Sa beauté froide de tragédienne antique impressionne. Elle sert ses personnages de femmes fortes qui se dressent face à la trahison, à la folie des hommes et à l'injustice. C'est dans ses rôles militants que son élégance et son port de tête au menton fier ont marqué nos esprits. La force qu'elle porte dans ses interprétations impressionne durablement. Dans Prendre femme, Mariage tardif et Le Procès de Viviane Amsalem, trilogie qu'elle a co-réalisée avec son frère, son étouffement, son désespoir et sa rage sont les nôtres. Pascal Elbé l'a choisit pour jouer, dans Tête de turc, la mère prête à tout pour défendre son fils. Fanny Ardant, grande sœur au physique et à l'intensité si proches, lui a donné le rôle central de son premier film de réalisatrice, De Cendres et de sang, tragique et étrange. Mais Ronit Elkabetz sait aussi être drôle et gentiment provocante comme dans la Visite de la Fanfare.

On aurait aimé pouvoir admirer la justesse de son interprétation, sa puissance d'incarnation, sa force de conviction et sa beauté si particulière, encore longtemps sur nos écrans. Ronit Elkabetz est décédée ce mardi 19 avril.

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La Ménagerie de Verre au théâtre de La Colline

Tom et Laura, tout deux jeunes adultes, vivent avec leur mère Amanda. Abandonnée par son mari il y a de nombreuses années, Amanda a élevé seule ses enfants. Elle vit dans le regret de la jeunesse qu'elle n'a pas eu, et à laquelle elle ne veut pas renoncer, et dans le soucis obsessionnel que Laura se trouve un mari à défaut d'un travail.

Prologue. Seul à l'avant-scène, Tom, le conteur de cette étrange histoire, nous explique qu'il n'invente rien mais que sa mémoire peut donner à ses souvenirs la couleur des songes. Il traverse alors le rideau de voile qui sépare le public de l'appartement où tout va se jouer.

Ce rideau de voile que le metteur en scène Daniel Jeanneteau a installé est le seul élément sur lequel on reste dubitatif. Bien sûr, il permet de donner à toutes ces scènes l'étrange couleur des rêves, de positionner les spectateurs en épieurs, d'évoquer l'écran de cinéma si cher à Tom (et à Tennesse Williams), d'accentuer l'impression d'emprisonnement ressenti par les deux enfants. Mais, il a aussi le défaut de masquer un peu trop les visages et expressions des comédiens. Du coup, on oscille sans cesse entre l'envie que ce rideau se lève et le plaisir de la beauté des plans qu'il procure. L'appartement, pièce unique entourée de lourds rideaux semble une boite. Peu ou pas de meubles (une chaise le temps d'une scène, un miroir et une lampe suspendue), au sol une moquette épaisse blanche comme du coton sur laquelle les comédiens jouent pieds nus. Des comédiens qui nous offrent des interprétations d'une rare qualité. Olivier Werner est parfait dans le rôle du conteur-protagoniste qui oscille entre détachement et émotion. Pierric Platier est le galant tout en finesse sur lequel tout les espoirs se portent. Solène Arbel, d'une discrète efficacité, campe avec beaucoup de grâce, le rôle délicat de la jeune fille tétanisée par ses complexes et la tyrannie d'une mère qu'interprète la géniale Dominique Reymond. Tout simplement magistrale, elle semble danser, virevolter sur ce tapis cotonneux, jouant cette mère délirante, qui à la moindre occasion redevient une jeune fille en fleurs gaie et séductrice, qui appelle sa fille "petite soeur". Passant du ton doucereux et chantant à celui cassant de la mère sans cesse déçue par sa fille mal dégourdie et son fils égoïste, la comédienne nous saisis sans cesse par sa virtuosité. Du très grand art.

La Ménagerie de Verre au théâtre de La Colline

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Le Goût des Merveilles d'Éric Besnard

Alors qu'elle rentre du marché où elle vend le fruit de ses récoltes, Louise percute avec sa voiture un homme qui s'avère étrange.

Le Goût des Merveilles est une comédie romantique sympathique. Le film pose sur le syndrome d'Asperger un regard bienveillant qui donne à cette histoire un angle de vue poétique rafraîchissant. Le charme de Virginie Efira agit toujours autant. Et ses deux partenaires pensionnaires de la Comédie Française, Hervé Pierre et Benjamin Laverhne, sont parfaits.

Date de sortie en salle : 16. décembre 2015

Date de sortie en DVD : 19 avril 2016

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Festival Circulation(s) au 104

Pour la 6e année consécutive, le 104 accueille le festival de la jeune photographie Européenne. Près de 50 photographes sont exposés dans le dispositif habituel, sur des panneaux dans la halle Aubervilliers et et sur les murs de trois ateliers. La sélection fait la part belle au conceptuel, laissant un peu sur leur faim les simples amoureux du beau. Ci-dessous, cinq artistes qui ont retenu notre attention.

Aglae Bory - Série Mers intérieures. Ses photos d'hommes et de femmes faces à la mer, regardant l'horizon, à la lumière de la fin du jour, comme un espoir qui s'éteint, résonnent particulièrement en ces temps où les réfugiés se comptent en centaines de milliers.

David Hornillos - Médiodia. Un mur de briques oranges capturent les passants hommes ou animaux, et le spectateur de ces photos. Hypnotique.

Yoann Cimier - Nomad's Land. L'été, sur les plages de Tunisie, les tunisiens se posent sur le sable avec d'étranges installations faites d'objets et de matériaux de récupération. Cocasse.

Esther Hovers - False Positive. S'inspirant des caméras de surveillance censées identifier les personnes aux comportements suspects, Esther Bory composent des scènes de rue mettant en situation des personnages adoptant huit de ces comportements. Sensations étranges.

Vilma Pimenoff - 21st Century Still Life". A la manière des grands peintres de la renaissance, Vilma Pimenoff présente des natures mortes à la durée de vie infinie car réalisées avec de la toile cirée. Photos belles et bluffantes.

Laurent Kronental - Souvenir d'un futur. Ses photos des grands ensembles d'Ile de France, considérés comme avant gardistes à l'époque de leur construction, et de leurs habitants les plus âgés donnent à réfléchir sur le temps qui passe et sur la notion de futurisme et de modernité.

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Dans les années 50, dans une petite ville perdue d'Australie, une jeune femme belle et moderne revient de Paris pour officiellement rendre visite à sa mère souffrante.

Inspiré du roman de Rosalie Ham, le film navigue entre drame romanesque et comédie fantasque. La première heure qui adopte en majorité le ton de la fantaisie fonctionne très bien. La réalisation et les idées de mise en scène sont efficaces, les portraits des protagonistes cocasses. Kate Winslett est évidemment parfaite et Liam Hemsworth particulièrement agréable à regarder. Dans les 45 dernières minutes, la réalisatrice semble perdre le contrôle de son film en basculant dans le drame sans abandonner tout à fait le burlesque. Le récit et les intentions s'eparpillent. Dommage.

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