Lucas, 17 ans, vient de perdre son père. Avant de reprendre le lycée, son frère l'invite à le rejoindre une semaine à Paris.
Christophe Honoré revient sur un évènement fondateur de sa vie : la mort de son père alors qu'il était adolescent. Sans que l'on sache ce qui tient de l'autobiographie ou de la fiction, il traite de la violence du passage de l'adolescence à l'âge adulte. Paul Kircher, dans le rôle de Lucas, nous accroche dès les premières minutes. Il est la révélation du film. Vincent Lacoste et Erwan Kepoa Fale sont parfaits. Juliette Binoche, dans le rôle de la mère touche particulièrement.
Malgré cela, le récit lent et contemplatif de 2 heures finit par ennuyer un peu.
Le Centre Pompidou consacre une vaste exposition à la sculptrice française Germaine Richier. De ses premiers bustes dans les années 20, au style influencé par Rodin et Bourdelle, jusqu´à l´Echiquier colorié réalisé l´année de sa mort en 1959, l´exposition présente la diversité de son oeuvre et ce qui a influencé son travail. Bustes réalisés d´après modèle vivant, de plus en plus déformés après guerre, créature mi-homme mi-animal, sculptures utilisant des éléments trouvés dans la nature (branches ou pierres), créations de monstres semblant sortis de contes et légendes, Christ en croix, utilisation de la cire, d´os de seiche, de filasse, association du plomb et du verre... l´exposition révèle l´étendu de ses recherches et l´importance du monde animal et de la nature dans son imaginaire.
La scénographie aérée valorise chaque œuvre, quelque soit sa dimension. Sous verre, sur socle, suspendue, chacune est mise en majesté. Des dessins et esquisses de travail et des objets issus de son atelier sont également présentés.
A ne pas manquer au Centre Pompidou jusqu´au 12 juin 2023.
Le Centre Pompidou rassemble une cinquantaine d´œuvres du peintre indien S.H. Raza (1922 - 2016). Figure majeure de l´art moderne indien, Raza a étudié l´art à Bombay, a fondé le Progressive Artists'Group avec M.F. Husain, F.N. Souza, S.K. Bakre, K.H. Ara et H.A. Gade avant de s´installer à Paris et de voyager en Italie.
L´accrochage chronologique présente parfaitement l´évolution du travail du peintre, aux multiples influences issues de ses rencontres et de ses voyages, sans que jamais l´esprit de l´Inde ne s´absente totalement avant de reprendre toute la place à partir des années 70.
Depuis 2 ans de façon épistolaire, Thierry Lhermitte interprète une adaptation du livre de Simon Wiesenthal dans lequel l'auteur se remémore ce jour de 1942 où un soldat SS mourant lui a demandé un pardon qu'il n'a pas pu lui donner. Wiesenthal s'interroge, regrette, culpabilise. Aurait-il dû accorder son pardon ?
L'histoire de Simon Wiesenthal est importante, et son questionnement passionnant a interpellé de nombreux intellectuels qui ont tenté d'y apporter une réponse. Sur scène, Thierry Lhermitte interprète Simon Wiesenthal, les gens qu'il a croisé, le soldat SS. Les réponses de Simone Veil, du philosophe Olivier Abel, de l'écrivain Roger Ikor, d'un militaire américain... sont intercalées, dans le récit, en voix off illustrées par des vidéos particulièrement laides sans aucun intérêt narratif ou esthétique. Ainsi, c'est dans sa mise en scène que cette adaptation théâtrale pêche. En plus de ces vidéos, Steve Suissa, le metteur en scène, a ajouté en fond de scène un rideau noir qui s'écarte régulièrement figurant une porte qui s'ouvre sur une lumière bleue ou rouge ou autre. Une musique s'immisce, de temps en temps, se superposant à la voix de Thierry Lhermitte. Ces artifices grossiers desservent le propos de Simon Wiesenthal et l'interprétation de Thierry Lhermitte.
La vaste question du pardon que soulève Simon Wiesenthal méritait un écrin d'une bien plus grande délicatesse.
Denis Imbert adapte le livre éponyme de Sylvain Tesson. En 2014, l'écrivain - aventurier chute de 8 mètres. Après de longs mois passés à l'hôpital, et pas vraiment remis, il se lance le défi de traverser à pieds la France par la diagonale du vide.
Jean Dujardin endosse le rôle de Sylvain Tesson, écrivain, ours mal léché, un peu réac, épris de SA liberté, coincé dans un corps qui a perdu de son exceptionnelle agilité.
Le défi à relever était d'insuffler de la convivialité dans ce chemin de croix. Pour cela, Imbert, dans les parties du voyage les plus solitaires, propose un montage alternant des tranches de vie de Tesson avant l'accident et des scènes de marche au présent. Puis, alternent 3-4 rencontres sur le chemin, une halte dans un monastère, la visite de la soeur puis l'ami de toujours qui le rejoignent pour un bout de route. On ne s'ennuie pas mais assez vite, vient l'impression que le film n'est qu'une succession de scènes. Tout semble survolé jusqu'aux paysages que finalement on voit peu en majesté.
En voix off, Jean Dujardin nous dit du Sylvain Tesson. Certaines formules, très écrites (forcément) sonnent un peu trop sentencieuses. Les comédiens (Annie Duperey, Joséphine Japy, Jonathan Zacai, Izia Higelin, Dylan Robert) sont très bien dans des incarnations éclairs. Jean Dujardin, dans un rôle casse gueule, sans mauvais jeu de mots, offre une belle prestation.
Mais l'ensemble aurait mérité une écriture et une réalisation plus audacieuses. Nous revient alors en tête le superbe Into the Wild de Sean Penn.