SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 18:50

En 2015, Jacques Billard, big boss de l´Office de répression des trafics de stupéfiants, explique à ses confrères qu´il veut s´attaquer à l'infrastructure des trafics pour destabiliser tout le système. Au même moment, 7 tonnes de résine de cannabis sont découvertes en plein cœur de Paris au pied de l´immeuble d´un trafiquant notoire. Billard doit rendre des comptes à la procureur de la République. Cet événement réveille Hubert Antoine, un indic utilisé par Billard. Hubert contacte Stéphane Vilner, journaliste à Libération. Il a des des révélations à faire.

De Peretti prend soin, en avant générique, de préciser que son film est une fiction bien que de toute évidence il se soit fortement inspiré de l´affaire François Thierry, ancien patron de l´anti drogue soupçonné d´avoir trempé dans un trafic.

Ici il est question des pratiques de la police et des pouvoirs publics en matière de répression des trafics, des libertés prises avec la loi par des flics qui pactisent avec les voyous mais aussi et surtout du travail du journaliste d´investigation, des relations qu´il entretien avec ses sources et de sa capacité ou de ses possibilités de vérifier la véracité des informations récoltées. Une responsable du journal explique au tribunal que leurs articles n´accusent pas mais interrogent. Le scénario de De Peretti en laissant constamment planer le doute sur la crédibilité d´Hubert se positionne de la même façon.

Les comédiens, Pio Marmai, Roshdy Zem, Vincent Lindon, Julie Moulier..., servent parfaitement ce thriller-psycho-politique palpitant, au final glaçant.

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 15:55

Rentrée des classes. Nora débute sa première année en primaire. A la récréation, Abel, son grand frère, est victime de violences.

Laura Wandel fait le récit de la vie à l'école dans ce qu'elle a de pire. Cruauté des enfants, harcèlement, traumatismes, aveuglément et impuissance du corps enseignant, stress de l'apprentissage... Le dessin, extrêmement sombre. ne laisse place à aucune lumière.

La réalisatrice fixe sa caméra sur Nora, filmant à sa hauteur, laissant la plupart du temps ce et ceux qui l'entourent dans le flou. Ce parti pris accentue le sentiment d'enfermement et de solitude face à ces multiples formes de violence réduisant l'étude de la psychologie de Nora et Abel à leur seule vie à l'école. Une limite à cet exercice de style qui demeure intéressant et glaçant.

 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 12:14

CÉSAR DU MEILLEUR FILM

  1. « Aline », réalisé par Valérie Lemercier
  2. « Annette », réalisé par Leos Carax
  3. « Bac Nord », réalisé par Cédric Jimenez
  4. « L’Événement », réalisé par Audrey Diwan
  5. « La Fracture », réalisé par Catherine Corsini
  6. « Illusions Perdues », réalisé par Xavier Giannoli
  7. « Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle », réalisé par Arthur Harari
  8.  

CÉSAR DE LA MEILLEURE ACTRICE
Leïla Bekhti dans « Les Intranquilles »
Valeria Bruni Tedeschi dans « La Fracture »
Laure Calamy dans « Une Femme Du Monde »
Virginie Efira dans « Benedetta »
Vicky Krieps dans « Serre Moi Fort »
Valérie Lemercier dans « Aline »
Léa Seydoux dans « France »

 

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR
Damien Bonnard dans « Les Intranquilles »
Adam Driver dans « Annette »
Gilles Lellouche dans « Bac Nord »
Vincent Macaigne dans « Médecin De Nuit »
Benoît Magimel dans « De Son Vivant »
Pio Marmài dans « La Fracture »
Pierre Niney dans « Boîte Noire »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE
Jeanne Balibar dans « Illusions Perdues »
Cécile De France dans « Illusions Perdues »
Aissatou Diallo Sagna dans « La Fracture »
Adèle Exarchopoulos dans « Mandibules »
Danielle Fichaud dans « Aline »

 

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE
François Civil dans « Bac Nord »
Xavier Dolan dans « Illusions Perdues »
Vincent Lacoste dans « Illusions Perdues »
Karim Leklou dans « Bac Nord »
Sylvain Marcel dans « Aline » 

 

CÉSAR DU MEILLEUR ESPOIR FÉMININ
Noée Abita dans « Slalom »
Salomé Dewaels dans « Illusions Perdues »
Agathe Rousselle dans « Titane »
Anamaria Vartolomei dans « L’événement »
Lucie Zhang dans « Les Olympiades »

 

CÉSAR DU MEILLEUR ESPOIR MASCULIN
Sandor Funtek dans « Suprêmes »
Sami Outalbali dans « Une Histoire D’amour Et De Désir »
Thimotée Robart dans « Les Magnétiques »
Makita Samba dans « Les Olympiades »
Benjamin Voisin dans « Illusions Perdues »

