SansCrierArt : Aperçu critique de l'actualité culturelle. Comptes-rendus d'expositions, de pièces de théâtre, de films et de tous autres évènements culturels.

Rechercher

28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 16:34

Janet a invité chez elle des amis proches pour fêter sa toute nouvelle nomination en tant que ministre de la santé. La soirée ne se déroule pas comme prévu.

Étrange, et intrigant, ce huis clos tendu dans sa forme et son propos ne fonctionne pas vraiment. Malgré le casting élégant, le rythme haletant, la réalisation au plus près des comédiens, dans un noir et blanc qui joue sur l'obscurité installant aisément l'ambiance de malaise, on n'accroche jamais vraiment. Le film, très bavard, présente des dialogues sans réel humour ou transcendance et dispose d'un scénario trop maigre pour sortir de la simple anecdote. 

Partager cet article
Repost0
27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 17:05

Un producteur de musique en recherche de succès décide de créer un groupe composé d'un rabin, d'un imam et d'un prêtre.

On ne comprend pas pourquoi Eboué place tant de blagues sous la ceinture d'autant qu'elles ne sont pas drôles. Tout comme l'ensemble du film qui enchaîne de longues séquences de remplissage et les situations genantes par leur absence d'intérêt comique ou philosophique. On tient jusqu'au bout de l'heure trente du film avec difficulté.

Partager cet article
Repost0
26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 17:17

En 1994, Nancy Kerrigan, patineuse américaine, est frappée au genou à coup de barre de fer. Sa rivale, Tonya Harding est soupçonnée d'avoir organisé l'agression.

Moi, Tonya raconte l'histoire de Tonya Harding, depuis son enfance auprès d'une mère maltraitante qui veut absolument en faire une championne jusqu'à l'agression de Nancy Kerrigan, en passant par son mari violent et le premier triple axel féminin qui lui apporte une certaine notoriété.

Violence, bêtise et vulgarité habitent ce biopic sans concession à la fois drôle, cynique et terrifiant qui en retraçant le destin de la patineuse dessine un portrait au vitriol d'une certaine Amérique. Le réalisateur en choisissant de donner la parole à ses protagonistes échappe au biopic paresseux. Son montage rapide, ses dialogues crus et son ton ironique bannissent  tout pathos sans, toutefois, nier la part tragique de cette vie pourrie, faite d'agression, de rejet social, de bêtise et de trahison.

Partager cet article
Repost0
24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 19:29

Maryline quitte sa province pour devenir actrice.

Gallienne semble vouloir conter la difficulté de faire sa place dans le milieu du cinéma lorsqu'on est une jeune femme provinciale, taiseuse et alcoolique...

On ne comprend pas l'intérêt du propos tant le personnage est chargé. De plus, le scenario, très décousu, semble s'intéresser surtout au milieu violent et mesquin dans lequel tente d'évoluer Maryline plutôt qu'à Maryline elle-même. Du coup, c'est la prestation de 5 minutes de Vanessa Paradis en Jeanne Moreau qui marque le film.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 18:16

A Londres, dans les années 50, Reynolds Woodcock est le couturier que tout le gotha s'arrache. Reynolds accorde peu d'intérêt à ses compagnes jusqu'au jour où il rencontre Alma.

Cette histoire d'amour entre l'artiste égocentrique obsessionnel et l'oie blanche au fort caractère ne vaut que par son emballage élégant (costumes et décors) et par la qualité du duo Daniel Day Lewis - Vicky Krieps. Le 3e personnage (Lesley Manville) à la tonalité hitchcockienne est trop peu exploité pour apporter le piment qui manque à cette histoire.

 

 

Partager cet article
Repost0
19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 23:28

Pendant la guerre froide, Elisa, muette, est femme de ménage dans un laboratoire des services secrets de l'Etat. Un jour, elle découvre plongée dans un bassin d'eau une créature étrange mi-homme, mi-poisson.

Visuellement, le film est plutôt intrigant. Il nous plonge dans les années 60 esthétiquement toujours agréables. La photographie est soignée utilisant des filtres de couleurs, évoquant du sous Caro et Jeunet. Cet esthétique marquée à l'excès séduit et irrite tout à la fois. Le monstre marin est esthétiquement étonnant en phase avec le reste du décor, d'un style à l'ancienne. Côté interprétation, Sally Hawkins et Michael Shannon sont accompagnés par Richard Jenkins,  Octavia Spencer et Michael Sthulbarg, tous les cinq très bons dans ce style étrange.

