SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 12:38
Barbara_SansCrierArt.com

Yves écrit et réalise un biopic sur la chanteuse Barbara. Dans le rôle-titre Brigitte, une comédienne qui exerce sur lui une fascination qui se mêle à celle qu'il porte à la chanteuse. 

Mêlant les scènes du film, du film dans le film et des documents d'archives sonores et visuels, utilisant la voix de Jeanne Balibar jouant Brigitte, celle de Brigitte interprétant Barbara, et celle de Barbara, le film enchaine les mises en abime. Cette mécanique qui pourrait sembler complexe est parfaitement dosée et maîtrisée par le réalisateur. Petit à petit la personnalité de Barbara se dessine en un portrait sensible. De fines allusions à des étapes et personnages clés de la vie de la chanteuse complètent cette quête consistant à percer, ne serait-ce qu'un peu, le mystère de la dame brune.

Plus le portrait de Barbara se révèle plus la déclaration d'amour à l'actrice Jeanne Balibar (exceptionnelle en tout point) s'affirme. Et quand l'émotion nous gagne à plusieurs reprises, on ne sait pas très bien si elle est causée par la présence de Barbara ou par la grâce de Jeanne Balibar. 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 08:45
Mother!_sanscrierart.com

Un couple, elle, jeune oie blanche, lui, écrivain plus âgé, vivent dans une très grande maison isolée. Elle, amoureuse, retape cette maison, qui a brûlé jadis, afin d'en faire un paradis. Lorsque des inconnus s'invitent chez eux, l'équilibre déjà précaire du couple bascule totalement.

Le film est construit en deux temps. La première partie joue sur le registre du thriller tenu, intrigant et oppressant. La seconde partie bascule dans le fantastique, l'horreur et le n'importe quoi.

Faute de mieux, si on fait abstraction de la lourdeur et d'une certaine confusion dans le propos  et si on n'est pas trop difficile, on peut être intriguer par la métaphore sur le monde et sa destruction. Sur cette Mère Nature fragilisée qui tente de faire entendre raison au Créateur qui ne voit pas venir l'apocalypse.

A voir (ou pas) en salle dès le 13 septembre.

 

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 16:20

Dans un bled perdu de Floride, Franck élève seule Mary, sa nièce de 7 ans. L'enfant s'avère être, comme l'était sa mère, surdouée et sa grand-mère veut contraindre Franck à offrir à l'enfant une vie digne de son haut potentiel en l'inscrivant notamment dans une école pour petits génies.

Franck se demande quelle est la bonne solution pour Mary ? La laisser s'épanouir dans une enfance "normale" ou lui donner les moyens d'exploiter son don exceptionnel ?

Lors de la projection, la question de prendre son mal en patience ou de quitter la salle immédiatement se présente rapidement. Scénario sans la moindre créativité, mièvrerie à chaque instant, réalisation low cost, le film est affligeant. Seule la prestation de la jeune McKenna Grace interpelle (un peu).

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 16:18

Au début des années 1990, Act-Up Paris milite pour que le Sida et ses malades soient concidérés par la société et les pouvoirs publics qui les rejettent, ou pire, les ignorent. Au sein de l'association, Nathan rencontre Sean, séropositif.

Si le sujet est d'une grande puissance testimoniale et émotionnelle, l'oeuvre cinématographique déçoit. Le film dans sa forme est fourre-tout. Des interludes stylisés interminables, en discothèque ou lors des gayprides, interviennent entre des scènes, parfois fortes, d'activisme assez réaliste ou de vie de couple plus romanesque. Le découpage déconcerte, n'offrant qu'un traitement batard de l'activisme d'Act-Up, de la maladie et de l'histoire d'amour. La première partie qui présente le fonctionnement de l'association et ses combats intéresse immédiatement mais ce sujet sera traité au fil du film de façon très répétitive et trop parcellaire pour avoir valeur de témoignage ou passionner vraiment. La rencontre de Nathan et Sean nous rapproche de la vie des malades et d'un amour en situation extrême. Mais, là aussi, le réalisateur se répète beaucoup et ne parvient pas à se renouveler pour que ses héros nous emportent vraiment. Les dialogues entre protagonistes se veulent didactiques et sont parfois amenés dans des situations incongrues, où ils sonnent faux. Si les comédiens sont très bons, le film lui est globalement bien trop imparfait pour être la réussite clamée par les critiques qui semblent confondre, dans leur émotion, sujet fort et film fort.