 

CÉSAR DU MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL
Valérie Lemercier, Brigitte Buc Pour « Aline »
Leos Carax, Ron Mael, Russell Mael Pour « Annette »
Yann Gozlan, Simon Moutàirou, Nicolas Bouvet-Levrard Pour « Boîte Noire »
Catherine Corsini, Laurette Polmanss, Agnès Feuvre Pour « La Fracture »
Arthur Harari, Vincent Poymiro Pour « Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE ADAPTATION
Yaël Langmann, Yvan Attal Pour « Les Choses Humaines »
Audrey Diwan, Marcia Romano Pour « L’événement »
Xavier Giannoli, Jacques Fieschi Pour « Illusions Perdues »
Céline Sciamma, Léa Mysius, Jacques Audiard Pour « Les Olympiades »
Mathieu Amalric Pour « Serre Moi Fort »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

Ron Mael, Russell Mael Pour « Annette »
Guillaume Roussel Pour « Bac Nord »
Philippe Rombi Pour « Boîte Noire »
Rone Pour « Les Olympiades »
Warren Ellis, Nick Cave Pour « La Panthère Des Neiges »

 

CÉSAR DU MEILLEUR SON
Olivier Mauvezin, Arnaud Rolland, Edouard Morin, Daniel Sobrino Pour « Aline »
Erwan Kerzanet, Katia Boutin, Maxence Dussère, Paul Heymans, Thomas Gauder Pour « Annette »
Nicolas Provost, Nicolas Bouvet-Levrard, Marc Doisne Pour « Boîte Noire »
François Musy, Renaud Musy, Didier Lozahic Pour « Illusions Perdues »
Mathieu Descamps, Pierre Bariaud, Samuel Aichoun Pour « Les Magnétiques »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE PHOTO
Caroline Champetier Pour « Annette »
Christophe Beaucarne Pour « Illusions Perdues »
Paul Guilhaume Pour « Les Olympiades »
Tom Harari Pour « Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle »
Ruben Impens Pour « Titane »

 

CÉSAR DU MEILLEUR MONTAGE
Nelly Quettier Pour « Annette »
Simon Jacquet Pour « Bac Nord »
Valentin Féron Pour « Boîte Notre »
Frédéric Baillehaiche Pour « La Fracture »
Cyril Nakache Pour « Illusions Perdues »

 

CÉSAR DES MEILLEURS COSTUMES
Catherine Leterrier Pour « Aline »
Pascaline Chavanne Pour « Annette »
Madeline Fontaine Pour « Délicieux »
Thierry Delettre Pour « Eiffel »
Pierre-Jean Larroque Pour « Illusions Perdues »

 

CÉSAR DES MEILLEURS DÉCORS
Emmanuelle Duplay Pour « Aline »
Florian Sanson Pour « Annette »
Bertrand Seitz Pour « Délicieux »
Stéphane Taillasson Pour « Eiffel »
Riton Dupire-Clément Pour « Illusions Perdues »

 

CÉSAR DES MEILLEURS EFFETS VISUELS
Sébastien Rame Pour « Aline »
Guillaume Pondard Pour « Annette »
Olivier Cauwet Pour « Eiffel »
Arnaud Fouquet, Julien Meesters Pour « Illusions Perdues »
Martial Vallanchon Pour « Titane »

 

CÉSAR DE LA MEILLEURE RÉALISATION
Valérie Lemercier Pour « Aline »
Leos Carax Pour « Annette »
Cédric Jimenez Pour « Bac Nord »
Audrey Diwan Pour « L’événement »
Xavier Giannoli Pour « Illusions Perdues »
Arthur Harari Pour « Onoda, 10 000 Nuits dans La Jungle »
Julia Ducournau Pour « Titane »

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE D’ANIMATION
« Empty Places » réalisé par Geoffroy De Crécy,
« Folie Douce, Folie Dure » réalisé par Marine Laclotte
« Le Monde En Soi » réalisé par Sandrine Stoïanov, Jean-Charles Finck
« Précieux » réalisé par Paul Ma

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE DOCUMENTAIRE
« America » réalisé par Giacomo Abbruzzese
« Les Antilopes » réalisé par Maxime Martinot
« La Fin Des Rois » réalisé par Rémi Brachet
« Maalbeek » réalisé par Ismaël Joffroy Chandoutis

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE DE FICTION 
« L’âge Tendre » réalisé par Julien Gaspar-Oliveri
« Le Départ » réalisé par Saïd Hamich Benlarbi
« Des Gens Bien » réalisé par Maxime Roy
« Les Mauvais Garçons » réalisé par Elie Girard
« Soldat Noir » réalisé par Jimmy Laporal-Trésor

