquêtes, en premier lieu, celle du droit de travailler librement pour ces femmes de couleurs et celle de l'espace par les Etats-Unis. Le récit est mené suffisamment intelligemment pour que l'on s'intéresse à ces deux défis. Si le réalisateur présente un film à l'Américaine, il prend soin d'en estomper quelque peu les excès du genre et sans avoir le temps d’aborder la ségrégation de façon approfondie, il en montre suffisamment, et sans manichéisme, pour planter le contexte hallucinant de crétinisme raciste. Il est servi par trois comédiennes (Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe) épatantes et un Kevin Costner au meilleur de sa forme. La mise en scène classique est plutôt élègante. Le montage est alerte et si les parties contant la vie privée de ses héroïnes sont moins réussies, au point de casser un peu le rythme, on ne s'ennuie jamais. On se trouve sidéré de ne découvrir que cinquante ans plus tard cette extraordinaire histoire et fasciné jusqu'au bout par le destin de ces héroïnes. Efficace.

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Difficile de ne pas être informé de l'existence de cet évènement tant les médias en ont parlé. Il est vrai qu'il n'est pas courant que 12 oeuvres de Johannes Vermeer soient réunies en une même exposition. Seuls 37 tableaux dispersés dans les musées et collections privées dans le monde sont aujourd'hui identifiés comme ayant été exécutés par le maître Hollandais. Alors pour les amoureux de la peinture, l'occasion d'en voir 12 d'un coup ne se rate pas. 

Le musée du Louvre, s'est associé à la National Gallery de Dublin et la National Gallery of Art de Washington, pour organiser cette réunion de près de 70 toiles de maîtres hollandais de la peinture de genre. On retrouve ainsi autour des oeuvres de Vermeer, celles de Gérard Dou, Gérard ter Borch, Jan Steen, Pieter de Hooch, Gabriel Metsu, Caspar Netscher, Frans van Mieris... Leurs peintures affichent le témoignage flatteur d'une époque de grande prospérité aux Pays-Bas. La scénographie, organisée par thèmes, met en évidence les similitudes, tant dans les inspirations que dans les compositions, qui existent entre les différents travaux de ces peintres. Tous, à la fois concurrents et confrères, s'inspiraient du travail des autres. Sans être fan de Vermeer et de sa lumière un peu floue, un peu laiteuse, on est impressionné par la précision de son pinceau, la beauté de ses compositions et l'intensité qui ressort de chaque oeuvre. Ici, Le Géographe, La Lettre et La Laitière, les oeuvres les moins marquées par ce blanc de chaux, impressionnent particulièrement. A côté, les tableaux des autres peintres font belle figure, telles Femme à sa toilette de Jan Steen, Conversation galante de Gérard ter Borch, Jeune femme lisant une lettre de Gabriel Metsu, Le verre levé de Peter de Hooch et bien d'autres...

A voir jusqu'au 22 mai 2017. Réservation obligatoire.

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre
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Le duo d'artistes Américains Faile expose pour la première fois à la gallery Magda Danisz. Sur deux étages, prés de trentes oeuvres de grands formats sont présentées. Au rez de chaussée, on retrouve leur style particulier largement inspiré de l'iconographie américaine des années 50. Leurs oeuvres créées telles des patchworks sont faites d'une multitudes d'images piochées notamment dans la culture des comics, du pop art, de la publicité de l'époque. Les techniques utilisées sont multiples : peinture acrylique, bombe aérosol, sérigraphie, collages, découpages, utilisation du bois, du papier, du tissu, du cuivre... Un régal à scruter tant les détails surprenants sont nombreux. Au premier étage, les deux artistes affichent un style nouveau, plus épuré, tout à la fois différent et fidèle à leur travail. A voir jusqu'au 29 avril 2017.

Pour voir toutes les photos de l'exposition : cliquez ICI

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Slimane Kacioui met en scène, Le Horla, la nouvelle fantastique écrite par Guy de Maupassant en 1887. Le héros et narrateur conte son histoire sous la forme d'un journal. Date après date, ce récit étrange prend corps et laisse apparaître la possible folie d'un homme à travers ses perceptions surnaturelles. 

Avec pour seuls accessoires, une chaise, un tréteau et de grandes tentures noires, Florent Aumaître, seul en scène, donne un visage, une voix et les traits d'émotions multiples et contradictoires au héros de cette œuvre au texte riche et curieusement plus exigeant à l'écoute qu'à sa lecture. Le comédien dans une diction parfaite fait entendre tous les mots et toutes les intentions du texte. Son interprétation des doutes, peurs, luttes et résolutions du héros est particulièrement efficace. 

A voir au théâtre Michel jusqu'au 6 mai.

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Daniel Mantovani, écrivain argentin célèbre et Prix Nobel de littérature, vit aisément et surprotégé en Espagne. Il refuse la plupart des nombreuses sollicitations jusqu'au jour où son village natal, perdu au fin fond de l'Argentine, l'invite à recevoir la distinction de citoyen d'honneur de la ville.

L'écrivain ni très sympathique, ni tout à fait détestable, retourne sur les lieux où il a grandi, principale source d'inspiration de ses livres. Habitué à l'allégeance de son entourage, il fait, face à ses hôtes, preuve d'un amusement condescendant qui petit à petit laisse place à plus d'humanité et d'agacement puis à la peur. Simultanément et successivement, aux prises avec l'encombrante mais flatteuse admiration de ses concitoyens, avec leur mépris ou avec leur haine, Daniel Mantovani doit rendre des comptes sur son succès, le contenu de ses livres et sa supposé supériorité d'homme de lettres européanisé. Les deux réalisateurs content cette histoire, à la fois comédie grinçante et thriller, de façon rythmée. Leur sens du raccourci flatte les surprises et favorise le rire qui ne quitte jamais le film.  Le récit est bien mené gagnant petit à petit en intensité jusqu'à son étonnant épilogue.

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