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 15:23

Mae est engagée dans l'entreprise que tous les jeunes de son âge aimeraient intégrer, une firme puissante sorte de GAFA à elle seule : The Circle. Elle accepte d'être le cobaye d'un programme qui supprime toute vie privée et tente d'en étendre le concept aux plus hauts niveaux.

The Circle s'annonçait passionnant avec son sujet déjà maintes fois traités mais toujours passionnant et sans cesse d'actualité : l'emprise du tout technologie sur notre quotidien. Il est malheureusement bien loin d'afficher la créativité d'un Black Mirror.

Au lieu d'une oeuvre d'anticipation, au scénario fouillé et imaginatif, The Circle se présente comme un film simplet pour adolescents simplets. Son récit se déroule grossièrement affichant d'étranges raccourcis dont on ne sait s'ils sont dus à la grande faiblesse du scénario ou également à un montage fait à la machette. Les personnages sont dessinés à gros traits, leurs caractères et leurs motivations ne sont pas abordés. A cela s'ajoute un sentimentalisme ringard, des rapports niais entre les protagonistes et une cool attitude surjouée qui élimine d'emblée toute tension possible.

L'association d'un bon sujet et d'un bon casting en l'absence d'un scénario ayant un minimum de créativité et de tenue, donnera toujours un mauvais film.

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 21:20

En janvier 2011, au Caire, à quelques jours des premières manifestations, une chanteuse est égorgée dans sa chambre d'hôtel. Norredine, policier chargé un premier temps de l'enquête, refuse d'abandonner ses investigations fait alors que le procureur classe l'affaire en suicide.

Le film de Tarik Saleh, sur fond de polar, est une dénonciation d'une société égyptienne gangrenée par la corruption, de la police jusqu' aux plus hautes instances de l'Etat. Au fur et à mesure qu'il déroule son récit, il dénonce le sort fait aux femmes, aux migrants et au peuple tout entier, une population qui n'a aucune échappatoire.

La reconstitution, rapide, des événements du 25 janvier 2011, arrive en conclusion comme une conséquence inéluctable et terriblement désespérante au regard de la situation égyptienne actuelle.

 

 

 

 

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 15:29

En mai 1940, à Dunkerque, les troupes anglaises, face à l'avancée sans merci des Allemands, tentent de fuir et de retourner au pays par la mer.

La réalisation et la photographie sont virtuoses et impressionnantes. Dolan sait comment placer sa caméra pour plonger le spectateur au coeur de l'action. Quand les soldats se font canarder sur la plage, le spectateur se fait canarder également, quand les soldats se noient, prisonniers de leur bateau ou des nappes de gasoil, le spectateur se débat avec eux.

Malheureusement, cette immersion très réussie se joue sans réel scénario. Seul l'enjeu immense, sauver un maximum des 400 000 soldats coincés sur la plage, semble suffire à Nolan. Quand le réalisateur offre un semblant de récit, il le fait sans nuance, nous emmenant aux portes de la niaiserie. D'un point de vue historique c'est le vide sidéral (entre autres, les soldats français toujours au combat et Dunkerque ne sont qu'anecdotes). A cela s'ajoute, une musique ultra présente qui souligne avec une rare lourdeur les moments d'angoisse ou de glorification de ces héros britanniques. Une belle déception.

 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 15:16

 Agnés Varda et JR, tous deux artistes engagés dans des disciplines différentes, décident de faire un film ensemble.

Si la feuille de route n'est pas très précise et laisse place au hasard et à l'improvisation, le but est bien de partir à la rencontre d'habitants hors des grandes villes. Agnés interroge et écoute et JR photographie et affiche en très grand. Le duo fait ainsi connaissance avec Jeanine petite fille et fille de mineurs, dernière habitante forcenée d'une rue de corons de Bruay-la-Buissière destinée à être rapidement détruite, d'un agriculteur de Gérence, village de Nathalie Sarrault amie d'Agnés, qui gère à lui seul 800 hectares, d'éleveurs de chèvres dont on coupe ou pas les cornes, d'un village fantôme qui reprend soudainement vie, de salariés de l'usine Arkema à Saint-Auban, de dockers et de leurs épouses au Havre... Les deux artistes s'asticotent et se complétent. JR, de son corps jeune et longiligne, soutient et bouscule gentillement Agnés Varda qui équipée de son mètre cinquante et de sa vue floue, lui résiste et le guide là où l'art la mène. 

