Le plus grand lavomatic du monde se trouve à Berwyn aux USA, un quartier déshérité dans la banlieue de Chicago. 300 machines y tournent, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Son propriétaire, Tom Benson, fils d'ouvrier qui plus jeune voulu être prêtre, souhaite donner à son entreprise un rôle social important. Ceci, sans toutefois négliger la rentabilité de son entreprise : "Vous pouvez faire des choses magnifiques sans gâcher votre plaisir de faire de l'argent." Soirée pizza le mercredi, animations pour les enfants, loterie gratuite... il multiplie les activités pour fidéliser la clientèle.

Auberi Edler observe cette étrange mini société américaine où Tom et son fils dominent des employées pauvres et épuisées et une clientèle pauvre et fatiguée. La journaliste donne particulièrement la parole à ces salariées, d'origine hispanique ou afro-américaine, aux destins cruels, qui triment durement. De son côté, Tom insiste sur la fonction sociale de son entreprise, en offrant notamment une aide financière à un étudiant méritant. Mais face à lui ou son fils, l'attitude et le langage corporel de ses interlocuteurs et interlocutrices, nous interrogent sur l'impact de la caméra sur son discours.

Ainsi, si Tom Benson représente une certaine réussite à l'américaine, cela fait longtemps que ses employées ont renoncé au rêve américain.

A voir en Replay sur Arte.tv jusqu'au 5 décembre 2023.

 

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Barbie (version Stéréotypée) vit heureuse à Barbyland entourée de toutes les Barbie et de Ken Stéréotypé et de tous les autres Ken. Toutes les journées parfaites se succèdent jusqu'au jour où Barbie évoque la mort.

La première partie du film, dont l'introduction façon 2001, l'odyssée de l'espace de Kubrick, est très efficace. La reproduction du monde de plastique de Barbie est particulièrement réussie et les détournements très drôles. Margot Robbie est parfaite et Ryan Gosling est un Ken magnifiquement fade. L'histoire se déroule à un rythme soutenu, efficace dans ses idées, son humour et ses détournements. Le portrait de la Direction de Mattel assez jouissif avec un excellent Will Ferrer en Big Boss

Puis, le scénario se concentre sur Ken et son besoin d'exister en toute indépendance dans Barbyland. Le récit devient poussif, laborieux et bégayant. Le peu d'humour qui reste s'alourdit. Le discours pseudo féministe ne fait même pas illusion. Certaines idées semblent abandonnées en cours de route et le virage final qui fait se rencontrer la créatrice (Ruth Handler) et sa créature perd de son potentiel émotionnel.

Dommage.

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La pièce Tout ce qui ne tue pas a été écrite à partir des témoignages de Jamel, Florian, Matthieu, Mohamed, Medhi, Chamsi, Ami, Antoine,  Menelick,.. une vingtaine de jeunes hommes âgés entre 20 et 30 ans et vivant à Sevran et ses environs.

Ils ont raconté leur vie, leurs difficultés, leurs projets à Dorothée Zumstein auteure, et Valérie Suner, metteuse en scène et directrice du Théâtre de la Poudrerie qui propose des spectacles joués à domicile.

Julie Chauvin a suivi la création de la pièce depuis l'interview des témoins, le travail des deux comédiens Teddy Chawa et Julien Leonelli, jusqu'aux représentations chez les habitants de Sevran, au plus près des protagonistes de la pièce. Elle donne à voir la puissance du spectacle vivant qui dans sa forme participative, auprès d'un public au regard neuf, bouscule aussi les spectateurs et les comédiens.

A voir sur publicsenat.fr jusqu'au 13 septembre 2023

 

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Dans un théâtre parisien, lors de la représentation d'une pièce de boulevard, un spectateur se lève et interrompt le spectacle.

Comme souvent chez Dupieux, l'idée de départ est excellente, car intriguante et drôle. Il ne reste plus qu'à la développer en imaginant ce qu'elle va occasionner.

Les films de Quentin Dupieux sont souvent court (67 minutes ici), le réalisateur souhaitant aller à l'essentiel, à l'os.

On peut être d'accord avec lui. On peut aussi juger qu'il peine à donner à son idée de départ toute l'ampleur qu'elle promet. On peut aussi penser que ses films reposent surtout sur les prestations d'excellents comédiens.

C'est le cas de Yannick. Son idée excellente car fantasme de nombreux spectateurs, ne donne pas grand chose au final si ce n'est un très beau rôle pour Raphaël Quenard totalement captivant dans la peau d'un personnage étrange, à la fois inquiétant, drôle et émouvant. Il est entouré de Pio Marmai, Blanche Gardin et Sébastien Chassaigne, parfaits tous les trois.

Aucun ennui pendant ces 67 minutes mais aucun moment vraiment marquant non plus. Un film au fort potentiel qui crée plus de regret que de satisfaction. 

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Anna Mae Bullock a une voix et un swing extraordinaire. Alors qu'elle rejoint sa mère à Saint-Louis, elle rencontre Ike Turner, chanteur local à la mode. Grâce à lui et malgré les violences qu'il lui fait subir, elle deviendra Tina Turner.

Tina n'est pas un grand film, cinématographiquement parlant, peut-être a t-il aussi un peu vieilli. Son intérêt réside dans l'histoire qu'il conte, le portrait qu'il dessine, celui d'une petite fille abandonnée, d'une femme battue et d'une artiste unique. Angela Basset est impressionnante et Laurence Fishburne parfaitement terrifiant.

 

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