Pour ce qui est du scénario, il est plus difficile d'y trouver des points d'intérêt. L'histoire manque cruellement d'ambition, tant dans sa partie thriller que dans sa romance. Tout semble inabouti, terriblement premier degré, dans une sorte de guimauve à la Disney. On se rend rapidement compte qu'il ne faudra rien attendre de puissant dans ce récit. L'ennui et une certaine indifférence emportent la partie.

Le film est nommé 13 fois aux Oscars.

A voir en salle dès le 21 mars.

Partager cet article
Repost0
17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 14:48

Jacques, grand reporter, traumatisé par la mort récente et violente de son co-équipier, accepte une mission pour le Vatican : rejoindre la commission qui enquête sur Anna, une jeune fille de 18 ans qui déclare avoir vu la vierge.

Les films de Giannoli traitent tous du mensonge et de l'imposture (A l'Origine, Marguerite, Superstar) et L'Apparition ne déroge pas à la règle en interrogeant sur la foi et la réalité des déclarations d'une jeune fille. Cependant, on ne sait trop que penser des intentions du réalisateur ? Réelle réflexion sur la foi ou thriller ? Giannoli nous perd dans un récit flottant dans lequel il ménage un suspens un peu vain.  

Bien que Galatéa Bellugi (Anna) et Vincent Lindon (Jacques) soient parfaits d'intensité, l'ensemble manque cruellement d'émotion que seule la musique de George Delerue, utilisée en fin de film, parviendra à installer. 

Au final, on retient surtout de l'Apparition qu'il s'éternise sur 2h15.

 

Partager cet article
Repost0
16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 15:35
Affiche 3 billboards sanscrierart

Mildred Hayes loue trois panneaux d'affichage pour provoquer le shérif qui, après plusieurs mois d'enquête, n'a toujours pas arrêté l'assassin de sa fille. 

 A la fois violent, mordant, drôle et émouvant, Trois Billboards bouscule le spectateur. Ce drame en Amérique profonde où les gentils ne le sont pas vraiment et les méchants pas tout à fait, joue sur toutes les gammes. La complexité des personnages, la richesse des situations et l'incongruité des rebondissements attisent notre curiosité. Le casting, mené par Frances Mc Dormand glaçante en mère courage intransigeante, est parfait.

Si certains parti-pris ou ruptures de ton nous laissent perplexe, la richesse du film et son originalité marque durablement.

Partager cet article
Repost0
14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 20:52

En juin 1944, Robert Antelme, résistant,  vient d'être arrêté par la gestapo. Sa femme  Marguerite Duras tente, avec l'accord de son réseau, d'obtenir des informations auprès de Rabier, agent français de la gestapo.

Emmanuel Finkiel adapte fidèlement le livre de Marguerite Duras.Tout en restant fidèle à l'angoisse et la noirceur de l'ouvrage, il illustre la vie de Marguerite et celle qui l'entoure. La reconstitution de l'époque nous plonge immédiatement dans cette période d'entre deux, entre terreur et espoir, bonheur de la victoire et attente du retour des déportés.

Le film perd un peu en intensité dans sa deuxième partie. C'est celle de l'interminable attente, plus difficile à traduire cinématographiquement, mais où le réalisateur fait toute la place au texte de Duras par la voix off de Mélanie Thierry. Une Mélanie Thierry qui captive dans ce rôle de femme aux émotions complexes.

Partager cet article
Repost0
3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 19:17

Dans les années 50, au cœur du parc d'attraction de Coney Island, Ginny, comédienne ratée, est serveuse. Elle est mariée avec Humpty qui est réparateur de manège et est la maîtresse de Mickey, le maître nageur. Un jour, Carolina, la fille d'Humpty, demande à son père de l'héberger.

La beauté de la photo très colorée, portant la pâte du cinéma de l'époque avec des allures de carte postale, et le travail sur la lumière frappent dès les premières images. Le décor dans lequel évolue l'action, entre manège et plage, est propice à de beaux jeux de mises en scène. Kate Winslet est parfaite.

Pourtant, si on est habitué à la verve de Woody Allen, elle semble ici inutilement redondante, provoquant rapidement l'ennui. Cette histoire un peu pauvre manque terriblement de fantaisie pour intéresser vraiment.

Alors on se raccroche au jeu des ressemblances avec la propre histoire bousculée du cinéaste. La rousseur de Ginny, qui s'illusionne sur sa vie, l'amant qui la quitte pour sa belle fille, le père qui reproche à sa fille son ingratitude, le fils qui met le feu partout où il passe... On s'amuse comme on peut.