Plus le film se construit plus l'on se rapproche d'Agnés. On l'accompagne chez le médecin qui soigne ses yeux, on visite une galerie du Louvre, façon Godard, en courant en fauteuil,  on rencontre un facteur-artiste peintre qu'Agnés connait depuis plus de 20 ans, on colle sur un bunker harmonieusement planté dans le sable une photographie de Guy Bourdin qu'Agnés Varda a prise pas très loin il y a bien longtemps, on photographie ses yeux malades, ses mains fatiguées et ses pieds qui ont "mal à l'escalier" pour leur permettre de voyager et de témoigner encore, on affronte une tempête de sable et on finit notre périple par une visite chez Jean-Luc Godard.

Visages Villages est un très bel hommage à l'artiste Agnés Varda parfaitement servi par la présence et le travail de JR. Un film drôle, bienveillant et émouvant.

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 14:15

Ava est atteinte de rétinite pigmentaire, son champs visuel se rétrécit peu à peu et finira par se fermer totalement. Dans les Landes, au bord de l'océan, sa mère lui promet de lui offrir les plus belles vacances de leur vie.

Léa Mysius offre, avec Ava, une vraie proposition artistique, riche de ses références cinématographiques et de son propre univers. Une richesse qui peut, sur certains aspects, s'avèrer surabondante. Ainsi, le scénario, très ou trop riche - récompensé par le prix de la SACD à La Semaine de la Critique - nous égare un peu dans la multitude des messages qu'il porte. Tout comme la diversité des tonalités adoptées par la réalisatrice pour donner corps à son récit. Que ce soit celle de la comédie, du drame, du western, du road movie ou du surréalisme, leur accumulation brouille un peu plus le propos. 

Mais Ava marque.

Par la beauté de sa photographie et de sa mise en scène. Par les belles et créatives idées dont regorge son récit. Et par ses deux comédiennes, Noée Abita et Laura Calamy, toutes deux magnifiques.

Un premier film au final plutôt bluffant.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 16:13

Joseph Joffo, de confession juive, a 10 ans quand il rejoint la zone libre avec son frère. Jusqu'à la libération, ils fuiront sans cesse l'occupant Allemand.

De cette enfance particulière, Joseph Joffo a écrit son plus fameux roman Un sac de billes adapté ici par Christian Duguay. Le réalisateur en propose une vision simpliste, sans envergure, comme détachée du contexte historique. Aucune audace artistique, aucune créativité dans la réalisation, aucune nuance dans les émotions exprimées, un accompagnement musical qui dégouline, un casting inégal et gadget dans ses guests. Cette histoire puissante en devient terriblement fade, mièvre quasi anecdotique. Le film n'est ni à la hauteur du 7e art, ni, et c'est pire, à celle de la petite et la Grande histoire qu'il est censé raconter. 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 11:28

Ismaël, cinéaste, vit avec Sylvia jusqu'au jour où sa femme disparue depuis 20 ans réapparaît.

Le meilleur et le pire du cinéma de Desplechin semblent condensés ici. Comme dans un jeu de piste, il parsème de ses obsessions toute cette histoire qui navigue entre drame, burlesque et suspens. Dans ces trois tonalités, le cinéaste est dans un excès auquel il est difficile d'adhérer et qui éloigne des personnages.

Mathieu Amalric, dans un rôle hystérique, en fait des tonnes et le personnage interprété par Charlotte Gainsbourg peine à exister vraiment. Seule Marion Cotillard, en revenante, parvient dans un jeu nuancé à donner vie et caractère à son personnage ainsi qu'Hippolyte Girardot excellent dans un petit rôle.

Les habituels hommages à Truffaut et Hitchcock sont bien présents une fois de plus ou de trop. La réalisation est belle et la virtuosité du cinéaste est palpable. L'histoire est contée de façon brouillonne certainement volontairement et brillamment mais elle en est d'autant plus difficile d'accès, difficile à embrasser, un peu excluante. Desplechin est sans nul doute un grand cinéaste dont l'enfermement dans ses obsessions pourrait finir par  lasser le spectateur.

