L'Hyper Weekend Festival en janvier 2026 ouvrait pour la première fois la scène du Studio 104 à Marguerite.
Armée de son seul EP de 6 titres, la jeune chanteuse ouvre ce spectacle de 55 minutes par un joli texte aux mots très bien posés, avec, au piano, Chloé Antoniotti. Pour la suite du concert, créé sous le signe des fées, Marguerite est accompagnée par un batteur, une guitariste et une claviériste et par des guests pour des duos efficaces : Moon, Lujipeka, Voyou, The Doug, Camille Yembé et Alex Montembault pour une reprise de "Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux" et François Henri qui a arrangé son EP pour un inédit.
Un concert intéressant pour faire connaissance avec une artiste à la plume aiguisée, musicalement très bien accompagnée et à la personnalité bien dessinée.
En 1985, Vincent, 13 ans, vit avec ses parents et son frère dans un quartier populaire des Yvelines. Alors que son père cache qu'il est au chômage, que sa mère veut évoluer dans son travail, que son frère aîné, Arnaud, monopolise leur chambre commune, Vincent prépare sa bar-mitsva et tombe amoureux.
Toledano et Nakache nous plongent dans les années de leur adolescence et reconstituent l'esthétique, la culture et l'atmosphère sociale et politique de l'époque. On s'amuse en retrouvant les objets du quotidien tels le téléphone fixe socotel, les vignettes sur le pare brise de la voiture, les vêtements et les canapés en cuir, les platines disques, les magnétoscopes et les VHS. On s'enthousiasme de réentendre les tubes de The Cure, Joy Division, Imagination, Simply Red, Toto, Earth, Alan Parson Project, Wind and Fire, Kelsey Lu, Christopher Cross... mais aussi François de Roubaix, le compositeur culte des musiques des films qui passaient à la télévision le dimanche soir. On est ému de revoir le générique de clôture d'Antenne 2 créé par Folon sur une musique d'une tristesse infinie de Michel Colombier.
Mais surtout, on s'attache à ce jeune Vincent, interprété par le craquant Simon Boublil, à son frère que joue Alexis Rosenstiehl, une révélation avec sa belle gueule et son jeu plus vrai que nature, ainsi qu' à ses parents Yves, Louis Garrel décidément très drôle en type un peu dépressif et lâche, et Sandrine, Camille Cottin emplie d'énergie positive et d'émotion. Pierre Lottin, coupe mulet et accent franchouillard est très bien en gardien d'immeuble (même si on pourra penser qu'il joue sans cesse le même rôle). Les jeunes copains de Vincent sont justes, tout particulièrement Jeanne Lamartine, l'amoureuse frondeuse.
Le récit enchaine les évènements simples d'une vie d'ado et de sa famille. C'est rythmé, précis, à la fois drôle et émouvant. Les bonnes idées sont nombreuses telles celle de l'exposé sur la photo de Mitterrand et Khôl en 1984.
En dessinant le portrait de cette famille juive séfarade, à une époque où l'on pouvait vivre ensemble avec des origines et des religions différentes, les réalisateurs nous rappellent aussi et cruellement que cette époque est révolue. Les images du concert organisé par SOS Racisme sur la place de la Concorde le 25 juin1985 et l'engouement que le mouvement créait dans la population, sert un peu le cœur.
De 1968 à 2009, de l'enfant star à la mort du roi de la pop, ce documentaire en trois épisodes, co-produit par la BBC et France.tv, retrace la vie de Michaël Jackson. A base d'archives personnelles, d'extraits d'émissions US, d'interview du chanteur, de témoignages d'amis d'enfance, de la Toya, de son manager, de son directeur photo, de collaborateurs d'Epic et Sony, de son conseiller spirituel, de policiers et du procureur... le documentaire présente une personnalité complexe façonnée depuis l'enfance par la recherche du succès, harcelée en raison de ce succès et adulte aux relations dérangeantes, si ce n'est criminelles, avec les enfants.
Le documentaire n'offre quasiment pas de musique à entendre mais se concentre sur une tentative de description ou de compréhension du personnage.
Violences physiques et psychologiques du père, ségrégation, succès planétaire, religion, argent à foison, accident sur la pub Pepsi, repli sur soi, reconstruction faciale, blanchiment de la peau, ITW live avec Ophra Winfrey, mariage avec Lisa Marie Presley, ses trois enfants, le désastreux documentaire Living with Michael Jackson de Martin Bashir, hystérie des fans, hystérie des tabloïds, Jordan Chandler et Gavin Arvizo les enfants victimes, emprise médicamenteuse, dettes vertigineuses, retraite en Irlande et à Las Vegas... Sophie Fuller retrace les nombreux faits et événements qui ont façonnés l'artiste, fait de lui une légende et détruit l'homme, certes talentueux mais aux comportements dérangeants.
