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En 1985, Vincent, 13 ans, vit avec ses parents et son frère dans un quartier populaire des Yvelines. Alors que son père cache qu'il est au chômage, que sa mère veut évoluer dans son travail, que son frère aîné, Arnaud, monopolise leur chambre commune, Vincent prépare sa bar-mitsva  et tombe amoureux.

Toledano et Nakache nous plongent dans les années de leur adolescence et reconstituent l'esthétique, la culture et l'atmosphère sociale et politique de l'époque. On s'amuse en retrouvant les objets du quotidien tels le téléphone fixe socotel, les vignettes sur le pare brise de la voiture, les vêtements et les canapés en cuir, les platines disques, les magnétoscopes et les VHS. On s'enthousiasme de réentendre les tubes de The Cure, Joy Division, Imagination, Simply Red, Toto, Earth, Alan Parson Project, Wind and Fire, Kelsey Lu, Christopher Cross...  mais aussi François de Roubaix, le compositeur culte des musiques des films qui passaient à la télévision le dimanche soir. On est ému de revoir le générique de clôture d'Antenne 2 créé par Folon sur une musique d'une tristesse infinie de Michel Colombier.

Mais surtout, on s'attache à ce jeune Vincent, interprété par le craquant Simon Boublil, à son frère que joue Alexis Rosenstiehl, une révélation avec sa belle gueule et son jeu plus vrai que nature, ainsi qu' à ses parents Yves, Louis Garrel décidément très drôle en type un peu dépressif et lâche, et Sandrine, Camille Cottin emplie d'énergie positive et d'émotion. Pierre Lottin, coupe mulet et accent franchouillard est très bien en gardien d'immeuble (même si on pourra penser qu'il joue sans cesse le même rôle). Les jeunes copains de Vincent sont justes, tout particulièrement Jeanne Lamartine, l'amoureuse frondeuse. 

Le récit enchaine les évènements simples d'une vie d'ado et de sa famille. C'est rythmé, précis, à la fois drôle et émouvant. Les bonnes idées sont nombreuses telles celle de l'exposé sur la photo de Mitterrand et Khôl en 1984.

En dessinant le portrait de cette famille juive séfarade, à une époque où l'on pouvait vivre ensemble avec des origines et des religions différentes, les réalisateurs nous rappellent aussi et cruellement que cette époque est révolue. Les images du concert organisé par SOS Racisme sur la place de la Concorde le 25 juin1985 et l'engouement que le mouvement créait dans la population, sert un peu le cœur.

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Au lendemain de la 1iere guerre mondiale, Jean Luchaire, soutien de Léon Blum et proche de la ligue internationale contre l'antisémitisme, travaille au rapprochement de la France et de l'Allemagne dans un élan pacifiste. Dans ce mouvement, il se lie d'amitié avec l'allemand Otto Abetz, francophile. Les circonstances et l'appât du gain verront Luchaire basculer dans le collaborationnisme.

Le film relate l'histoire de Jean Luchaire à travers celle de sa fille Corinne, la narratrice, qui fut très jeune une vedette éphémère du cinéma. Comment faire, sans manichéisme, le portrait d'un homme qui bascule dans l'ignoble ? Giannoli qui signe le scénario avec Jacques Fieschi relève le défi sans trop se prendre les pieds dans le tapis, aidé par trois comédiens qui jouent parfaitement l'ambiguïté de leurs personnages. 

Jean Dujardin, qui élève encore un peu plus le niveau de son jeu, disparaît complètement, laissant place à Jean Luchaire. Ce type séduisant, militant convaincu lorsqu'il promet, aux lendemains de la Grande guerre, pour sa fille de 5 ans, que la France et l'Allemagne ne se combattront plus et qui bascule petit à petit dans une vie facile avec femmes, alcool et argent, balayant ses principes, non sans une petite part de culpabilité. Nastya Golubeva est la révélation du film. Elle incarne Corinne Luchaire, la fille et narratrice, tout à la fois opportuniste décomplexée, innocente aveuglée, spoliatrice et victime consentante. A leurs côtés, August Diehl joue Otto Abetz, l'ami allemand "pacifiste" qui choisira rapidement de servir le parti national-socialiste allemand jusqu'au plus hautes fonctions. Tous les trois sont parfaits.

Le récit est très bien mené, prenant le temps de  mettre en place le contexte historique et personnel de chacun, et leur évolution vers le mal. Sans surprise la durée de 3h20 s'avère excessive. Le film dans son dernier tiers se répète beaucoup notamment sur la tuberculose de Corinne, métaphore appuyée du Mal qui l'envahit. Malgré cela, le film se regarde dans sa durée sans ennui notable.

La réalisation est précise, mêlant beauté et inventivité des plans. Plusieurs scènes, notamment de fêtes, impressionnent. La reconstitution historique est tout aussi réussie.

