Emmanuelle Devos dans Bella Figura de Yasmina Reza

Boris et sa maîtresse Andréa se disputent sur le parking d'un restaurant. Boris a eu la mauvaise idée de dire à Andréa que le restaurant lui a été conseillé par sa femme.

Yasmina Reza confronte ses personnages à des situations dans lesquelles s'expriment leur mesquinerie, prétention, lâcheté, petites et grandes faiblesses. Emmanuelle Devos est parfaite dans son rôle de fille fragile, maladroitement sexy, Micha Lescot est comme toujours impressionnant et Josiane Stoleru, dans le rôle le plus fort, touche juste. Quelques bonnes répliques et situations marquent mais le propos semble moins percutant que dans d'autres œuvres de l'auteur. Il faut dire que la mise en scène trop démonstrative prend toute la place laissant peu d'espace à la délicatesse d'un théâtre de suggestion. Si la distribution (dont Camille Japy et Louis-Do de Lencquesaing) n'était pas de cette qualité, la lourdeur de la mise en scène dévasterait tout.

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A Marseille, dans les calanques, Armand, Joseph et Angèle sont réunis au chevet de leur père mourant. Les bonheurs et les utopies du passé se confrontent au temps qui passe et à la dureté du présent.

L'écriture de Guediguian est toujours aussi forte, émouvante et engagée. Mais ici le désespoir fait place à la mélancolie et au romantisme. L'humanité l'emporte contre l'infamie. Et c'est très beau.

Au côté de ses comédiens fétiches, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Daroussin et Gérard Meylan, Anaïs Demoustier, Robinson Stevenin et Yann Tregouet sont parfaits.

 

 

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Maternité, religion, boboïtude, attentats, féminisme... les sujets abordés par Camille Chamoux ne sont pas d'une grande originalité. Cette comédienne parisienne qui a successivement vécu deux traumatismes : avoir un enfant et habiter dans le 11e arrondissement lors des attentats, commente sa vie.

Et c'est là que le talent et l'intelligence, qui vont souvent de pairs, font mouche. Qualité de l'écriture, originalité de l'angle, finesse de l'interprétation... on rit beaucoup et de bon cœur sur des sujets vus et revus et dont l’intemporalité nous condamne à recroiser pendant encore très longtemps.

On l'avait remarquer dans son deuxième spectacle,Née sous Giscard. Avec son Esprit de contradiction Camille Chamoux confirme et affine encore son écriture et son jeu.

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En Virginie, les frères Logan n'ont jamais eu de chance, l'un a perdu un bras en Irak, l'autre s'est abîmé le genou alors qu'une carrière de joueur de football lui tendait les bras. Pour sortir de la galère, ils organisent un braquage.

Soderberg abandonne le bling bling des Ocean's Eleven et nous emmène dans l'Amérique profonde, auprès d'un milieu social où la vie est moins facile, où certains ont donné beaucoup pour le drapeau Américain, où le travail à la mine est rude et précaire, où les petites filles rêvent d'être mini Miss. Le réalisateur n'abandonne pas son goût pour les braquages astucieux, les films de divertissement au second degrés assumé, au rythme marqué par une bande son soignée.

Mais, ici,  le braquage semble presque un prétexte pour dessiner le portrait d'une certaine Amérique à l'abandon. Soderberg ajoute du fond au divertissement et un casting étonnant (Channing Tatum, Adam Driver, Daniel Craig, Katie Holmes, RileyKeough) qui élèvent subtilement le film à un autre niveau.

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Pier Ulmann qui vivote à Paris de larcins apprend le décès de son père, Victor, mort en SDF. Victor était issu d'une famille de diamantaire d'Anvers qui l'a  chassé après qu'il se soit couper la main en taillant un diamant. Pier s'introduit dans la famille.

La famille et les rapports père-fils sont au cœur du film. Ceux de Pier et Rachid son mentor, ceux que Pier n'a jamais eu avec son père, ceux de son cousin avec son oncle et ceux de Victor avec sa famille. Diamant noir est aussi un film sur la vengeance et un polar. Le récit bien que parfois un peu obscur est très bien mené, avec des retournements de situation inattendus. Le montage est alerte sans précipitation. La réalisation offre un beau travail sur la couleur et la lumière. La bande originale d'Olivier Marguerit est excellente et complétée par La chanson de Solveig d'Edvard Grieg aux sonorités tragiques parfaites pour l'histoire. Les interprètes sont tous excellents, Niels Schneider en tête.

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