Le 1er épisode décrit ses débuts et ses succès jusqu'aux années 90, le 2e épisode aborde la première accusation de Jordan Chandler en 1993 et ses conséquences. Le 3e épisode est entièrement dédié au procès de Santa Maria en 2005 suite au documentaire Living with Michael Jackson et le témoignage de Gavin Arvizo.
Chimène et Rodrigue s'aiment. Mais quand le père de Chimène offense le père de Rodrigue, celui-ci se voit contraint de sauver l'honneur de son père.
Nombreux sont les alexandrins du Cid qui nous sont familiers "O rage, o désespoirs, o vieillesse ennemie...", "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire", "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années" issus de cette histoire que l'on connait (presque) par cœur. Denis Podalydes en s'emparant du best seller de Corneille lui redonne tout son attrait. Dans une scénographie d'Eric Ruf où dominent de vastes et majestueux moucharabiehs, sous les superbes lumières de Bertrand Couderc, dans un habillage sonora à la fois discret et efficace conçu par Bernard Vallery (avec l'aide de Jordy Saval) et dans les magnifiques costumes de Christian Lacroix, les comédiens du Français nous font redécouvrir la puissance de la plume de Corneille et de cette histoire d'amour irrépressible et pourtant impossible.
Benjamin Lavernhe dans le rôle titre est à la fois puissant, notamment dans l'impressionnante mise en scène du récit de ses combats contre les Maures, et touchant tant il est blème et dépourvu face aux dilemmes insurmontables. Suliane Brahim en impose dans la rage de vengeance et celle d'aimer. A leurs côtés Jennifer Decker est une magnifique infante sacrificielle. Marie Oppert donne au rôle d'Elvire une forte présence inattendue. Christian Gonon et Didier Sandre ont le charisme indispensable à l'incarnation de ces pères qui imposent à leurs enfants les ravages d'une guerre d'égo. Danièle Lebrun impressionne toujours dans le rôle pourtant discret de Léonor. Bakary Sangaré, superbe en roi de Castille, porte la part ironiquement drôle du récit. Clément Bresson, Adrien Simion et Hippolyte Orillard endossent les rôles des gentilshommes. La qualité de jeu des comédiens de la Comédie Française, leur capacité à jouer ensemble et à faire troupe, est une fois encore un régal à contempler.
Nathalie Baye, convoque, en un éclair, trois images marquantes :
celle du 1er souvenir, en 1973, dans La Nuit Américaine, elle séduit et marque les esprits dans le rôle de Joëlle, la scripte qui tente d'emmener la diligence à bon port auprès du réalisateur Ferrand interprété par Truffaut himself. François Truffaut la fera tourner encore dans L’Homme qui aimait les femmes et dans le très intime et intimidant La chambre verte.
2e souvenir, en 2005, dans Le petit Lieutenant, elle est à la fois lumineuse et sombre, la lieutenant en chef que la vie n'a pas épargnée et d'épargnera pas.
Et 3e image, en 2016, elle impressionne, interprétant la mère borderline de Gaspard Ulliel dans Juste la fin du mondede Xavier Nolan avec qui elle tournera aussi Laurence anyway. encore dans un rôle de mère.
Entre et autour de ces deux souvenirs inoubliables, une multitude d’autres. Nathalie Baye a tourné dans une centaine de films, variant les genres cinématographiques, du plus ardu au plus populaire, de Jean-Luc Godard à Philippe Lachaud, en passant par de jeunes auteurs.
Nombreux sont les réalisateurs qui ont fait appel à elle a plusieurs reprises : Tony Marshal, Xavier Beauvois, Thierry Kliffa, Bertrand Blier, Pierre Granier Deferre, Guillaume Canet, Bruno Chiche, Jean-Luc Godard…
C'est elle qu'a choisi Nicole Garcia pour incarner l'héroïne de son 1er film en tant que réalisatrice.
De nombreuses fois nommée aux César, elle fut récompensée à quatre reprises.
Nathalie Baye, fille de peintres, formée à la danse et diplômée du Conservatoire de Paris, a également joué au théâtre et prêtait sa voix devenue familière sur l'hymne des Resto du Coeur et sur Quelque chose de Tennessee de Johnny Hallyday dont elle partagea la vie. Elle forma également, pendant 10 ans, un couple culte avec le comédien Philippe Leotard.
Sa simplicité, la modernité de son jeu, son sourire et son rire francs ont fait d'elle une comédienne "star" accessible que l'on avait toujours plaisir à retrouver au cinéma comme en interview.
Nathalie Baye est morte ce 17 avril à l'âge de 77 ans.
A voir Conversation avec Nathalie Baye par Olivier Père en replay sur Arte.fr