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 18:59

En 1880, Rodin reçoit sa première commande publique : La porte de l'enfer.

Cette commande est le point de départ du portrait dessiné par un Jacques Doillon très inspiré. Le réalisateur nous invite au plus près de Rodin et de ses oeuvres pendant une vingtaine d'années. Ainsi, Doillon ne propose pas un biopic au long cours du sculpteur mais une immersion dans sa vie d'artiste et d'homme, tous deux habités par une sensualité exacerbée que le réalisateur met merveilleusement en lumière au propre comme au figuré.

La mise en scène et la photographie magnifient chaque plan et nous emportent au coeur du travail de création. Cette beauté prend vite toute la place reléguant au second plan une austérité latente qui pourrait effrayée au départ mais se fait vite oubliée. Vincent Lindon convainc rapidement. Izia Higelin peine, et ce n'est pas de sa faute, à nous faire oublier Isabelle Adjani (la Camille Claudel de Bruno Nuytten en 1988) mais offre une prestation plus qu'honnête.

Chose plus étrange, sans que l'on sache s'il s'agit d'une mauvaise prise de son, d'un défaut d'articulation ou d'un parti-pris artistique, plusieurs échanges se perdent dans la barbe du grand homme et la colère de la sculptrice. Face à la grande qualité d'ensemble du film cela s'avère tout à fait incongru, mais ne suffit pas à gâcher notre plaisir.

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 15:46

Paul et Sali s'aiment et souhaitent adopter un enfant depuis plusieurs années. Quand les services d'adoption leur présente "leur" bébé leur surprise et à la hauteur de leur joie : immense.

Lucien-Jean Baptiste s'empare d'un sujet en or, à priori d'une grande simplicité qui s'avère d'une grande richesse. Il le traite sous la forme d'une comédie qui sans mauvais goût, ni manichéisme n'en aborde pas moins tous les travers de notre rapport à la différence et à l'acceptation de l'autre.

Les dialogues sont à la fois drôles et éloquents, les situations hilarantes et édifiantes, les personnages parodiques et confondant de réalisme. Le réalisateur maintient ce film au-delà de la mêlée des comédies françaises jusqu'à son dernier quart d'heure où il se perd dans une course poursuite ridicule. Nul n'est parfait.

Les premiéres 75 minutes offrent en tout cas de bons moments de rire, notamment grâce aux seconds rôles tenus par Vincent Elbaz, Zabou Breitman et Marie-Philomène Nga. Certains regretteront peut-être ce traitement angélique, mais un feel good movie bien tenu a sans doute plus d'impact qu'une satire politique.

Date de sortie en salle : 18 janvier 2017

Date de sortie en DVD : 23 mai 2017

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 19:35

Si le Festival de Cannes, à travers ses différentes sélections, met en avant la grande diversité du cinéma mondial, les membres du club des lauréats de la sélection officielle semble plus restreint. Le palmarès de cette année ne déroge pas à la règle. Le talent, il est vrai, est une denrée rare. 

 

La Palme d'Or a été remise à The Square du réalisateur suédois Ruben Ostlund, déjà lauréat du Prix du Jury en 2014 pour SnowTherapy. 

Le grand favori des critiques 120 battements par minute du français Robin Campillo a reçu le Grand Prix du Jury. Le réalisateur avait déjà été indirectement récompensé à Cannes lorsque Entre les murs de Laurent Canter avait reçu la Palme d'Or en 2008. Campillo en avait co-ecrit le scénario.

Le Prix du Jury a été décerné au russe Andréa Zviaguintsev pour Faute d'Amour. Le réalisateur avait déjà reçu le prix du scénario pour Léviathan en 2014.

La réalisatrice américaine Sofia Coppola a reçu le Prix de la Mise en Scène​ pour Les Proies. Présente en compétition officielle à Cannes pour la deuxième fois (Marie-Antoinette en 2006), elle reçoit cette année sa première récompense.

