A Helsinki, Ansa est employée sous payée dans un supermarché. Holappa est métallurgiste et porté sur l'alcool. Un soir, dans un karaoké, leurs regards se croisent.

Le monde et les Hommes désespèrent Aki Kaurismaki au point qu'il annonça, en 2017, à la sortie de L'autre côté de l'espoir, vouloir arrêter le cinéma. Il a visiblement changé d'avis mais pas de vision du monde. Sur fond d'informations radio sur la guerre en Ukraine et, un peu, sur la répression en Libye, il conte la difficulté de la classe populaire de survivre dans un monde froid et hostile. Ses héros (Alma Poysti et Jussi Vatanen très bien), deux êtres solitaires, qui se débattent dans un monde du travail sans pitié et face à l'inflation galopante, sont sans cesse séparés par leurs timidités, les hasards ou les accidents de la vie. Kaurismaki parsème cette histoire de rencontre contrariée de son humour pince sans rire, usant toujours de longs silences et de plans fixes sur des hommes à l'air ahuri ou perdu. La mise en scène et la photographie, où les couleurs explosent dans des décors pourtant austères, portent la patte du réalisateur reconnaissable entre mille. Les références à la culture française et aux classiques du cinéma (Brève rencontre, le Clan des siciliens, Godard, Besson, Chaplin...) sont nombreuses en arrière plan. En illustration sonore des chansons finlandaises, portant toutes un texte désespéré, semblent décrire une société finlandaise intrinsèquement dépressive.

Sans être désagréable, le film déçoit un peu par son manque d'audace et de surprise, le réalisateur jouant sur ce qu'il sait faire et a déjà fait.

Prix du jury au festival de Cannes 2023.

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Sandra, mère célibataire, s'occupe de Georg, son père qui, atteint du syndrome de Benson, décline de jour en jour. Parallèlement, elle a une liaison avec Clément, un ancien ami, marié et père d'un petit garçon.

Mia Hansen-Love décrit, dans cette autobiographie romancée, le parcours du combattant des personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives et de leurs proches : la difficulté pour être soigné dignement, l'effroi de se/le voir diminuer, le poids de la perte... Et la vie qui se poursuit dans une histoire d'amour et qui se construit à travers les enfants qui râlent et grandissent.

Pascal Grégory, Léa Seydoux, Nicole Garcia, Melvil Poupaut sont parfaits.

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En 2011, Betsy Faria est assassinée chez elle. Son mari est aussitôt arrêté pour la plus grande joie de Pam Hupp, l'étrange amie de la victime.

Cette série grinçante et drôle conte l'histoire vraie de Pam Hupp, serial killer américaine.

Le scénario contourne l'absence de suspens en adoptant une tonalité décalée particulièrement réjouissante.

Les comédiens dont Renée Zellweger, méconnaissable et merveilleusement détestable, sont excellents.

A voir en replay sur 6play.

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Marc Becker présente les rushs de son dernier film à ses producteurs/distributeurs qui déçus décident de confier la reprise du film à quelqu'un d'autre. Marc fuit avec son film et son équipe.

Marc, clone de Michel Gondry, est fantasque, angoissé, hyperactif et bipolaire. Gondry dresse ici le portrait, d'un créateur et de sa solitude face à son oeuvre, de sa tyrannie à l'égard de son équipe. Et celui d'un bipolaire, en pleine phase maniaque, assailli par une multitude d'idées qu'il juge forcément géniales. 

Pierre Niney est parfait dans le rôle du réalisateur débordé par lui même et insupportable pour les autres. Il est entouré des excellents Blanche Gardin, Frankie Wallach, Camille Rutherford et la remarquable Françoise Lebrun. 

Le film, autoportrait du réalisateur sur le tournage de L´écume des jours, est aussi une représentation des affres de la création et un hommage à l'entourage, souffre douleurs, des artistes. C'est imaginatif, vif et très, très drôle. Une bouffée d'air frais.

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Concu par Benjamin Lazar, Florent Hubert et Judith Chemla, ce spectacle enchanteur, mêle l’opéra de Verdi et le roman de Dumas, le chant et le théâtre, l´italien et le français, lyrisme et modernité. Le livret de Verdi, qui n´est pas repris dans sa totalité, est adapté par Florent Hubert et Paul Escobar, pour un orchestre de  chambre (accordéon, contrebasse, violon, violoncelle, clarinette, piano, cor et flute). Cette ré orchestration allége et modernise l'oeuvre, plaçant la beauté des mélodies au premier plan.

Le texte de Dumas dans ces passages les plus forts est dit ou projeté sur les murs brûlés du théâtre. La mise en scène fiévreuse expose la décadence de la bourgeoisie parisienne du 19e et de ses filles de joie, l´insouciance où l´argent, le jeu et la luxure sont rois. Le spectacle s´ouvre ainsi par une surprenante et très belle scène de fête, plongée sous un voilage, sous lequel Violetta/Marguerite/Marie semble déjà étouffer au sens propre comme au figuré. Pourtant, la folie joyeuse des protagonistes qui jouent de la musique, chantent, parlent de désir et d´argent est très drôle. Cet humour, franc ou désespéré, ne quittera jamais vraiment la scène accompagnant le lyrisme romantique et la tragédie. Cette cohabitation d'émotions contradictoires bouleverse le spectateur. Les comédiens, tous chanteurs et musiciens ; l'orchestre de chambre c'est eux ; jouent et chantent merveilleusement bien, passant d'une phrase parlée à une phrase chantée avec un naturel confondant. A la tête de cette merveilleuse troupe, Judith Chemla est parfaite, à la fois frêle et forte de son pouvoir de séduction. La puissance de sa présence singulière et de sa  voix de soprano impressionnent. A ses côtés Damien Bigourdan émeut, campant un amoureux transi, à l'italienne, gestuelle ample et conquérante comprise. Le reste de la troupe (Florent Baffi, Jérôme Billy, Renaud Charles, Élise Chauvin, Axelle Ciofolo de Peretti, Myrtille Hetzel, Bruno Le Bris, Gabriel Levasseur, Sébastien Llado, Benjamin Locher et Marie Salvat) est au diapason.

Un très beau spectacle à ne pas manquer jusqu'au 3 octobre 2023.

Ce spectacle créé en 2016 est aussi disponible en DVD.

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