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Marianne Farrere est à la tête d'une immense fortune et de l'entreprise de cosmétiques héritée de son père. Elle s'ennuie terriblement jusqu'au jour où elle rencontre Pierre-Alain Fantin, un photographe fantasque.

Le film est librement inspiré de la rencontre de Liliane Betancourt, richissime héritière de l'empire L'Oréal et de l'artiste - photographe François-Marie Banier. On repère facilement dans le scénario les références à l'affaire Bettencourt. Mais il est évident que ce qui intéresse Klifa est la part burlesque de l'histoire et le souffle d'air frais apporté par l'artiste à la pauvre milliardaire. Ainsi, tout est excès et l'abus de faiblesse pour laquelle Banier a été condamné n'est pas traité ; la Marianne du film ne semblant jamais perdre vraiment la tête.

Le récit est parfaitement mené presque sans temps mort, même si un quart d'heure en moins aurait été appréciable (le film dure 2h05). Les seconds rôles sont particulièrement soignés et interprétés. Marina Fois, est parfaite en fille mal aimée qui cherche l'attention de sa mère, aux côtés de son mari (Mathieu Demis très bien) pièce rapportée de confession juive dans une famille aux ancêtres collabos. André Marcon, décidément toujours cantonné dans le rôle du bourgeois bousculé, est parfait en mari dépassé. Raphaël Personnaz endosse excellemment le rôle du majordome dévoué et mystérieux. On a toujours plaisir à voir Micha Lescot, ici dans un tout petit rôle. Et on retrouve dans une jolie apparition Anne Brochet. Dans les premiers rôles, Isabelle Huppert donne à Marianne ce qu'il.faut de distance et de folie pour la rendre à la fois totalement crédible, déraisonnable et touchante et Laurent Laffitte est quant à lui génialissime dans le rôle du fou du roi, irrésistiblement drôle, grossier, irrespectueux, capricieux et  manipulateur.

Ce casting 5 étoiles bénéficie de dialogues d'une grande efficacité. Les réparties très drôles s'enchaînent, sans toutefois effacer  l' expression sensible du mal être des protagonistes. On rit beaucoup des punchlines distribuées par la milliardaire et le photographe.

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Fatima, lycéenne en terminale, musulmane, petite dernière d'une famille de trois filles, asthmatique et amatrice de foot se découvre homosexuelle.

Pour son 3e film en tant que réalisatrice, Hafsia Herzi adapte le roman d'autofiction de Fatima Daas. En compétition au dernier festival de Cannes,, le film a reçu le prix d'interprétation féminine pour Nadia Melliti qui porte le film et en est son principal intérêt.

Car si le film intéresse par son sujet, il nous perd un peu dans sa façon d'enchaîner les scènes, dont une image de l'homosexualité qui semble un peu outrancière, sans que rien ne semble avoir d'impact sur l'environnement social de Fatima. Seuls ses tourments intérieurs sont ici étudiés.

Ce récit de découverte et d'acceptation de soi, qui est aussi un récit d'apprentissage, se regarde malgré tout presque sans ennui, grâce aux scènes de famille et de bandes qui fonctionnent particulièrement bien, et grâce à la qualité d'interprétation des comédiens amateurs comme professionnels (mention spéciale pour l'interprète de la mère de Fatima).

Lire le post sur le premier film réalisé par Hafsia Herzi : Tu mérites un amour

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En Californie, Bob Ferguson et Perfidia Beverly Hills sont membres du groupe d'activistes French 75 qui milite pour l'IVG, et contre les maltraitances et expulsions de migrants. Ils font face au Colonel Steven J. Lockjaw représentant une Amérique de plus en plus réactionnaire et violente. 

Anderson met en scène deux camps : les ultra gauche et les supremacistes blancs. Son héroïne (Teyana Taylor) afro-américaine révolutionnaire est plutôt effrayante avec une libido qui se révèle proportionnellement à la violence de ses actions. En face, le Colonel Steven J. Lockjaw (Sean Penn) est bien barré également. Entre les deux, se trouvent Bob (Leonardo Di Caprio) totalement dépassé par les évènements et sa fille Milla (Chase Infiniti).

Le film adopte un rythme haletant, relevant le défi de mêler divertissement, action, humour et burlesque à une réflexion politique sur l'Amérique d'aujourd'hui. La réalisation virtuose et un montage d'une grande précision offrent de nombreuses scènes marquantes. Leonardo Di Caprio est tout simplement impressionnant. Benicio del Toro dans un second rôle marque également. Sean Penn joue sur une mono expression un peu décevante.

Les 2h40 défilent presque sans ennui, le récit se déroulant avec une grande fluidité et créativité. Seule la scène finale pourra sembler en deçà du reste du film.

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De nos jours, en Iran, Vahid croit reconnaître l'homme qui l'a torturé en prison. Il l'enlève. Dans le doute, il demande la confirmation d'anciens prisonniers comme lui.

Jafar Panahi expose petit à petit la brutalité du régime iranien, ce qu'il impose à sa population, les sévices qu'il lui inflige et pose la question de la vengeance.

Le récit interroge ainsi sur la réponse que doit apporter la démocratie aux dictatures. Faut il se comporter comme un barbare face à la barbarie ? L'humanité dans ce qu'elle a de meilleur est-elle capable de piétiner ses principes pour punir les bourreaux ?  La liberté a t elle les moyens de lutter contre la dictature ?

Le réalisateur utilise ses personnages pour conter également avec détails les tortures infligées aux prisonniers, tous simples citoyens qui ont manifesté contre le pouvoir en place.

Tourné, comme toujours, dans la clandestinité, le film impressionne par l'efficacité de sa réalisation et par l'excellence de ses comédiens (Vahid Mobasseri, Maryam Afshari, Ebrahim Azizi, Hadis Pakbaten, Majid Panahi (II), Mohamad Ali Elyasmehr, Georges Hashemzadeh, Delnaz Najafi, Afssaneh Najmabadi).

Un simple accident a reçu la Palme d'Or à Cannes 2025. Un Prix qui n'est pas que politique. Le film est une oeuvre de cinéma parfaitement réussie.

Lire les posts sur d'autres films de Jafar Panahi : Taxi Téhéran, Trois visages

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En Israel, à Haifa, ville universitaire prestigieuse, Juifs et Arabes vivent côte à côte. Conflits de générations et ideologies culturelles et religieuses dominent leurs vies.

Chroniques d'Haifa nous invite à suivre une famille arabe et deux soeurs juives. Rami, arabe, apprend que Shirley, sa petite amie juive est enceinte. Contre l'avis de sa famille et de Rami, elle veut garder l'enfant. Le père de Rami se retrouve proche de la ruine. Une humiliation inacceptable pour Hanan, sa femme pour qui les apparences sont primordiales. Sa soeur Fifi, 26 ans, vit secrètement la vie libre d'une jeune femme de son temps. La nièce adolescente de Shirley est dépressive.

En quatre chapitres, Scandar Copti fait un portrait des habitants d'Haifa où Arabes et Juifs se  cotoient avec peu de tolérance sur l'intimité de leurs interactions. Et où les jeunes femmes paient cher leur droit de vivre comme elles le souhaitent. Le poids des coutumes et des cultures altère les libertés et broie les vies.

L'écriture en 4 chapitres, chacun concentré sur un des personnages, créée des répétitions dans le récit qui semble un peu long. Et en voulant éviter tout pathos, le réalisateur passe à côté de la transmission de toute émotion.

Malgré tout, l'efficacité de la démonstration et la qualité des comédiens nous attachent à ces personnages et à leurs histoires.

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