Le merveilleux théâtre de l'Oeuvre accueille une pièce qui enchante formellement et, il faut bien l'avouer, déçoit sur le fond.

Dans un bar de Londres, Chaplin a donné rendez-vous à Hetty Kelly, qui se produit elle aussi dans le cabaret de Fred Karno. Chaplin est amoureux de la jeune femme et avec l'aide du barman espère la conquérir.

Sur scène, un décor de café en noir et blanc et trois comédiens eux aussi... en noir et blanc. Cette scénographie particulièrement ingénieuse séduit d'emblée et s'avérera être l'atout majeur de la pièce. Car la faiblesse de l'écriture aux répliques manquant d'esprit ou de panache apparaît rapidement. De plus, l'histoire contée est extrêmement ténue et l'astuce utilisée pour la déployer d'autant plus poussive que l'écriture est pauvre. Quant au récit annoncé comme "inspiré d'une histoire vraie", les puristes de la véracité trouveront que cela est particulièrement tiré par les couettes (autobiographie de Chaplin à l'appui).

 Heureusement, les comédiens, Grant Lawrens (Chaplin), Ophélie Lehmann (Hetty Kelly) et Tristan Robin (le barman) sont très bons. On retiendra de cette représentation leur charme et l'ingénieux noir et blanc de la mise en scène (récompensée par un Molière de la meilleure création visuelle).

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En Seine Saint-Denis, l'école primaire Jacques Prévert se trouve en concurrence avec l'école publique flambant neuve qui va s'ouvrir dans l'éco quartier nouvellement créé.

Dès les premières minutes tout est caricature des protagonistes - instituteurs, parents d'élèves, enfants - jusqu'aux difficultés rencontrées. Le rythme dans les échanges n'est pas assez précis pour que les mots d'esprit fonctionnent. Les moments d'émotion sont téléphoné. Étonnamment, Rachida Brakni joue particulièrement mal, surjouant l'autorité. Le film touche juste à de rares moments mettant en scène les enfants et le personnage de Marion,, interprété par Anaide Rozam, rayonnante. A ses côtés, on retient les belles prestations de Raphaël Quenard et Gilbert Melki.

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La troupe des danseurs musiciens de Stomp se produit à Bobino jusqu'au 16 juillet.

Ce spectacle qui bouscule les salles de spectacle depuis plus de 30 ans est à voir absolument.

En 2006, Sanscrierart s’enthousiasmait déjà pour ce concept génial :

"8 comédiens - musiciens - acrobates dansent et jouent de la musique avec des ustensiles du quotidien : balais, bassines, briquets, éviers, ventouses pour déboucher ce que vous voulez... Les saynètes s’enchaînent, drôles, poétiques, physiquement spectaculaires.
Sur scène, pas un mot, tout passe par le rythme, le geste et les expressions des visages. Une partition précise à tous les niveaux. Ainsi, il ne s'agit pas uniquement de taper sur des grosses caisses, les murmures et frôlements sont tout aussi importants.
A priori ça fait peur 1h30 de ce genre de choses et pourtant cela file comme un éclair et lorsque la fin arrive on en redemande encore !"

A voir à Bobino jusqu'au 16 juillet.

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François, chef d'orchestre reconnu, se voit offrir la direction de la Scala. Denis, son fils, chef d'orchestre également, apprend que cette offre lui était en fait destinée.

Dès la première scène, une remise de prix qui sonne faux, l'inquiétude nous gagne. La suite ne démentira pas cette impression. Ici, tout est sans nuance, sans finesses : l'histoire, les dialogues, le dessin des personnages, le jeu des acteurs, la réalisation...

Même Arditi et Attal se prennent les pieds dans le tapis.

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EO est enlevé, par une association de défense des animaux, du cirque où il était exploité mais aussi où il aimait et été aimé de son équilibriste. 

Cette séparation hantera l'âne tout au long de son périple qui le verra tirer des charrettes de foin dans un haras empli de chevaux effrayants, dans un centre pour enfants dont il fugue pour partir à la recherche de son équilibriste, traversant une forêt où il assiste à la mort d'un loup tué par les hommes, à celle d'un oiseau happé par une éolienne, pleure devant des poisson enfermés dans un aquarium, se fait battre par des hooligans, se retrouve soigné dans une clinique vétérinaire...

La réalisation est d'une grande richesse, belle, inventive, jouant avec les couleurs, alternant grands espaces et plans au plus près des corps, de l'oeil de l'animal, laissant la caméra s'emballer comme incontrôlable. Onirique ou naturaliste selon les séquences, le film donne à percevoir les émotions de l'animal et le pire de l'homme. Sans un dialogue ou presque, avec un travail remarquable sur le son, jouant sur la musique et la rythmique, Skolimowski réalise un plaidoyer pour le monde animal et la nature.

Un film expérimental, étrange et beau, hors normes.

Prix du Jury Cannes 2022

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