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM D’ANIMATION
« Même Les Souris Vont Au Paradis » réalisé par Denisa Grimmovà, Jan Bubenicek
« Le Sommet Des Dieux » réalisé par Patrick Imbert
« La Traversée » réalisé par Florence Miailhe

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE
« Animal » réalisé par Cyril Dion
« Bigger Than Us » réalisé par Flore Vasseur
« Debout Les Femmes ! » réalisé par Gilles Perret, François Ruffin
« Indes Galantes » réalisé par Philippe Béziat
« La Panthère Des Neiges » réalisé par Marie Amiguet, Vincent Munier

 

CÉSAR DU MEILLEUR PREMIER FILM
« Gagarine » réalisé par Fanny Liatard, Jérémy Trouilh
« Les Magnétiques » réalisé par Vincent Maël Cardona
« La Nuée » réalisé par Just Philippot
« La Panthère Des Neiges » réalisé par Marie Amiguet, Vincent Munier
« Slalom » réalisé par Charlène Favier

 

CÉSAR DU MEILLEUR FILM ÉTRANGER
« Compartiment N°6 » réalisé par Juno Kuosmanen
« Drive My Car » réalisé par Ryûsuke Hamaguchi
« First Cow » réalisé par Kelly Reichardt
« Julie (En 12 Chapitres) » réalisé par Joachim Trier
« La Loi De Téhéran » réalisé par Saeed Roustayi
« Madres Paralelas » réalisé par Pedro Almodôvar
« The Father » réalisé par Florian Zeller

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 19:05

Clémence  finit son deuxième et dernier mandat de maire d'une ville de Seine Saint-Denis. Secondée par Yazid, son directeur de cabinet, il lui reste quelques semaines pour gagner un combat mener depuis longtemps : obtenir les 63 millions nécessaires à la réhabilitation de la cité des Bernardins.

Les Promesses est un film sur l'engagement local, le poids du pouvoir national et le renoncement en politique. Kruithof tricote son récit en une succession de promesses tenues ou pas : promesses d´argent, d´alliance, de poste. Les dialogues très bien écrits et les scenes d´échanges politiques sonnent réalistes.

Isabelle Huppert et Reda Kateb sont excellents entre idéalisme et cynisme. Ils sont entourés de très bons comédiens dont le très grand Hervé Pierre, Naidra Ayadi, Laurent Poitrenaux, Soufiane Kerrab...

 

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 16:05

En 1987, Philippe, écrivain américain célèbre, puise son inspiration des femmes de sa vie, et plus précisément ici de sa relation avec sa maîtresse anglaise.

En onze chapitres, Arnaud Desplechin s'approprie le livre Deception de Philip Roth et trace un portrait de l'écrivain, aux multiples obsessions dont l'antisémitisme (ou l'antisionisme), qui oscille entre féminisme et misogynie ; un chapitre est d'ailleurs consacré à un procès de l'écrivain face à un jury de femmes. Le réalisateur dessine aussi le portrait de la maîtresse, mariée et mère, malheureuse en famille, qui trouve une oreille attentive dans la garçonniére de cet écrivain qu'elle sait aussi pousser dans ses retranchements.

Les comédiens sont excellents. Léa Seydoux n'a sans doute jamais été aussi juste et Denis Podalydès prouve une fois encore qu'il peut tout jouer. A côté d'eux Emmanuelle Devos, fidèle au réalisateur, est magnifique, tout comme Anouck Grinberg qu'on retrouve avec plaisir au cinéma et Rebecca Marder, parfaite également.

Sur la forme, le film est superbe. La mise en scène de Desplechin est très belle, d'une grande précision, inventive, plaçant à  quelques reprises ses protagonistes dans des scènes de théâtre, utilisant toujours les marques de fabrique de son maître François Truffaut, passant du faux aux vrais avec fluidité. La photographie est également magnifique. Comme tous les films de Desplechin, celui-ci est bavard mais la qualité des dialogues et la musicalité des voix en font un plaisir de presque chaque instant. Cette belle démonstration de l'importance du réel dans la création, la façon avec laquelle l'écrivain vampirise ses proies, ceci non sans une certaine sincérité dans les sentiments, nous renvoie au travail du réalisateur dont on se souviendra, notamment, du procès que Marianne Denicourt lui fit à la sortie de Rois et Reine.

 

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24 décembre 2021 5 24 /12 /décembre /2021 19:14

Rahim est en prison depuis 3 ans car il doit de l'argent à son beau-père. Par hasard, il se retrouve en possession d'une somme qui pourrait inciter son créancier à retirer sa plainte.

