SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

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3 janvier 2020 5 03 /01 /janvier /2020 15:34

Paul et Myriam engagent Louise comme nounou pour leurs deux jeunes enfants.

Lucie Bordeleau prend le difficile pari de mettre en images le livre de Leila Slimani. La réalisatrice décide de déconstruire le récit  précis de l'écrivain et réduit cette histoire complexe en un scénario sans nuances avec un suspens qui n'existe pas dans le livre car il n'en ai pas le sujet. Cette réécriture donne un récit appauvri sans émotion ou réelle tension, que quelques artifices grossiers échouent à créer. La scène finale confirme l'incapacité du film à atteindre l'esprit du livre. La qualité d'interprétation des comédiens n'y peut rien. Adultes, Karin Viard en tête, et enfants sont parfaits.

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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 15:16

Fabienne, comédienne star du cinéma français,  vient de publier ses mémoires. Sa fille Lumir arrive de New-York, avec mari et enfant, pour fêter cet événement. A moins que ce ne soit pour régler quelques comptes.

Kore-Eda tourne pour la première fois en France et relève haut la main le défi de composer un film dans un cadre, un jeu et un esprit très français. Il installe deux  histoires, celle du film et celle du film dans le film, pour traiter son sujet fétiche la filiation et la famille en général. Il joue, sans la ménager avec l'image d'icône du cinéma français qu'est Catherine Deneuve. L'actrice est parfaite en star peau de vache abusant de son aura. Et Kore-Eda lui offre des répliques cinglantes très drôles. Juliette Binoche est confondante de naturelle en fille, mi-amusée, mi-agacée, à qui on ne la fait plus, mais qui est toujours en quête d'une mère et d'une vérité. Le duo de comédiennes onctionne parfaitement et apporte au film un rythme enlevé et ton sarcastique réjouissants.

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24 décembre 2019 2 24 /12 /décembre /2019 21:18

Maud Crayon, architecte exploitée par son patron, mère débordée plus par le père de ses enfants que par les enfants eux-mêmes, enceinte sans l'avoir voulu, remporte le prestigieux concours de la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre Dame.

"Notre dame" offre du grand Donzelli. Cette cinéaste du bonheur envers et contre tout, nous emporte dans son univers poétique et fantasque. Les comédiens qui l'accompagnent sont tous excellents. A commencer par Valérie Donzelli, elle-même et Christophe Deladonchamps au premier plan puis dans les seconds rôles, Virginie Ledoyen, Bouli Lanners, Thomas Scimecca, Isabelle Candelier, Philippe Katerine, Samir Guesmi parmi lesquels on remarque particulièrement Claude Perron, hilarante.

Un film joyeux et désabusé, décalé et cynique, romanesque et drôle.

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 21:12

A New-York, dans les années 50, Lionel Esrogg, détective privé atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur la mort de son patron et ami Frank Mina.

Edward Norton propose, devant et derrière la caméra, un film policier à l'ancienne et en profite pour passer quelques messages sur le racisme anti afro-americains, sur l'acceptation de la différence, sur la corruption et la folie immobilière qui piétine les plus faibles. L'intrigue fonctionne particulièrement par le traitement qu'en fait Norton. L'ambiance 50's, le grain de l'image, le montage qui ménage rythme, suspens et humour donnent tout son charme au film. L'impeccable composition d'Edward Norton est la cerise sur ce gâteau que l'on aurait tout de même aimé un peu moins long.

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16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 17:46

Sarah, astronaute, est sélectionnée pour un voyage d'un an vers Mars. Entre son entrainement physique et technique et sa préparation à la séparation d'avec sa fille de 6 ans, les préparatifs sont éprouvants.

Alice Winocour propose un space movie sans espace qui replace sans cesse son héroïne face à la dichotomie entre son attachement à la terre et son rêve d'aventure extra-terrestre. Entre documentaire, l'entrainement de l'astronaute est précis, et mélodrame, sans pathos appuyé, Proxima est un beau film sur le sacrifice, le renoncement. 

Eva Green est parfaite en femme, tout à la fois, déterminée et concentrée sur son objectif et rattrapée par son instinct maternelle. 

Un film original par son propos et sa forme parfaitement maîtrisés.

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 13:58

Franz Jaggerstatter, paysan autrichien, fervent catholique, affiche ouvertement son anti-nazisme. En février 1943, alors qu'il est appelé sur le front, il refuse de jurer fidélité au fuhrer.

A travers ce magnifique portrait de Franz Jaggerstatter, Terrrence Malik interroge, notamment, sur la place dans l'Histoire de l'homme de rien porté par ses convictions,  la force donnée par la foi et les doutes que l'horreur fait naître sur Dieu. Mais plus qu'un film sur la foi en Dieu, "La vie cachée" proclame la foi en l'homme. Le réalisateur alterne les scènes désespérées et mortifères avec celles de bonheur et de vie incarnés par la nature, l'amour et l'enfance.

Formellement très beau, le film impressionne autant par ses plans panoramiques que par ses gros plans ou cadrages dècentrés sur les visages, les mains qui s'etreignent, les pieds d'un enfant... La beauté se cogne sans cesse aux conséquences de l'horreur de la guerre et du nazisme dans ce petit village tranquille. August Diehl et Valerie Pachner, sont tous deux magnifiques. Seul bémol, la seconde partie du film dédiée au martyr de Franz perd de sa force de par sa longueur.

On demeure touché par la beauté et la cruauté de ce sacrifice, et la grandeur de cette petite histoire dans la grande Histoire du monde.

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 19:43

Elia Suleiman vit à Nazarreth, en Palestine. Il part observer la vie à Paris et à New-York.

Le récit enchaine de grands moments de vide, beaucoup de clichés et des plaisanteries faciles.

Quitte à enfoncer les portes ouvertes mieux aurait value y aller carrément et remplir ces 1h38mn du burlesque que semble apprécier le réalisateur du film, qui s'avère de plus être un piètre comédien.

Ici, les silences et les 3 phrases de dialogues pseudo poétiques semblent brandis pour parer le film d'une posture intellectuelle qui ne fait guère illusion. On ne retient que la vacuité de l'ensemble.

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