Partager cet article
Repost0
2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 18:52

Quand William, l'avocat avec lequel il travaillait, tombe gravement malade, Roman est perturbé. Dans le duo qu'il formait avec William, il était l'homme de l'ombre, plongé dans les dossiers. Il se trouve en première ligne et peine à faire cohabiter ses principes et les règles de la profession.

Le comportement étrange et l'agilité de son intelligence, laisse penser que Roman est atteint du syndrome d'asperger sans que cela soit dit de façon explicite. Sa probité apparente semble bien vite bousculée. Le profil psychologique du personnage est confus. Et on peine à suivre la teneur de ses intentions. Tout comme celles du film dans son ensemble.

Si Denzel Washington est très bien dans le rôle, il ne peut sauver une histoire dont on ne perçoit pas l'intérêt.

Partager cet article
Repost0
1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 20:44

Voici les nominations pour les Césars qui auront lieu le 2 mars prochain (en jaune, mes choix). MIse à jour du 3 mars en vert les gagnants

Meilleur film : 
- 120 battements par minute
- Le sens .de la féte
- Barbara
- Au revoir là-haut
- Petit paysan
- Patients
- Le brio


Meilleure actrice :
- Jeanne Balibar dans Barbara
- Juliette Binoche dans Un beau soleil intérieur
- Emmanuelle Devos dans Numéro Une
- Marina Foïs dans L'Atelier
- Charlotte Gainsbourg dans La Promesse de l'Aube
- Karine Viard dans Jalouse
- Doria Tiller dans Monsieur & Madame Adelman

 

Meilleur acteur :
- Daniel Auteuil dans Le Brio
- Jean-Pierre Bacri dans Le Sens de la fête
- Albert Dupontel dans Au revoir là-haut
- Swann Arlaud dans Petit Paysan
- Guillaume Canet dans Rock n' Roll
- Louis Garrel dans Le Redoutable
- Reda Kateb dans Django

 

Meilleur réalisateur :
- Robin Campillo pour 120 battements par minute
- Albert Dupontel pour Au revoir là-haut
- Mathieu Amalric pour Barbara
- Julia Ducournau pour Grave
- Hubert Charuel pour Petit paysan
- Michel Hazanavicius pour Le Redoutable
- Eric Toledano et Olivier Nakache pour Le sens de la fête

 

Meilleure actrice dans un second rôle :
- Laure Calamy dans Ava
- Anaïs Demoustier dans La Villa
- Sara Giraudeau dans Petit Paysan
- Adèle Haenel dans 120 Battements par minute
- Mélanie Thierry dans Au revoir là-haut

 

Meilleur acteur dans un second rôle :
- Niels Arestrup dans Au revoir là-haut
- Laurent Lafitte dans Au revoir là-haut
- Gilles Lellouche dans Le Sens de la fête
- Vincent Macaigne dans Le Sens de la fête
- Antoine Reinartz dans 120 Battements par minute

 

Meilleur scénario original
- Robin Campillo ("120 Battements par minute")
- Mathieu Amalric et Philippe Di Folco ("Barbara")
- Julia Ducornau ("Grave")
- Claude Le Pape et Hubert Charuel ("Petit Paysan")
- Eric Toledano et Olivier Nakache ("le Sens de la fête")

 

Meilleur premier film
- Grave
- Jeune femme
- Monsieur & Madame Adelman
- Patients
- Petit paysan

Partager cet article
Repost0
1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 16:39
Lady_bird_sanscrierart

En 2002, à Sacramento, Christine, 17 ans, rêve d'ailleurs. L'année prochaine l' université l'attend. L'occasion, ou pas, de partir pour New-York et d'entrer dans la vraie Vie.

Ce teen movie, qui a emballé les critiques aux Etats-unis, concourt dans cinq catégories aux prochains Oscars. L'actrice Greta Gerwig (Frances Ha, Eden, Jacky, To Rome with love...) a réalisé ce film quasi autobiographique. On y retrouve le tout venant des films du genre : premier amour, meilleure copine fidèle et moche, niveau social non assumé, rapports conflictuels avec le frère et la mère autoritaire, père largué... Le tout se déroule sans surprise ni grande originalité.

Si le scénario ne passionne pas, la mise en image n'est pas déplaisante et surtout les interprètes séduisent. Saoirse Ronan (Brooklyn) est, là encore, épatante, accompagnée par des seconds rôles impeccables.

