cinema

En 1960, à Angoulême, Anne étudiante prometteuse en littérature tombe enceinte. Alors que l'avortement est puni par la loi, Anne va chercher seule une solution.

Audrey Diwan adapte le récit autobiographique d'Annie Ernaux. La réalisatrice pose sa caméra au plus près de son héroïne pour plonger le spectateur au coeur de ses angoisses et de son combat. Le décompte des semaines et l'accompagnement sonore soulignent la tension et la grande solitude de la jeune femme face à une société qui lui confisque le droit de disposer de son corps et de mener sa vie comme elle l'entend. La remarquable interprétation d'Anamaria Bartolomei achève d'engager totalement le spectateur dans le combat d'Anne, qui demeure malheureusement d'actualité pour de nombreuses femmes dans le monde.

 

 

 

 

Voir les commentaires

A la fin des années 80, Laura, finlandaise, vit à Moscou avec sa petite amie, une intellectuelle russe. Celle-ci annule à la dernière minute leur voyage pour le site archéologique de Mourmansk. Laura décide d'y aller seule. Dans le train qui l'emmène dans l'Antarctique, elle doit partager son compartiment avec un inconnu.

Le film se distingue par la simplicité de son axe narratif. Deux solitudes se rencontrent dans un train et vont se côtoyer le temps de ce long voyage de 2000 km. Les interactions extérieures et les circonstances vont les rapprocher petit à petit et effacer progressivement ce qui les oppose. Il ne faut pas s'y méprendre, il ne s'agit pas ici d'une comédie romantique mais plutôt d'une réflexion sur l'effet de la solitude, de l'éloignement des siens et d'une nouvelle promiscuité sur l'ouverture aux autres.

La réalisation brute sur les intérieurs rend parfaitement l'atmosphère particulière, à la fois inquiétante et riche de promesse, qui règne dans les trains de nuit. La rudesse du voyage dans les trains de l'URSS et celle du climat sert le besoin des protagonistes de créer du lien. Les prises de vue extérieures sont soignées et offrent de belles scènes de rencontres et de paysages étranges et  enneigés. Le film est porté par deux comédiens attachants, Seidi Haarla et Yuriy Borisov.

Grand Prix du Festival de Cannes 2021.

Voir les commentaires

Au Québec, Aline Dieu, la petite dernière d'une famille de 14 enfants, a une voix exceptionnelle. Elle rêve d'être une star internationale et le deviendra.

Aline est naît de la vie de Céline Dion, star planétaire, dont les succès et la vie privée, dans ses moindres détails, ses joies et ses drames, sont connus de tous même des moins passionnés par la chanteuse. Valérie Lemercier s'empare donc de l'histoire de Céline Dion et en habille son héroïne, merveilleusement nommée Aline Dieu. Ce changement de patronyme donne à la réalisatrice une certaine liberté lui permettant, à côté du récit fidèle, d' "inventer juste".

Dans Aline, il est donc question de l'ascension mondiale d'une jeune chanteuse mais aussi de sa relation à sa famille nombreuse et à sa mère issue d'une milieu simple, de sa grande histoire d'amour, aussi curieuse que puissante, avec son manager, de la folle machine qu'est le show business qui, tout à la fois, libère les talents et abîme les stars.

Dans une réalisation très maîtrisée, aux plans précis dans ce qu'ils veulent dire, au montage au cordeau, au rythme mesuré jouant sur la rapidité à l'image de l'ascension de la jeune chanteuse et de la vie de la star et ayant une capacité à s'arrêter sur les moments de doutes et de lassitude, le film vise juste dans les émotions variées qu'il porte. Plusieurs scènes très drôles ou décalées s'immiscent ainsi dans un premier degré assumé.

Les comédiens sont excellents (les québecquois Sylvain Marcel, Danielle Fichaud, Roc LaFortune, Antoine Vézina, le frenchie Jean-Noël Brouté notamment et Victoria Sio pour le chant). Quant à Valérie Lemercier, elle s'offre son meilleur rôle en étant de tous les plans, interprétant le personnage principal à tous les âges et dans tous ses états.

La bande originale joue un rôle important dans la réussite du film en faisant la part belle à d'autres musiques que celles écrites pour Céline Dion. Aline s'ouvre ainsi par un très beau plan, qui positionne immédiatement le film à un certain niveau, sur la chanson Ordinaire de Richard Charlebois qui clôturera également en un pic émotionnel le film. En fil rouge musical, on trouve le Nature Boy de Nat King Cole, auquel se joignent Rufus Wainwright, Elvis Presley, Andy Williams, Marie Laforêt... et des reprises par Céline Dion de Janis Ian, Nicoletta, Louis Amstrong et bien sûr Eric Carmen. 

Au visionnage d'Aline une question se pose : ce film atypique, qui n'est pas un biopic mais n'en est pas moins un bel hommage, plaira t-il aux fans de la chanteuse ? Sa réussite en tout cas est déjà celle de plaire à ceux que la star ne passionne pas particulièrement.

 

Voir les commentaires

Au XIXe siècle, à Angoulême, Lucien travaille dans l'imprimerie familiale et écrit des poèmes qu'il rêve d'éditer. Il tombe amoureux de Louise de Bargeton, une bourgeoise mal mariée. Tous deux partent pour Paris.

Giannoli adapte le roman de Gustave Flaubert racontant la transformation d'un provincial rêveur en arriviste, piégé et broyé par le système. L'histoire de Lucien de Rubempre dessine le portrait d'une société où tout s'achète, des sentiments aux particules, des réputations aux succès. Flaubert écrit une critique féroce de la presse qui monneyait ses articles ayant pouvoir de vie ou de mort sur toute oeuvre artistique.

Giannoli déploie des moyens colossaux, décors, costumes, figurants en nombre et une mise en scène ample pour conter ce Paris bouillonnant. Le mouvement est au coeur de chaque scène au rythme de cette ascension vertigineuse. Le casting est parfait (Cécile de France, Jeanne Balibar, Salomé Dewaels, Vincent Lacoste, Gérard Depardieu, Xavier Dolan, André Marcon, Jean-François Stevenin dans son dernier rôle) et Benjamin Voisin, déjà brillant dans Ete 85 de François Ozon, présent dans tous les plans, impressionne dans le rôle de Lucien de Rubempre.

 

 

Voir les commentaires

Alors qu'elle poursuit Julie, sa compagne, Raf tombe et se retrouve aux urgences où Yann, blessé lors d'une manifestation de gilets jaunes,.  vient aussi d'être admis 

Catherine Corsini, en nous plongeant au cœur des Urgences, fait le double portrait d'un hôpital public à l'agonie et d'une société aux abois et mise sur la victoire de la solidarité.

Pour qui a déjà fréquenté ne serait ce qu'un peu les urgences ou l'hôpital, le réalisme des situations saisie. Sans tomber dans l'effet catalogue, la réalisatrice met en scène plusieurs typologies de patients et d'intervention du personnel soignant.

Marina Fois, Valeria Bruni-Tedeschi et Pio Marmai, alternant comédie et drame, sont excellents. Mais c'est Aissatou Diallo Sagna, aide-soignante de profession, qui incarne à la fois la détresse de l'hôpital public et du travailleur pauvre, qui nous captive et crée l'émotion jusqu'à la dernière image.

L'expression film coup de poing prend ici toute sa dimension.

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog