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Astrid Thomson réalise le rêve de son père : elle réuni quatre Stradivarius et engage des musiciens prestigieux pour jouer une partition de l'auteur contemporain Charlie Beaumont. Les choses ne se déroulent malheureusement pas aussi bien que prévu.

L'intrigue est des plus simples et son déroulé sans grande originalité. L'intérêt du film réside dans son contexte musical au plus près des instruments et du sens de la musique. La qualité de ses interprètes fait également beaucoup. Le réalisateur met en scène l'excellent Frédéric Pierrot et l'enthousiaste Valérie Donzelli. Il fait appel pour le quatuor à des comédiens véritables musiciens : Marie Vialle (violoncelle), Emma Ravier (alto), Daniel Garlitsky (violon), Mathieu Spinosi (violon), tous excellents.

La musique originale de Grégoire Hetzel participe également au charme du film.

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A Paris, Cécile, grande gagnante de Top Chef, prépare, avec son compagnon, l'ouverture de son restaurant. Quand son père qui tient un routier dans le Loir et Cher fait un 3e infarctus, elle part le voir. Cette visite à ses parents est aussi un retour en adolescence et les retrouvailles avec Raphaël.

Partir un jour enchante tout autant que On connaît la chanson d´Alain Resnay qui fonctionnait sur la même mécanique. Tous deux utilisent des chansons populaires pour exprimer les sentiments et émotions des personnages. Avec une différence notable qui est qu´ici ce sont les comédiens qui chantent, enchaînant dialogues et chansons avec une fluidité qui supprime rapidement toute sensation d´étrangeté. La nostalgie qui est un des grands sujets du film est particulièrement bien servie par les chansons créées, pour la plupart,  à l´epoque de l´adolescence de Cécile et Raphaël. Les rapports avec le père (Francois Rollin accompagné par Dominique Blanc) traite de la distance réelle ou pensée entre la province et Paris, ainsi que celle qui se serait créée avec ce transfuge de classe qu´est Cecile.

On se laisse porter, non sans émotion, par cette belle histoire d´amours et d´amitiés.

Juliette Armanet surprend favorablement et l´excellent Bastien Bouillon irradie. Ils étaient déjà très bien dans le sensible court métrage à l´origine du long (César du meilleur court métrage 2023). Leurs rôles étaient inversés mais la nostalgie et l´émotion portée par l´histoire et les chansons fonctionnaient déjà tout autant. 

Le court est à voir sur Arte en replay, le long se voit sur grand écran au cinéma.

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Le 13 novembre 2015, en Tunisie, près du village de Slatnya, Mabrouk Soltani, 16 ans, est décapité par des Djihadistes alors qu'il fait paître son troupeau dans la montagne. Son cousin qui l'accompagne est laissé en vie pour apporter la tête du supplicié à sa mère et témoigner de la punition.

10 ans plus tard, Lofti Achour renomme les deux enfants Nizar et Achraf et reconstitue les évènements. La complicité des cousins, la dureté de la vie au milieu d'un désert de cailloux, la beauté et l'indépendance de la cousine convoitée, le meurtre, la peur des représailles, le deuil impossible, la recherche du corps, l'indifférence des autorités, le traumatisme d'un enfant... Achour retrace cette histoire et ses conséquences immédiates à travers le regard traumatisé d'Achraf. C'est par lui qu'Achour fait le portrait d'une jeunesse sacrifiée, assassinée ou témoin de la barbarie. Ainsi quand dans un rêve Achraf revoit Nizar et lui demande s'il a souffert, Nizar lui répond "moins que toi".

Si le film est très fort par l'histoire dont il est tiré, il l'est également par la forme de son récit qui contre-balance la violence du propos par une vision onirique des relations entre les enfants et de leur rapport à la mort. Enfin, l'esthétique du film sert parfaitement le message. La photographie est magnifique, autant dans les quelques scènes d'intérieur que dans celles en montagne ou sur le sol aride qui entoure le village. La beauté et l'excellence des comédiens, dont les jeunes Ali Helali, Yassine Samouni et Wided Dabebi, est aussi remarquable.

Un film bouleversant à voir en salle.

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Inspirée par Raymond Depardon et Sophie Calle notamment, Zabou Breitman, secondée par le documentariste et monteur Florent Vassault, se lance à la recherche de l'identité d'un jeune garçon qui figure sur des photos de famille découvertes dans une brocante.

Mêlant et entremêlant documentaire et fiction, Le garçon propose une expérience unique.

Il s'agit de suivre l'enquête et de plonger dans la vie d'un inconnu à travers les réflexions de ceux, même s'ils ne l'ont pas connu, que Florent Vassault interroge lors de ses recherches et qui se prennent à imaginer qui il est, ce qu'il ressent, ce qu'il a vécu. Ces témoignages souvent empathiques semblent en dire tout autant si ce n'est plus sur ceux qui les portent.

Parallèlement, inventer 24h de la vie du garçon en se basant et en associant certaines photos, en les mettant en scène interprétées par des comédiens (Isabelle Nanty, François Berleand, Jean-Paul Bordes, Florence Muller...) qui reprennent pour dialogues les réflexions des "témoins". 

Si la partie recherches menées par Florent Vassault, qui occupe l'essentiel du film, tient en haleine, la partie fiction, pauvre en action par soucis de ne pas trahir ses personnages réels au destin inconnu, permet de donner vie au garçon et à sa famille. L'incarnation de Damien Sobieraff est pour beaucoup dans l'attachement qui gagne le spectateur et l'émotion qui le saisit.

Attention : surtout ne lisez pas les critiques ! Certains médias ont trouvé judicieux de dévoiler la fin de l'histoire, ce qui ne peut que gâcher le visionnage du film.

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En mai 1968, la famille Boltanski vit soudée dans un appartement de la rue de Grenelle. Entre effrois et envie d'en être, ils suivent les mouvements sociaux.

Le film est inspiré du livre autobiographique de Christophe Boltanski (prix Femina 2015). Les scénaristes ont toutefois choisi de concentrer son action en mai 68. Le film fait le portrait d'une famille haute en couleurs, marquée par la guerre et la déportation, vu par les yeux d'un petit garçon de 9 ans, Christophe, le narrateur.

Il est le seul avec ses parents à ne pas vivre en permanence dans l'appartement familiale qui est occupé par Grand oncle, linguiste, Petit oncle, plasticien qui a eu la mauvaise idée de lancer sa première exposition ce mois de mai, l'arrière grand-mère, nommée Arrière Pays, qui est arrivée d'Ukraine à la fin du XIXe siècle, Mère-grand sociologue et Père-grand, médecin généraliste qui a peur du sang. Ils vivent très soudés, semblant limité les sorties à l'extérieur de leur appartement au maximum. Au mieux, ils utilisent l'Ami 6 conduite par Mère-grand qui y donne ses rendez-vous.

Le film séduit par la générosité de ses comédiens, tous excellents, Dominique Reymond, d'une finesse de jeu inégalable, Michel Blanc, touchant de fragilité dans son dernier rôle, Liliane Rovere, géniale, William Lebghil, très crédible en linguiste premier degrés, Aurélien Gabrielli, tout à fait crédible en Christian Boltanski et la révélation, le jeune Ethan Chimienti. Mais le film séduit également formellement. Il nous invite dans les souvenirs de Christophe et en adopte les couleurs, les zooms sur des détails et le son du moteur du projecteur des films en super 8 de l'époque dans les scènes de voitures où le paysage qui défile est volontairement artificiel.

Un film charmant.

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