Le père d'Eléonore a un cancer du colon qu'il ne veut pas soigner.
Dans la famille d'Eléonore tout le monde crie, fume, se déteste et s'aime dans un même mouvement : Raphaëlle, la sœur enceinte, Isabelle, la mère hyperactive, le père Jean-Paul qui occupe tous les esprits et Eléonore, comédienne qui gère sa carrière et ses amours comme elle peut.
Les comédiens, Eléonore et Raphaëlle Costes dans leur propres rôles, Arno Chevrier, Muriel Combeau, Sébastien Chassaigne, Nicolas Berno.., sont tous excellents. La réalisation sert parfaitement les différentes strates émotionnelles du récit.
En huit épisodes de 12 minutes, Eléonore Costes trace le portrait de ses héros, avec beaucoup d'humour et de sensibilité.
Fadinard, rentier, doit se marier ce jour avec Hélène, fille de Nonancourt, pépiniériste. Mais son cheval a mangé le chapeau de paille d'une jeune femme alors qu'elle était avec son amant. Ce dernier exige que Fadinard trouve un chapeau de paille identique. Fadinard part en quête du chapeau poursuivi par la noce.
France Télévisions propose une captation vidéo de la pièce mise en scène par Alain Françon. Chaque acte se conclut par une mise en musique de Feu! Chatterton et au coeur des actes les personnages chantent. Cela confère à la pièce une tonalité particulière qui amplifie le sous texte de Labiche. Sous le vaudeville, Françon met en exergue la dénonciation de la misogynie, de la suffisance du citadin face aux ruraux, de celle du maître envers les serviteurs...
Vincent Dedienne, déchaîné et excellent, interprète un Fadinard parfaitement infecte. Le reste de la troupe (18 comédiens et 3 musiciens) est tout aussi efficace dont Suzanne de Baecque et Anne Benoît, méconnaissable dans le rôle de Nonancourt.
Au 17e siècle, Mme de Clermont conte son amour fou pour un homme qui n'était pas son mari.
Laurence Plazenet adapte son roman éponyme en un seule en scène pour Fanny Ardant.
La mise en scène, les décors et la mise en lumière, sobres et élégants, servent parfaitement la comédienne et ce récit d'1h20. Fanny Ardant y est incandescente. Sa fièvre, sa voix et ses yeux noirs emportent tout. Jusqu'à effacer (presque) la lourdeur de certaines parties du texte qui emprunte des tournures XVIIe un peu vaines. La puissance romanesque, sans nulle autre pareille, que porte Fanny Ardant suffit à nous ravir.
Varvara, autoritaire et sûre de son pouvoir dû à son argent et à son statut d'aristocrate, soutien son ami l'intellectuel Stépan Trophimovitch Verkhovensky. Leurs fils respectifs, Nikolaï et Piotr, se fréquentent dans une relation ambiguë. Piotr fasciné par le charisme de Nikolaï, veut lui donner le rôle de leader de son groupe de nihilistes prêt à détruire le monde.
Dans ce roman de Dostoïevski, tous les personnages semblent marquer par une forme de folie plus ou moins dangereuse. Les conservateurs, qui vivent dans l'opulence, sans n'avoir jamais rien créé, les jeunes révolutionnaires qui veulent tout détruire sans définir clairement ce qu'ils veulent rebâtir ensuite.
Guy Cassiers présente une mise en scène (créée en 2021) ambitieuse jouant sur la reproduction d'une réalité et d'une illusion. Les comédiens sont filmés en live et leur image est projetée sur trois grands écrans surplombant la scène et les acteurs. Les écrans offrent un autre angle de vue que celui visible sur scène. Sur scène les comédiens ne se regardent pas, ils sont séparés. Sur les trois écrans les images recomposent un dialogue, des regards échangés, des comédiens qui se touchent. Cela demande aux comédiens de jouer avec des repères totalement différents et d'être très précis sur les positions. Et aux spectateurs de choisir entre l'écran et la scène ou de jongler entre les deux, réalisant lui même son montage. Cela ne ressemble ainsi ni à du théâtre, ni à du cinéma.
Ce processus est omniprésent sur la 1ère partie dédiée à la mise en place des personnages et plus particulièrement au règne des parents. Plus Nikolaï et Piotr prennent de l'importance dans l'histoire et plus l'utilisation des écrans diminue.
Cette mise en scène d'une grande originalité perturbe un peu la réception de la pièce, tant on cherche à voir l'exercice d'acrobates des comédiens et le rôle essentiel joué par "les hommes et femmes en noir" (membres de l'Académie). Cela fonctionne parfaitement sur certaines parties mais semble un peu gadget sur d'autres. Un léger décalage du son par rapport à l'image participe à perturber notre écoute.
L'ensemble est visuellement très beau. La verrière en fond de scène est impressionnante laissant imaginer un orchestre, des paysages. La mise en lumière, tout en clair-obscure, très réussie.
Les comédiens du Français, Dominique Blanc, Didier Sandre, le magique Christophe Montenez, Jérémy Lopez, Suliane Brahim, Clina Clavaron, Jennifer Becker... sont tous remarquables.
Cette mise en scène des Démons offre à vivre une expérience théâtrale unique.
Molière du Théâtre privé : 4211 km de Aïla Navidi
Molière du Théâtre public : 40° sous zéro de Copi
Comédie : C’est pas facile d’être heureux quand on va mal de Rudy Milstein
Création visuelle et sonore : Neige de Pauline Bureau
Spectacle musical : Spamalot de Éric Idle
Molière de l’Humour : Sophia Aram dans Le Monde d’après
Jeune public : Neige de Pauline Bureau
Seul/e en scène : Va aimer ! avec Eva Rami
Mise en scène dans un spectacle de Théâtre public : Louis Arene pour 40° sous zéro de Copi
Mise en scène dans un spectacle de Théâtre privé : Olivier Solivérès pour Le Cercle des poètes disparus, adaptation de Gérald Sibleyras
Auteur/trice francophone vivant/e : Rudy Milstein pour C’est pas facile d’être heureux quand on va mal
Comédienne dans un spectacle de Théâtre public : Vanessa Cailhol dans Courgette de Paméla Ravassard et Garlan Le Martelot
Comédien dans un spectacle de Théâtre public : Micha Lescot dans Richard II de W. Shakespeare
Comédienne dans un spectacle de Théâtre privé : Cristiana Reali dans Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams
Comédien dans un spectacle de Théâtre privé : Vincent Dedienne dans Un chapeau de paille d’Italie de Eugène Labiche
Comédienne dans un second rôle ; Jeanne Arènes dans L'Effet miroir de Léonore Confino
Comédien dans un second rôle : Guillaume Bouchède dans Je m’appelle Asher Lev de Aaron Posner
Révélation féminine : Olivia Pavlou-Graham dans 4211 km de Aïla Navidi
Révélation masculine : Ethan Oliel dans Le Cercle des poètes disparus, adaptation de Gérald Sibleyras
Molière d'honneur : Francis Huster