Châteauroux, fin des années 50, Rachel rencontre Philippe. Elle est employée à la sécurité sociale, il est lettré, traducteur à la base américaine, issu d'une famille bourgeoise. Ils s'aiment mais lui tient à sa liberté et aime l'argent.
Adaptation du livre de Christine Angot qui raconte l'histoire de ses parents et de son enfance marquée par la non reconnaissance de son père. Niels Schneider est particulièrement convaincant jouant l'ambiguïté et la suffisance de ce type infect, malsain et narcissique. Virginie Efira est aussi excellente dans un rôle également complexe de femme à la fois fragile et forte. Sur son visage se succèdent en une seconde l'éclat de l'amour et la sidération causée par le mépris et l'ignominie de cet homme. Dans le rôle de Chantal/Christine, Estelle Lescure et Jehnny Beth, qui assure également la voix off,sont très bien également.
Le film est un beau portrait de femme courageuse, foncièrement bonne et une déclaration d'amour d'une fille en colère à sa mère.
Dans les montagnes et le désert du sud marocain, Luis cherche sa fille qui a disparue depuis 5 mois. Avec son jeune fils Esteban, il se joint à des ravers espérant l'y retrouver.
Syrat est paraît-il un film qui se ressent, joue sur les sensations, l'hypnose par la musique techno notamment. Et il semblerait que si le spectateur n'est pas sensible à cela, il ne lui reste plus grand vhose. Le rythme très lent du récit, sans péripéties particulières avant la première heure, ne passionne pas. Le portrait des personnages est bâclé. On ne sait rien d'eux ou presque, cela n'aide pas vraiment à se passionner pour leur destinée. Les événements qui arrivent dans les trois derniers quart d'heure, spectaculaires, nous réveillent mais sont un peu vains.
Bastien Grimaldi, écrivain, ancien reporter, se fait violemment agresser à plusieurs reprises sans raison apparente.
Le 4e film de Claude Pinoteau avec Lino Ventura est un polar comme le cinéma français en faisait dans les années 70 et 80. Si dans un premier temps le film intrigue, rapidement le scénario (de Pinoteau et Dabadie) se révèle peu crédible, tarte et totalement caricatural. La musique de Vladimir Cosma est malheureusement en parfaite adéquation.
Mais c'est l'occasion de revoir Ventura dans un rôle taillé sur mesure accompagné de seconds rôles plaisants : Jean Poiret, Léa Massari, Béatrice Agenin, Elisabeth Bourgine, Annick Alane et Jean-Pierre Bacri. Mais aussi des comédiens moins inspirés dans des rôles grossièrement dessinés.
En Normandie, Francis et ses fils, Matthieu et Eric, travaillent dans la même usine. Lorsque Francis est licencié pour avoir fumer sur son lieu de travail, Matthieu tente en vain de mobiliser son frère et leurs collègues.
Il y a 25 ans, Benoit Magimel impressionnait déjà par son talent d'incarnation, sa capacité à dire beaucoup dans une grande sobriété. A ses côtés, Nathalie Baye est resplendissante en femme libre, consciente et assumant son statut de bourgeoise.
Xavier Beauvois trace le constat d'une lutte des classes vaine moins manichéenne qu'il n'y paraît.
Armande reproche à sa sœur Henriette de vouloir se marier. Pourquoi devenir la "servante" d'un homme alors qu'on peut librement élever son esprit à la philosophie ?
Une tante nymphomane. et pédante, une mère imbue d'elle-même et intransigeante, un père bon mais lâche devant sa femme, un pseudo poète escroc... Emma Dante s'empare de ces personnages totalement cinglés dont on ne sait pas très bien si l'un d'eux trouvait grâce aux yeux de leur créateur.
Pour entrée en matière, les comédiennes apparaissent dans leur tenue civile tandis que les comédiens sortent de vieux coffres ou armoires, raidis, poudrés et empoussiérés dans leurs costumes d'époque. Une façon de signifier que la gente masculine n'a pas beaucoup évolué depuis le XVIIe siècle ? Petit à petit les comédiennes se parent à leur tour de leurs perruques XXL, costumes colorés, robes en crinoline difficilement manipulables... Chacun s'agite à l'excès dans une gestuelle très moderne. L'excès formel accompagne l'excès des pensées, des jugements et des comportements de ces drôles de personnages. Comme pour contrebalancer ce trop plein, extrêmement jouissif et souvent hilarant, la metteuse en scène présente un décor minimaliste : de hautes cloisons au papier peint à fleurs en 3D qui apparaissent et disparaissent à volonté, un divan et méridienne à chausse trappe sur roulettes qui par leur mobilité participent au burlesque de la mise en scène. Ces partis pris mettent en avant la grande part comique de la pièce qu'Emma Dante choisie de surligner. Elle y ajoute des interludes musicaux (Lenny Kravitz, Bjork, Billie Eilish, Clash, Giulia Mei) joliment chorégraphiés qui marquent les changements d'acte.
La troupe du Français est une fois encore (ou comme toujours) excellente : Elsa Lepoivre, Laurent Stocker, Stéphane Varupenne, Eric Genovese, Edith Proust, Jennifer Decker, Gaël Kamilindi, Sefa Yeboah, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesseles accompagnés de Diego Andres, Hyppolyte Orillard, Alessandro Sanna et Sabino Civilleri.
Cette nouvelle proposition de la pièce de Molière est extrêmement réjouissante.