Farhadi tisse, une nouvelle fois, sa toile autour d´un événement presque banal qui entraine ses héros dans une spirale infernale. Son récit aux multiples rebondissements est d'une mécanique implacable. Il emprisonne ses héros dans des décisions cornéliennes où se jouent l'honneur et la réputation si importants dans la société iranienne. Il dessine l'affrontement de personnages, ambiguës, mais dont les prises de positions sont entendables. Tous prisonniers d'une société où l'argent fait et défait des vies, efface les décisions de justice. Farhadi donne un fils à son héros, un jeune garçon bègue. Comme souvent dans ses films, l'enfant s'interroge, observe la folie des adultes et essaye de leur faire retrouver la raison.

La réalisation élégante offre de beaux plans sans jamais voler la vedette au récit. Ses acteurs sont tous parfaits d'Amir Jadidi, dans le premier rôle, jusqu'au jeune comédien qui interprète le fils de Rahim.

De retour en Iran, après un décevant film tourné en Espagne, Asghar Farhadi retrouve la grâce et l'humanisme qui marquent son œuvre.

Lire tous les posts sur les films d'Asghar Farhadi :

A propos d'Elly

Les enfants de Belleville

Une séparation 

Le passé 

Le client

Everybody Knows

 

 

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17 décembre 2021 5 17 /12 /décembre /2021 17:25

En 1960, à Angoulême, Anne étudiante prometteuse en littérature tombe enceinte. Alors que l'avortement est puni par la loi, Anne va chercher seule une solution.

Audrey Diwan adapte le récit autobiographique d'Annie Ernaux. La réalisatrice pose sa caméra au plus près de son héroïne pour plonger le spectateur au coeur de ses angoisses et de son combat. Le décompte des semaines et l'accompagnement sonore soulignent la tension et la grande solitude de la jeune femme face à une société qui lui confisque le droit de disposer de son corps et de mener sa vie comme elle l'entend. La remarquable interprétation d'Anamaria Bartolomei achève d'engager totalement le spectateur dans le combat d'Anne, qui demeure malheureusement d'actualité pour de nombreuses femmes dans le monde.

 

 

 

 

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 15:54

A la fin des années 80, Laura, finlandaise, vit à Moscou avec sa petite amie, une intellectuelle russe. Celle-ci annule à la dernière minute leur voyage pour le site archéologique de Mourmansk. Laura décide d'y aller seule. Dans le train qui l'emmène dans l'Antarctique, elle doit partager son compartiment avec un inconnu.

Le film se distingue par la simplicité de son axe narratif. Deux solitudes se rencontrent dans un train et vont se côtoyer le temps de ce long voyage de 2000 km. Les interactions extérieures et les circonstances vont les rapprocher petit à petit et effacer progressivement ce qui les oppose. Il ne faut pas s'y méprendre, il ne s'agit pas ici d'une comédie romantique mais plutôt d'une réflexion sur l'effet de la solitude, de l'éloignement des siens et d'une nouvelle promiscuité sur l'ouverture aux autres.

La réalisation brute sur les intérieurs rend parfaitement l'atmosphère particulière, à la fois inquiétante et riche de promesse, qui règne dans les trains de nuit. La rudesse du voyage dans les trains de l'URSS et celle du climat sert le besoin des protagonistes de créer du lien. Les prises de vue extérieures sont soignées et offrent de belles scènes de rencontres et de paysages étranges et  enneigés. Le film est porté par deux comédiens attachants, Seidi Haarla et Yuriy Borisov.

Grand Prix du Festival de Cannes 2021.

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 13:37

Au Québec, Aline Dieu, la petite dernière d'une famille de 14 enfants, a une voix exceptionnelle. Elle rêve d'être une star internationale et le deviendra.

Aline est naît de la vie de Céline Dion, star planétaire, dont les succès et la vie privée, dans ses moindres détails, ses joies et ses drames, sont connus de tous même des moins passionnés par la chanteuse. Valérie Lemercier s'empare donc de l'histoire de Céline Dion et en habille son héroïne, merveilleusement nommée Aline Dieu. Ce changement de patronyme donne à la réalisatrice une certaine liberté lui permettant, à côté du récit fidèle, d' "inventer juste".

Dans Aline, il est donc question de l'ascension mondiale d'une jeune chanteuse mais aussi de sa relation à sa famille nombreuse et à sa mère issue d'une milieu simple, de sa grande histoire d'amour, aussi curieuse que puissante, avec son manager, de la folle machine qu'est le show business qui, tout à la fois, libère les talents et abîme les stars.

Dans une réalisation très maîtrisée, aux plans précis dans ce qu'ils veulent dire, au montage au cordeau, au rythme mesuré jouant sur la rapidité à l'image de l'ascension de la jeune chanteuse et de la vie de la star et ayant une capacité à s'arrêter sur les moments de doutes et de lassitude, le film vise juste dans les émotions variées qu'il porte. Plusieurs scènes très drôles ou décalées s'immiscent ainsi dans un premier degré assumé.

Les comédiens sont excellents (les québecquois Sylvain Marcel, Danielle Fichaud, Roc LaFortune, Antoine Vézina, le frenchie Jean-Noël Brouté notamment et Victoria Sio pour le chant). Quant à Valérie Lemercier, elle s'offre son meilleur rôle en étant de tous les plans, interprétant le personnage principal à tous les âges et dans tous ses états.

La bande originale joue un rôle important dans la réussite du film en faisant la part belle à d'autres musiques que celles écrites pour Céline Dion. Aline s'ouvre ainsi, sur une très belle séquence qui positionne immédiatement le film à un certain niveau, sur la chanson Ordinaire de Richard Charlebois qui clôturera également le film. En fil rouge musical, on trouve le Nature Boy de Nat King Cole, auquel se joignent Rufus Wainwright, Elvis Presley, Andy Williams... et des reprises par Céline Dion de Janis Ian, Nicoletta, Louis Amstrong et bien sûr Eric Carmen. 

Au visionnage d'Aline une question se pose : ce film atypique, qui n'est pas un biopic mais n'en est pas moins un bel hommage, plaira t-il aux fans de la chanteuse ? Sa réussite en tout cas est déjà celle de plaire à ceux que la star ne passionne pas.

 

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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 18:30

Au XIXe siècle, à Angoulême, Lucien travaille dans l'imprimerie familiale et écrit des poèmes qu'il rêve d'éditer. Il tombe amoureux de Louise de Bargeton, une bourgeoise mal mariée. Tous deux partent pour Paris.

Giannoli adapte le roman de Gustave Flaubert racontant la transformation d'un provincial rêveur en arriviste, piégé et broyé par le système. L'histoire de Lucien de Rubempre dessine le portrait d'une société où tout s'achète, des sentiments aux particules, des réputations aux succès. Flaubert écrit une critique féroce de la presse qui monneyait ses articles ayant pouvoir de vie ou de mort sur toute oeuvre artistique.

Giannoli déploie des moyens colossaux, décors, costumes, figurants en nombre et une mise en scène ample pour conter ce Paris bouillonnant. Le mouvement est au coeur de chaque scène au rythme de cette ascension vertigineuse. Le casting est parfait (Cécile de France, Jeanne Balibar, Salomé Dewaels, Vincent Lacoste, Gérard Depardieu, Xavier Dolan, André Marcon, Jean-François Stevenin dans son dernier rôle) et Benjamin Voisin, déjà brillant dans Ete 85 de François Ozon, présent dans tous les plans, impressionne dans le rôle de Lucien de Rubempre.

 

 

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2 novembre 2021 2 02 /11 /novembre /2021 16:57

Alors qu'elle poursuit Julie, sa compagne, Raf tombe et se retrouve aux urgences où Yann, blessé lors d'une manifestation de gilets jaunes,.  vient aussi d'être admis 

Catherine Corsini, en nous plongeant au cœur des Urgences, fait le double portrait d'un hôpital public à l'agonie et d'une société aux abois et mise sur la victoire de la solidarité.

Pour qui a déjà fréquenté ne serait ce qu'un peu les urgences ou l'hôpital, le réalisme des situations saisie. Sans tomber dans l'effet catalogue, la réalisatrice met en scène plusieurs typologies de patients et d'intervention du personnel soignant.

Marina Fois, Valeria Bruni-Tedeschi et Pio Marmai, excellent, alternant comédie et drame. Mais c'est Aissatou Diallo Sagna, aide-soignante de profession, qui incarne à la fois la détresse de l'hôpital public et du travailleur pauvre, qui nous saisie d'émotions jusqu'à la dernière image.

L'expression film coup de poing prend ici toute sa dimension.

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 14:25

A Oslo, Julie hésite entre études de médecine, de psychologie, de photographie et multiplie les aventures. Un jour, elle rencontre Aksel et une certaine stabilité.

En 12 chapitres, un prologue et un épilogue, le film dessine le portrait de Julie et de ce et ceux qui font ce qu'elle est et devient. Joachim Trier nous invite durant 2h08 au plus près de son héroïne, une jeune femme, à la fois, pleine de vie et encombrée dans son existence.

Le personnage est porté par Renate Reinsve de tous les plans, qui déploie une vaste et précise palette de jeu pour figurer les multiples états de son personnage. Drôle, heureuse, sombre et désenchantée, raisonnable et déraisonnable, extrêmement changeante, Julie offre à Renate de jouer toutes les émotions et de relever le défi de  garder son personnage irrésistible. Sa prestation lui a valu le prix d'interprétation à Cannes. A ses côté, le très grand Anders Danielsen Lie, déjà remarquable, notamment, dans Oslo 31 août du même Joachim Trier et Ce sentiment de l'été de Mikhael Hers. Tous les deux rendent leurs personnages terriblement attachant.

Jonathan Trier leur offre un bel écrin avec des dialogues ciselés, un découpage rythmé, avec ce qu'il faut de musique et une réalisation mêlant naturalisme et onirisme. 

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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 14:20

 

 

En France, à Ennui-sur-blasé, le fondateur et rédacteur en chef du magazine The French Dispatch vient de mourir. Toute la rédaction se réunie pour lui rendre hommage.

Wes Anderson fait une ode au journalisme, façon The New Yorker, et à l'art de raconter des histoires. Et relève le défi de présenter un film tout à la fois époustouflant et décevant.

Le réalisateur choisit le film à sketchs qui endossent tous les styles de cinéma dont celui de l'animation et plusieurs références au cinéma français, Jacques Tati et la nouvelle vague notamment.

Le film est esthétiquement exaltant d'inventivité, de beauté formelle, d'une richesse étourdissante jusque dans les détails. Les dialogues sont à  l'avenant, mélangeant langue anglaise et française, humour, astuces et références multiples. Cette profusion réjouissante est aussi frustrante car elle donne le sentiment aux spectateurs de ne pouvoir tout percevoir.

Le casting quatre étoiles (Bill Murray, Owen Wilson, Tilda Swinton, Benicio del Toro, Adrian Brody,  Lea Seydoux, Timothee Chalamet, Frances Mc Dorman, Mathieu Amalric,...) dont certains acteurs dans des rôles très secondaires (Christopher Waltz, William Dafoe, Edouard Norton, Denis Menochet, Hyppolite Girardot, Félix Moati, Guillaume Galienne, Elisaberh Moss,...) ajoute à cette sensation de profusion.

Quant au scénario, il se cogne aux limites du film à sketchs : un film composé de plusieurs histoires successives d'un intérêt inégal et souvent inabouties.

L'ensemble laisse des sentiments contradictoires mêlant un enthousiasme réel pour la dextérité du réalisateur-créateur et la déception face aux faiblesses du scénario quelque peu étouffé par la richesse formelle.

 

 

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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 21:36

Suzanne, 16 ans, s'ennuie. Elle vit harmonieusement avec sa soeur et ses parents mais le lycée et les gens de son âge ne l'intéressent pas. Sur le chemin des cours, elle rencontre un beau jeune homme qui semble lui aussi se sentir seul.

Suzanne Lindon réalise et joue son premier film, fait de beaucoup de silences, de timidité, de moments de grâce et de délicatesse. Elle s'entourent de comédiens au jeu élégant (Arnaud Valois, Frédéric Pierrot, Florence Viala, Rebecca Marder) et joue, avec ses faux airs de Charlotte Gainsbourg, époque "Petite voleuse", parfaitement l'adolescente tout en gaieté et langueur. Christophe, Vivaldi et une chanson originale de Vincent Delerm accompagnent musicalement ce premier amour troublant et empêché.

Il se dégage de ce film, certainement pas parfait, une émotion qui emporte sans qu'on ne sache très bien pourquoi. Un effet diabolo...  grenadine.

 

 

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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 10:38

Damien,artiste peintre, vit avec Leila et Amin leur petit garçon. Ils s'aiment et auraient tout pour être heureux s'il ne fallait composer au quotidien avec la bipolarité de Damien.

S'inspirant de son histoire personnelle, Joachim Lafosse nous plonge au cœur de cette famille aimante que la maladie vient déstructurer. Sans pathos, il nous invite à vivre la maladie telle qu'elle est vécue par Damien et ses proches.

Damien Bonnard est impressionnant en artiste nourrit par sa maladie, hyper actif et incontrôlable quand elle l'envahit et éteint lorsque son traitement prend le dessus. Leïla Bekti en compagne compréhensive, attentionnée, inquiète et épuisée, impressionne également. Auprès d'eux, le jeune Gabriel Mère Chammah joue parfaitement.

Ce n'est pas le meilleur film de Joachim Lafosse mais la performance de ses interprètes à elle seule vaut le visionnage.

Lire les posts sur les autres films de Joachim Lafosse : Les chevaliers blancs   A perdre la raison

 

 

 

 

 

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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 20:04

Jean-Louis, avocat quadragénaire désabusé, se rend compte que son coeur ne bat plus. Avec sa femme et son meilleur ami, il part à la quête de la source de sa naissance.

Karin Viard, Vincent Macaigne, Nicole Garcia, Hélène Vincent et Laurent Lafitte s'en donnent à coeur joie, jouant à fond le décalage et la folie de ce scénario co-ecrit par Lafitte et, l'auteur de théâtre, Sébastien Thiery. C'est drôle, un peu con et surtout bien moins choquant que ce que certaines critiques laissent supposer.