Un film charmant qu'on oubliera vite.

A voir en salle à partir du 28 février 2018.

 

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 16:41
Lady_bird_sanscrierart

Pierre a repris la ferme de ses parents. Il y élève seul des vaches laitières sous le regard inquisiteur de sa mère (Isabelle Candelier) et aidé des soins de sa sœur (Sara Giraudeau), vétérinaire. Alors qu'une épidémie a décimée plusieurs troupeaux en Belgique, Pierre découvre que l’une de ses vaches est infectée. 

"Petit Paysan" n'est pas un film rural de plus dans le cinéma français mais plutôt le premier témoignage fictionné de la dure vie d'éleveur.

Hubert Charuel a tourné dans la ferme de ses parents au plus près de la réalité du terrain, au plus près des vaches. Son héros, interprété tout en intériorité par un Swann Arlaud, qui porte le film, incarne la passion quasi sacerdotale d'un métier injuste qui peut verser dans l'enfer.

Sans tomber dans le documentaire, le réalisateur filme son héros avec une certaine froideur et une précision chirurgicale. Cette absence de pathos accentue l'empathie pour ce jeune fermier qui se débat sans aucune aide possible alors que son monde s'écroule implacablement.
 

Partager cet article
Repost0
26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 19:46

Adrien, jeune adolescent timide, maniaque et taiseux, alterne vie chez sa mère célibataire excentrique et chez son père remarié et pointilleux. Lorsque le secret de sa mère se révèle à lui, Adrien va changer.

Sur un sujet grave, l'enfant face à la maladie et la mort, les deux réalisateurs offrent une proposition drôle, sensible et émouvante sans tomber (tout à fait) dans le pathos. Leur angle qui passe par le regard d'Adrien, sans négliger les portraits des adultes, séduit d'emblée. La grâce d'Igor Van Dessel (déjà remarqué dans L'échange des princesses) et de ses partenaires Suzanne Clément et Pascal Demolon, porte le film. La réalisation soignée offre de beaux moments oniriques et la bande son variée fonctionne parfaitement.

 

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 13:52

 

Le 10 mai 1940, Neville Chamberlain, premier ministre, est poussé à la démission par l'opposition. Winston Churchill est choisi pour le remplacer au grand dam du roi et de nombreux politiques qui voit en Churchill un va-en-guerre irresponsable. Pour son premier mois en poste, Churchill doit défendre sa position anti reddition et organiser l'opération Dynamo pour sauver ses hommes piégés sur la plage de Dunkerque.

Le scénario très didactique permet de bien comprendre le pourquoi du comment, les enjeux et les choix stratégiques tant militaires que politiques. La réalisation alerte et créative contrebalance l'abondance de dialogues et la rigueur des discours tout en servant la lisibilité de l' histoire. Quant à Churchill,  brillamment interprété par Gary Oldman,, Joe Wright dessine un portrait que l'on sent mené par l'admiration tout en laissant place aux critiques de ses opposants et en pointant ses petits travers intimes. 

Ceux qui connaissent leur Churchill sur le bout des doigts n'apprendront rien de nouveau, les autres passeront un agréable moment.

Partager cet article
Repost0
10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 18:56

Eric Barbier adapte le livre autobiographique de Romain Gary.

Sa distribution dans un premier temps surprend en la personne de Charlotte Gainsbourg dans le rôle de la mère. L'actrice y est impeccable au point, qu'à plusieurs reprises, au cours du film, on s'étonne de la qualité de sa performance... ce qui nous sort un peu du personnage. Pierre Niney est lui aussi très bien dans le rôle de Romain Gary même si on garde du romancier, cinéaste et diplomate le souvenir d'une stature plus imposante.

Le film est agréable et l'émotion agit à plusieurs reprises. Pourtant, sur la longueur, il affiche également une certaine fadeur. Il lui manque un petit quelque chose pour emporter pleinement.

Bref, on retrouve le problème récurrent lors de l'adaptation d'un livre, associé ici à la difficulté de l'incarnation d'une personnalité connue : on n'imaginait pas les choses lues ainsi et on ne retrouve pas tout à fait l'image que l'on a de Romain Gary. Abstraction faite de ces deux points, on peut passer un bon moment très romanesque.

 

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 19:12
echange_des_princesses_sanscrierart

En 1721, Louis XV, onze ans est déjà orphelin. A 13 ans, il sera majeur et roi. En attendant, c'est le régent, Philippe d'Orléans qui gère le royaume et organise "l'échange des princesses" pour préserver la paix entre la France et l'Espagne.