Le Prix du Meilleur Scénario a été remis ex-aequo à Mise à mort du cerf sacré du grec Yorgos Lanthimos, déjà récompensé par le Prix du jury pour The Lobster en 2015, et à la britannique Lynne Ramsay pour You were never really here, qui était déjà présente en compétition en 2007 pour We need to talk about Kevin.

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 16:34

Rose invite pour la première fois son petit ami Chris a passé le week-end chez ses parents. Chris appréhende la réaction de la famille de Rose lorsqu'elle découvrira qu'il est noir.

Cette version moderne et gore de "Devine qui vient diner ?" est aussi réjouissante que surprenante. Dans la première heure, le réalisateur sème les indices d'une anormalité latente installant l'angoisse peu à peu. Malgré l'accueil affable des parents, l'inquiétude ne quitte jamais Chris et le spectateur. Les expressions amicales se succèdent, de plus en plus étranges et malsaines, jusqu'à ce que la réelle raison de cet intérêt soit dévoilée. Si la révélation du pourquoi et du comment est un peu décevante, on conserve de l'ensemble une très bonne impression grâce à sa première heure et à la tonalité globale du film. Get out  doit aussi son efficacité à la tenue de son récit qui va à l'essentiel, ne se perdant pas dans d'inutiles complications. La réalisation est à l'avenant, sans fioriture mais précise.  Les avantages d'un film à petit budget sont qu'il force son concepteur à aller à l'essentiel et, loin des studios, lui permet de garder une certaine singularité. Si le réalisateur est talentueux cela donne une proposition réjouissante.

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 15:12

Lisa Azuelos nous conte la vie de la chanteuse Dalida à travers les hommes qu'elle a aimés. Le film présente un casting de comédiens efficaces, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, Nicolas Duvauchelle, Patrick Timsit, Vincent Perez,  et révèle Sveva Alviti éclatante dans le rôle de Dalida. La reconstitution des époques est convaincante. La réalisation, même si elle cède parfois à un esthétisme un peu dérangeant, ne manque pas de panache et l'on perçoit sans cesse l'enthousiasme et le travail déployé par les équipes. Les ingrédients formels étaient donc réunis pour faire un beau film. Pour le fond, la vie, on ne peut plus romanesque, de la chanteuse était sans doute un cadeau empoisonné. Comment conter en deux heures, trente ans d'une vie aussi riche et tourmentée que celle-ci ? Comment percer le secret de cette personnalité complexe et de celles de son entourage, riches en personnages hauts en couleur ? Sans doute en faisant des choix et donc en renonçant à tout raconter. Ce n'est pas le parti-pris de la réalisatrice qui cherche une forme d'exhaustivité dans son récit jusqu'à vouloir y diffuser le maximum de chansons de la star. La musique occupe ainsi la majorité du film accompagnant les images de vie ou de shows jusqu'à l'overdose, réduisant comme peau de chagrin les moments clés. Ainsi, lorsque la réalisatrice arrête un instant la musique pour laisser les personnages s'exprimer cela est si rapide que rien n'y est vraiment dit. Tout devient anecdote, l'émotion ne perce pas. Dommage.

Date de sortie en salle : 17 janvier 2017

Date de sortie en DVD : 17 mai 2017

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 17:42

Dans une petite ville huppée de Californie, Madeline, Céleste et Jane, toutes trois mères de famille sont amies. Un incident à l'école primaire va être le point de départ de l'implosion de leurs vies.

Cette série bénéficie d'un beau casting. Produite par David E Kelley et réalisée par Jean-Marc Vallée, elle est interprétée par Nicole Kidman, Reese Wintherspoon, Shailene Woodley et Laura Dern. La qualité des productions du premier, l'audace du second et le talent des comédiennes n'étant plus à prouver, la proposition s'annoncait alléchante.

Pas de déception ! Aucune mauvaise surprise dans cette mini-série (7 épisodes et une vraie fin). La photographie est très belle, l'accompagnement musicale soigné, l'interprétation, dont celle des enfants, excellente. Le récit mèle intrigue et humour dans une construction astucieuse. Une série aussi élégante qu'efficace.

Une série HBO, à voir en France sur OCS City.

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 19:40

Maureen est l'assistante d'une célébrité. Ce travail lui permet de vivre à Paris où elle espère nouer contact avec l'esprit de son frére décédé quelques semaines plus tôt.