 

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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 19:30

En 2021 en pleine crise sanitaire, après plusieurs semaines de répétition de "Le côté de Guermantes", l'administration de la Comédie Française décide de ne pas jouer la pièce. Le metteur en scène, Christophe Honoré et les comédiens de la troupe choisissent de poursuivre les répétitions dans un théâtre Marigny désert et dans une ambiance entre spleen et ivresse.

Claude Mathieu, Anne Kessler, Eric Genovese  Florence Viala, Elsa Lepoivre, Julie Sicard, Loic Corbery, Serge Bagdassarian, Gilles David, Stéphane Varupenne, Sébastien Pouderoux, Laurent Lafiitte, Dominique Blanc, Yoann Gasiorowski jouent leur propre rôle de comédiens se trouvant dans la situation inédite d'impossibilité de jouer et de comédiens interprétant Proust. Honoré joue son propre rôle et prend un malin plaisir à créer le trouble en mettant en scène le presque réel. Son film dessine un beau portrait de la vie d'une troupe de théâtre, ses complicités, ses disputes, ses doutes individuels et sa force collective. La Comédie Française, sous la direction d'Eric Ruff, s'acoquine régulièrement avec le cinéma, invitant des réalisateurs, adaptant des films, installant des écrans sur la scène de la salle Richelieu. Les admirateurs des talentueux comédiens de la Comédie Française ne seront donc pas surpris de les voir se prendre au jeu que leur propose Christophe Honoré.

A voir au cinéma à partir du 28 septembre.

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12 septembre 2021 7 12 /09 /septembre /2021 12:34

"Ca semble être l'histoire d'une femme qui s'en va." dit le dossier de presse. Évidemment, tout est dans le "semble". Il est vrai qu'il est difficile d'en dire plus sur le récit sans en dévoiler trop. 

Inspiré de la pièce Je reviens de loin de Claudine Galèa, Serre moi fort parle de l'absence et de ce qu'on en fait, de ce qu'en fait, Clarisse, son héroïne.

On retrouve dans Serre moi fort la virtuosité de Mathieu Amalric à raconter des histoires, et dessiner des portraits dans des montages complexes faits d'instantanés, de fragments qui éclairent petit à petit le récit. Serre moi fort se construit ainsi par petites touches, scènes de vie intemporelles, où l'émotion affleure. Seul regret dans ce montage : le choix du réalisateur de dévoiler sans l'assumer tout à fait le cœur du drame au 1/3 temps du film. Le cacher totalement ou le révéler dès le départ de façon claire aurait permis au spectateur de s'abandonner et d'accompagner au plus près Clarisse dans son voyage. Dans le rôle principal, Vicky Krieps (vue dans Phantom Thread) est exceptionnelle. Elle porte la puissance émotionnelle du film.

Lire les critiques de Tournée et Barbara  de Mathieu Amalric.

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 21:59

Yusuke Kafuku est un comédien de théâtre  classique. Il vit heureux et amoureux avec son épouse Oto, scénariste pour la télévision. Un jour, Yusuke surprend, sans que celle-ci s'en aperçoive, sa femme et son jeune amant. Yusuke choisit de taire cette découverte à Oto.

Ceci est le prologue de 45mn qui met en place tous les éléments matériels et symboliques d'une histoire très riche aux multiples interprétations. Entre huis clos et road movie, hymne à la créativité par l'abandon de soi, habité par des personnages marqués par la mort et passionnés par leur métier, Drive my car ne cesse d'intriguer pendant 3 heures. La beauté des images, le mystère des personnages, la poésie des rencontres, la mixité des langages, la force des silences, le poids de la culpabilité, le spleen de Tchekhov... tout dans ce film, adapté d'une nouvelle de Murakami, interpelle.

Ces personnages en souffrance trouveront dans l'écoute et la compréhension de l'autre une forme de repos.

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9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 16:19

Arrêté en Mauritanie, en novembre 2001, par les américains, Mohamedou Ould Slahi restera emprisonné pendant 14 ans à Guantanamo. 
Le film raconte son calvaire et son combat avec ses avocates américaines qui se battront contre le gouvernement, le FBI et l'armée qui l'emprisonnent sans preuve et en violation de tous les droits.
L'intérêt tient surtout dans cette histoire aussi incroyable que scandaleuse. On n'ose imaginer combien de Mohamedou Ould Slahi sont enfermés ainsi à Guantanamo. Cinématographiquement, Macdonald fait le job particulièrement servi par Jodie Foster et surtout Tahar  Rahim dans un rôle au registre multiple.

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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 17:57

En 1981, Hubert Bonisseur de la Bath a pour mission d´assurer la réélection du dictateur d'un pays d´Afrique cher à la France.