Il est ici question du destin de quatre enfants sacrifiés sur l'autel de la royauté, de la religion et des manœuvres politiques. Plus que l'Histoire et ses complots qui ne semblent pas l'intéresser vraiment, Dugain peint le portrait de ces enfants traités comme de la marchandise par des adultes dégénérés qui manigancent pour garder le pouvoir et préserver les dynasties au sein de Cours gangrenées par la maladie et le vice.

Le film se regarde avec intérêt et sans ennui, mais il lui manque un petit quelque chose pour marquer vraiment. Pourtant, la photographie, les costumes et les décors sont particulièrement soignés. Les jeunes comédiens sont parfaits et entourés d'adultes de premier choix, Olivier Gourmet, Andréa Ferreol, Lambert Wilson et surtout Catherine Mouchet dont on retrouve la grâce avec toujours autant d'émotion.

 

Partager cet article
Repost0
27 décembre 2017 3 27 /12 /décembre /2017 21:29

Un jeune couple amoureux vit dans une maison auquel Il tient et qu'Elle voudrait quitter. Lorsqu'il meurt, victime d'un accident de voiture, il est condamné à rester dans cette maison, sans elle, en l'état de fantôme. 

Lowery donne à son histoire de fantôme une esthétique faussement épurée qui s'avère très marquée. Elle sert ou dessert le film selon qu'on trouvera cette dernière bienvenue ou lourde et ridicule. A ghost story, pauvre en dialogue (à l'exception d'un monologue indigeste), sans événement et d'une grande lenteur narrative, repose essentiellement sur elle. Avec ce dépouillement plus prétentieux que puissant, le réalisateur semble miser beaucoup sur l'imaginaire du spectateur pour donner un peu d'épaisseur à son film. 

C'est un peu court pour ce film qui semble aussi long qu'une vie passée à hanter le passé.

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 17:37
logan8Lucky_affiche

En Virginie, les frères Logan n'ont jamais eu de chance, l'un a perdu un bras en Irak, l'autre s'est abîmé le genou alors qu'une carrière de joueur de football lui tendait les bras. Pour sortir de la galère, ils organisent un braquage.

Soderberg abandonne le bling bling des Ocean's Eleven et nous emmène dans l'Amérique profonde, auprès d'un milieu social où la vie est moins facile, où certains ont donné beaucoup pour le drapeau Américain, où le travail à la mine est rude et précaire, où les petites filles rêvent d'être mini Miss. Le réalisateur n'abandonne pas son goût pour les braquages astucieux, les films de divertissement au second degrés assumé, au rythme marqué par une bande son soignée.

Mais, ici,  le braquage semble presque un prétexte pour dessiner le portrait d'une certaine Amérique à l'abandon. Soderberg ajoute du fond au divertissement et un casting étonnant (Channing Tatum, Adam Driver, Daniel Craig, Katie Holmes, RileyKeough) qui élèvent subtilement le film à un autre niveau.

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 18:23

Dans les années 60, à Suburbicon, ville pavillonnaire paisible, deux cambrioleurs pénètrent dans la maison de Gardner et Margaret Lodge. 

La réalisation de George Clooney, dés les premières minutes, ne préserve aucun suspens. On s'attend donc à ce que le film affiche une proposition artistique, un ton fort. Aussi, la déception est grande face à une mise en scène plate et maladroite. La réalisation de Clooney manque terriblement de caractère et de maîtrise  Tout tombe à plat. Scène d'humour ou de burlesque, scène de frisson ou d'angoisse... rien ne fonctionne. Clooney ne parvient pas à donner à la mise en scène de cette histoire de pieds nickelés, typiquement Cohenienne, l'esprit qu'elle nécessite. Dommage.

 

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 18:01
affiche-prendre-le-large-gael-morel-sanscrierart.com

L'usine textile dans laquelle travaille Edith délocalise sa production. Contre toute attente, Edith décide de suivre son employeur. Elle quitte Lyon pour  reprendre son travail d'ouvrière à Tanger.

