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Dans la nuit du 12 octobre 2016, près de Grenoble, Clara, 19 ans, est brûlée vive par un inconnu. L' enquête est menée par la PJ.

Dès la première image, il est annoncé que le criminel, comme dans près de 20% des affaires judiciaires en France, ne sera pas trouvé. Cette absence de coupable est au coeur du film mais il n'en est pas le sujet. Dominik Moll nous plonge au sein d'une brigade de la police judiciaire, dans le quotidien de ses policiers qui font face aux obstacles logistiques dans la conduite de leur enquête et aux impacts psychologiques et émotionnels que l'horreur des crimes leur inflige.

Il ne faut pas s'y méprendre. Il ne s'agit pas d'un remake du L627 de Bertrand Tavernier, fiction quasi-documentaire sur les conditions de travail de la police. Dans La Nuit du 12, le réalisateur interroge fortement le rôle des hommes et leur regard sur ce féminicide et sa victime. Yohann, le chef d'équipe et son co-équipier Marceau, tout deux hantés par l'incompréhension d'une telle l'horreur, font face à la tentation de certains de leurs collègues de réduire Clara au statut de "fille facile". Et quand ils interrogent les hommes de la jeune vie de Clara, ils font le constat que tous auraient pu commettre ce crime. Les personnages féminins peu nombreux, dont la meilleure amie de Clara, sont là pour recadrer et rappeler l'importance de ce crime et le statut de victime de Clara. Une de ces héroïnes, une policière ayant rejoint la brigade, s'interroge sur une police d'hommes qui enquête sur des hommes qui assassinent des femmes. Un monde d'hommes pour les hommes.

La réalisation, dans des paysages de montagne à la fois magnifiques et austères, souligne l'intranquiilité  et la solitude. Solitude des proches de la victime face à la peine et l'incompréhension, solitude du policier face à l'horreur et l'incapacité de trouver le coupable. Dominik Moll réalise ici sans doute son meilleur film. En plus de ses qualités d'écriture, le scénario se déroule sans temps morts et distille avec finesse ses messages, et de la justesse de sa réalisation, le film affiche une distribution parfaite avec en tête Bastien Bouillon, Bouly Lanners, Pauline Seryers, Julien Frison et Anouck Grinberg.

Le film est inspiré du livre ,18.3, une année à la PJ de Pauline Guena (Denoël)

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Le réalisateur au style très marqué (Roméo+Juliette, Moulin Rouge et Gatsby le magnifique...) propose un biopic d'Elvis Presley qui conte la vie du chanteur de sa naissance à son décès à 42 ans.

C'est par la voix du Colonel Parker, imprésario d'Elvis qui escroqua la star et dont le réalisateur laisse à penser qu'il a poussé Elvis dans la tombe, que Luhrmann fait le récit de ce destin exceptionnel. 

Elvis, porte drapeau du Rock'n Roll, artiste solo ayant vendu le plus de disques au monde, est interprété par Austin Butler impressionnant d'incarnation dans un rôle très physique. Tom Hanks, comédien dont le talent n'est plus à prouver, croule un peu sous le maquillage. La réalisation de Luhrmann qui change de plan toutes les 2 secondes ne laisse pas beaucoup d'espace à l'expression de son jeu.

Si on passe outre la réalisation épileptique, le film fait le job. On en sort rincé à l'image d'Elvis que les shows à répétition ont usé prématurément.

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Amin, 36 ans, réfugié afghan à Copenhague, raconte son histoire. Dans les années 80, il a dû quitter son pays pour l'URSS avec sa mère, ses frères et soeurs. Et a vécu comme il a pu entre un statut de clandestin traqué par une police corrompue, les tentatives de traversées vers la Scandinavie avec des passeurs sans scrupules, la séparation et les mensonges.

Ce film d'animation qui conte une histoire vraie se positionne comme un documentaire avec une double narration, le témoignage d'Amin sur son passé et la présentation de sa vie actuelle. Aux témoignages politique et intime s'ajoutent la beauté des dessins, des extraits de reportages vidéos d'époque et la sensibilité du texte et de son interprétation (Damien Bonnard et Kyan Khojandi dans la version française)

Sa construction particulière a valu à Flee d'être nommé aux Oscars 2022 dans 3 catégories : meilleur film d'animation, meilleur film international et meilleur documentaire 

A voir sur Arte.tv

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Le tournage d'un court métrage de zombies tourne au carnage.

Michel Hazanavicius présente le remake du film japonais Ne coupez pas de Shin'ichirō Ueda. Il en conserve l'intrigue et la construction en 3 parties : le court métrage, la préparation du tournage et le tournage.

La première demi-heure consacrée à la diffusion du court métrage, on ne peut plus raté, pourra paraître pénible aux non avertis du pourquoi du comment mais elle intriguera et fera rire ceux qui sauront que son intérêt réside dans le développement des deux parties suivantes. Il faut donc savoir être patient et bon enfant pour apprécier cette première demi-heure.

Les deux parties suivantes sont drôles (particulièrement celle du tournage) et l'ensemble est un hommage décalé au cinéma, aux affres de la création et aux artisans qui forment l'équipe nécessaire à la réalisation d'un film.

Romain Duris est excellent de bout en bout, très bien accompagné par Bérénice Bejot, Finnegan Oldfield et l'hilarant Grégory Gadebois.

Si Coupez ! n'est pas le meilleur film d'Hazanavicius,  il nous offre un bon moment de folie.

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Palme d'or : Triangle of Sadness/ Sans filtre de Ruben Ostlund (Palme d'or en 2017 pour The Square et Prix du jury pour Snow Therapy en 2014)

Grand Prix ex-aequo : Close de Lukas Dhont (Caméra d'or pour Girl en 2018) et Des étoiles à midi de Claire Denis.

Prix du Jury ex-aequo : Les huit montagnes de Charlotte Vandermeersch et Félix Van Groeningen - Sortie en salle : le 21 décembre et Eo de Jerzy Skolimowski (Grand Prix du Jury pour le Cri du sorcier en 1978, Prix du scénario pour Travail au noir en 1982)

Prix Spécial 75e festival : Tori et Lokita de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Palme d'or en 1999 pour Rosetta,  Palme d'or en 2005 pour l' Enfant, Prix du scénario pour Le silence de Lorna en 2008, Grand Prix pour Le gamin au vélo en 2011, Prix de la mise en scène pour Le Jeune Ahmed en 2019) - Sortie en salle : le 28 septembre 

Prix de la mise en scène : Decision to leave de Park Chan-Wook (Grand Prix pour Old Boy en 2004, Prix du jury en 2009 pour Thirst) Sortie en salle : le 29 juin.

Prix du scénario : Boy from heaven - La Conspiration du Caire de Tarik Saleh - Sortie en salle : le 9 novembre 

Prix d'interprétation masculine : Song Kang-ho dans Les Bonnes Etoiles de Hirokazu Kore-Eda ( Prix du jury pour Tel père, tel fils en 2014, Palme d'or pour Une affaire de famille en 2018) - Sortie en salle : le 7 décembre 

Prix d'interprétation féminine : Zar Amir Ebrahimi dans Holy Spider / Les nuits de Mashhad d'Ali Abbasi (Prix Un certain Regard pour Border en 2018) - Sortie en salle : le 13 juillet 

 

 

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