Il est peu de dire que ce 3e opus très (trop) attendu déçoit. Jean Dujardin, toujours parfait dans le rôle de l´abruti de service, est entouré de Pierre Niney, Natacha Lindinger, Fatou N'Diaye, Gilles Cohen  et le regretté Wladimir Yordanoff, tous très bons dans des seconds rôles non aboutis, sous exploités.

Le scénario semble ne pas savoir où donner de la tête et ne trouve jamais l´équilibre entre son récit d´aventure, le portrait d'Hubert le beauf et les messages politiques. 

Les dialogues tombent à plat et les gags peu originaux sont desservis par une réalisation qui manque de rythme et de précision. L´usage de la musique est aussi mal dosé.

Une comédie satirique politique comme OSS 117 nécessite une précision d´orfèvre absente ici.

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 16:56

Youri, grand adolescent, vit dans la cité Gagarine d'Ivry sur Seine menacée d'être détruite. Avec une partie des habitants, il lance une opération de sauvetage de l'immeuble où il a grandit et qu'il voit aussi comme sa "cité spatiale" lui qui rêve d'aller dans l'espace.

Les premières images présentent cet immense immeuble comme un vaisseau spatial qui domine le ciel. Toute une partie du film joue avec l'esthétique et les codes du film d'expédition dans l'espace. C'est assez beau et intrigant.

Quand le récit nous ramène sur des considérations plus terre à terre, il perd de sa singularité et le scénario confus révèle ses faiblesses. Ainsi le récit peine à se hisser à la hauteur du message poétique sur la force de l'enfance et de ses rêves et sur celui positif d'une banlieue unie, qu'il semblent vouloir porter.

Heureusement, les comédiens, Alseni Bathili et Lyna Khoudri notamment, irradient et nous raccrochent à leur histoire.

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 17:55

Henry McHenry stand-upper provocateur de renom et Ann Desfranoux délicate cantatrice star sont amoureux. De l'union de l'infréquentable et de la princesse naîtront un ogre et une enfant.

Carax présente un conte fantastique qui fait la part belle au lyrisme et à une énergie électrique qui nous gagne dès la scène d'introduction et la chanson titre des Sparks. Se succéderont une série de tableaux aux couleurs et décors superbes, mêlant références classiques et art video, aux ambiances romantiques, érotiques et terrifiantes. Le récit frôle parfois le vide sans jamais vraiment y tomber, régulièrement rattraper par une scène magique.

Leos Carax et les Sparks semblent avoir puisé dans les histoires récentes à l'origine ou issues du mouvement #metoo. On pense ainsi reconnaître dans le personnage d'Henry, Louis CK entre autres, mais aussi tous ses maris jaloux de l'aura de leur conjointe, et en Annette, ces enfants pantins-stars exploités par leurs parents.

On l'aura compris l'homme ne ressort pas grandi de ce conte fantastique musical, à la fois un peu bancal et superbement mis en images et en musique. Adam Driver dont le corps n'a jamais semblé aussi imposant impressionne face à une Marion Cotillard qui offre dans une partition ténue une interprétation parfaite.

Une oeuvre qui ne peut laisser indiffèrent qui, à plusieurs degrés, est, tout à la fois, emballante et désespérante.

En compétition officielle au Festival de Cannes 2021.

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5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 15:26

A New-York, Joe Gardner, professeur de musique dans un collège,  voit son rêve de jouer avec la saxophoniste Dorothea Williams exaucé. Mais un accident va le faire basculer dans une autre dimension.

Le nouveau film de Pete Docter auteur de Monstre et Cie et de Vice versa. Le propos, qui mêle peur de l'échec et recherche du sens de la vie, sans réelle originalité, n'échappe pas à une certaine naïveté. Son traitement est en revanche plus intéressant. La représentation des deux univers, la beauté du dessin, l'humour et l'énergie de l'ensemble emportent la partie.

 

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4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 12:26

Mai 2021, Nicolas, ancien président, propose à François, ex-président, de s'associer pour les prochaines élections présidentielles.

Anne Fontaine met en scène Nicolas Sarkozy et François Hollande ou plus précisément l'image que nous en avons : le nerveux, sportif de droite et le mollasson, soucieux de normalité de gauche. Jean Dujardin et Grégory Gadebois les incarnent avec juste ce qu'il faut d'imitation, servis par des dialogues reprenant les expressions et formulations favorites de chacun. Le résultat est absolument réjouissant. Les deux comédiens sont accompagnés par Pascale Arbillot et Doria Tillier, tous les quatre excellents.

Le scénario sert avant tout l'incongruité de la rencontre jouant avec les faux semblants et atermoiements des deux grands retraités forcés de la politique. Pas de réel message si ce n'est un clin d'œil féministe dans l'esprit du final de "Potiche" de Pierre Barilllet. "Présidents" est particulièrement drôle et c'est déjà beaucoup.

 

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