Olivier Assayas nous convie dans une histoire étrange au récit obscure, mi-polar, mi-fantastique. Sa mise en scène, froide et élégante, sert parfaitement les multiples ambiances et les différentes pistes qu'il nous fait emprunter. Chaque plan montre aussi la fascination du réalisateur pour son actrice, Kristen Stewart, parfaite une fois de plus.

Date de sortie en salle 14 décembre 2016

Date de sortie en DVD : 18 avril 2017

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 16:55

Ce titre ringard cache un thriller-politique haletant et retors. Le sujet est le trafic d'influence érigé en art à travers le portrait d'une femme, Miss Sloane, lobbyiste aussi radicale qu'efficace. La curiosité du film réside dans le fait que la lobbyiste sans limite se bat pour une juste cause, le contrôle de la vente des armes. Le film repose sur Jessica Chastain. De tous les plans, elle est particulièrement efficace dans ce personnage tout à la fois odieux et admirable par l'ingéniosité dont elle fait preuve. Comme la plupart des films du genre, Miss Sloane est un peu trop bavard mais suffisamment clair pour rendre lisible toutes les manœuvres mises en place. Les rebondissements sont nombreux jusqu'au dénouement final. Efficace.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 17:35

Romeo est médecin en Roumanie. Sa femme et lui ont tout sacrifié pour que leur fille, Elisa, réussisse ses études secondaires et obtienne une bourse pour aller à l'université en Angleterre. Alors que la dernière étape s'annonce, Elisa, élève effectivement brillante, est agressée. Traumatisée, le poignet dans le plâtre, elle doit passer la première épreuve du baccalauréat dès le lendemain.

L'histoire d'Elisa et de son père est le prétexte à une immersion dans la corruption qui gangrène la Roumanie. Tout se négocie, tout s'échange, tout se monnaye et tout le monde ou presque trouve cela, si ce n'est normal, inévitable. Roméo, médecin jusqu'ici intègre, est rattrapé par le système. La démonstration, bien qu'un peu trop appuyée et trop longue, se regarde sans déplaisir. Mungiu fait de son Roméo un personnage assez peu sympathique qui délaisse les femmes qui l'entourent, épouse, maitresse et mère, met sur les épaules de sa fille, une pression folle, et n'est pas valorisé dans son rôle de médecin. Le réalisateur semble ainsi condamner tous les adultes et placer tout l'espoir du pays dans sa jeunesse.

Date de sortie en salle : 7 décembre 2016

Date de sortie en DVD : 12 avril 2017

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 18:51
orpheline_affiche_sanscrierart.com

Orpheline trace le portrait de Karine à travers quatre étapes clés de sa jeune vie.

Chaque étape est interprétée par une actrice différente. Quatre comédiennes épatantes (Vera Cuzytek, Solène Rigot, Adèle Exarchopoulos et Adèle Haenel) qui par leur différence marquent la multiplicité d'une personnalité façonnée par les rencontres et les événements d'une vie. Le contexte dans lequel évolue Karine est bien glauque et il manque parfois d'indicateurs pour comprendre plus précisément l'évolution des comportements de l'héroïne et de son entourage. Mais la grâce des comédiennes et la narration à rebours qui marque plus encore le poids de l'existence séduisent. 

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 09:39

De nos jours, à Kinshasa, Félicité est chanteuse dans un bar où elle se produit tous les soirs avec passion. Lorsque son fils se brise la jambe dans un accident de moto, Félicité doit trouver l'argent qui paiera l'opération.

Le film se découpe en deux parties. La première dessine le portrait de Félicité femme forte et indépendante dans une vie sans argent et une ville de désordre. La caméra la suit dans son combat sans merci pour sauver son fils. Véro Beya Mputu interprète avec force Félicité. Sa présence à l'écran impressionne et suffit à nous embarquer dans cette histoire. Alain Gomis parsème dans sa réalisation brute, rythmée par la musique africaine, des moments d'apaisement. Des scènes d'évasion dans la forêt, sans doute rêvées par Félicité et des moments de calme posé par la musique d'Arvo Part joué par l'orchestre de Kinshasa. Ces instants soulignent un peu plus la violence, la frénésie désespérée qui entourent Félicité. Dans la seconde partie, le réalisateur se concentre sur les hommes, Tabu, l'amoureux transit de Félicité, ivrogne et coureur, et le fils mutique. Sans que l'on comprenne pourquoi Félicité passe au second plan, comme si cette femme affaiblie n'intéressait plus Gomis. L'ennui s'installe durablement. Plus rien ne se passe. Les moments de silence ne disent pas grand-chose. Tout semble interminable. Cette seconde partie suffit à donner au film l'image d'une oeuvre au final trop confuse.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 16:41