PS : le film reprend le titre d'un recueil de Victor Hugo où il écrit notamment ceci : 

L’humanité se lève, elle chancelle encore,
Et, le front baigné d’ombre, elle va vers l’aurore.
Tout l’homme sur la terre a deux faces, le bien
Et le mal. Blâmer tout, c’est ne comprendre rien.

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Alex est heureux. Il a un bon boulot à la Cogip et vit dans une maison confortable avec Nathalie et leur jeune fils, Enzo. Un jour Axel et sa femme Tatiana s'installent dans la maison mitoyenne. Axel est le sosie parfait d'Alex, mais Alex semble le seul à s'en rendre compte.

On est d'emblée séduit d'avoir deux Laurent Lafitte pour le prix d'un. Dans ces deux rôles d'hommes aux caractères, aux allures et aux coiffures diamétralement opposés, il est magistral. Il attribue à chacun une expression corporelle, une diction, un regard propres. Ce qui est dingue, c'est qu'on finit même par trouver qu'Alex et Axel ne se ressemblent pas tant que cela...

Même s'il s'essouffle un peu à mi chemin avant de redémarrer, le scénario est bien mené avec une dernière partie et un final inattendu. Le film relève la gageur d'être simultanément drôle et angoissant. Le malaise d'Alex étant un peu communicatif. Les scènes dans l'entreprise sont assez drôles nous renvoyant à celles de Message à caractère informatif des mêmes réalisateurs.

Aux côtés de Laurent Lafitte, Blanche Gardin, Zabou Breitman et Monsieur Fraize sont très drôles.

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Meilleur film : Carine Tardieu pour L'Attachement 

Meilleure réalisation : Nouvelle Vague de Richard Linklater

Meilleure actrice : Léa Drucker dans Dossier 137 

Meilleur acteur : Laurent Lafitte dans  La Femme la plus riche du monde 

Meilleure actrice dans un second rôle
Vimala Pons dans L'Attachement

Meilleur acteur dans un second rôle : Pierre Lottin dans L'Étranger

Meilleur espoir féminin : Nadia Melliti dans La Petite dernière

Meilleur espoir masculin : Théodore Pellerin dans Nino

Meilleur premier film : Nino de Pauline Loquès

Meilleur film d'animation : Arco d' Ugo Bienvenu

Meilleur scénario : Franck Dubosc et Sarah Kaminsky pour Un ours dans le Jura 

Meilleure musique : Arnaud Toulon pour Arco

Meilleure photographie : David Chambille pour Nouvelle Vague

Meilleur montage : Catherine Schwartz pour Nouvelle vague

Meilleurs effets spéciaux : Lise Fischer pour L'inconnu de la Grande Arche

Meilleure adaptation : Carine Tardieu, Raphaël Moussafir et Agnès Feuvre  : L'Attachement

Meilleure décors : Catherine Cosm pour L'inconnu de la Grande Arche

Meilleur film documentaire : Le Chant des forêts de Vincent Munier

Meilleur film étranger : Une bataille après l'autre de P.Thomas Anderson

César d'honneur : Jim Carrey

Une belle cérémonie engagée, émouvante et drôle animée par Benjamin Lavernhe et présidée par Camille Cottin.

César des meilleurs remettants  attribué à Alison Wheeler, Marina Hands et Pauline Clément 

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1952, New-York, Marty Mauser, 23 ans, est un excellent vendeur dans le magasin de chaussures de son oncle. Mais Marty est également un excellent pongiste et il est prêt à tout pour devenir champion du monde.

Le film se déroule sur 8 mois, condensant ainsi les exploits et péripéties du véritable champion de tennis de table et un peu voyou, Marty Reismann. Il ne s'agit donc pas d'un biopic, de nombreux événements et personnages sont d'ailleurs inventés. Il ne s'agit pas non-plus d'un film sur le ping pong, les scènes de match sont peu nombreuses, l'ajout de la balle de façon numérique se voit d'ailleurs un peu trop, et il est peu question de techniques de jeux. En revanche, le film fait le portrait d'un jeune homme qui poursuit son rêve et que rien ne peut arrêter.

Autant le dire d'emblée, le film repose en grande partie sur le talent de Timothée Chalamet. Il est parfait dans le rôle de ce jeune gars doué, séducteur, baratineur, magouilleur, sans réels scrupules, obsédé par son rêve Américain. Le scénario fleuve enquille les évènements et imbroglio pendant 2h30. Ça va vite, de façon un peu brouillonne, dans un brouhaha quasi constant avec notamment une présence envahissante de la musique qui se partage curieusement entre succès des années 80 et composition originale et grandiloquente de Daniel Lopatin.

Pas si mal, mais pas particulièrement remarquable non plus.

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