Les clichés et les invraisemblances règnent dans ce film, où Gaël Morel dessine ses personnages à gros traits sans nuance, des homosexuels parisiens aux ouvrières jusqu'aux marocains qui n'ont jamais été aussi peu sympathiques. Edith, elle aussi, créé peu l'empathie. Ses actions ou absence de réaction, assez peu compréhensibles, ne nous aident pas à cerner les motivations du personnage. Sandrine Bonnaire, en femme résolue, à moins qu'elle ne soit dépressive, on ne comprend pas trop, peine à convaincre dans un jeu mono-expressif. Elle est entourée de comédiens au talent très inégaux desservis par des dialogues ineptes. Même Tanger, ville pourtant o combien séduisante, fait pâle figure. Ici tout et tous sont décrits grossièrement, du récit, aux personnages qui l'habitent, aux lieux qui l'accueillent, aux contextes sociaux et culturels dans lequel il baigne. Au final, on ne distingue pas ce que Gaël Morel veut nous conter. Son portrait de femme est lacunaire, celui de la mondialisation qui broie les petits survolé, celui du rapport mère-fils convenu. Si ce sont les trois sujets qui l'intéressent, son film n'en traite vraiment aucun.

 

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 15:21
Aurevoirlahaut_sanscrierart.com

9 novembre 1914, alors que l'armistice s'annonce, un lieutenant, fou de guerre, envoie ses soldats au combat. Édouard est gravement blessé pendant l'assaut et devient pour toujours une gueule cassée. De retour à Paris, avec son ami de tranchées, Albert, il va, par désespoir et vengeance, mettre au point une arnaque aux monuments aux morts.

Albert Dupontel adapte le livre de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013. Dans les précédents films de Dupontel, de pure création, c'est avant tout son inventivité dans les sujets abordés, le dessin des personnages, l'audace du propos et son militantisme affiché qui séduisaient. Ici il s'approprie l'oeuvre d'un autre pour la mettre en images. Tout en jouant à fond la carte du romanesque, il conserve sa part de poésie lunaire et son point de vue militant dénonçant les salauds, les injustices faites aux "petits", les manquements de l'Etat.

Les plans se succèdent, à la fois imaginatifs et beaux, dans une grande fluidité. Les décors et  les costumes reconstituent l'époque avec élégance et sans encombrement. La belle musique de Christophe Julien sert le romanesque avec retenu. Les comédiens (Niels Arestrup, Laurent Lafitte, Émilie Dequenne, la lumineuse Mélanie Thierry, Michel Vuillermoz, André Marcon, Philippe Uchan, Nahuel Perez Biscayar, la jeune Eloise Balster  et Albert Dupontel lui même) jouent leur partition avec sobriété. Tous les aspects du film semblent tendre vers un même objectif : ne pas tomber dans la lourdeur, le pathos et éviter tout excès. Ainsi, les moments où un tel risque apparaît sont parfaitement dosés sans pour autant anesthésier toute émotion. Du beau cinéma.

Partager cet article
Repost0
7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 19:08

Emmanuelle Blanchey, ingénieure brillante dans une importante entreprise française, est la seule femme du comité exécutif. Un groupe d'influence, promouvant la place des femmes dans les postes importants, lui propose de soutenir sa candidature à la direction d'une entreprise du CAC 40.

Tonie Marshall envisageait à l'origine de présenter cette histoire sous forme de série. Et, il s'avère qu'à plusieurs reprises au visionnage du film, on se laisse à penser qu'un format au long cours aurait était plus intéressant. Certains rebondissements incongrus et des raccourcis un peu caricaturaux, sans doute dûs à la modification du format, desservent le propos.

On suit tout de même le film sans déplaisir portés par la qualité générale de l'interprétation. Emmanuelle Devos est parfaite comme toujours.

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 18:56

Christian, conservateur d'un musée d'art contemporain à Stockholm, se fait fort d'être à l'écoute de la misère social. Alors qu'il vient d'acquérir pour son musée une nouvel oeuvre d'art en phase avec ses convictions, il se fait voler son portefeuille et son téléphone. Pour les récupérer, il met au point un stratagème qui prend une tournure inattendue.

Rubens Ostlünd traite, une fois encore, de la lâcheté. Lâcheté physique, lâcheté intellectuelle... le personnage central semble porter la lâcheté sous toutes ses formes, tout comme l'environnement qu'il fréquente. Ostlünd place son histoire dans le milieu de l'art et de l'art contemporain en particulier et en profite pour dénoncer tous ses excès et sa part de ridicule. 

Esthétiquement le film est parfaitement maîtrisé, les comédiens sont excellents et le scénario plutôt bien foutu. Le film aurait gagné a être un peu plus court (2h30!). Mais il faut avouer qu'on ne s'ennuie jamais vraiment.

Voir les commentaires

Partager cet article
Repost0