De nos jours, dans les montagnes du Cap Oriental en Afrique du Sud, comme chaque année, Xolani vient en tant qu'initiateur participer au Ukwaluka. A l'issu de ce rituel de circoncision, qui dure plusieurs semaines, les adolescents seront considérés comme des hommes.

Les Initiés pose de nombreuses questions : comment assumer son identité sexuelle, qu'est-ce qu'être un homme, que sont les traditions face au monde moderne... Tout cela n'est pas très original, à ceci près que le contexte dans lequel le réalisateur pose ces problématiques est inédit. On est ici, en Afrique, dans l'évocation d'une tradition ancestrale, dans un rite où l'homme avec un grand H est glorifié. L'Ukwaluka place les protagonistes dans des circonstances où la douleur, la peur, la virilité, l'animalité, le jugement, le poids des ainés, auquel s'ajoute désormais les différences sociales, sont prégnant. Ce sont ces circonstances originales, plus que le parcours du héros, qui donnent tout son intérêt au film. Les comédiens, seconds rôles inclus, sont parfaits. Pour ce qui est de la réalisation, elle est un peu brute sans que l'on sache vraiment s'il s'agit d'un parti-pris ou d'une maladresse. 

A voir en salle dès le 19 avril 2017.

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 15:25

A Santa Barbara, en 1979, Dorothea élève seule son fils, Jamie, âgé de 15 ans. Alors qu'elle a le sentiment de mal le comprendre, elle demande à sa jeune locataire, une artiste punk, et à l'amie d'enfance de Jamie de l'aider à élever son fils. Au contact de ces femmes toutes trois fragilisées dans leur statut de femmes, Jamie deviendra peut-être un mec bien.

Le film s'appuie sur les voix off de chacun des personnages dressant les portraits et le vécu des autres. Ces séquences alternent avec les scènes au présent, scènes très bavardes de questionnement existentiel assez ennuyeuses, des images d'archives et des moments trop cools sur standard rock de l'époque. Cette alternance donne au film une forme un peu bâtarde qui n'aide pas le spectateur à entrer en empathie avec les personnages. Ainsi, malgré la qualité des comédiens, l'ennuie prend très vite le dessus.

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 20:53

En 1961, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson travaillent à la NASA. Elles sont reléguées à des tâches qui ne leur permettent pas de faire usage de leur intelligence hors du commun. En plus d'être femmes, ce qui n'était déjà pas une qualité à l'époque, elles ont le défaut d'être noires. Elles devront se battre pour pouvoir intégrer des postes de haut niveau dans la conquête de l'espace.

Les figures de l'ombre trace le portrait de ces trois héroïnes exceptionnelles, femmes noires au milieu d'hommes blancs dans un état toujours ségrégationniste. Il est question ici de conquêtes, en premier lieu, celle du droit de travailler librement pour ces femmes de couleurs et celle de l'espace par les Etats-Unis. Le récit est mené suffisamment intelligemment pour que l'on s'intéresse à ces deux défis. Si le réalisateur présente un film à l'Américaine, il prend soin d'en estomper quelque peu les excès du genre et sans avoir le temps d’aborder la ségrégation de façon approfondie, il en montre suffisamment, et sans manichéisme, pour planter le contexte hallucinant de crétinisme raciste. Il est servi par trois comédiennes (Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe) épatantes et un Kevin Costner au meilleur de sa forme. La mise en scène classique est plutôt élègante. Le montage est alerte et si les parties contant la vie privée de ses héroïnes sont moins réussies, au point de casser un peu le rythme, on ne s'ennuie jamais. On se trouve sidéré de ne découvrir que cinquante ans plus tard cette extraordinaire histoire et fasciné jusqu'au bout par le destin de ces héroïnes. Efficace.

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