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Paula Cohen-Solal, patiente de Lilian Steiner, psychiatre, ne s'est pas présenté à ses trois derniers rendez-vous. Cette disparition va pousser Lilian à enquêter et va bouleverser ses relations familiales et sa façon d'exercer son métier.

Cette comédie psychologique a pour curiosité d'offrir à Jodie Foster son premier 1er rôle dans un film français et de plus dans une comédie. La comédienne, qui joue dans un français parfait, est excellente dans cette partition qui nécessite de passer sans cesse du 1er degré au décalage loufoque. Ces ruptures de ton désarçonnent parfois mais l'histoire rocambolesque est globalement plutôt réjouissante.

Autre belle surprise du film, le couple que forme Jodie Foster et Daniel Auteuil. Le duo fonctionne parfaitement et Auteuil, qui a débuté dans de sacrées comédies, a à nouveau l'oeil qui frise. On regrette que le scénario n'offre pas plus de scènes les réunissant, dans l'esprit d'un duo d'Agatha Christie du type Le crime est notre affaire déjà porté à l'écran par Pascal Thomas.

A leurs côtés, Mathieu Amalric, parfait en type antipathique, Vincent Lacoste et Virginie Efira dans de petits rôles et on retrouve toujours avec plaisir la sensible Luana Bajtami.

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Le 8 décembre 2018, les Gilets Jaunes manifestent dans le quartier des Champs- Elysées. Un jeune homme, venu de Saint-Dizier en famille, est touché à la tête par un tir de LBD. L'Inspection Générale de la Police Nationale enquête.

Après l'excellent La nuit du 12sur les féminicides et leur traitement par la société et les forces de l'ordre, Dominik Moll plonge au coeur des déficiences du maintien de l'ordre et celles rencontrées par la Police des Polices.

Le réalisateur et son scénariste, Gilles Marchand,  choisissent de placer leur récit lors des manifestations des Gilets Jaunes, mouvement populaire qui a vu Monsieur et Madame Tout le monde descendre dans la rue en masse, parfois pour la première fois de leur vie, face aux forces de l'ordre. Des événements qui ont mis en exergue les limites d'une Police protectrice du citoyen.

Sans pouvoir développer les origines du mouvement des Gilets Jaunes, il parvient à travers cette famille à dresser rapidement le portrait représentatif d'une partie des manifestants. Travailleurs sociaux venus autant pour défendre le service public que pour faire un peu de tourisme, et inexpérimentés dans le fonctionnement d'une manifestation. Face à ces novices, et à l'ampleur du phénomène envenimé par des manifestants violents, des forces de l'ordre dépassées, désorganisées, laissées sans consignes et complétées par des brigades n'ont entraîné au maintien de l'ordre.Le cocktail parfait pour que tout dérape.

Si le scénario est original, il est très documenté, s'inspire de faits réels et évite tout manichéisme. C'est au coeur de l'IGPN et de l'enquête que va mener le Commandant Stéphanie Bertrand, que le scénario peut déployer toute la complexité de la situation en y ajoutant celle du statut de Police des polices considérée comme traîtresse par le reste de la Police, comme partisane de ceux-ci par les citoyens et bridée par les pouvoirs publics. Le récit est parfaitement mené, avec fluidité, sans complexité inutile et sans temps mort.

Léa Drucker est, une fois encore, impressionnante d'incarnation, entre rigidité due à la fonction et humanité. Les comédiens qui l'accompagnent sont tous parfaits.

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Coline Murel ethnologue spécialiste du pôle nord débarque dans le Jura chez son frère, après des années d'absence.

Ce film étrange entre comédie et drame est porté par Blanche Gardin et ses deux acolytes Philippe Katerine et Bastien Bouillon. On ne sait trop quoi penser de ce récit. Sans passionné, il n'ennuie pas vraiment. On attend beaucoup. Un peu pour rien.

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En mai 1983, Johan Otto von Spreckelsen, architecte danois inconnu, remporte le concours Projet Tête Défense. Son hyper cube est choisi par François Mitterrand. Mais,l'architecte va être confronté à l'administration française, à un revirement politique (cohabitation de 1986) et à la remise en question de la faisabilité de son projet.

Stéphane Demoustier adapte le livre de Laurence Cossé qui raconte l'histoire de la Grande Arche et surtout des difficultés rencontrées par son créateur. On s'attache très vite à cet architecte danois en sandales, perdu sous les ors de la République et dans les modes de fonctionnement de l'administration française, et défiant le travail des maîtres d'oeuvres qu'il soupçonne d'être négligeants. Sa détermination à donner vie à son cube tel qu'il l'a imaginé, sans qu'on sache très bien si ses arguments techniques sont cohérents ou non, son impression que le "projet de sa vie" est intouchable puisque choisi par le roi François lui même, lui donnent par intermittence un air de ravi de la crèche, de poète, de Don Quichotte ou de jusqu'au-boutiste. Ainsi, le film débute comme une comédie et se finit comme un drame, donnant à ce soldat inconnu une reconnaissance bien tardive.

Johan Otto von Spreckelsen est particulièrement bien interprété par Claes Bang (déjà très bien dans The Square). Sidse Babett Knudsen et Swan Arlaud sont parfaits également. Xavier Nolan convainc moins. Quand à Michel Fau, il porte définitivement bien son nom.

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1938, Meursault, jeune employé français à Alger, enterre sa mère sans exprimer d'émotion et entame une liaison avec Marie.

François Ozon adapte le roman de Camus en un noir et blanc sublime (Manu Dacosse, chef opérateur) qui magnifie la beauté et le corps de Benjamin Voisin. Peut-être un peu trop. L'image frise parfois celles d'un magazine en.papier glacé. Ce n' est pas l'esthétique qu'on imaginait pour l'étrange personnage dessiné par Camus.

Le scénario rappelle en introduction du film avec des images d'archives, le contexte colonial de l'histoire et donne un nom à la victime et à sa soeur. Alors que dans le livre Camus ne l'appelle que "l'Arabe" signifiant ainsi la violence de la colonisation sur la population autochtone. Population nièe au point que le procureur semble vouloir condamner Meursault essentiellement en raison de son comportement à l'égard de la mort de sa mère.

 Le réalisateur fait de Meursault un homme plus taiseux et inquiétant que celui du livre. Notamment dans la séquence dans l'asile de sa mère où dans l'écriture de Camus Meursault est plus bavard et semble plus mal à l'aise ou maladroit qu'indifférent. Le Meursault de Camus semble ignorer les codes sociaux. Quand on les lui soumet, il les trouve inutiles. Il veut vivre au présent sans regret du passé, sans se projeter dans l'avenir. Jusqu'au jour où il tue un homme et où il comprend immédiatement que lui qui veut rester constamment dans le même quotidien, vient de s'imposer un destin.

Aussi, dans le film, on ne retrouve pas vraiment les références à la lumière, à la couleur blanche aveuglante, à la chaleur et aux sons qui poursuivent Meursault tout au long de son récit et qui joueront un rôle important dans le meurtre, seul moment où Ozon en fait ouvertement et assez maladroitement référence, avec le reflet du soleil sur le couteau de la victime. En n'insistant pas sur ces éléments naturels que Camus souligne tout au long du récit, Ozon édulcore le portrait de Meursault.

Côté interprétation, si on peine à oublier Benjamin Voisin (pourtant excellent comédien) derrière Meursault, Rebeca Marder, Pierre Lotin, Denis Lavant, Swann Arlaud, Nicolas Vaude, Jean-Charles Clichet, Christophe Malavoy et, dans une courte mais marquante apparition, Mireille Perrier, sont parfaits.

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