Diane et Alain sont mariés depuis 30 ans, lui amoureux comme au premier jour, elle en pleine crise de la cinquantaine.
Le film se regarde gentiment sans enthousiasme particulier, avec quelques moments de flottement. Le scénario est un peu curieux, un peu bancal.
Le film comme souvent dans ce genre cinématographique doit beaucoup à ses comédiens. Karine Viard et Franck Dubosc sont très bien et Clotilde Courau est particulièrement drôle, servie il est vrai par des dialogues surprenants. Youssef Hajdi, en meilleur pote maladroit, est très bon également.
1989, l'année de sortie du Grand Bleu, Blandine, ado réservée, et Magalie, extravertie, sont amies de collège. 2019, Blandine déprimée suite à son divorce, retrouve Magalie après 30 ans de séparation.
L'une est gaie comme un bonnet de nuit, l'autre est survoltée. Tout les oppose mais la situation les oblige à passer leurs vacances ensemble. Certes, les personnages sont dans la première partie caricaturaux, mais c'est l'exercice du duo impossible qui le demande. Dans sa seconde partie le film découvre des personnalités plus complexes qu'il n'y paraît. Le récit est mené avec rythme, les dialogues sont souvent relevés. Olivia Côte dans un rôle ingrat et Kristine Scott Thomas, dans un rôle inattendu sont excellentes. L'énergie et la sensibilité déployées par Laure Calamy sont irrésistibles. Seul regret : il est dommage d'aller en Grèce pour filmer aussi mal ou peu ses magnifiques paysages.
Cela fait 15 ans qu'elle lui a dit qu'elle ne l'aimait plus (ou peut-être même, pas). Mais, il lui a demandé d'attendre que les enfants soient grands. Et maintenant, elle part.
Seule, arrivant du fond de la profonde et large scène du théâtre de la Porte Saint-Martin, Saadia Bentaieb, face au public, interprète la première scène de cette oeuvre composée de vingt saynètes indépendantes traitant chacune du couple et de l'amour.
Amitié, mariage, relation clandestine, déception amoureuse, amour tarifé, avortement, suicide, séparation, ami, enfant, femme, mari.... Pommerat met en scène différentes formes d'attachements dans des situations, pour la plupart, tragiques ou peu reluisantes pour leurs protagonistes. C'est alternativement touchant, effrayant ou drôle. Toujours d'une grande précision dans une concision peu commune.
Sur scène, le noir et le blanc dominent dans une scénographie aux magnifiques jeux de lumières. Devant une salle plongée dans le noir, sur l'espace scénique entouré d'un écrin noir, le plancher de la scène blanchi, survolé par un léger brouillard, tombe un éclairage très blanc, pointé avec précision.
La mise en scène joue avec une grande efficacité avec la profondeur de la scène, décalant les comédiens, certains en fond, d'autres au devant, donnant l'impression d'un éloignement entre les personnages, jouant aussi sur leur dimension. Le son est également d'une grande qualité. Les comédiens (Agnès Berton, Yannick Choirat, Philippe Frecon, Anne Rotger.... tous incroyables) sonorisés font entendre leur souffle, leurs murmures jusqu'à notre oreille. Ils adoptent sur certaines scène un phrasé particulier. Leurs pas, leurs déplacements sonnent.
Ainsi se succèdent les scènes.
Ils n'ont pas d'enfants mais engagent une baby sitter pour pouvoir imaginer le contraire. Ils sont voisins et attendent ensemble, l'un que sa femme rentre, elle que son mari rentre. Il passe dans la rue, une prostituée désespérée l'accoste, ainsi débute le marchandage, Elle lui a dit qu'elle voulait divorcer mais c'est pour le secouer car au fond elle l'aime et prévoit de le récupérer dans 1 an ou 2. Ils sont amis depuis des années mais avant d'être amis il faut avouer qu'ils n'étaient pas amis. Elle l'aime mais aimer ne suffit pas. Instituteur, il aime son élève Antoine d'un amour (autorisé ?) pour compenser celui que ses parents ne lui donnent pas. Il vient lui rendre visite tous les jours, mais elle ne se souvient jamais qu'il est son.mari. Elles se bécotent devant les auto tamponneuses. C'est le jour de son mariage mais sa soeur aime son futur mari. Chanteur de charme ou crooner Coréen, il chante l'amour dans un dialecte aux sonorités aussi étranges que drôles.
Cette pièce créé à l'Odéon en 2013 participe, avec les autres créations du maître, à positionner Joël Pommerat dans le peloton de tête des dramaturges français contemporains les plus percutants et enthousiasmants.
Une réalisatrice hystérique hurle à Chiara, plongée dans la fontaine de la place Saint Sulpice, maquillée en Anita Ekberg, d'appeler "Marcello !". Lorsque Chiara se réveille, elle voit dans le miroir, le visage de son père. Puis, sur un casting, Nicole Garcia lui intime de jouer plutôt façon "Mastroianni" que "Deneuve". Alors, Chiara bascule.
Christophe Honoré signe un film aux multiples interprétations. Film sur la filiation et le poids de l'héritage qui peut être, à la fois, une richesse et un fardeau. Film sur le travail des acteurs, leur vie à voler des vies inventées, leur capacité à s'oublier pour incarner leur personnage. Film sur la disparition, l'absence et le manque de l'être cher. Film sur la capacité qu'a le cinéma de faire revivre les morts. Film sur le jeu "on dirait que..." poussé à l'extrême.
Autour de Chiara Mastroianni, magnifique comédienne, la grande Catherine crée un personnage de Catherine Deneuve telle que l'imaginaire collectif la voit, tout comme le font Fabrice Luchini, Nicole Garcia, Melvil Poupaud et Benjamin Biolay censés jouer leur propre rôle. Face au délire de Chiara, chacun réagit différemment, avec une inquiétude retenue (Catherine), compréhension (Benjamin), colère (Melvil) ou envie d'en être (Fabrice).
Dans les péripéties de Chiara, le réalisateur multiplie les références, intimes et cinématographiques, au grand Marcello Mastroianni. C'est souvent drôle et aussi bouleversant. Malgré ses qualités, le film présente quelques baisses de régimes et une scène de volley mal faussement mal cadrée. Mais, cela n'altère en rien l'ambitieuse et émotionnelle proposition du film.
Marcello Mio est aussi une déclaration d'amour d'un réalisateur à son actrice. Sa Chiara à lui.
Blanche Dubois, après avoir dilapidé la propriété familiale, débarque dans un quartier populaire de la Nouvelle Orléans chez sa sœur Stella et son mari Stanley.
Quelle est la part du propos du récit, celle de la traduction du texte de Tennessee Williams, celle de la mise en scène ou celle, pourquoi pas, du casting dans le fait que cette pièce manque de puissance et que ce tramway semble parfois un peu ridicule ?
La mise en scène se concentre trop sur Blanche (Christiana Reali, dans un jeu un peu appuyé) qui écrase les autres personnages. Des jeux de lumières, d'ombres et de fumée s'avèrent un peu grossiers. Nicolas Avinée, sans remettre ses qualités de comédiens en question, n'est pas suffisamment féroce et charismatique dans son incarnation de Stanley. Le décor, notamment l'utilisation de rideaux, ne nous plonge jamais dans le quartier extrêmement populaire en question, ni dans l'oppression ressentie par Blanche, ni dans sa fantasmagorie.
Les hommes brutaux et les femmes psychologiquement instables, ascendant nymphomanes, habitent l'œuvre de Tennessee Williams. La façon dont il les raconte peut avoir très mal vieillie. De plus, le texte n'est ni poétique, ni spécialement percutant.
Christiana Reali a reçu le Molière de la comédienne dans un spectacle du théâtre de privé 2024.